L’avortement: un droit, oui… Pour tous?

Aujourd’hui, 20 000 IVG (Interruptions Volontaires de Grossesse) ont lieu chaque année en Belgique. Pratique étant autorisée depuis 1975, qu’en est-il selon l’islam et le christianisme?

Bougies. Par AcaPioPin, Pixabay License, Adobe Stock.

L’avortement est un sujet qui gagne en visibilité dans notre société. Les opinions sur cette pratique importante, sont nombreuses.  

L’IVG est de plus en débatue… Si certains pays, par exemple la très catholique Irlande depuis décembre 2018, semblent adapter leur législation à cette réalité, d’autres, comme les USA, édictent de nouvelles règles qui rendent cette opération plus compliquée encore. (1)

Le choix de la religion face à celui de donner la vie

La question est: devrait-on être étonné venant d’un pays dont la religion considère cette pratique comme un meurtre? La réponse de Pascale Van Schel, Responsable du Centre de Planning familial Rosa Guilmot à Tubize, fut sans attente: “Enfin! Heureusement pour toutes ces femmes qui étaient obligées de prendre Ryan Air pour venir avorter en Belgique…”. Naima Haraq, médecin du centre, est d’accord. Selon elle, il était temps et ce qui est vraiment étonnant, c’est que le vote de cette loi soit si tardif.

Nos deux expertes l’affirment, pour elles, il est très important de pouvoir être libre d’arrêter une grossesse non attendue peu importe la religion. Le bien-être de la femme prime sur les obligations religieuses de celle-ci. Leur avis est l’avis de personnes non-croyantes.

La position du Vatican, est claire…. Non à l’avortement. En ce qui concerne l’Islam, un certain nombre d’Hadits mentionnent son interdiction et les punitions qui y sont liées dans le Coran. (2)

Car dans le christianisme  tout autant que dans l’islam, il est absolument interdit de mettre fin à la vie d’un être humain, peu importe les circonstances, cela serait considéré comme un péché.

Reste à déterminer à partir de quand, le foetus est-il réellement vivant et conscient. La question de l’âme présente ou non est fortement répétée sur internet. Le problème est qu’entre la médecine et chacunes des religions, les réponses à cette question sont très différentes.

Du point de vue de la médecine, l’embryon deviendrait vivant au moment où il se transforme en foetus. C’est-à-dire après trois mois de grossesse. Tandis que dans la religion chrétienne, il est considéré que dès la création de celui-ci, l’embryon existe et donc possède une âme. Quant à l’islam, celle-ci parviendrait au bout de 40 jours après fécondation.

Des changements à prévoir?

Depuis peu, la loi sur la durée de la grossesse autorisée avant l’avortement est discutée. La question est: faut-il allonger cette durée de 18 semaines plutôt que 12,  le délai actuel?

Les évêques de Belgique se sont exprimés inquiets face au changement probable de cette loi. Car selon la Conférence épiscopale, l’avortement deviendrait ainsi une intervention médicale ordinaire.

Là encore, nos deux expertes montrent leur désaccord. Madame Haraq s’explique:

Une femme qui va se faire avorter, elle ne trouve pas ça normal… Elle le fait par obligation.

L’avortement remis en cause par les religions

Bien que l’IVG soit une nécessité pour certains, elle reste néanmoins un meurtre aux yeux de l’Eglise. 

D’un point de vue chrétien, cela fait des années que le Vatican est clair sur ses opinions, il est contre l’avortement. Peu importe les circonstances, cela ne se réduit qu’à un simple assassinat sans aucune légalité morale ni religieuse. 

Chose étonnante, Le Figaro a publié ce 25/05/2019 (3), un article dans lequel le pape François affirme que l’humain dépasserait la religion pour prendre une telle décision.

D’un point de vue musulman, les opinions ne sont pas moins catégoriques. Cet acte serait également considéré comme infecte. Les seules raisons qui laisseraient éventuellement accepter l’avortement seraient que la mère soit en danger de mort ou bien lorsqu’un viol a été commis.

Et encore, cela ne passe que dans certains pays… Malgré nos avancées, l’intervention volontaire de grossesse reste très mal accueillie au sein de la communauté musulmane. 

Il y a donc beaucoup de subtilités selon chacune des religions. Elles s’accordent tout de même, sur le fait que cet acte reste un infanticide.

Ces différences d’opinions font place à des manifestations à tendance violente. Notamment en Amérique. Au Kentucky, une femme s’est faite lynchée, traitée de meurtrière par des manifestants lorsqu’elle s’apprêtait à avorter à l’hôpital de Louisville.

L’avortement: un débat politique, religieux et moral?

Le parti DéFI affirme avoir été le premier à avoir déposer la proposition de loi dans le but d’inscrire la laïcité de l’Etat dans la Constitution. La religion n’a donc pas sa place au sein des débats politiques tels que ceux-ci.

Mais cela n’est pas pour autant gagné pour ce parti, le Vlaams Belang et les partis religieux tels que le Cdh et le CD&V sont déterminés à maintenir leur non-accord face à cette proposition de changement de loi. Ce qui laisserait deviner que ce débat n’atteindra pas la majorité côté néerlandophone.

Joachim Coens a notamment fait appel « aux partenaires actuels et futurs du CD & V qu’un assouplissement de la loi avortement était pour son parti un gros problème. C’est un point de rupture« .

Leurs arguments ne font pourtant pas une fois référence à une quelconque religion mise à part lorsqu’ils évoquent un développement bien avancé d’un foetus qui atteint 18 semaines, et encore… Une autre de leurs craintes est que cela ne devienne qu’une simple contraception pour ces femmes. (4)

D’un point de vue politique, ce débat n’est décidément pas au goût des partis religieux. Mais cette réaction est-t-elle réellement liée à la religion? 

L’avortement est plutôt vu de manière morale que religieuse face à cet éventuel changement de loi, à son sujet. Madame Van Schels le confirme, ce débat doit être politique: “Je crois que ça doit rester du politique. Médicalement c’est possible, point. Mais c’est le politique qui doit agir…

L’IVG reste un sujet faisant place à de nombreux débats, tous autant politiques que religieux et moraux dans le monde. En voyant le nombre d’opinions qui diffèrent les unes des autres, ne serait-il pas plus judicieux d’imposer une limite pour tous et partout, pour ensuite laisser le choix à chacune de ces femmes, de prendre cette décision qui, finalement, n’appartient qu’à elles?

Nina Van Bever.

(1) « L’IVG dans le monde en 2019: entre multiplication des attaques et manque d’avancées législatives. », planningsfps.be, https://www.planningsfps.be/livg-dans-le-monde-en-2019-entre-multiplication-des-attaques-et-manque-davancees-legislatives/

(2) « L’avortement. », Muslimfr.com, 28 août 2001, https://muslimfr.com/lavortement/

(3) « Pour le pape, l’interdit de l’avortement est humain, pas religieux. », Le Figaro avec AFP, 25 mai 2019, https://www.lefigaro.fr/flash-actu/pour-le-pape-l-interdit-de-l-avortement-est-humain-pas-religieux-20190525

(4) « Réforme de la loi avortement », rtbf.be, 20 novembre 2019, https://www.rtbf.be/info/belgique/detail_reforme-de-la-loi-avortement-le-cd-v-promet-de-la-resistance?id=10369863)

Je m’appelle Nina Van Bever, j’ai 18 ans. Je suis étudiante à l’ISFSC en Communication, en 1ère année. Comme montré sur ma photo, deux des choses que je préfère sont les vacances et le soleil.

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