Education religieuse et liberté: sont-elles compatibles?

Depuis 1989, les enfants disposent de droits inscrits dans la Convention relative aux droits de l’enfant.  Au moyen de son 14ème article, elle énonce la liberté dont dispose chaque enfant à pratiquer sa propre religion. Toutefois, comment peut-on parler d’une liberté si celle-ci est en partie guidée par l’éducation venant des parents ?

Par quel moyen les parents transmettent leurs croyances à leurs enfants ? Celles-ci peuvent-elles influer sur le comportement de l’enfant ? Quel est le rôle du libre-arbitre ? Peut-on considérer cela comme du lavage de cerveau ?  De manière générale, quel est l’impact des croyances religieuses et des convictions des parents sur l’éducation de leurs enfants ? Les croyances, comme les traditions et les valeurs, se transmettent par le biais des parents. Enseigner la religion aux enfants dès leur plus jeune âge leur permettra d’avoir une première approche de la religion, de posséder les bagages nécessaires pour se construire et également de se faire leurs propres opinions quant à leur pratique de la religion.

Hicham Azmani, psychologue, donne son avis quant à la question de l’impact des croyances religieuses et des convictions des parents sur l’éducation de leurs enfants. Najwa AZMANI TAUIL 2019 © 

Monsieur Hicham Azmani, psychologue, explique que la religion, comme les traditions et les coutumes, se transmettent de génération en génération. Selon lui, l’arrivée de nouvelles personnes dans un équilibre familial peut parfois s’accompagner d’un changement ou d’une évolution.  

Bien que les enfants puissent passer par des enseignements religieux extérieurs, comme le catéchisme ou l’école coranique, les parents restent les premières personnes se chargeant de la transmission des croyances à leurs enfants. D’ordinaire, le partage de la foi se fait par l’oralité et bien avant que l’enfant ne comprenne correctement la notion de religion et parfois même de Dieu. Cela se fait de manière naturelle comme, par exemple, une prière avant d’aller se coucher.

Toujours d’après notre expert, le mimétisme, lui, joue aussi un rôle dans le transfert des croyances. En effet, les enfants ont tendance à reproduire ce que font leurs parents et toutes personnes grandissant avec eux. Ils peuvent par exemple prier avec leurs proches sans pour autant comprendre le but de cette pratique. Bien que cela n’ait pas réellement de sens pour l’enfant, celui-ci comprendra par la suite le message derrière cet acte.

Du lavage de cerveau?

Selon un sondage réalisé sur le site debate.org, 85 % des personnes interrogées pensent que le fait d’enseigner la religion aux enfants se présente comme une forme de lavage de cerveau. Certains parents pensent que le fait d’enseigner la religion à leurs enfants peut nuire à leur capacité de penser de façon plus claire, et donc de faire des bons choix. « Non, en aucun cas la religion peut empêcher de penser de manière rationnelle. Se dire que la religion et la raison ne vont pas de pair n’est pas correct, c’est un ensemble », affirme notre psychologue.

Comme le dit Jean Paul II, « la foi et la raison sont comme les deux ailes qui permettront à l’esprit humain de s’élever  (1)».

Croire en une religion ne relève pas de la crédulité car c’est la réflexion elle-même qui pousse à croire. Enseigner la religion aux enfants est alors un moyen pour eux de se faire leur propre opinion. Ils auront à leur disposition une réserve d’informations ainsi que les bases nécessaires qui leur permettront plus tard, de faire leurs propres choix. « Ne pas leur parler de la foi, c’est restreindre leur possibilité de choisir leur propre voie (2) ».

Et le libre-arbitre dans tout ça?

« Dès l’âge de 4/5 ans les enfants se posent des questions à portée religieuse. Qui est Dieu ?, qu’est-ce que la mort ?, d’où venons-nous ? », Explique Monsieur Azmani. Imposer une religion à son enfant n’est pas autorisé. Mais, les enfants peuvent recevoir une éducation religieuse dès leur plus jeune âge de façon non contraignante. Un enfant peut effectuer ses choix moraux en toute liberté. Il s’agit d’un droit dont il dispose par la Convention des droits de l’enfant. Aucun parent n’est en droit d’imposer une idéologie religieuse à son enfant. Ils se doivent alors de laisser un libre choix à leurs enfants quant à la question des croyances et des convictions religieuses. « Ils disposent d’un libre-arbitre leur permettant de pouvoir choisir seul  et de manière absolue. Ils sont à l’origine de leurs actes. Ils sont libres », ajoute notre expert. Ils peuvent choisir par eux-mêmes une croyance sans être poussés ou influencés par un élément externe.

vidéo montrant le témoignage d’un couple au sujet de l’éducation religieuse de leurs enfants.

Un rattachement?

Le fait d’inculquer la religion aux enfants contribue à leur construction car celle-ci les aide à savoir qui ils sont, d’ où viennent-ils et permet de se rattacher à une communauté (3). A l’instar des traditions et des coutumes, la religion nous permet de nous rattacher à quelque chose comme par exemple une communauté religieuse bien définie qui peut se présenter comme une forme de soutien social ou même psychologique.

La clé du bonheur?

L’éducation religieuse transmisse par les parents peut également influer de façon positive sur le développement de l’enfant. Elle peut apporter un certain réconfort et répondre à certaines questions parfois même existentielles. Elle permet alors de se rattacher à quelque chose. Elle pourrait même contribuer au bonheur et au bon épanouissement de l’enfant car elle permet de trouver un sens à sa vie (4).

De plus, la religion de manière générale véhicule les principes fondamentaux des valeurs communes et du vivre ensemble qui ont pour but de préserver et d’améliorer notre bien-être et parallèlement le bien-être des personnes avec qui nous nous retrouvons fréquemment en contact (5).

L’ éducation religieuse ne représente pas forcément une forme d’imposition ou de lavage de cerveau mais peut permettre à l’enfant la construction de sa propre identité. Garantir une liberté totale tout en proposant de façon non contraignante des idées religieuses? Cela ne semble pas impossible.

Je m’appelle Najwa Azmani Tauil, j’ai 21 ans et je suis étudiante en BAC1 en communication à l’ISFSC.

Mes passions dans la vie sont les voyages, la musique et la photographie.

La citation qui m’accompagne est: « accepte ce qui est, laisse aller ce qui était et aie confiance en ce qui sera » Bouddha

Conflit Israélo-palestinien : La paix comme dernière arme

Depuis 1948, le conflit entre Israël et la Palestine fait rage. On parle souvent de la violence qui en découle mais rarement des personnes qui se battent pour la paix. Qu’elles sont ces organisations et leurs combats ?

Conflit Israélo-palestinien: La paix comme dernière arme;
Auteur: Olafpictures – license: Pixabay License libre pour usage commercial. Pas d’attribution requise

La prospérité viendra avec la paix…

Depuis quelques années, des palestiniens ont décidé de faire bouger les choses. Comme par exemple avec “la marche pour le retour”. Tous les vendredis des milliers de Palestiniens se retrouvent à la frontière de Gaza pour revendiquer le droit au retour de 700 00 Palestiniens chassés de leur terre en 1948. Les manifestants s’expriment de manière pacifique. Cela n’empêche pas l’armée Israélienne de tirer sur ces derniers à balles réels et au Hamas de reprendre la cause de la manifestation à des fins politiques nous raconte Simone Susskind, qui dirige l’ASBL ”Actions in the Mediteraneen”. Parmi ces manifestants, on y retrouve beaucoup de jeunes au chômage avec comme seul rêve de pouvoir de sortir du blocus de la ville de Gaza et de rentrer sur leurs terres. Même si le Hamas fait mine de vouloir calmer le jeu, la présence de ces derniers a complètement fait changer l’objectif de la manifestation en y apportant un discours haineux…

Voici un exemple d’une manifestation pour la « Marche du retour » à la frontière de Gaza

Il est également impossible de parler de la paix en Palestine sans mentionner tous ces jeunes qui ont fait le choix de la résistance pacifique, tel que l’organisation du nom de “Youth Against Settlments” d’Issa Harmo crée en 2007. Cet activiste de 37 ans qui suite à la fermeture de son université polytechnique par l’armée israélienne, décida d’organiser des actions non violentes, des sit-ins ou encore de l’enseignement pour les plus jeunes. Grâce à son association, il enseigne aux jeunes à ne pas répondre par la violence. Il donne aussi des caméras aux familles palestiniennes pour qu’elles puissent filmer toutes les violations des droits de l’homme et tous les abus de pouvoir. En rejoignant l’organisation, chaque jeune reçoit des leçons d’anglais, apprend à réagir calmement face à un soldat Israélien et à se servir d’une caméra de téléphone. Cette organisation reflète bien cette nouvelle génération préconisant les mouvements pacifiques plutôt que la violence pour exprimer leurs idées.

Des Israéliens allant jusqu’à mettre la pression à leur gouvernement

Il n’y a pas que les palestiniens qui protestent pacifiquement. Les Israéliens furent les premiers à protester en s’aidant de la paix. N’ayant pas les mêmes droits et vivant du bon côté de la frontière, cela n’empêche pas ces derniers de manifester pour la bonne entente des deux pays.

Le premier mouvement pacifiste à voir le jour en Israël est celui de « La Paix Maintenant », fondée par des jeunes ayant fait l’armée et voulant une paix avec tous les pays arabes. Cette organisation a vite rassemblé des centaines de milliers d’adhérents. L’organisation a pour but de convaincre l’opinion publique et le gouvernement israélien d’aboutir à une paix juste et durable fondée sur le principe “Deux peuples, deux États” (1). Depuis le début l’organisation milite pour qu’Israël retourne à ses frontières de 1967, à savoir, la création d’un Etat palestinien indépendant, le droit du peuple palestinien à l’auto-détermination et surtout le droit d’Israël d’exister avec des frontières sûres pour elle et ses pays voisins. 

De nombreuses manifestations ont aussi lieu en Israël comme, celle du mouvement citoyen « Women Wage Peace ». Créé juste après la guerre de 2014 dans la bande de Gaza. Le 8 octobre 2017, plus de 30 000 femmes des deux pays vêtus de blanc ont décidé de marcher pendant deux semaines. Elles ont marché jusqu’à Jérusalem pour faire entendre leurs messages de paix entre les deux pays. Ayant également comme désir de créer un parlement de femmes pour rappeler aux dirigeants que les accords de paix sont une priorité, ce mouvement plein d’espérance n’en seraient pas là sans toutes ces femmes déterminées. 

Voici un tweet provenant d’une journaliste israélienne ayant participé à la manifestation du 8 octobre 2017

Une entraide venant du monde entier 

Il ne faut pas forcément aller jusqu’en en Israël ou Palestine pour trouver des personnes qui véhiculent un message de paix dans ce conflit.  

En Belgique, Simone Susskind commence par rejoindre le centre communautaire laïque juif avec l’envie de trouver une solution au conflit et le souhait à une auto-détermination de la Palestine. Elle fonde ensuite son ASBL en 1995 du nom de “Actions In The Mediteraneen » avec l’idée de développer l’échange entre les femmes du sud de la Méditerranée. Chemin faisant, cela a permis à des femmes israéliennes et palestiniennes de se rencontrer. Rédigeant ensemble des déclarations et créant des centres de femmes en Israël et Palestine avec le soutien de la Commission européenne.

« J’ai présidé pendant plusieurs années le centre communautaire laïque juif et j’ai organisé des dialogues entre Israéliens et Palestiniens donc j’ai développée depuis 1968 des relations. Au départ, les Palestiniens ne voulaient pas nous parler puis on a été en contact avec un des envoyés d’Arafat. Les premières rencontres se faisaient de manière secrète et nous avons donc très vite été en contact avec Issam Sartawi (2) qui a été assassiné par un groupe radical palestinien en 1983. Il parlait au nom d’Arafat mais cela se faisait discrètement. Plusieurs ambassadeurs de l’OLP se sont fait assassiner vers les années 80 par des radicaux palestiniens qui n’acceptaient pas le dialogue avec des Israéliens. Durant toutes ces années, je n’ai pas arrêté d’avoir des contacts avec la gauche Israélienne, la société civile israélienne, mais aussi des politiques Israéliens puisque j’ai toujours été porté par cette idée de comment solutionner le problème. », explique Simone Susskind.

En 2013, elle organise un voyage sur les lieux du conflit en mélangeant trois écoles belges d’horizons différents. Grâce à ce voyage, les élèves sont sensibilisés à la situation des deux pays et apprennent à faire tomber les clichés véhiculés par les médias et réseaux sociaux, à se découvrir et développer des liens entre eux. Un voyage transformateur pour les élèves belges qui reviennent avec un esprit beaucoup plus critique.

« Ce que je fais avec les jeunes et mon ASBL c’est que je leur dis que nous n’allons pas faire la paix là-bas mais qu’on y va pour se confronter physiquement à des Palestiniens et Israéliens et en particulier des gens qui essayent de s’opposer à ces tendances actuelles qui font qu’il n’y a pas d’espoir, personne avec qui parler. Il faut réfléchir à des solutions, partir de l’idée que la violence ne mène à rien. Peut-être que la nouvelle génération n’a pas les mêmes préjugés et préjudices que les générations précédentes et qu’à un moment donné, va émerger des deux côtés des mouvements qui seront pour le dialogue car pour l’instant les Etats font tout pour que les jeunes ne se rencontrent pas. C’est contre-productif, il faut que les jeunes palestiniens et israéliens se rencontrent. » 

© Photos du voyage en Israël et Palestine par l’ASBL « Actions In The Mediterraneen »/ Simone Susskind

« Je pense qu’il faut plutôt trouver des formules nouvelles et originales mais la communauté internationale n’est pas prête à franchir ce pas. Une initiative créative a été prise il y a quelques années qui est de dire que l’aspiration des palestiniens c’est d’avoir toute la Palestine historique tandis que les Israéliens c’est d’avoir toute Israël depuis la mer jusqu’au Jourdain. Il faut donc reconnaitre ça et accepter qu’il y ait deux Etats. Un Etat palestinien plus ou moins sur les frontières de 1967. Il faut proposer aux colons qui veulent rester dans l’Etat palestinien qu’ils pourront rester sur le territoire palestinien mais en étant des citoyens Israéliens. Les Palestiniens qui voudront rentrer en Israël après la loi du retour, pourront rentrer en Israël en étant des citoyens Palestinien, mais résidant en Israël et Jérusalem sera la capitale des deux Etats. Ce qui est intéressant avec cette idée, c’est qu’il s’attaque aux trois questions auxquelles nous n’avons jamais réussi à répondre. La question des colonies, la question du droit au retour et la question de Jérusalem, mais tant qu’il n’y aura pas de leadership israélien et palestinien voulant résoudre ces problèmes, il n’y aura aucune solution. » 

Une paix impossible ? 

On retrouve un grand nombre de mouvements pacifistes que ce soit dans les deux pays ou même en dehors des frontières. Beaucoup de gens sont prêts à faire un pas vers la paix, malheureusement, les gouvernements séparent les deux peuples et emprisonnent tous les leaders d’opinions pacifiste. Il est peut-être temps de réformer ces deux gouvernements dépassés par ce conflit ayant pris trop d’ampleur avec le temps et qui semble devenir de plus en plus difficile à gérer. Mais tout espoir n’est pas perdu, de plus en plus de jeunes se battent pour vivre en paix. C’est peut-être grâce à cette génération Y que nous verrons enfin la fin de ce conflit qui a malheureusement fait couler tant de sang…

Pour en Savoir + : (1) La vraie signification de la formule « deux Etats pour deux peuples », par Allan Baker. http://jcpa-lecape.org/la-vraie-signification-de-la-formule-deux-etats-pour-deux-peuples/

– (2) Issam Sartawi, médecin, chef de guerre, homme de paix. https://www.rts.ch/play/radio/histoire-vivante/audio/issam-sartawi-medecin-chef-de-guerre-homme-de-paix?id=9757416

Petite histoire de la Palestine pour les nuls par Camille Pollet. https://www.nouvelobs.com/rue89/rue89-les-echos-de-lhistoire/20140729.RUE0525/petite-histoire-de-la-palestine-pour-les-nuls.html

Proche-Orient, la paix est-elle possible ? par Stéphanie Janicot. https://www.la-croix.com/Culture/Livres-et-idees/Proche-Orient-paix-est-elle-possible-2018-11-29-1200986263

-l’ASBL « Two states, One homeland », une ASBL plein d’espoir. https://www.alandforall.org/english/?d=ltr

-Jeune bruxellois né en 1998

-Etudiant à l’ISFSC

-Passionné par tous les processus de paix dans le monde

-Réalisation d’un reportage sur l’avancement du traitée de paix de Juan Manuel Santos en Colombie en mars 2019

 -« La paix produit, la guerre détruit. »

Ouïgours, en quête de vérité

Photo de barreaux, Pixabay License, libre pour usage commercial, pas d’attribution requise

Le gouvernement Chinois mène puis 2017 une répression violente contre l’ethnie que représente les ouïgours. Enfermés dans des camps et sans nouvelles de leurs proches. Le gouvernement Chinois justifie l’ouverture de ces camps avec leurs lois sur la sûreté publique. Il utilise les émeutes de 2009 comme excuse pour justifier ces enfermements. La découverte de documents classés confidentiels du gouvernement Chinois risque de peser dans la balance du côté des ouïgours.

Depuis plus de deux ans maintenant, les peuples Ouïgours et Kazakhs sont victimes d’une répression silencieuse due à la pratique de leur religion. Les Ouïgours forment une ethnie de religion musulmane du Xinjiang (état indépendant de la Chine). En effet le gouvernement chinois à mis en place depuis le début des années 2000 une répression visant à marginaliser les ouïgours et les kazakhs. Les deux communautés ne pouvaient plus posséder de magasins, subissaient des contrôles faciaux, étaient victimes de surveillance intrusive. Suite à ces répression, ces deux peuples ont décidé de manifester contre la marginalisation qu’ils subissaient. Ces manifestations se sont d’abord déroulées de manière pacifistes. Des débordement ont cependant eu lieu, notamment avec les émeutes de 2009.

A la suite des émeutes de 2009, le gouvernement chinois a pris la décision de réagir de façon radicale contre ces manifestations. Ils ont mis en place l’installation de camps. Ces camps sont appelés par le gouvernement « centre de formation professionnelle et de rééducation ». On y étudie les loi du parti communiste et les chants patriotiques sont à répéter plusieurs fois par jour. Sous ces aspects peu inquiétants, se trouvent une toute autre réalité. Celle de millions d’hommes, de femmes et d’enfants, privés de leur droit à la liberté mais également de leur droit à la liberté de conscience, en pratiquant un lavage de cerveau intensif visant à les faire adhérer au régime communiste. Entre 500 000 et 1 million d’Ouïgours sont actuellement portés disparus, et ce depuis maintenant 2017.

« A la base, lors des manifestations à l’encontre de la surveillance et de la répression massive du peuple, c’était une petite minorité d’Ouïgours impliquée. Le gouvernement à utilisé alors le prétexte de lutte anti-terroriste et des débordements qui ont lieu lors des manifestations pour réprimander un peuple tout entier. C’est un endoctrinement massif sur un peuple dont la plupart ne sont pas des terroristes chevronner, loin de là. On accepte l’autre pourvu qu’il soit le même que nous, voilà pourquoi on le met dans des camps! On les assimiles, afin de les faire devenir comme nous. Le but étant d’éloigner le plus une culture différente du communisme, à travers la culture de la peur. », m’explique Philippe Givron, coordinateur Chine pour Amnesty International.

Phillipe Givron, coordinateur chine pour Amnesty Internationale, Raconte et explique
Shaima El Koulali
Phillipe Givron, coordinateur chine pour Amnesty International, raconte et explique
© Shaima El Koulali 2019

« Where are they », les premiers soupçons

En 2017, les premières interrogations ont commencé à naître. Des familles Ouïgours se sont inquiétées d’être subitement sans nouvelles de ceux ci. Le nombre de disparus augmentant, le gouvernement n’agissant point et niant toute responsabilité, on sait que le mouvement « Where are they » à vu le jour par Amnesty international. Des vidéos datant de 2018 ont également été publiées et prouvent que ces camps ne ressemblent en rien à une colonie de vacances. On y aperçoit de l’extérieur des barreaux et des policiers , de l’intérieur, des cellules en guise de dortoirs, des murs recouverts de lois communistes. Ces camps sont presque à confondre avec des prisons.

Suite à la publication de ces vidéos, le gouvernement chinois s’est vu obligé de justifier la création de ces camps par la peur du terrorisme grandissant, suite aux manifestations de 2009. Le gouvernement utilise sa loi de sûreté publique comme me l’explique Philippe Givron: « L’objectif de la chine est de dissoudre toute population indépendante et allant à l’encontre des valeurs que prône le communisme. Elle utilise le problème de la sûreté publique pour surveiller et arrêter des manifestants qui ne sont que des opposants au parti communiste. Car tout ce qui va, d’après le parti à l’encontre du communisme est immédiatement perçu comme une atteinte à la sûreté de l’état et donc une menace à la sûreté de l’hégémonie du communisme. C’est complètement opposé aux droits humains car il y a un manque évident d’équilibre. C’est un régime totalitaire, qui utilise des mesures de sécurité disproportionnées. « 

Fuite des Xinjiang papers et des « Chinas Cables »

Le 16 novembre 2019, 400 pages de documents ont fuité par un membre du gouvernement chinois, souhaitant rester anonyme. Ce qui semble être une violation massive des droits humains prouve que le gouvernement chinois ne dit pas tout sur le traitement des Ouïgours. Dans ces pages nommés « Xinjiang Papers » , nous pouvons y retrouver les différentes méthodes pratiquées par le gouvernement pour contraindre cette ethnie a suivre leurs lois. Le 20 novembre, une autre série de documents, les Chinas Cables ont fuité par le Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ) relatant de séries de maltraitance à l’encontre des ouïgours. On y trouve documents ayant pour mention l’importance de « la repentance et de l’aveu ». Chaque acte de résistance est suivie de punitions. Cela confirme les soupçons et les inquiétudes des proches. L’apparition de ces documents est une preuve supplémentaire prouvant que la religion n’est pas la cause principale de cette politique d’enfermement.

La chine, une amie qu’il faut garder

Les pays du globe ne sont pas tous montrés critiques envers la Chine. Philippe Givron précise : « Le Vietnam est un des ses amis proches, elle investit également beaucoup dans les pays d’Afrique comme l’Arabie Saoudite, le Qatar , les Emirats . Les pays dépendent des investissements, ils éviteront donc d’aller à l’encontre de la Chine. D’un autre coté, certains pays ont décidé de faire porter leurs voix pour cette ethnie. La Belgique s’est montrée intransigeante en dénonçant les points clés des problèmes en Chine et en mettant l’accent sur la répression des ouïgours. La Turquie est l’un des rares pays musulmans à s’être montré critique envers la situation. « 

Au niveau de l’opinion publique, La Chine a le contrôle sur tout. Il est impossible de former un groupe sans l’accord du parti communiste car le gouvernement agit avec un contrôle sans limite. Les sites internet, certaines institutions tels qu’Amnesty International ou certains journaux de presse comme Le monde y sont interdits. L’opinion publique, qui se veut dans le reste du monde importante et ayant son poids dans les mouvements de groupes est inexistante en Chine. C’est pourquoi en Chine, au niveau médiatique, aucuns articles relatant de la situation des Ouïgours n’est paru. Cependant, la découverte des Chinas Cables marque un tournant médiatique. Les ouïgours se sont retrouvés sur le devant de la scène et des pays ont pu montrer leur soutien et pris la défense des ouïgours.

Publication de Raphael Glucksmann, essayiste et homme politique français. Source: Instagram

Un modèle pourtant paradoxal

Actuellement, le gouvernement Chinois ne semble pas prêt à prendre ses responsabilités. Il choisit de ne pas assumer ses erreurs. Pourtant, l’article 4 de la constitution chinoise est très clair:  » chaque ethnie a le droit d’utiliser et développer sa propre langue, sa propre culture« . L’article 36 garantit lui:  » la liberté de religion« . La situation des ouïgours nous prouve le contraire. La découverte des « Chinas Cables » feront peut-être changer les choses rien n’est plus à espérer car pour Philippe Givron: « La Chine est une des plus grandes puissances mondiales. Elle a une influence énorme et est très avancée technologiquement et économiquement parlant. Nous pouvons espérer qu’elle n’influence pas sur les autres pays, notamment ses alliés, afin de devenir un exemple de violence extrême. » Cette nouvelle situation obligera peut-être les pays du monde à ouvrir les yeux sur une situation très précaire.

En savoir plus:

Vidéo documentaire sur la condition des Ouïgours

Article relatant des « Chinas papers « 

Communiqué de presse d’Amnesty

Des conflits sous couverts de religion

Vidéo de la plateforme « Brut » expliquant la persécution de l’état Chinois sur les Oïgours.

Shaima El Koulali, jeune étudiante de 22 ans en communication, habitant Bruxelles depuis toujours. J’étudie à la haute école ISFSC. J’aime voyager et apprendre de nouvelles choses tous les jours.

Religion, facteur de paix ou de guerre ?

CHUSSUK. Religious Jokes [illustration], le 20 juin 2011. Dans : Ludicorp. Flickr [en ligne]. [Consulté le 21 décembre 2019] disponible à l'adresse : https://www.flickr.com/photos/schussuk/5854329632/
CHUSSUK. Religious Jokes [illustration], le 20 juin 2011. Dans : Ludicorp. Flickr [en ligne]. [Consulté le 21 décembre 2019] disponible à l’adresse : https://www.flickr.com/photos/schussuk/5854329632/
On entend de tout et partout … Alors la religion a-t-elle le même impact sur les citoyens qu’auparavant, une chose est sûre c’est qu’elle fait débat. Mais jusqu’où ira-t-elle et à quel prix, ou plutôt qui est véritablement responsable de tous ces déboires ?

La religion au cœur de la société

Croyance et rite, constituent les religions qui sont des phénomènes humains. Réunit par une similarité de croyances et partages, de certaines pratiques. « C’est depuis les années soixante, que l’impact de la religion catholique en Belgique a fortement régressé au sein de la société. Passant d’une majorité des individus qui fréquentait chaque dimanche un lieu culte, à 4% de fidèles hebdomadaires » souligne Caroline Sagësser docteure en histoire (1). En aucun cas, son intérêt médiatique a pu s’essouffler. En sachant pertinemment que le plus gros groupe convictionnel en Europe est celui des non-religieux.

C’est depuis l’apparition de l’immigration, qu’est survenue une diversification du paysage convictionnel. On assiste à quelque chose de relativement neuf, où de nombreuses personnes regardent l’islam comme une nouvelle religion. « Aujourd’hui les musulmans sont en Belgique depuis 60 ans, pour beaucoup il y a cette idée-là on se découvre, on se connaît mal. Dû à un manque de cours qui traite l’inter religieux et ce dès l’école primaire. Comme chaque année, le ramadan est traité comme une pratique étonnante qui crée la polémique ». Les médias s’y intéressent tant, car Bruxelles et de nombreuses autres villes sont devenues multiculturelles.

ALTMANN, Gerd. Religion [illustration], le 18 janvier 2009. Dans : BRAXMEIER, Hans, STEINBERGER, Simon. Pixabay [en ligne]. [Consulté le 20 décembre 2019] disponilbe à l'adresse : https://pixabay.com/fr/photos/religion-point-d-interrogation-3067050/
ALTMANN, Gerd. Religion [illustration], le 18 janvier 2009. Dans : BRAXMEIER, Hans, STEINBERGER, Simon. Pixabay [en ligne]. [Consulté le 20 décembre 2019] disponilbe à l’adresse : https://pixabay.com/fr/photos/religion-point-d-interrogation-3067050/

1789 une grande date à l’échelle mondiale

Après de nombreuses années, la liberté de religion arrive lors de la Révolution française en 1789. Depuis longtemps, les citoyens restaient dans le milieu où ils sont nés. Le chemin était linéaire et tout tracé, si vous veniez d’une famille catholique la case départ était : le baptême, puis l’école catholique, la confirmation, le mariage, etc. Maintenant, les églises n’imposent plus cette forme de discipline et l’être humain a la liberté de changer. Faire des allers/retours, il est tout à fait concevable qu’un bouddhiste s’intéresse à l’islam. Chaque personne a un chemin de vie beaucoup plus complexe, amené à rencontrer forcément d’autres personnes ne fût-ce que par les mariages mixtes des liens se créent. C’est incontestablement que les religions unissent les hommes, que ce soit au sein d’une religion ou pour l’humanité tout entière. Mais cela dépendra de leur capacité à créer des liens avec les autres.« Aucune hiérarchie entre les religions n’est créée, sur la base de potentielles plausibilités de leurs croyances. On ne classe pas les religions en donnant des bons ou des mauvais points, ni même en portant un jugement sur la qualité d’une d’entre elles, en fonction de son contenu ». Le contenu même de la doctrine, regarde uniquement le croyant sans porter de jugement là-dessus. Tout dépendra toujours de ce que les hommes en font, en revanche plusieurs éléments peuvent être mesurables comme : le nombre d’adeptes, l’influence de la religion sur un état politique, les productions littéraires, etc.

Campus protestant. Peut-on, comparer les religions ? [vidéo en ligne]. Dans Youtube. Le 30 avril 2019. [ Consulté le 9 décembre 2019] Disponible à l’adresse : https://www.youtube.com/watch?v=jjeCIKb565k

La religion est prise en otage par l’homme

Il est indéniable que dans chaque religion ressort cette tentation du radicalisme. Cette opposition à la différence qui peut mener à la violence. Mais si on fait un bilan des religions à l’échelle de l’humanité : est-il plutôt positif ou négatif ? Cela s’avère très difficile à juger. Car il faut prendre en considération que la religion apporte beaucoup de réconfort, à toute une série de personnes. Cela est-il vraiment un facteur de paix, en tout cas on peine à trouver des moments où la religion avait mené à la fin d’un conflit.

Les religions sont cruellement victimes de l’homme, c’est à eux que l’on doit sa nature. Le croyant est libre de donner une valeur absolue et littéraliste aux écrits. Comme de tout simplement, ne pas les prendre au pied de la lettre. Les religions sont des structures créées par l’homme, à l’image de l’humanité. Oui, il y a des interprétations très ouvertes et d’autres fermées voire pacifistes. La religion est quelque peu prisonnière de certaines traditions, dues aux systèmes patriarcaux de l’époque. La société a évolué vers plus d’égalité, ce qui a du mal à passer. En cause des structures anciennes, plus conservatrices les unes que les autres qui vont mettre du temps à refléter l’évolution.

Quand la religion se mêle à la politique

L’histoire des deux derniers siècles, c’est l’histoire d’une séparation très douloureuse pour l’église. Historiquement, il n’y avait pas de différence entre la religion et la politique jusqu’à la Révolution française. Dans nos pays, seul le prince imposait la religion et tout le monde devait avoir la même. C’est une alliance entre le trône et l’hôtel qui fait que les deux pouvoirs étaient confondus. C’est après la Révolution française, qu’elles ont été séparées avec plus ou moins de profondeur. Face à cette séparation, le peuple comprendra que le pouvoir civil est une chose et que l’autorité temporelle en est une autre. De sorte que la politique n’est pas sous l’influence de la religion, afin de donner à chaque citoyen les mêmes droits.

EcolePolAplliquee. Religion et politique : quelle place pour le religieux dans l’espace public ? [vidéo en ligne]. Dans Youtube. Le 13 mai 2014. [Consulté le 12 décembre 2019] Disponible à l’adresse : https://www.youtube.com/watch?v=YUh34bJYPpw

*(1) Caroline Sagësser est docteur en histoire, et actuellement chercheuse au Centre de recherche et d’information socio-politiques (CRISP), où elle y a publié plusieurs ouvrages dédiés à la laïcité organisée et aux cultes. 

(2) Ses principaux thèmes de recherche sont : les cultes, la laïcité, l’histoire politique et le fonctionnement des institutions.

Il s’agit là de trois gros thèmes qu’elle aborde, à la suite duquel elle a participé à la publication de plusieurs ouvrages :

  • 2002 : Les pouvoirs à Bruxelles : Fascicule 1
  • 2004 : Les pouvoirs en Wallonie
  • 2004 : Public Authorities in Wallonia
  • 2008 : La diversité des cultes
  • 2009 : Les droits de l’homme : Notre tâche
  • 2010 : Le prix de nos valeurs : Financer les cultes et la laïcité en Belgique
  • 2011 : Culte et laïcité
  • 2014 : Le vivre ensemble à l’école : plaidoyer pour un cours philosophique commun
  • 2016 : Législatif, exécutif et judiciaire : les relations entre les trois pouvoirs

(3) Madame Sagësser, a travaillé pour l’Université Libre de Bruxelles (ULB) comme collaboratrice scientifique au Centre interdisciplinaire d’études des religions et de la laïcité (CIERL). Elle y a présenté une thèse de doctorat concernant le financement public des cultes au XIXe siècle.

A l’heure actuelle, elle est toujours en perpétuelle recherche et n’hésite pas à mettre ses connaissances en valeur pour les partager avec de nombreuses personnes. C’est pour cela qu’elle travaille également à l’Observatoire des religions et de la laïcité du CIERL.

@JacquetJonathan 1ère communication

Jacquet Jonathan, étudiant en 1 ère année de communication à l’ISFSC. A pour but de décrocher son diplôme, afin de devenir animateur télé/radio.

L’homosexualité : dans l’œil de l’Islam et du Christianisme

Islam - Christianisme

Sujet bateau, sujet rigolo, sujet fléau, c’est un sujet qui parle des homos. La religion nous berce, pour la plupart, depuis notre naissance tandis que l’homosexualité est une question, encore non-résolue, de notre société. Qu’en est-il aujourd’hui de la perception de l’homosexualité du point vue religieux ? 

Il y a seulement deux mois de cela, une candidate dans le parti conservateur, à Toronto, a tenu des propos homophobes –ce qui lui a valu, d’ailleurs, le retrait de sa candidature aux prochaines élections-. L’acceptation de ce fait social est changeante. Le sujet de l’homosexualité, dans les religions monothéistes (et dans la société), a toujours été complexe.

Homosexualité et Religion : sont-ils liés ?

Une recherche menée sur Google Actualité autour des mots “homosexualité et religions” nous propose des résultats venus de tous les coins du monde et la cohabitation des deux semble compliquée.  

Pour Marc Beumier, coordinateur de Bruxelles de la CCL (Communauté du Christ Libérateur) -une association gay/lesbienne et chrétienne -que j’ai pu rencontrer dans le cadre de cet article-, ces deux termes n’ont rien à voir.
D’une part, l’homosexualité, c’est ce qu’il est et ce qui fait partie de lui et, d’autre part, la religion ou plus précisément son adhésion à la foi est quelque chose à laquelle, il croit.
Il précise : “La religion et ses pratiques sont compatibles avec l’homosexualité parce que sinon je ne serai pas là, ici, aujourd’hui. Ce que l’on nous demande en tant que catholique, c’est d’adhérer à des théories, de respecter l’évangile, d’avoir le respect des autres et de soi-même”. Au sens strict de cette interprétation, l’homosexualité n’empiète pas sur la religion. 
En effet, pour lui, ”Les religieux radicaux, qui ne tolèrent absolument pas l’homosexualité, ne sont pas des vrais croyants”. 

Pour Bernard Guillemin, coordinateur de l’ASBL ATER VISIO, une association qui lutte contre l’homophobie et la transphobie -que j’ai pu également rencontrer dans le cadre de ce travail-, la foi et l’amour (reprenant l’orientation sexuelle et l’homosexualité en général) peuvent avoir un point commun, c’est quelque chose qui nous tombe dessus et qu’on ne peut contrôler.
En dehors de ce point-là, il n’y a aucun point de convergence entre les deux.  Contrairement à ses propos, Éric Zemmour considère l’orientation sexuelle (et donc l’homosexualité) comme un choix, on le voit ici dans cette vidéo. 

L’homosexualité : quid du point de vue religieux ?

La position de la religion chrétienne est multiple sur l’homosexualité. Il y a ceux plus conservateurs qui restreignent l’homosexualité au rang des péchés (1). Ceux plus progressistes qui acceptent les personnes homosexuelles dans le cadre ecclésiastique et qui bénissent même des unions (2). Enfin, il y a ceux plus “modérés” (comme le Pape), qui appellent à ne pas rejeter ces personnes hors de la société (3) 

Au contraire de cela, la religion musulmane semble beaucoup plus fermée à cela. En effet, encore de nombreux pays à majorité musulmane condamnent l’homosexualité. Paradoxalement, à cette vision, selon Marc Beumier, “l’homosexualité est très répandue, car normalement, il n’y a pas de sexe avant le mariage avec la femme et donc l’homo-sensualité est très pratiquée dans ces pays-là, car les hommes et les femmes vivent séparés”.  

Même si le Coran n’interdit pas l’homosexualité, certains musulmans ont traduit ces livres sacrés en disant que l’homosexualité est un péché, c’est pour cela qu’encore beaucoup de musulmans n’acceptent pas l’homosexualité dans leur vie. Mais que dit exactement le Coran ?  
Les pratiques sexuelles homosexuelles, et plus précisément la sodomie, sont très fort condamnées dans le Coran, jugeant celles-ci de représentation sadomasochiste de la sexualité. En aucun cas, le Coran n’interdit une personne d’être homosexuel ou de demander la filiation 4.   

Beaucoup de représentants de la religion chrétienne ne condamnent pas l’homosexualité en tant que telle. Ce qui est souvent condamné, ce sont les pratiques sexuelles. De nombreux chrétiens acceptent l’homosexualité mais seulement dans l’abstinence, car ils considèrent ces actes comme contre-nature, comme un péché 5

Et si on mariait?

Dans certains courants du christianisme, des mariages sont célébrés à l’église, comme c’est le cas ici en Norvège, il y a maintenant presque 3 ans, entre des personnes homosexuelles. Cela se passe dans les églises protestantes actuelles (qui sont en général, plus libérales). Il y a aussi dans la religion chrétienne, des personnes homosexuelles qui font partie du corps-même de l’église même s’ils doivent vivre leur homosexualité dans l’abstinence (6).

En ce qui concerne, le mariage homosexuel à la mosquée, c’est impensable à l’heure actuelle, même dans les courants les plus progressistes de l’islam. Il y a eu, il y a deux ans maintenant, un mariage civil, de deux personnes homosexuelles et musulmanes au Royaume-Uni (7). Cela reste un mariage civil et non célébré dans une mosquée. Ludovic-Mohamed Zahed est un imam français qui est homosexuel et qui lutte contre l’homophobie et surtout celle dans l’islam et pour le droit d’être gay et musulman à la fois. Il est d’ailleurs à l’origine de la première mosquée inclusive en France qui accepte les personnes LGBT musulmanes (8). Même si certains imams ont suivi le mouvement en Europe et d’autres mosquées inclusives se sont construites depuis, comme c’est le cas à Berlin en 2017, 60% des musulmans en Europe montrent une grande hostilité envers les personnes homosexuelles (9).  

Ludovic-Mohamed Zahed, imam français, qui fait un discours à la conférence pour l’association Exaequo, une ASBL qui fait la promotion de la santé sur les MST/IST entre les relations masculines entre hommes.
Auteur : G. Garitan – License :  Creative Commons Attribution – Partage dans les Mêmes Conditions 4.0 International

Le mariage entre deux personnes du même sexe, dans ces religions, semble encore tabou. Au niveau de la loi, il y a, actuellement, 26 pays qui ont légalisé le mariage pour tous (10). Au vu de cette évolution, nous serons enclins à participer à un mariage homosexuel. C’est le cas du youtubeur n*1 en France, Cyprien, qui l’a vécu et qui en fait une vidéo. 

La situation en Belgique

Nous sommes plutôt avancés dans les droits accordés à la communauté LGBT. Nous avons été le deuxième pays à légaliser le mariage pour tous (11). Même si dans certains pays, l‘homosexualité est encore passible de peine de mort, il y a de plus en plus de pays qui dépénalisent l’homosexualité au fil des années. Selon Bernard Guillemin, même si la loi évolue en ce qui concerne la communauté LGBT plus vite que ce que pense la religion, la loi n’est pas la réalité. Malgré que la loi protège cette communauté dans plusieurs pays, il y a encore de nombreuses agressions homophobes en Belgique et parfois -“au nom de la religion” (12)-.

À Bruxelles, il existe actuellement une communauté de personnes homosexuelles et chrétiennes, c’est la CCL avec laquelle j’ai pu entrer en contact. Existe-t-il l’équivalent dans la religion musulmane ? Non. Il y a, cependant, une association à Bruxelles qui s’appelle Merhaba. C’est une association qui lutte contre les discriminations faites aux personnes homosexuelles venant du Moyen-Orient et qui sont, pour la plupart musulmans (13).

Que ce soit pour le coordinateur de Bruxelles de la CCL comme pour celui d’Alter Visio, les religieux qui voient l’homosexualité comme un péché, en vertu des textes sacrés, est une mauvaise interprétation de ces derniers. Pour eux, nous pouvons dire à ces textes n’importe quoi et surtout ce que l’on veut. Il faut donc prendre ces textes sacrés avec du recul et également remettre ceux-ci dans leur contexte.   

L’homosexualité et la religion peuvent parfois être en conflit d’intérêts dans la manière de vivre. Marc Beumier se définit comme “gay chrétien heureux” et espère, dans un futur, que son association n’aura plus besoin d’exister, car l’homosexualité et la religion pourront co-habiter. Pour preuve, les évêques allemands viennent de reconnaître, il y a quelques jours, l’homosexualité comme quelque chose de “normal”, un grand pas pour la religion catholique (14). 

Dans la religion juive, cela est un peu différent. En effet, dans la Torah, les actes homosexuels sont prohibés mais pas condamnés de manière directe. C’est une mauvaise lecture. Même si certains interprètent la Torah de la mauvaise manière, celle-ci a en abomination l’acte homosexuel et non le sujet, soit la personne homosexuelle. Pour en savoir plus sur comment est vu l’homosexualité par la Torah.

Barbara MAURISSEN
Je suis âgée de 22 ans. Je suis étudiante en 1e année de communication à l’ISFSC. Les droits de l’homme fondamentaux m’intéressent beaucoup (ex: droit à la vie, la liberté d’expression,..).

Webographie :

(1) HANLEY, Jonathan. Dieu, la Bible, l’Homosexualité, et toi [en ligne]. Dans : Ta jeunesse. [Consulté le 19 décembre 2019]. Disponible à l’adresse : https://www.tajeunesse.org/fr/les-articles/mise-en-avant/205-dieu-la-bible-l-homosexualite-et-toi.html

(2) LAPORTE, Christian. Les protestants auront des pasteurs homosexuels [en ligne]. Dans : La Libre Belgique. 15 juin 2015 (mis à jour le 16 juin 2015). [Consultée le 19 décembre 2019]. Disponible à l’adresse : https://www.lalibre.be/belgique/les-protestants-auront-des-pasteurs-homosexuels-557f0d8d3570dd0de7e11429

(3) LA DERNIERE HEURE LES SPORTS +. Pape François : “Si une personne est gay, qui suis-je pour la juger ?” [en ligne]. Dans : DH Les Sports + – Actu. 29 juillet 2013 (mis à jour le 02 août 2013). [Consulté le 19 décembre 2019]. Disponible à l’adresse : https://www.dhnet.be/actu/monde/pape-francois-si-une-personne-est-gay-qui-suis-je-pour-la-juger-51f655753570ebbf8e01f516https://www.dhnet.be/actu/monde/pape-francois-si-une-personne-est-gay-qui-suis-je-pour-la-juger-51f655753570ebbf8e01f516

(4) BONOMELLI, Marc. Coran et homosexualité : convictions d’un imam gay [en ligne]. Dans : Le monde des religions. 07 avril 2015. [Consulté le 19 décembre 2019]. Disponible à l’adresse : http://www.lemondedesreligions.fr/actualite/coran-et-homosexualite-les-convictions-d-un-imam-gay-07-04-2015-4618_118.php

(5) Catéchisme de l’Église catholique, partie III, section II, chapitre II, article 6, §. 2396 

(6) PARTHONNAUD, Aymeric. « Sodoma : que révèle l’enquête de 4 ans sur l’homosexualité au coeur du Vatican » [en ligne]. Dans : RTL. 15 février 2019. [Consulté le 18 décembre 2019]. Disponible à l’adresse : https://www.rtl.fr/actu/debats-societe/sodoma-livre-enquete-frederic-martel-homosexualite-vatican-7796955681

(7) LAYSTARY, Emile. Le Royaume-Uni a célébré son premier mariage homosexuel et musulman [en ligne]. Dans : France24. 11 juillet 2017. [Consulté le 19 décembre 2019]. Disponible à l’adresse : https://www.france24.com/fr/20170711-le-royaume-uni-a-celebre-son-premier-mariage-homosexuel-musulman

(8) Ludovic-Mohamed Zahed [en ligne]. Dans : Wikipédia, l’encyclopédie libre. 19 octobre 2019. [Consulté le 16 décembre 2019]. Disponible à l’adresse : https://fr.wikipedia.org/wiki/Ludovic-Mohamed_Zahed

(9) LES OBSERVATEURS.CH. Multiculturalistes : 50% des musulmans réclament l’islamisation et…[en ligne]. Dans : Les Observateurs.ch. 24 décembre 2013. [Consulté le 17 décembre 2019]. Disponible à l’adresse : https://lesobservateurs.ch/2013/12/24/le-cauchemar-des-multiculturalistes-50-des-musulmans-deurope-reclament-lislamisation-et-la-charia/

(10) Mariage homosexuel [en ligne]. Dans : Wikipédia, l’encyclopédie libre. 19 décembre 2019. [Consulté le 19 décembre 2019]. Disponible à l’adresse : https://fr.wikipedia.org/wiki/Mariage_homosexuel#Pays_autorisant_le_mariage_homosexue

(11) Droit LGBT en Belgique [en ligne]. Dans : Wikipédia, encyclopédie libre. 04 décembre 2019. [Consulté le 19 décembre 2019]. Disponible à l‘adresse : https://fr.wikipedia.org/wiki/Droits_LGBT_en_Belgique
 
(12) RTBF INFO. Les jeunes musulmans sont plus homophobes, selon une étude [en ligne]. Dans : RTBF. 05 juillet 2012. [Consulté le 17 décembre 2019]. Disponible à l’adresse : https://www.rtbf.be/info/societe/detail_les-jeunes-musulmans-sont-plus-homophobes-selon-une-etude?id=7799649

(13) TETU. Les évêques allemands reconnaissant l’homosexualité comme ”normale” [en ligne]. Dans : Têtu. [Consulté le 19 décembre 2019]. Disponible à l’adresse : https://tetu.com/2019/12/16/les-eveques-allemands-reconnaissent-lhomosexualite-comme-normale/

Le mariage musulman, une cérémonie qui évolue avec sa culture et son temps.

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Depuis le siècle passé, on constate que le mariage musulman est une cérémonie ancestrale qui est capable de s’adapter et d’évoluer. Toutefois, quelques légères différences règnent sur cette tradition entre la Belgique et les pays musulmans.

Comment se passe la cérémonie d’un mariage musulman ? Quels sont les principes à suivre avant, pendant et après le mariage ? Quelles sont les choses qui ont changé dans cette cérémonie depuis le siècle dernier ? Depuis toujours, lorsqu’un homme et une femme s‘unissent par un mariage musulman, ils doivent passer par plusieurs étapes précises qui prennent en compte les parents, la religion, la culture, et la loi.

D’abord, dans tout mariage musulman, il doit y avoir un consentement mutuel du mariage chez les futurs époux. Ensuite, l’homme doit être de religion musulmane alors que la femme peut être croyante d’une religion quelconque. Lors du mariage, le futur mari doit également pouvoir donner une dot à sa future femme. La dot est une somme d’argent ou un objet de valeur que l’époux donne à sa femme lors de leur mariage. La valeur de cette dot dépend du fait que ce soit le premier mariage ou non de la future épouse et des moyens financiers du futur époux. Il est engagé à lui donner cette dot avant sa mort. D’après Monsieur Hocine Benabderrahmane, professeur universitaire, théologien et imam ( 1 ), si toutes ces conditions ne sont pas respectées, le mariage n’aura pas la bénédiction d’Allah, il sera alors caduc et le mariage se finira par un divorce.

Le mariage dans un autre siècle

Au 20e siècle dans les pays musulmans, les filles n’étaient pas scolarisées mais étaient, dès leur plus jeune âge, préparées et conditionnées au mariage. A partir du moment où elles avaient leurs premières menstruations, elles étaient alors considérées comme « femme a marié ». Les mariages avec un écart d’âge important n’étaient donc pas rares et pas pris en considération. Si, la jeune fille n’était pas mariée avant ces 18 ans, elle était alors mal vue, considérée comme une femme sans valeur et marié au premier venu qui était souvent un homme veuf ayant en charge des enfants.

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Les futurs époux se voyaient pour la première fois au mariage. La famille proche se retrouvait généralement dans la maison de la future épouse pour partager un repas. Le père du fiancé demandait alors la main de la jeune femme à son tutorat, un homme musulman qui accompagne la fiancée pour lui donner de la valeur (père, oncle, frère,..). Les fiancés se présentaient, ensuite, devant un imam où le futur époux donnait la dot à sa future épouse. Pour finir, l’imam récitait quelques versets du courant et faisait également quelques invocations pour le couple.

Lors de leur nuit de noce, les jeunes mariés se retrouvaient dans une chambre où la jeune fille n’était vêtue d’une simple chemise blanche. Pendant ce temps, la famille des mariés attendait dans une autre pièce. Quand le jeune couple sortait de la chambre avec la chemise blanche tachée de sang, celle-ci étant la preuve de la virginité de la fille. Selon Monsieur Benabderrahmane; « On présentait sa petite chemise tachée de sang comme étant un trophée. »

Les jours qui suivent le mariage, les mariés fêtent leur union sur trois à quatre jours. Les deux premiers jours sont consacrés à l’homme; D’abord, il invite sa famille et ensuite ses amis. Le troisième jour, le père de la jeune épouse invite ses proches pour présenter sa fille mariée. Le quatrième jour est réservé aux femmes, la mariée invite ces amies et sa famille de sexe féminin.

Qu’est-ce qui a changé ?

De nos jours, que ce soit dans la plupart des pays musulmans ou en Belgique, une femme est considérée comme complète si elle a fait des études. D’après Monsieur Benabderrahmane, le voile est l’une des raisons de cette évolution. Selon lui; « Le port du voile a permis à la femme d’être libre et de pouvoir accéder à l’enseignement. Car dans certains cas, la famille de la jeune fille n’acceptait pas qu’elle sorte a vue de tous à partir du moment où elle avait atteint sa majorité sexuelle. En accédant à l’enseignement, puis au travail, elle retarde l’âge du mariage et il lui devient alors secondaire. Cela lui permettra d’avoir une vie sociale et d’apprendre à connaitre la personne avec qui elle voudra s’unir. »

Pour la plupart des pays musulmans, l’âge légal pour se marier est passé à 18 ans. La tradition de la nuit de noce à également évolué et a dès lors généralement lieu lors de la lune de miel organisé par les mariés, la virginité de la femme regarde donc maintenant uniquement son époux.

Cependant, encore aujourd’hui, il reste des exceptions.

En Belgique, en plus d’avoir également l’âge légal du mariage fixé à 18 ans, elle inclut le passage devant le bourgmestre pour que le mariage sont considéré comme légal. De plus, la célébration de l’évènement se fait généralement le jour même dans une salle louée au préalable regroupe la famille et les proches des deux époux. Le mariage musulman en Belgique et celui dans les pays musulmans sont considérés de la même manière dans la religion musulmane

Encore du chemin à faire ?

Même si la polygamie est illégale en Belgique, elle ne l’est qu’à moitié dans les pays musulmans. Il est illégal pour une femme d’avoir plusieurs époux alors qu’un homme a le droit de marier jusqu’à quatre femmes différentes. D’après Monsieur Benabderrahmane, un homme ne peut parfois pas être totalement comblé par une seule femme. Si c’est le cas, il doit alors considérer chacune de ses femmes de la même manière et ne pas en considérer une plus importante que l’autre. Il pense également que la femme ne sait pas tomber amoureuse de plusieurs hommes simultanément car quand une femme est amoureuse, elle n’est capable de donner son amour qu’à un seul homme.

La question à se poser est peut-être de savoir si le mariage musulman a besoin d’une évolution religieuse ou culturelle ? Selon Monsieur Benabderrahmane; « Il faut du temps pour pouvoir faire évoluer une culture qui est ancrée depuis des siècles dans la mentalité d’une population. »

( 1) Monsieur Benabderrahmane est professeur d’histoire et de sciences à l’institut de technologie et d’éducation Relizane, Imam volontaire depuis plus de 20 ans à la mosquée Al azhar à Bruxelles et également théologien rattaché à l’Exécutif des Musulmans de Belgique.

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Où peut avoir lieu le mariage musulman ?

Le mariage devant l’imam se fait généralement au domicile de la future épouse mais peut aussi avoir lieu dans une mosquée, ou au domicile de l’époux. Cependant en Belgique, les futurs mariés sont obligés de passer également devant le bourgmestre à la commune.

Le divorce ?

Apres un mariage musulman, le couple a le droit de divorcer. Si c’est la femme qui demande le divorce, elle doit rendre la dot de son ex-époux. Si c’est l’homme qui demande le divorce, la femme garde la dote et l’homme doit lui donner une compensation financière.

De la sorcellerie ?

Dans la religion musulmane, lorsqu’un homme n’est plus capable d’avoir une relation sexuelle, il peut être considéré comme étant ensorcelé par une femme déçue de ne pas avoir été choisie comme épouse. Il doit alors aller se faire désensorceler.

Marie-Line Vanherck, 21 ans.

Mes passions dans la vie sont l’astronomie, le chant, le théâtre et le voyage.

j’ai choisi une citation qui représente une de mes valeurs, « Tout le monde est un génie. Mais si on juge un poisson sur sa capacité à grimper à un arbre, il passera sa vie à croire qu’il est stupide. » de Albert Einstein.

Femmes et religions: mise à jour nécessaire

Image libre de droit. Pixnio - liberté de culte, femme, religion
Image libre de droit. Pixnio - liberté de culte, femme, religion

La controverse autour des rapports hommes-femmes et les discriminations envers les femmes ne datent pas d’hier. Aujourd’hui, des manifestations et des actions sont menées afin d’obtenir l’égalité des sexes, et c’est parfois très violent. Les mouvements féministes prennent de plus en plus d’ampleur. Les femmes demandent à pouvoir pratiquer leurs religions sans contraintes.

La position des femmes dans les religions dépend d’une religion à l’autre, mais dans la plupart des cas, les femmes sont dénigrées. Que ce soit par la manière d’aborder leur position ou simplement par la manière dont elles doivent pratiquer leur religion. Jusqu’à ce jour, peu connues sont les femmes qui se sont rebellées contre leur religion, étant donné que pratiquer une religion reste majoritairement un choix personnel, si ce n’est pas par tradition familiale. Néanmoins, beaucoup se sont rendues compte en pratiquant leur religion, qu’elles ne jouissaient pas de leur pleine liberté, et se sentaient plus ou moins emprisonnées dans leur religion en fonction de leur implication.

Entre religion et soumission

Pendant l’âge d’or de l’Islam, entre les 8e et 9e siècles, la position des femmes a connu deux réalités. Le Califat abbasside, autrement dit le peuple sunnite, a renforcé ses connaissances scientifiques et spirituelles et a instauré des lois et révisé des traditions au détriment des femmes: elles se sont vues ôter certains droits. Le Califat fatimide, ou les chiites, a, quant à lui, permis aux femmes de devenir des femmes de pouvoir: elles obtenaient la position de sultane ou même de reine(1). Elles jouissaient d’une autorité religieuse très sérieuse. Entre cette période et le 20e siècle, peu de changements notables ont eu lieu. 

Dès lors, un problème fait surface: celui de l’éducation. L’éducation des filles est revendiquée, au même titre que celle des garçons. Le fait est qu’il aura fallu au moins une trentaine d’années avant que les choses bougent, et encore, car les matières enseignées aux filles étaient très restreintes; on leur apprenait à faire la vaisselle et le ménage. Pour l’islam, la place de la femme était à la maison.

Dans le christianisme, les femmes ont été dénigrées dès le début:

« Pendant l’instruction, la femme doit garder le silence, en toute soumission. Je ne permets pas à la femme d’enseigner, ni de faire la loi à l’homme. Qu’elle se tienne tranquille. C’est Adam en effet qui fut formé le premier, Eve ensuite. Et ce n’est pas Adam qui se laissa séduire, mais la femme qui, séduite, se rendit coupable de transgression. Néanmoins, elle sera sauvée en devenant mère, à condition de persévérer avec modestie dans la foi, la charité et la sainteté » (1ere Epître à Thimothée 2, 12-15)

Dans le judaïsme, les femmes n’étaient pas autorisées à apprendre l’hébreu, donc elles n’avaient pas accès à la lecture des textes sacrés. Par conséquent, elles ne pouvaient pas devenir rabbins. Ce n’était pas le cas pour l’islam et le christianisme. Théoriquement, une femme pouvait devenir imam, mais en pratique cette fonction était assurée uniquement par des hommes. La tradition chrétienne, elle, est restée la même et réserve la prédication uniquement aux hommes.

L’inégalité des sexes est une réalité historique qui est indéniable, et ce sont les héritages religieux laissés notamment par le judaïsme, le christianisme et l’islam qui ont leur part de responsabilité dans le statut d’infériorité des femmes.

Discriminations et changements de mentalités

La question à se poser est: Est-ce que cela a des répercussions sur les générations suivantes? Certainement, étant donné que les mentalités changent et continueront à changer. Il existe une hiérarchie entre les sexes, il y a des interdits, des tabous. Les femmes se battent pour obtenir des positions qui ne sont pas forcément à la hauteur de leurs espérances. Nous ne pouvons néanmoins pas parler des discriminations des femmes dans les religions que d’un point de vue pessimiste. Basons nous plutôt sur un point de vue historique en prenant pour exemple les communautés religieuses féminines catholiques. Dans le temps, on les associait souvent à des femmes isolées, enfermées au couvent. Et si on les voyait autrement? Au lieu de les associer à l’enfermement, n’oublions pas qu’elles rendaient, à ce moment-là, des services non négligeables. Elles avaient accès à l’étude, aux arts (la musique), ce qui leur permettait également de s’évader et d’avoir leurs propres loisirs. Il y eut des religieuses avec des parcours très étonnants, telle que Hildegarde de Bingen, une allemande, durant le Moyen-Âge, considérée comme une grande compositrice dans l’histoire de la musique ainsi que comme précurseur de la pensée écologiste(2). 

Nous pouvons aussi prendre l’exemple d’une célèbre religieuse belge, Victoire Cappe, créatrice et dirigeante du Mouvement social féminin chrétien. Elle a fondé des Ligues ouvrières féminines ainsi que le « Syndicat de l’aiguille ». Elle s’est battue pour améliorer les conditions des travailleurs. Elle a également fondé l’Ecole Catholique de Service Social en 1920, qui porte aujourd’hui le nom d’Institut Supérieur de Formation Sociale et de Communication.

Comme quoi, si on cherche plus loin, on peut trouver des exceptions, bien que ça n’enlève rien aux minorisations qui restent belles et bien réelles à ce jour. On peut même dire que les religions ont joué un rôle trop important pour ce qui est du maintien d’un certain statut d’infériorité des femmes. C’est notamment à cause de tout cela qu’est né le féminisme.

Religion et féminisme, compatible ou non?

Cécile Vanderpelen-Diagre. Image libre de droit.
Cécile Vanderpelen-Diagre. Historienne à l’ULB. Image libre de droit.

Cécile Vanderpelen, historienne à l’ULB, pense qu’il n’y a pas de contradictions dans les principes de base. Selon elle, il existe autant de religions que de féminismes et de féminismes que de féministes : « Elles veulent être égales aux hommes, et dans cette optique, il n’y a pas de raisons de faire ou d’accentuer les différences biologiques ou de nature entre les hommes et les femmes. Or, le voile, lui, accentue cette différence. Dans cette option là, c’est inadmissible, on peut parler d’anti-féminisme. On peut donc totalement être religieuse et féministe. Mais on peut également partir du principe que l’on peut s’émanciper à l’intérieur d’une religion, et « adapter » notre féminisme à notre religion. Et dans ce cadre là, les féministes religieuses, s’inscrivant dans une religion, veulent, défendent, une plus grande autorité et des plus grandes fonctions pour les femmes, et se disent donc féministes. »

Relecture des textes sacrés, bonne ou mauvaise solution?

La religion, c’est un débat très complexe qui repose sur de nombreuses questions et réponses qui fondent nos sociétés et nos cultures depuis des siècles. Cependant, pour que les femmes se sentent plus épanouies dans leurs religions, on pourrait peut-être proposer une relecture des textes sacrés afin que cesse cette tendance d’infériorité des femmes, l’objectif étant de les mettre en scène davantage et de leur donner plus de pouvoir et de liberté. Si on arrive à atteindre cet objectif, les discriminations envers les femmes seront abolies et les problèmes d’infériorités initialement causés par les religions seront définitivement réglés.

« La solution de la relecture des textes sacrés est bonne. Cela se fait déjà surement dans certaines régions. », répond Cécile Vanderpelen après un moment de réflexion.

Camille SPELEERS


(1) Selon la RTBF, les femmes obtenaient des positions telles que la position de reine ou de sultane. La société n’était guère opposée à la prise de pouvoir des femmes, jusqu’au 12e siècle.

(2) Selon La Croix, sainte Hildegarde était une visionnaire.

Continuer la lecture de « Femmes et religions: mise à jour nécessaire »

L’avortement: un droit, oui… Pour tous?

Aujourd’hui, 20 000 IVG (Interruptions Volontaires de Grossesse) ont lieu chaque année en Belgique. Pratique étant autorisée depuis 1975, qu’en est-il selon l’islam et le christianisme?

Bougies. Par AcaPioPin, Pixabay License, Adobe Stock.

L’avortement est un sujet qui gagne en visibilité dans notre société. Les opinions sur cette pratique importante, sont nombreuses.  

L’IVG est de plus en débatue… Si certains pays, par exemple la très catholique Irlande depuis décembre 2018, semblent adapter leur législation à cette réalité, d’autres, comme les USA, édictent de nouvelles règles qui rendent cette opération plus compliquée encore. (1)

Le choix de la religion face à celui de donner la vie

La question est: devrait-on être étonné venant d’un pays dont la religion considère cette pratique comme un meurtre? La réponse de Pascale Van Schel, Responsable du Centre de Planning familial Rosa Guilmot à Tubize, fut sans attente: “Enfin! Heureusement pour toutes ces femmes qui étaient obligées de prendre Ryan Air pour venir avorter en Belgique…”. Naima Haraq, médecin du centre, est d’accord. Selon elle, il était temps et ce qui est vraiment étonnant, c’est que le vote de cette loi soit si tardif.

Nos deux expertes l’affirment, pour elles, il est très important de pouvoir être libre d’arrêter une grossesse non attendue peu importe la religion. Le bien-être de la femme prime sur les obligations religieuses de celle-ci. Leur avis est l’avis de personnes non-croyantes.

La position du Vatican, est claire…. Non à l’avortement. En ce qui concerne l’Islam, un certain nombre d’Hadits mentionnent son interdiction et les punitions qui y sont liées dans le Coran. (2)

Car dans le christianisme  tout autant que dans l’islam, il est absolument interdit de mettre fin à la vie d’un être humain, peu importe les circonstances, cela serait considéré comme un péché.

Reste à déterminer à partir de quand, le foetus est-il réellement vivant et conscient. La question de l’âme présente ou non est fortement répétée sur internet. Le problème est qu’entre la médecine et chacunes des religions, les réponses à cette question sont très différentes.

Du point de vue de la médecine, l’embryon deviendrait vivant au moment où il se transforme en foetus. C’est-à-dire après trois mois de grossesse. Tandis que dans la religion chrétienne, il est considéré que dès la création de celui-ci, l’embryon existe et donc possède une âme. Quant à l’islam, celle-ci parviendrait au bout de 40 jours après fécondation.

Des changements à prévoir?

Depuis peu, la loi sur la durée de la grossesse autorisée avant l’avortement est discutée. La question est: faut-il allonger cette durée de 18 semaines plutôt que 12,  le délai actuel?

Les évêques de Belgique se sont exprimés inquiets face au changement probable de cette loi. Car selon la Conférence épiscopale, l’avortement deviendrait ainsi une intervention médicale ordinaire.

Là encore, nos deux expertes montrent leur désaccord. Madame Haraq s’explique:

Une femme qui va se faire avorter, elle ne trouve pas ça normal… Elle le fait par obligation.

L’avortement remis en cause par les religions

Bien que l’IVG soit une nécessité pour certains, elle reste néanmoins un meurtre aux yeux de l’Eglise. 

D’un point de vue chrétien, cela fait des années que le Vatican est clair sur ses opinions, il est contre l’avortement. Peu importe les circonstances, cela ne se réduit qu’à un simple assassinat sans aucune légalité morale ni religieuse. 

Chose étonnante, Le Figaro a publié ce 25/05/2019 (3), un article dans lequel le pape François affirme que l’humain dépasserait la religion pour prendre une telle décision.

D’un point de vue musulman, les opinions ne sont pas moins catégoriques. Cet acte serait également considéré comme infecte. Les seules raisons qui laisseraient éventuellement accepter l’avortement seraient que la mère soit en danger de mort ou bien lorsqu’un viol a été commis.

Et encore, cela ne passe que dans certains pays… Malgré nos avancées, l’intervention volontaire de grossesse reste très mal accueillie au sein de la communauté musulmane. 

Il y a donc beaucoup de subtilités selon chacune des religions. Elles s’accordent tout de même, sur le fait que cet acte reste un infanticide.

Ces différences d’opinions font place à des manifestations à tendance violente. Notamment en Amérique. Au Kentucky, une femme s’est faite lynchée, traitée de meurtrière par des manifestants lorsqu’elle s’apprêtait à avorter à l’hôpital de Louisville.

L’avortement: un débat politique, religieux et moral?

Le parti DéFI affirme avoir été le premier à avoir déposer la proposition de loi dans le but d’inscrire la laïcité de l’Etat dans la Constitution. La religion n’a donc pas sa place au sein des débats politiques tels que ceux-ci.

Mais cela n’est pas pour autant gagné pour ce parti, le Vlaams Belang et les partis religieux tels que le Cdh et le CD&V sont déterminés à maintenir leur non-accord face à cette proposition de changement de loi. Ce qui laisserait deviner que ce débat n’atteindra pas la majorité côté néerlandophone.

Joachim Coens a notamment fait appel « aux partenaires actuels et futurs du CD & V qu’un assouplissement de la loi avortement était pour son parti un gros problème. C’est un point de rupture« .

Leurs arguments ne font pourtant pas une fois référence à une quelconque religion mise à part lorsqu’ils évoquent un développement bien avancé d’un foetus qui atteint 18 semaines, et encore… Une autre de leurs craintes est que cela ne devienne qu’une simple contraception pour ces femmes. (4)

D’un point de vue politique, ce débat n’est décidément pas au goût des partis religieux. Mais cette réaction est-t-elle réellement liée à la religion? 

L’avortement est plutôt vu de manière morale que religieuse face à cet éventuel changement de loi, à son sujet. Madame Van Schels le confirme, ce débat doit être politique: “Je crois que ça doit rester du politique. Médicalement c’est possible, point. Mais c’est le politique qui doit agir…

L’IVG reste un sujet faisant place à de nombreux débats, tous autant politiques que religieux et moraux dans le monde. En voyant le nombre d’opinions qui diffèrent les unes des autres, ne serait-il pas plus judicieux d’imposer une limite pour tous et partout, pour ensuite laisser le choix à chacune de ces femmes, de prendre cette décision qui, finalement, n’appartient qu’à elles?

Nina Van Bever.

(1) « L’IVG dans le monde en 2019: entre multiplication des attaques et manque d’avancées législatives. », planningsfps.be, https://www.planningsfps.be/livg-dans-le-monde-en-2019-entre-multiplication-des-attaques-et-manque-davancees-legislatives/

(2) « L’avortement. », Muslimfr.com, 28 août 2001, https://muslimfr.com/lavortement/

(3) « Pour le pape, l’interdit de l’avortement est humain, pas religieux. », Le Figaro avec AFP, 25 mai 2019, https://www.lefigaro.fr/flash-actu/pour-le-pape-l-interdit-de-l-avortement-est-humain-pas-religieux-20190525

(4) « Réforme de la loi avortement », rtbf.be, 20 novembre 2019, https://www.rtbf.be/info/belgique/detail_reforme-de-la-loi-avortement-le-cd-v-promet-de-la-resistance?id=10369863)

Je m’appelle Nina Van Bever, j’ai 18 ans. Je suis étudiante à l’ISFSC en Communication, en 1ère année. Comme montré sur ma photo, deux des choses que je préfère sont les vacances et le soleil.

Les prêtres vont-ils pouvoir dire oui ?

Depuis la moitié du 20ème siècle, la question de l’ordination de prêtres mariés ne cesse d’être débattue au Vatican. Fin novembre, les représentants du clergé d’Amérique latine ont demandé l’autorisation de nommer prêtres des hommes mariés vivant en Amazonie. Le pape François, considéré comme un progressiste, réfléchit à cette demande.

Une grande réflexion est en cours dans le monde chrétien. Un pape vu comme progressiste. Une Eglise qui ne demanderait qu’à évoluer. Rien ne semble impossible. TOUT serait à portée de main. Mais le pape François aura-t-il les épaules assez larges pour apporter le changement dans son Eglise ?

Un vent de réforme

Olivier Windels, pour l’ordination des prêtres mariés, donne son avis et l’explique.
Antoine DENIS 2019 ©

Olivier Windels, abbé et vicaire épiscopal, représentant de l’Évêque de Liège, pense que cette réforme pourrait passer. Selon lui, l’élargissement de l’ordination aux hommes mariés, dans le monde, n’est qu’une question de temps. Cette dernière est liée au besoin des communautés. Comme il aime le répéter : « Nous ne le verrons pas. Mais nos enfants bien ! ».

Depuis toujours, et cela revient en force depuis 1950, la question de l’ordination du mariage des prêtres fait débat au cœur de la communauté chrétienne. Comme l’exprime notre expert, les arguments contre sont tout aussi fondés que les pours ! La situation reste bloquée.

Dans les arguments contre, il y a notamment la question du divorce. Car comme le dit notre cher Stromae, « Qui dit amour, dit les gosses, dit toujours et dit divorce. ». Nous vivons dans un monde où le divorce est une réalité (1). Pourquoi les prêtres y échapperaient-ils ? Cela créerait un gros problème de crédibilité dans l’Eglise si un prêtre venait à divorcer : le mariage est un serment devant Dieu. Ça poserait problème qu’un prêtre brise un serment qui est prêté devant Dieu, sur la Bible. De plus, on ne peut se marier qu’une fois à l’église.

Mais il y a aussi des arguments pour ! Par exemple, le fait que ça permettrait de donner au célibat un caractère « ultime ». Ça donnerait à l’engagement une connotation toute particulière et profonde. Cela permettrait aux prêtres d’affirmer, plus fort encore, leur foi en Dieu.

Pour bien faire, il faudrait que la religion chrétienne évolue en fonction des réalités des différentes communautés. En Europe, le nombre de chrétiens diminue (2). Il n’est donc pas nécessaire que le nombre de prêtres augmente. Il n’y a aucun intérêt d’autoriser le mariage des prêtres en Europe.

Interview du pape François concernant l’ordination des hommes mariés.

En Amazonie par contre, le nombre de prêtres n’est pas suffisant. Ils ne se rendent parfois que deux fois par an célébrer l’eucharistie dans certains villages. Il serait donc intéressant de considérer la question de l’ordination d’hommes mariés qui pourraient célébrer les sacrements pour leur communauté.

L’ordination de prêtres mariés est une question bien actuelle dans la religion catholique. Un futur prêtre à la place du marié ? L’avenir nous le dira.
Unsplash/Josh Applegate

L’ordination des prêtres risque de faire encore beaucoup parler d’elle. Ce sujet va occuper le pape pendant un certain temps. Aura-t-il le temps de faire passer cette nouveauté de son vivant ? Pas sûr.

Quid des autres religions ?

Comme Mr l’abbé   l’a si bien signifié : « La loi pour le célibat des prêtres ne vaut que pour les prêtres de l’Eglise catholique latine. ». Et c’est important de le préciser. Cela donne lieu à des situations assez spéciales : « Lorsque j’ai fait mes études à Paris, on nous apprenait à chérir notre célibat. Mais deux futurs prêtres libanais – Eglise maronite – qui, eux, ne sont pas soumis au célibat s’ils se marient avant leur ordination, n’avaient qu’une seule envie, c’était de sortir en boîte afin de trouver l’âme sœur avant leur ordination. Certains prêtres vont même jusqu’à reporter leur ordination jusqu’à leur mariage. »

Dans les autres branches du christianisme, les prêtres peuvent être ordonnés alors qu’ils sont mariés. Les pasteurs, quant à eux, ont le droit de fonder une famille. La réglementation est moins forte dans ces religions que dans la religion catholique.

Dans les autres religions monothéistes, les officiants peuvent se marier. Dans la religion juive, le cas est même plus précis. Les rabbins peuvent se marier. Il est même de leur devoir de fonder une famille, si possible en étant marié. Leur cas est un peu spécifique car ils sont élus par leur communauté. Et tous les Juifs ont le devoir de se marier afin de fonder une famille. Dans la religion musulmane, il en est de même. Les Imams peuvent se marier.

Dans le bouddhisme, les moines font vœu d’abstinence. Pour eux, qui recherchent la simplicité et la méditation, l’amour est un péché. Il les empêche de se concentrer sur ce qui est essentiel : leur âme et l’amour de la sagesse. Ils bannissent en général tous les plaisirs charnels. Les prêtres hindouistes, au contraire, peuvent se marier.

Quid de l’ordination des femmes ?

« La question de l’ordination des femmes de la religion catholique est une question bien plus compliquée que celle de l’ordination des prêtres mariés. Notamment à cause du fait que la non ordination de femmes est considérée par certains représentants comme un droit divin et non canonique. Ce serait Dieu lui-même qui voudrait cela. Ce premier débat empêche tout changement dans la communauté catholique. », explique Olivier Windels après un bref silence.

« Cependant, dans la religion anglicane des États-Unis, je connais une prêtresse. Sa hiérarchie avait voulu poser un geste fort en l’ordinant. Elle remplit sa mission de manière tout à fait correcte, même si elle fait face, quelques fois, à des difficultés dues au fait que ce soit une femme. », ajoute-t-il.

Vidéo montrant la place de la femme en tant que prêtresse dans la religion anglicane.

Comme le montre bien son témoignage, la place de la femme dans la religion catholique en tant qu’officiante n’est pas encore acquise. On peut cependant noter des exceptions dans l’Eglise chrétienne protestante où les femmes peuvent être pasteures. C’est aussi le cas dans l’Eglise chrétienne anglicane– le témoignage donné n’était pas une exception-, où de nombreuses femmes ont déjà été ordonnées prêtresses. Il est même question de nommer évêque certaines d’entre elle !

Nous vivons actuellement dans une société où la femme est sensée être l’égale de l’homme. Malheureusement, il existe encore un grand nombre de différences entre les deux sexes. On peut notamment citer les différences de salaire pour le même travail effectué, ou encore la différence de mise en avant dans certains sports. Tout le monde, en Belgique, sait citer le nom d’un « Diable Rouge ». Mais peu de gens sont capable de donner le nom d’une joueuse des « Red Flames ».

Ne serait-il pas judicieux pour la religion de montrer l’exemple ? D’ouvrir l’ordination aux femmes ? Tout simplement d’évoluer et de faire évoluer la société en montrant que toutes les fonctions peuvent être accessibles à toutes, à tous ? Peut-être que l’autorisation d’ordonner des prêtres mariés déclenchera un effet domino qui transformera l’Eglise que l’on connait !

Antoine DENIS

(1)   70% des personnes mariées risquent de faire face à un divorce (informations du « live magazine »).
(2)   Selon « La Croix », le nombre de chrétiens diminue très fortement en Europe. Cela est du au changement de notre mode de pensée.

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