Education religieuse et liberté: sont-elles compatibles?

Depuis 1989, les enfants disposent de droits inscrits dans la Convention relative aux droits de l’enfant.  Au moyen de son 14ème article, elle énonce la liberté dont dispose chaque enfant à pratiquer sa propre religion. Toutefois, comment peut-on parler d’une liberté si celle-ci est en partie guidée par l’éducation venant des parents ?

Par quel moyen les parents transmettent leurs croyances à leurs enfants ? Celles-ci peuvent-elles influer sur le comportement de l’enfant ? Quel est le rôle du libre-arbitre ? Peut-on considérer cela comme du lavage de cerveau ?  De manière générale, quel est l’impact des croyances religieuses et des convictions des parents sur l’éducation de leurs enfants ? Les croyances, comme les traditions et les valeurs, se transmettent par le biais des parents. Enseigner la religion aux enfants dès leur plus jeune âge leur permettra d’avoir une première approche de la religion, de posséder les bagages nécessaires pour se construire et également de se faire leurs propres opinions quant à leur pratique de la religion.

Hicham Azmani, psychologue, donne son avis quant à la question de l’impact des croyances religieuses et des convictions des parents sur l’éducation de leurs enfants. Najwa AZMANI TAUIL 2019 © 

Monsieur Hicham Azmani, psychologue, explique que la religion, comme les traditions et les coutumes, se transmettent de génération en génération. Selon lui, l’arrivée de nouvelles personnes dans un équilibre familial peut parfois s’accompagner d’un changement ou d’une évolution.  

Bien que les enfants puissent passer par des enseignements religieux extérieurs, comme le catéchisme ou l’école coranique, les parents restent les premières personnes se chargeant de la transmission des croyances à leurs enfants. D’ordinaire, le partage de la foi se fait par l’oralité et bien avant que l’enfant ne comprenne correctement la notion de religion et parfois même de Dieu. Cela se fait de manière naturelle comme, par exemple, une prière avant d’aller se coucher.

Toujours d’après notre expert, le mimétisme, lui, joue aussi un rôle dans le transfert des croyances. En effet, les enfants ont tendance à reproduire ce que font leurs parents et toutes personnes grandissant avec eux. Ils peuvent par exemple prier avec leurs proches sans pour autant comprendre le but de cette pratique. Bien que cela n’ait pas réellement de sens pour l’enfant, celui-ci comprendra par la suite le message derrière cet acte.

Du lavage de cerveau?

Selon un sondage réalisé sur le site debate.org, 85 % des personnes interrogées pensent que le fait d’enseigner la religion aux enfants se présente comme une forme de lavage de cerveau. Certains parents pensent que le fait d’enseigner la religion à leurs enfants peut nuire à leur capacité de penser de façon plus claire, et donc de faire des bons choix. « Non, en aucun cas la religion peut empêcher de penser de manière rationnelle. Se dire que la religion et la raison ne vont pas de pair n’est pas correct, c’est un ensemble », affirme notre psychologue.

Comme le dit Jean Paul II, « la foi et la raison sont comme les deux ailes qui permettront à l’esprit humain de s’élever  (1)».

Croire en une religion ne relève pas de la crédulité car c’est la réflexion elle-même qui pousse à croire. Enseigner la religion aux enfants est alors un moyen pour eux de se faire leur propre opinion. Ils auront à leur disposition une réserve d’informations ainsi que les bases nécessaires qui leur permettront plus tard, de faire leurs propres choix. « Ne pas leur parler de la foi, c’est restreindre leur possibilité de choisir leur propre voie (2) ».

Et le libre-arbitre dans tout ça?

« Dès l’âge de 4/5 ans les enfants se posent des questions à portée religieuse. Qui est Dieu ?, qu’est-ce que la mort ?, d’où venons-nous ? », Explique Monsieur Azmani. Imposer une religion à son enfant n’est pas autorisé. Mais, les enfants peuvent recevoir une éducation religieuse dès leur plus jeune âge de façon non contraignante. Un enfant peut effectuer ses choix moraux en toute liberté. Il s’agit d’un droit dont il dispose par la Convention des droits de l’enfant. Aucun parent n’est en droit d’imposer une idéologie religieuse à son enfant. Ils se doivent alors de laisser un libre choix à leurs enfants quant à la question des croyances et des convictions religieuses. « Ils disposent d’un libre-arbitre leur permettant de pouvoir choisir seul  et de manière absolue. Ils sont à l’origine de leurs actes. Ils sont libres », ajoute notre expert. Ils peuvent choisir par eux-mêmes une croyance sans être poussés ou influencés par un élément externe.

vidéo montrant le témoignage d’un couple au sujet de l’éducation religieuse de leurs enfants.

Un rattachement?

Le fait d’inculquer la religion aux enfants contribue à leur construction car celle-ci les aide à savoir qui ils sont, d’ où viennent-ils et permet de se rattacher à une communauté (3). A l’instar des traditions et des coutumes, la religion nous permet de nous rattacher à quelque chose comme par exemple une communauté religieuse bien définie qui peut se présenter comme une forme de soutien social ou même psychologique.

La clé du bonheur?

L’éducation religieuse transmisse par les parents peut également influer de façon positive sur le développement de l’enfant. Elle peut apporter un certain réconfort et répondre à certaines questions parfois même existentielles. Elle permet alors de se rattacher à quelque chose. Elle pourrait même contribuer au bonheur et au bon épanouissement de l’enfant car elle permet de trouver un sens à sa vie (4).

De plus, la religion de manière générale véhicule les principes fondamentaux des valeurs communes et du vivre ensemble qui ont pour but de préserver et d’améliorer notre bien-être et parallèlement le bien-être des personnes avec qui nous nous retrouvons fréquemment en contact (5).

L’ éducation religieuse ne représente pas forcément une forme d’imposition ou de lavage de cerveau mais peut permettre à l’enfant la construction de sa propre identité. Garantir une liberté totale tout en proposant de façon non contraignante des idées religieuses? Cela ne semble pas impossible.

Je m’appelle Najwa Azmani Tauil, j’ai 21 ans et je suis étudiante en BAC1 en communication à l’ISFSC.

Mes passions dans la vie sont les voyages, la musique et la photographie.

La citation qui m’accompagne est: « accepte ce qui est, laisse aller ce qui était et aie confiance en ce qui sera » Bouddha

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