La laïcité et le port de signes convictionnels dans la fonction publique

La laïcité, un sujet qui ne cesse de faire parler de lui ces derniers temps. Nombreux sont les débats publics rythmés par l’autorisation ou pas du port de signes convictionnels dans la fonction publique, qui a raison qui a tort ? Laissons-la parler d’elle-même.

Calliege

Ce qui est de base un principe politique français, la laïcité est un mode d’organisation de la gouvernance politique qui vise notamment à protéger la liberté d’expression de toutes les convictions philosophiques.

Elle prend forme que si les autres principes tels que l’égalité, la non-discrimination, la liberté, y compris religieuse, la non-ingérence entre l’église et l’État sont réunis.

En Belgique nous ne parlons pas de laïcité mais du principe de neutralité dans lequel l’État et les Églises sont mutuellement indépendants, mais sans que l’État poursuive un idéal de laïcité qui reléguerait la religion dans la sphère privée. L’État belge s’astreint au contraire à une stricte neutralité entre les différents courants philosophiques

Et la loi dans tout ça, que dit-elle ?

De nombreux articles de la constitution belge ou encore celles de la déclaration universelle des droits de l’homme défendent ses mêmes principes.

Parmi elles l’article 18 de la déclaration universelle des droits de l’homme : Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion ; ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction seule ou en commun, tant en public qu’en privé, par l’enseignement, les pratiques, le culte et l’accomplissement des rites.

Ou encore l’article 11 de la constitution belge qui stipule que : La jouissance des droits et libertés reconnus aux Belges doit être assurée sans discrimination. À cette fin, la loi et le décret garantissent notamment les droits et libertés des minorités idéologiques et philosophiques.

Alors quel est le problème ? 

« Il y a des personnes qui confondent la neutralité de l’État et donc de la fonction publique avec une conviction philosophique particulière, à savoir l’athéisme. Ils utilisent la laïcité comme instrument contre les religions et contre celles et ceux qui souhaitent croire et pratiquer leur religion. Il n’y a donc pas de problème sur le principe, mais sur son instrumentalisation. » Mehmet Alparslan Saygin juge social

Même s’il y a bien, au plan juridique, une quasi-identité entre la laïcité et la neutralité, il n’en va pas de même au niveau des modèles de société qui sous-tendent les débats actuels sur la neutralité de l’apparence dans la fonction publique. Pour certains il ne suffit pas qu’un agent public soit neutre dans les actes qu’il pose mais il faudrait aussi qu’il le soit dans son apparence. Une conception pas objective, car personne n’a l’autorité ni l’objectivité de dire « voici l’apparence neutre » car nous sommes tous le produit d’une culture, d’une éducation, d’une histoire, d’une vision et de choix. Le fait que l’État belge est privé la laïcité de son rôle premier et en a donner l’image d’une conviction philosophique à des représentants n’a fait qu’alimenter la confusion.

« Cette illusoire neutralité de l’apparence s’apparente donc à la promotion d’une apparence areligieuse. Il faut au contraire revenir vers le seul critère objectivable : le service rendu. » Mehmet Alparslan Saygin juge social

Quel est la limite du pluralisme religieux en Belgique ?

Ingabire Diana, étudiante en première année de bachelier à l’ISFSC

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