Religion, facteur de paix ou de guerre ?

CHUSSUK. Religious Jokes [illustration], le 20 juin 2011. Dans : Ludicorp. Flickr [en ligne]. [Consulté le 21 décembre 2019] disponible à l'adresse : https://www.flickr.com/photos/schussuk/5854329632/
CHUSSUK. Religious Jokes [illustration], le 20 juin 2011. Dans : Ludicorp. Flickr [en ligne]. [Consulté le 21 décembre 2019] disponible à l’adresse : https://www.flickr.com/photos/schussuk/5854329632/
On entend de tout et partout … Alors la religion a-t-elle le même impact sur les citoyens qu’auparavant, une chose est sûre c’est qu’elle fait débat. Mais jusqu’où ira-t-elle et à quel prix, ou plutôt qui est véritablement responsable de tous ces déboires ?

La religion au cœur de la société

Croyance et rite, constituent les religions qui sont des phénomènes humains. Réunit par une similarité de croyances et partages, de certaines pratiques. « C’est depuis les années soixante, que l’impact de la religion catholique en Belgique a fortement régressé au sein de la société. Passant d’une majorité des individus qui fréquentait chaque dimanche un lieu culte, à 4% de fidèles hebdomadaires » souligne Caroline Sagësser docteure en histoire (1). En aucun cas, son intérêt médiatique a pu s’essouffler. En sachant pertinemment que le plus gros groupe convictionnel en Europe est celui des non-religieux.

C’est depuis l’apparition de l’immigration, qu’est survenue une diversification du paysage convictionnel. On assiste à quelque chose de relativement neuf, où de nombreuses personnes regardent l’islam comme une nouvelle religion. « Aujourd’hui les musulmans sont en Belgique depuis 60 ans, pour beaucoup il y a cette idée-là on se découvre, on se connaît mal. Dû à un manque de cours qui traite l’inter religieux et ce dès l’école primaire. Comme chaque année, le ramadan est traité comme une pratique étonnante qui crée la polémique ». Les médias s’y intéressent tant, car Bruxelles et de nombreuses autres villes sont devenues multiculturelles.

ALTMANN, Gerd. Religion [illustration], le 18 janvier 2009. Dans : BRAXMEIER, Hans, STEINBERGER, Simon. Pixabay [en ligne]. [Consulté le 20 décembre 2019] disponilbe à l'adresse : https://pixabay.com/fr/photos/religion-point-d-interrogation-3067050/
ALTMANN, Gerd. Religion [illustration], le 18 janvier 2009. Dans : BRAXMEIER, Hans, STEINBERGER, Simon. Pixabay [en ligne]. [Consulté le 20 décembre 2019] disponilbe à l’adresse : https://pixabay.com/fr/photos/religion-point-d-interrogation-3067050/

1789 une grande date à l’échelle mondiale

Après de nombreuses années, la liberté de religion arrive lors de la Révolution française en 1789. Depuis longtemps, les citoyens restaient dans le milieu où ils sont nés. Le chemin était linéaire et tout tracé, si vous veniez d’une famille catholique la case départ était : le baptême, puis l’école catholique, la confirmation, le mariage, etc. Maintenant, les églises n’imposent plus cette forme de discipline et l’être humain a la liberté de changer. Faire des allers/retours, il est tout à fait concevable qu’un bouddhiste s’intéresse à l’islam. Chaque personne a un chemin de vie beaucoup plus complexe, amené à rencontrer forcément d’autres personnes ne fût-ce que par les mariages mixtes des liens se créent. C’est incontestablement que les religions unissent les hommes, que ce soit au sein d’une religion ou pour l’humanité tout entière. Mais cela dépendra de leur capacité à créer des liens avec les autres.« Aucune hiérarchie entre les religions n’est créée, sur la base de potentielles plausibilités de leurs croyances. On ne classe pas les religions en donnant des bons ou des mauvais points, ni même en portant un jugement sur la qualité d’une d’entre elles, en fonction de son contenu ». Le contenu même de la doctrine, regarde uniquement le croyant sans porter de jugement là-dessus. Tout dépendra toujours de ce que les hommes en font, en revanche plusieurs éléments peuvent être mesurables comme : le nombre d’adeptes, l’influence de la religion sur un état politique, les productions littéraires, etc.

Campus protestant. Peut-on, comparer les religions ? [vidéo en ligne]. Dans Youtube. Le 30 avril 2019. [ Consulté le 9 décembre 2019] Disponible à l’adresse : https://www.youtube.com/watch?v=jjeCIKb565k

La religion est prise en otage par l’homme

Il est indéniable que dans chaque religion ressort cette tentation du radicalisme. Cette opposition à la différence qui peut mener à la violence. Mais si on fait un bilan des religions à l’échelle de l’humanité : est-il plutôt positif ou négatif ? Cela s’avère très difficile à juger. Car il faut prendre en considération que la religion apporte beaucoup de réconfort, à toute une série de personnes. Cela est-il vraiment un facteur de paix, en tout cas on peine à trouver des moments où la religion avait mené à la fin d’un conflit.

Les religions sont cruellement victimes de l’homme, c’est à eux que l’on doit sa nature. Le croyant est libre de donner une valeur absolue et littéraliste aux écrits. Comme de tout simplement, ne pas les prendre au pied de la lettre. Les religions sont des structures créées par l’homme, à l’image de l’humanité. Oui, il y a des interprétations très ouvertes et d’autres fermées voire pacifistes. La religion est quelque peu prisonnière de certaines traditions, dues aux systèmes patriarcaux de l’époque. La société a évolué vers plus d’égalité, ce qui a du mal à passer. En cause des structures anciennes, plus conservatrices les unes que les autres qui vont mettre du temps à refléter l’évolution.

Quand la religion se mêle à la politique

L’histoire des deux derniers siècles, c’est l’histoire d’une séparation très douloureuse pour l’église. Historiquement, il n’y avait pas de différence entre la religion et la politique jusqu’à la Révolution française. Dans nos pays, seul le prince imposait la religion et tout le monde devait avoir la même. C’est une alliance entre le trône et l’hôtel qui fait que les deux pouvoirs étaient confondus. C’est après la Révolution française, qu’elles ont été séparées avec plus ou moins de profondeur. Face à cette séparation, le peuple comprendra que le pouvoir civil est une chose et que l’autorité temporelle en est une autre. De sorte que la politique n’est pas sous l’influence de la religion, afin de donner à chaque citoyen les mêmes droits.

EcolePolAplliquee. Religion et politique : quelle place pour le religieux dans l’espace public ? [vidéo en ligne]. Dans Youtube. Le 13 mai 2014. [Consulté le 12 décembre 2019] Disponible à l’adresse : https://www.youtube.com/watch?v=YUh34bJYPpw

*(1) Caroline Sagësser est docteur en histoire, et actuellement chercheuse au Centre de recherche et d’information socio-politiques (CRISP), où elle y a publié plusieurs ouvrages dédiés à la laïcité organisée et aux cultes. 

(2) Ses principaux thèmes de recherche sont : les cultes, la laïcité, l’histoire politique et le fonctionnement des institutions.

Il s’agit là de trois gros thèmes qu’elle aborde, à la suite duquel elle a participé à la publication de plusieurs ouvrages :

  • 2002 : Les pouvoirs à Bruxelles : Fascicule 1
  • 2004 : Les pouvoirs en Wallonie
  • 2004 : Public Authorities in Wallonia
  • 2008 : La diversité des cultes
  • 2009 : Les droits de l’homme : Notre tâche
  • 2010 : Le prix de nos valeurs : Financer les cultes et la laïcité en Belgique
  • 2011 : Culte et laïcité
  • 2014 : Le vivre ensemble à l’école : plaidoyer pour un cours philosophique commun
  • 2016 : Législatif, exécutif et judiciaire : les relations entre les trois pouvoirs

(3) Madame Sagësser, a travaillé pour l’Université Libre de Bruxelles (ULB) comme collaboratrice scientifique au Centre interdisciplinaire d’études des religions et de la laïcité (CIERL). Elle y a présenté une thèse de doctorat concernant le financement public des cultes au XIXe siècle.

A l’heure actuelle, elle est toujours en perpétuelle recherche et n’hésite pas à mettre ses connaissances en valeur pour les partager avec de nombreuses personnes. C’est pour cela qu’elle travaille également à l’Observatoire des religions et de la laïcité du CIERL.

@JacquetJonathan 1ère communication

Jacquet Jonathan, étudiant en 1 ère année de communication à l’ISFSC. A pour but de décrocher son diplôme, afin de devenir animateur télé/radio.

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