Le port du voile face à l’islamophobie, un combat sans fin.

Comme pour toutes les religions les pratiquants ont certaines traditions et devoirs. Dans ce cas-ci, le fait de porter le voile fait partie d’un des devoirs de la religion islamique.

Ce n’est peut-être pas un combat, mais pour elles ça l’est. Beaucoup de personnes ont peur de l’Islam car c’est une religion qui a énormément été critiquée durant ces dernières années, principalement à cause des djihadistes, des attentats, des terroristes, mais aussi suite aux nombreux taux de conversions à l’Islam incomprise. Déjà qu’elle n’est pas très appréciée, le fait que d’autres s’y convertissent n’arrange pas les choses, comme cité dans l’article de Corrine Terrekens sur le site Orela

La Belgique a 781 887 musulmans sans compter les convertit sachant que des habitants de pays musulmans comme le Maroc ou la Turquie ayant ont presque tous immigré dans des pays occidentaux comme la Belgique selon les pourcentages de Syvie-Anne Goffinet. Dans ces pays où la religion dominante n’est pas l’Islam, quelques interrogations se posent telles que : « Quel est le réel problème ? Est-ce la religion, le voile ou le fait d’être face à un sujet qui nous est inconnu ? »

Les différents voiles

D’après Souad Razzouk mon interviewé, le voile intégral fait peur aux personnes non musulmans ou tout simplement aux personnes n’ayant aucune connaissance en la matière. Dès l’instant où il y a une différence quelconque on se crée des barrières. Qu’on le veuille ou non la différence fait peur.

Il est vrai que le Coran exige de porter le voile jusqu’à la poitrine mais pas le voile intégral tel que la Burqa ou Niqab. Elles ne le portent certes pas par obligation mais par envie comme l’explique Delphine de Mallevoue sur le site lefigaro. Et malheureusement ça pose un problème entre musulmans mais également entre les non musulmans car tout le monde interprète le Coran et ses versets à sa manière. Certains disent que c’est obligatoire et d’autres non. On remarque même que les convertis d’origine française ou autre, sont la plupart du temps celles qui portent le voile intégral et encore une fois cela pose problème entre eux car sans le vouloir elles font du tort à leur communauté car cette tenue laisse penser aux moins renseignés que l’Islam garde des pensées arriérées, tout comme le fait comprendre le texte du site la libre.

Le voile est un accoutrement qu’on retrouve dans différentes religion :

Dans le domaine de l’emploi

Malheureusement le regard actuel que l’on porte dans notre société sur la religion musulmane est loin d’être toujours positif comme déjà dit plus haut, en effet, selon Jean-Philipppe Schreiber lors de son article sur ORELA un Belge sur cinq estimes qu’il y a trop d’immigrés dans la société mais également lors d’une enquête toujours sur le même site on remarque que six Belges sur dix trouvent que la communauté musulmane en Belgique présente une menace pour l’identité du pays. Certaines en ont même du mal à évoluer dans le domaine de l’emploi, on parle bien de discrimination à leur égard autrement dit de la discrimination directe. Les femmes voilées se font exclure du marché du travail sauf en ce qui concerne les travaux de types agents d’entretien, entretien de personnes âgées, etc. 

Nombreuses parmi ces femmes, veulent partager leurs pensées. Voici une pensée de l’une d’entre elles travaillant dans la restauration et portant le voile depuis 6 ans : « beaucoup de femmes voilées s’empêchent de faire de grandes études pour la simple et bonne raison qu’elles savent pertinemment qu’elles devront enlever leurs voiles d’un moment à l’autre. Je suis désolée mais je ne trouve pas ça normal dans le sens où je suis née et ai grandi en Belgique. Je n’arrive pas à comprendre comment les femmes voilées arrivent toujours à être discriminées. Le simple fait de partir postuler pour un job étudiant, je reçois énormément de refus à cause de mon voile, mais quand je propose à contrecœur de retirer mon voile durant mes heures de travail, ça leur fait tout de suite changer d’avis. Pourquoi ? ».

Dans notre société les femmes voilées sont jugées et classées directement, on pourrait penser qu’une femme voilée n’est bonne qu’à être une femme au foyer et soumise à son mari si l’on suit les clichés à leur égard, qu’elles soient soumises ou pas cela ne regarde qu’elles. Je ne voie pas le combat politique, mis à part d’avoir des préjugés et de vouloir discriminer, lorsque tu es une femme voilée tu te sens oppressée par les médias, la société et le monde extérieur. Elles ont l’impression de porter une bombe prête à exploser, un fardeau sur leurs têtes or que c’est juste un tissu avec une signification spirituelle, intime. Le système de maintenant est un système aussi vieux que le monde, si on pouvait changer quelque chose, ce serait tout le système depuis le début car au final, c’est la source de tous les conflits avec pour impression que personne ne fait rien pour y remédier comme l’a soulignée Souad Razzouk. Les vraies questions à se poser au sujet des femmes voilées sont : Pourquoi dans certaines entreprises ou même dans certains pays une femme voilée ne pourrait pas travailler tout en gardant son voile ? Est-ce que le fait de porter son voile aura un réel impact sur son travail ?

La communauté musulmane devrait se serrer les coudes, et tous ensemble devraient se défendre avec le moins d’hostilité possible afin d’expliquer que cette religion mérite autant de respect qu’une une autre, qu’ils ne sont pas tous comme les médias essaient de le faire croire à travers cette image dégradante de l’Islam.

Sommes-nous islamophobes ? 

Généralement quand on parle de racisme c’est souvent la caricature du blanc contre le noir, alors qu’en réalité ce combat concerne toutes races de personnes, autrement dit toutes personnes non blanches face à une personne blanche ou tout simplement face au système occidental qui l’encadre. On oublie aussi trop souvent de dire qu’elles sont avant tout des personnes avec un cœur et des états âmes, qui reçoivent un nombre incalculable de commentaires de haine, mais qui ne disent rien par peur ou craintes de représailles. Prenons le cas de cette jeune fille Yasmine qui a également souhaité faire un témoignage. Alors qu’elle n’avait que 15 ans à l’époque, lors d’un rendez-vous chez son gynécologue où elle s’est présentée en retard cette dernière s’est permis de lui dire mot pour mot « Je ne vois pas pourquoi tu portes le voile, c’est une décision que tu devrais prendre lorsque tu atteins un âge de maturité, c’est-à-dire 18 ans (selon la gynécologue), au lieu de te focaliser sur ça essaie plutôt de venir à temps à tes rendez-vous. Le voile n’a pourtant rien à voir avec son retard mais ce sont des commentaires comme ceux-ci qu’elles doivent encaisser durant lors de leur quotidien. 

Voici une confrontation entre Abd Malik et Guillaume Peltier qui porte de terribles propos sur la femme voilée encore une fois, le manque de connaissances à créer des incompréhensions.

Guilaume Peltier porte parole de la campagne de Philippe De Viliers

On retrouve dans l’article d’Alain Dremiere, que pour 74% des gens l’Islam n’est pas tolérante, qu’elle voudrait s’imposer et qu’aujourd’hui apparaît un rejet de toutes les différences culturelles car les gens sentent que leurs sociétés seraient arrivées à bout et qu’ils vont droits vers un monde qui leur est inconnu. La Belgique aurait-elle donc peur de l’Islam ? Ce qui expliquerait son comportement xénophobe face à cette religion.

Espérons que les femmes voilées auront tôt ou tard la place qu’elles méritent.

Victoria Choza Nawezhi, 1e Bac Communication, 20 ans, Congolaise, Chrétienne

Foulard et vie en société : deux oxymores ?

Le port du foulard dans l’espace public est une question fertile qui a donné naissance à de nombreux débats, discussions et polémiques. Mille et une informations se martèlent. Alors, que représente-t-il ? Dans quels cas est-il interdit ? En Belgique, que dit réellement la loi à ce propos ?

Femme portant un foulard jaune. Unsplash/Janko Ferlic

Le foulard est un tissu qui peut se porter comme accessoire de mode autour du cou, sur la tête et là où vous le souhaitez. C’est selon vos envies ! Il représente par ailleurs un vêtement traditionnel ou religieux appelé également « voile ». Destiné à couvrir une partie du corps d’une femme qui le porte. Il est notamment présent dans les traditions juives, chrétiennes et musulmanes.

Le foulard, une réalité plurielle !

Le voile dit aujourd’hui « islamique », est antérieur de plus d’un millénaire au prophète musulman, Mohamed. Durant l’Antiquité, avant l’avènement du christianisme, les femmes étaient généralement voilées. Une femme qui se respectait et qui était aisée ou libre avait l’obligation, lorsqu’elle sortait dans l’espace public, de porter quelque chose sur la tête. Il était principalement porté pour distinguer les femmes mariées des célibataires et des prostituées. Au Moyen-âge, les femmes continuent à couvrir leurs cheveux. Le foulard est un donc un héritage de l’Antiquité païenne qui a ensuite été récupéré par les trois religions monothéistes.

Pour les femmes juives orthodoxes, l’obligation écrite de se couvrir la tête est relativement tardive. Dans la tradition juive, une femme est censée se couvrir la tête en public. Certaines le font scrupuleusement, ne laissant dépasser aucun cheveu, d’autres laissent sortir quelques mèches, d’autres encore, bien que pratiquantes, ont laissé tomber le foulard, le chapeau et a fortiori la perruque et laissent leur cheveux libres. La pratique actuelle est donc très variable.

Aussi, les premiers textes chrétiens en faisant mention apparaissent dès le premier siècle avec Saint Paul, puis Clément d’Alexandrie, Tertullien et d’autres. Le voile chrétien a donc une longue histoire derrière lui. Il est une pratique courante jusqu’au milieu du XXème siècle.

Quant à l’islam, le port du foulard est une obligation. Le verset 31 de la sourate 34 du Coran dit : « Et dis aux croyantes de baisser leurs regards, de garder leur chasteté, et de ne montrer de leurs atouts que ce qui en parait et qu’elles rabattent leur voile sur leurs poitrines.». Pour les personnes de confession musulmane, la sagesse de cette pratique est de faire valoir ce que les femmes ont dans le cœur et l’esprit.

Aujourd’hui, à travers le monde, des femmes se voilent. Le foulard est une réalité plurielle. Une réalité qui varie selon les contextes, les régions et la spiritualité de chacune.

Aujourd’hui, le port du foulard interroge !

Le port du foulard est sources de diverses questions et opinions. D’après le Pew Research Center, un centre de recherche américain fournissant des statistiques et des informations sociales, la plupart des Européens de l’Ouest préfèrent au moins certaines restrictions sur les vêtements religieux des femmes musulmanes.

En août 2018, une loi danoise est entrée en vigueur. Celle-ci interdit aux femmes musulmanes de porter des voiles couvrant le visage tout comme les burqas ou les niqabs. La Belgique a adopté des lois similaires ces dernières années, contribuant aux restrictions gouvernementales sur la religion dans la région.

En 2017, un sondage a été réalisé par ce même centre dans quinze pays d’Europe de l’Ouest, auprès d’adultes non musulmans. Dans notre Royaume : 19% des sondés pensent que les femmes musulmanes pourraient porter le vêtement religieux de leur choix, 50% pensent qu’elles peuvent porter un vêtement religieux sans pour autant cacher leur visage et 28% pensent qu’elles ne devraient pas être autorisées à porter des vêtements religieux dans l’espace public.

Capture d’écran du sondage réalisé par Pew Research Center dans différents pays d’Europe, quant aux restrictions concernant les habits religieux des femmes musulmanes.

Que dit la loi ?

Les affirmations quant au port du voile dans l’espace public sont multiples. Alors, basons-nous sur la loi ! L’article 19 de la Constitution belge stipule que : «La liberté des cultes, celle de leur exercice public, ainsi que la liberté de manifester ses opinions en toute matière, sont garanties, sauf la répression des délits commis à l’occasion de l’usage de ces libertés.».

Pour Mehmet Alparslan Saygin, juriste et spécialité de la laïcité dans le droit belge, le thème de la laïcité est des plus importants de notre époque. Il est à l’intersection de bien d’autres : libertés et droits fondamentaux, diversité de nos sociétés, Etat de droit, démocratie, multiculturalité, interculturalité, vivre-ensemble, intégration,… Les discussions autour de la laïcité sont selon lui, la plupart du temps, faites de confusion.

Post Facebook publié le 30 janvier 2017 par Theo Francken, homme politique belge membre du parti nationaliste flamand N-VA.

Face à la question confrontant laïcité et port du foulard, il répond : «La laïcité implique la liberté religieuse. La liberté religieuse, c’est la liberté d’avoir une religion mais aussi celle de l’exercer. Il s’agit donc de la pratiquer, aussi bien en privé qu’en public et ce, dans tous les secteurs de la société. Le port du foulard est un exemple pratique de cette liberté religieuse telle que consacrée par la Constitution et par la Convention européenne des droits de l’Homme. Il n’y a donc, a priori et à mon sens, aucune contradiction entre laïcité et port du foulard.».

La laïcité est d’après notre spécialiste en la matière, un principe politique d’organisation de l’Etat. Elle permet la libre expression de toute conviction religieuse ou philosophique dans le respect des droits d’autrui et de l’ordre public. A l’inverse, ce n’est pas une idéologie, ce qui implique de ne pas en faire une conviction. Il la compare à un plat qui perdrait totalement de sa saveur si un de ses ingrédients venait à manquer : l’égalité, la non discrimination, la liberté (notamment religieuse) et la séparation ou, plus exactement, la non-ingérence réciproque entre les Églises et l’État. Ces différents principes sont consacrés en droit belge, donc même si le mot laïcité n’apparaît pas en tant que tel dans la Constitution, la Belgique est un État laïque. Cette laïcité est toutefois imparfaite et bien des améliorations sont possibles.

La laïcité est un bien commun. En effet, c’est un mode d’organisation de la gouvernance politique qui vise notamment à protéger la liberté d’expression de toutes les convictions philosophiques. «Elle appartient à personne mais à tout le monde. Chacun a la même légitimité pour en parler et elle ne peut alors avoir de représentant officiel ou officieux.».

Il ajoute que : « L’outrage, serait de forcer une femme à porter le foulard alors qu’elle ne souhaite pas le porter. L’outrage, serait de forcer une femme à enlever son foulard alors qu’elle souhaite le porter. Dans les deux cas, il s’agit d’une entrave à l’émancipation des femmes, qui passe par le respect de leur choix.».

Et si on écoutait les principales concernées ?

Ici, six jeunes étudiantes bruxelloises partagent leurs ressentis et avis quant à la question. Ces dernières portent le foulard et d’après elles, il s’agit d’un choix personnel et qui a fait l’objet d’une réflexion. Elles déconstruisent les clichés auxquelles elles sont confrontées. Parmi eux : le foulard serait un objet de soumission et d’oppression de la femme, la femme voilée ne se lave pas les cheveux,… Elles aspirent à ce que les clichés liés aux femmes portant le foulard disparaissent et qu’elles puissent vivre leur spiritualité sans contraintes. Enfin, selon Mehmet Saygin : «Il faut rester optimiste et continuer à inlassablement rappeler le socle de nos valeurs communes telles que l’égalité et la non-discrimination.».

Yasmine FELFELE

Je m’appelle Yasmine Felfele et j’ai 24 ans. J’ai auparavant fait des études pour devenir professeure de français mais c’est aujourd’hui, en communication à l’ISFSC, que j’ai enfin trouvé l’épanouissement. Pour moi, la vie est un cadeau d’une valeur inestimable que chacun se doit de partager avec les autres. Chaque jour, j’essaye de laisser cette citation de Nelson Mandela guider mes pas: «L’honnêteté, la sincérité, la simplicité, l’humilité, la générosité, l’absence de vanité, la capacité à servir les autres – qualités à la portée de toutes les âmes- sont les véritables fondations de notre vie spirituelle.».

En savoir +

(1) Le voile selon le Coran et en Islam (dans Oumma.com)