Conflit Israélo-palestinien : La paix comme dernière arme

Depuis 1948, le conflit entre Israël et la Palestine fait rage. On parle souvent de la violence qui en découle mais rarement des personnes qui se battent pour la paix. Qu’elles sont ces organisations et leurs combats ?

Conflit Israélo-palestinien: La paix comme dernière arme;
Auteur: Olafpictures – license: Pixabay License libre pour usage commercial. Pas d’attribution requise

La prospérité viendra avec la paix…

Depuis quelques années, des palestiniens ont décidé de faire bouger les choses. Comme par exemple avec “la marche pour le retour”. Tous les vendredis des milliers de Palestiniens se retrouvent à la frontière de Gaza pour revendiquer le droit au retour de 700 00 Palestiniens chassés de leur terre en 1948. Les manifestants s’expriment de manière pacifique. Cela n’empêche pas l’armée Israélienne de tirer sur ces derniers à balles réels et au Hamas de reprendre la cause de la manifestation à des fins politiques nous raconte Simone Susskind, qui dirige l’ASBL ”Actions in the Mediteraneen”. Parmi ces manifestants, on y retrouve beaucoup de jeunes au chômage avec comme seul rêve de pouvoir de sortir du blocus de la ville de Gaza et de rentrer sur leurs terres. Même si le Hamas fait mine de vouloir calmer le jeu, la présence de ces derniers a complètement fait changer l’objectif de la manifestation en y apportant un discours haineux…

Voici un exemple d’une manifestation pour la « Marche du retour » à la frontière de Gaza

Il est également impossible de parler de la paix en Palestine sans mentionner tous ces jeunes qui ont fait le choix de la résistance pacifique, tel que l’organisation du nom de “Youth Against Settlments” d’Issa Harmo crée en 2007. Cet activiste de 37 ans qui suite à la fermeture de son université polytechnique par l’armée israélienne, décida d’organiser des actions non violentes, des sit-ins ou encore de l’enseignement pour les plus jeunes. Grâce à son association, il enseigne aux jeunes à ne pas répondre par la violence. Il donne aussi des caméras aux familles palestiniennes pour qu’elles puissent filmer toutes les violations des droits de l’homme et tous les abus de pouvoir. En rejoignant l’organisation, chaque jeune reçoit des leçons d’anglais, apprend à réagir calmement face à un soldat Israélien et à se servir d’une caméra de téléphone. Cette organisation reflète bien cette nouvelle génération préconisant les mouvements pacifiques plutôt que la violence pour exprimer leurs idées.

Des Israéliens allant jusqu’à mettre la pression à leur gouvernement

Il n’y a pas que les palestiniens qui protestent pacifiquement. Les Israéliens furent les premiers à protester en s’aidant de la paix. N’ayant pas les mêmes droits et vivant du bon côté de la frontière, cela n’empêche pas ces derniers de manifester pour la bonne entente des deux pays.

Le premier mouvement pacifiste à voir le jour en Israël est celui de « La Paix Maintenant », fondée par des jeunes ayant fait l’armée et voulant une paix avec tous les pays arabes. Cette organisation a vite rassemblé des centaines de milliers d’adhérents. L’organisation a pour but de convaincre l’opinion publique et le gouvernement israélien d’aboutir à une paix juste et durable fondée sur le principe “Deux peuples, deux États” (1). Depuis le début l’organisation milite pour qu’Israël retourne à ses frontières de 1967, à savoir, la création d’un Etat palestinien indépendant, le droit du peuple palestinien à l’auto-détermination et surtout le droit d’Israël d’exister avec des frontières sûres pour elle et ses pays voisins. 

De nombreuses manifestations ont aussi lieu en Israël comme, celle du mouvement citoyen « Women Wage Peace ». Créé juste après la guerre de 2014 dans la bande de Gaza. Le 8 octobre 2017, plus de 30 000 femmes des deux pays vêtus de blanc ont décidé de marcher pendant deux semaines. Elles ont marché jusqu’à Jérusalem pour faire entendre leurs messages de paix entre les deux pays. Ayant également comme désir de créer un parlement de femmes pour rappeler aux dirigeants que les accords de paix sont une priorité, ce mouvement plein d’espérance n’en seraient pas là sans toutes ces femmes déterminées. 

Voici un tweet provenant d’une journaliste israélienne ayant participé à la manifestation du 8 octobre 2017

Une entraide venant du monde entier 

Il ne faut pas forcément aller jusqu’en en Israël ou Palestine pour trouver des personnes qui véhiculent un message de paix dans ce conflit.  

En Belgique, Simone Susskind commence par rejoindre le centre communautaire laïque juif avec l’envie de trouver une solution au conflit et le souhait à une auto-détermination de la Palestine. Elle fonde ensuite son ASBL en 1995 du nom de “Actions In The Mediteraneen » avec l’idée de développer l’échange entre les femmes du sud de la Méditerranée. Chemin faisant, cela a permis à des femmes israéliennes et palestiniennes de se rencontrer. Rédigeant ensemble des déclarations et créant des centres de femmes en Israël et Palestine avec le soutien de la Commission européenne.

« J’ai présidé pendant plusieurs années le centre communautaire laïque juif et j’ai organisé des dialogues entre Israéliens et Palestiniens donc j’ai développée depuis 1968 des relations. Au départ, les Palestiniens ne voulaient pas nous parler puis on a été en contact avec un des envoyés d’Arafat. Les premières rencontres se faisaient de manière secrète et nous avons donc très vite été en contact avec Issam Sartawi (2) qui a été assassiné par un groupe radical palestinien en 1983. Il parlait au nom d’Arafat mais cela se faisait discrètement. Plusieurs ambassadeurs de l’OLP se sont fait assassiner vers les années 80 par des radicaux palestiniens qui n’acceptaient pas le dialogue avec des Israéliens. Durant toutes ces années, je n’ai pas arrêté d’avoir des contacts avec la gauche Israélienne, la société civile israélienne, mais aussi des politiques Israéliens puisque j’ai toujours été porté par cette idée de comment solutionner le problème. », explique Simone Susskind.

En 2013, elle organise un voyage sur les lieux du conflit en mélangeant trois écoles belges d’horizons différents. Grâce à ce voyage, les élèves sont sensibilisés à la situation des deux pays et apprennent à faire tomber les clichés véhiculés par les médias et réseaux sociaux, à se découvrir et développer des liens entre eux. Un voyage transformateur pour les élèves belges qui reviennent avec un esprit beaucoup plus critique.

« Ce que je fais avec les jeunes et mon ASBL c’est que je leur dis que nous n’allons pas faire la paix là-bas mais qu’on y va pour se confronter physiquement à des Palestiniens et Israéliens et en particulier des gens qui essayent de s’opposer à ces tendances actuelles qui font qu’il n’y a pas d’espoir, personne avec qui parler. Il faut réfléchir à des solutions, partir de l’idée que la violence ne mène à rien. Peut-être que la nouvelle génération n’a pas les mêmes préjugés et préjudices que les générations précédentes et qu’à un moment donné, va émerger des deux côtés des mouvements qui seront pour le dialogue car pour l’instant les Etats font tout pour que les jeunes ne se rencontrent pas. C’est contre-productif, il faut que les jeunes palestiniens et israéliens se rencontrent. » 

© Photos du voyage en Israël et Palestine par l’ASBL « Actions In The Mediterraneen »/ Simone Susskind

« Je pense qu’il faut plutôt trouver des formules nouvelles et originales mais la communauté internationale n’est pas prête à franchir ce pas. Une initiative créative a été prise il y a quelques années qui est de dire que l’aspiration des palestiniens c’est d’avoir toute la Palestine historique tandis que les Israéliens c’est d’avoir toute Israël depuis la mer jusqu’au Jourdain. Il faut donc reconnaitre ça et accepter qu’il y ait deux Etats. Un Etat palestinien plus ou moins sur les frontières de 1967. Il faut proposer aux colons qui veulent rester dans l’Etat palestinien qu’ils pourront rester sur le territoire palestinien mais en étant des citoyens Israéliens. Les Palestiniens qui voudront rentrer en Israël après la loi du retour, pourront rentrer en Israël en étant des citoyens Palestinien, mais résidant en Israël et Jérusalem sera la capitale des deux Etats. Ce qui est intéressant avec cette idée, c’est qu’il s’attaque aux trois questions auxquelles nous n’avons jamais réussi à répondre. La question des colonies, la question du droit au retour et la question de Jérusalem, mais tant qu’il n’y aura pas de leadership israélien et palestinien voulant résoudre ces problèmes, il n’y aura aucune solution. » 

Une paix impossible ? 

On retrouve un grand nombre de mouvements pacifistes que ce soit dans les deux pays ou même en dehors des frontières. Beaucoup de gens sont prêts à faire un pas vers la paix, malheureusement, les gouvernements séparent les deux peuples et emprisonnent tous les leaders d’opinions pacifiste. Il est peut-être temps de réformer ces deux gouvernements dépassés par ce conflit ayant pris trop d’ampleur avec le temps et qui semble devenir de plus en plus difficile à gérer. Mais tout espoir n’est pas perdu, de plus en plus de jeunes se battent pour vivre en paix. C’est peut-être grâce à cette génération Y que nous verrons enfin la fin de ce conflit qui a malheureusement fait couler tant de sang…

Pour en Savoir + : (1) La vraie signification de la formule « deux Etats pour deux peuples », par Allan Baker. http://jcpa-lecape.org/la-vraie-signification-de-la-formule-deux-etats-pour-deux-peuples/

– (2) Issam Sartawi, médecin, chef de guerre, homme de paix. https://www.rts.ch/play/radio/histoire-vivante/audio/issam-sartawi-medecin-chef-de-guerre-homme-de-paix?id=9757416

Petite histoire de la Palestine pour les nuls par Camille Pollet. https://www.nouvelobs.com/rue89/rue89-les-echos-de-lhistoire/20140729.RUE0525/petite-histoire-de-la-palestine-pour-les-nuls.html

Proche-Orient, la paix est-elle possible ? par Stéphanie Janicot. https://www.la-croix.com/Culture/Livres-et-idees/Proche-Orient-paix-est-elle-possible-2018-11-29-1200986263

-l’ASBL « Two states, One homeland », une ASBL plein d’espoir. https://www.alandforall.org/english/?d=ltr

-Jeune bruxellois né en 1998

-Etudiant à l’ISFSC

-Passionné par tous les processus de paix dans le monde

-Réalisation d’un reportage sur l’avancement du traitée de paix de Juan Manuel Santos en Colombie en mars 2019

 -« La paix produit, la guerre détruit. »

Une pensée sur “Conflit Israélo-palestinien : La paix comme dernière arme”

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *