La religion à t’elle sa place dans la politique?

Un lien fort associe religion et politique. Il semble qu’ils peuvent s’apporter autant à l’un qu’à l’autre une complémentarité. Mais si religion et politique sont utilisés avec des intérêts non communs, cela peut s’avérer dévastateur. Ces deux concepts peuvent-ils coexister ? Leur association est-elle positive ou négative ? Et leur dissociation ? 

La religion devrait-elle avoir un impact sur le système politique belge ? Diffuser la religion via les idées politiques peut-il avoir des effets positifs ? Est-il judicieux de créer une séparation entre politique et religion ? Quel serait le rôle du libre-arbitre de chaque individu dans une société où la politique serait dirigée par la religion ? Comment fonctionne un État sans religion ? Nous avons tenté de répondre à ces questions, notamment, en allant à la rencontre de Xavier Gérard, Chef de cabinet de l’Échevine namuroise Charlotte Deborsu.

La religion et le libre-arbitre

En tant que membre du Mouvement Réformateur, Xavier Gérard est très impliqué sur le thème de la neutralité de l’Etat. À son sens, les décisions politiques doivent être séparées de la vision religieuse qui, elle, appartient plutôt à la sphère privée des individus. Il ajoute que la religion peut amener à des divisions au sein de la population. Par l’imposition de certains dogmes. On a par exemple vu récemment, dans les débats sur l’IVG, que le dogme catholique veut défendre à tout prix un droit à la vie, alors que d’autres courants de pensée non religieux défendent un droit à l’appropriation du corps. Cela a tendance à crisper et à déchirer les gens. La religion peut être très clivante, ce qui est problématique.

Nous rejoignons Monsieur Gérard quand il explique qu’il éprouve des difficultés à envisager un lien entre le libre-arbitre et une société dirigée par la religion, la religion étant plutôt dogmatique et s’écartant du libre-arbitre avec des lois plutôt générales qui passent outre les libertés individuelles. Il est clair à ses yeux qu’un État doit normalement mieux fonctionner sans religion.

L’impact de la religion sur la politique

Les domaines politiques sur lesquels la religion pourrait avoir un impact sont nombreux. Si la question de l’IVG est liée à la santé publique, celle de l’alimentation est susceptible d’avoir un impact sur le système économique. Monsieur Gérard mentionne l’exemple de l’interdiction de manger du porc ou l’obligation de devoir manger casher. Quand elle est dogmatique, la religion peut avoir un impact sur toutes les sphères de l’État.

Dans les États très religieux, la religion est souvent fort diffusée. Une fois que la religion est intégrée dans le système politique, elle transpire au niveau des lois ou encore des télévisions d’État, ce qui n’est pas souhaitable à nos yeux.

L’importance de séparer politique et religion

Un article de La Revue Projet datant du 1er mars 2001 [1] explique que selon les philosophes des lumières, l’émancipation implique que la religion disparaisse afin que les sociétés et les États soient rendus à eux-mêmes. Monsieur Gérard est entièrement d’accord sur ce point car la religion a, d’après lui, ce côté dogmatique qui impose des comportements aux gens et qui sort la capacité de liberté individuelle, le libre-arbitre du jeu. Pour le libéral qu’il est, la liberté individuelle est d’ailleurs au centre du développement de la société.

Un article de La Croix datant du 15 septembre 2017 [2] explique que le fait d’utiliser la religion et de la politiser permettrait d’éviter toutes les formes de radicalisme. Monsieur Gérard est en désaccord avec l’auteur de cet article, estimant qu’une partie des radicalismes sont, aujourd’hui, religieux.

Enfin, un article de Mediapart du 13 août 2020 [3] énonce de manière répétée que la religion et la politique doivent se séparer de toute urgence. S’il est indéniable que chacun peut avoir ses convictions, qu’elles soient laïques, neutres ou religieuses, notre interlocuteur estime que les convictions ne peuvent pas prendre le pas sur l’action publique. En effet, à partir du moment où quelqu’un exerce le pouvoir, il doit l’exercer au profit de la société et le fait d’être profondément religieusement ancré ferme la porte à des pans de société importants.

La politique ne serait donc, en conclusion, pas indissociable de la religion. Il s’agit comme le précise Monsieur Gérard, d’un choix intellectuel. À chacun, à chacune de voir si il ou elle souhaite faire la séparation entre se sphère privée, d’une part, et son action publique, d’autre part.


Sources:

[1] https://www.revue-projet.com/articles/2001-3-le-religieux-face-au-politiques/7488

[2] https://www.la-croix.com/Religion/foi-politique-spiritualise-2017-09-15-1200877172

[3] https://blogs.mediapart.fr/register/blog/011117/religion-et-politique-un-couple-infernal-separer-de-toute-urgence

Je m’appelle Islam Diamant, j’ai 26 ans et je suis étudiant en BAC 1 en communication à l’ISFSC.
Mes passions dans la vie sont les découvertes de nouveaux endroits, la photographie et la musique.

La citation qui m’accompagne au quotidiens est la suivante :

« La liberté des uns s’arrête là où commence la liberté des autres » by John Stuart Mill.

COVID 19 , les nouvelles mesures technologiques de surveillance . Quel est leur impacte sur nos liberté indivuelles et publiques ?

Image par Gerd Altmann de Pixabay

Différentes mesures de surveillance ont vu le jour dans le monde entier durant cette période de pandémie dont nous faisons face depuis plusieurs mois. En Belgique avec l’avènement d’une application de traçage qui a fait un flop certes mais est active, dans le reste du monde d’autre applications de traçage et de collecte de données sont utilisés . La question la liberté individuelle et surtout de la protection de nos données se pose .

Cette année ou plutôt ce milieu d’année a été chamboulé par un événement inattendu
qui a mis en pause pendant une période la planète entière. Inutile de rappeler
l’impact qu’a eu virus Covid 19 dans le monde et individuellement. Le confinement a été la mesure la plus directe pour lutter contre la propagation de ce virus mais un autre moyen a tout doucement mais surement pris sa place dans cette lutte. La technologie ,  ce moyen crée parle l’homme qui ne cesse d’évoluer avec le temps a souvent été notre fidèle allié. Mais beaucoup doutent de son utilité durant cette période parce que bien qu’elle puisse être utile elle pourrait tout aussi être défavorable aux liberté des citoyens.

Quels sont les modes de surveillances envisagés ?

Plusieurs états dans le monde utilisent des moyens technologiques numériques
pour géolocaliser la population. C’est le cas en Equateur ou le gouvernement
aurait autorisé le suivi GPS a des fins de surveillance pendant le confinement.
 En Israël , les autorités ont autorisés les services de sécurité à utiliser les données tirées des téléphones portables des personnes infectées et cela a déjà soulevé des inquiétudes liées au respect de la vie privée. L’Europe ne sort pas indemne de ces pratiques , en effets plusieurs pays dont la Belgique auraient recours à la collecte de données de localisation anonymisées ou agrégées fournie par des compagnies de télécommunication .

En terme de technologie de surveillance il n’y a pas que le traçage mobile mais également les Intelligence artificielles mégadonnées .

Plusieurs états se tournent vers ceux-ci  pour lutter contre le COVID-19. La Chine par exemple utiliserait une combinaison des scanners thermiques intelligents intelligents et de reconnaissance faciales dans les lieux publiques afin de suivre la propagation du virus .

En Pologne, le gouvernement a lancé une application visant à faire respecter les mesures de confinement à domicile. Selon des informations reçus par Amnesty internationale, elle enverrait des demandes de selfies qui seraient ensuite vérifiés par
reconnaissance faciale et par exploitation des données de localisation afin de
s’assurer que la personne en question n’enfreint pas le confinement .

Le danger avec cet outil est que l’Intelligence Artificielle pourrait augmenter le risque de discrimination et ainsi porter préjudice et discriminer des populations déjà marginalisées.

Apple et Google : Nos libertés au prix de notre santé ?

Application norvégienne de traçage - © HEIKO JUNGE - AFP
Application norvégienne de traçage – © HEIKO JUNGE – AFP

Les géants Apple et Google , ont collaboré en avril dernier à la création d’une application de tracking dans la lutte contre le Covid 19 . Prévue d’être utilisée à partir du mois de juin , cette nouvelle mesure n’est pas vue d’un bon œil par les défenseurs des libertés civiles .

La proposition des monuments de l’industrie informatique consiste en une application d’alerte, qui grâce à notre smartphone, nous préviendrait si nous rentrons en contact avec une personne malade . Le principe de tracer, de contacter les personnes qui ont été en contact avec une personne positive est l’un des éléments nécessaires dans le cadre de ce dé confinement.

Pourquoi nos libertés se sentent elles menacer ?

Différentes mesures de surveillance sont déjà d’application dans plusieurs pays depuis le début de la pandémie . Exploitation de données de contacts , ou encore géolocalisation , de manière anonyme ou agrégée. En Corée du sud ces nouvelles mesures ont suscité des questionnements concernant le secret médical. Des patients recevaient des SMS du gouvernement leur donnant des conseils sanitaire accompagnés d’informations personnelles .

On peut alors voir que ces données collectées dans un but bien défini , celui de diminuer la propagation du virus peut aussi être utilisé à d’autre fin et c’est la qu’est le danger .

Si elles ne sont ni suivies, ni remises en question, ces mesures de surveillances risquent de changer l’avenir du droit à la vie privée et d’autres droits humains.

En conclusion bien que la technologie soit un outil pour notre bien être , utilisé à des fins de surveillance comme nous avons pu le voir plus haut nuit à nos libertés fondamentales ? Pour cela les gouvernements devraient en tenir compte et agir en conséquence en régulant ces outils et applications et ne plus utiliser celles qui vont à l’encontre de nos libertés individuelles et publics .

Je m’appelles Eunice Batha Batha , 24ans passionnée de musique et de photo . Etudiante en Communication à l’Institut Supérieur de Formation Sociale et Communication à Bruxelles. J’attends de ces études de pouvoir acquérir les qualités nécessaires pour faire de mes passions mon métier .


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Brève : Laïcité, liberté et port du voile des mineures

Il est au cœur des débats. Controversé, associé à l’extrémisme religieux, sujet de discorde concernant le corps de la femme, le voile devient un symbole de lutte pour la laïcité. Le nouveau terrain de bataille : l’école.

En mars 2018, le tribunal de première instance de Louvain a estimé, sur base de l’article 9 de la Déclaration Européenne des Droits de l’Homme, que l’Athénée De Ring, située à Louvain, a violé les droits d’une étudiante en lui interdisant le port du voile au sein de l’établissement. Il défend ainsi la liberté de religion. https://www.lesoir.be/244285/article/2019-08-27/port-du-voile-lecole-linterdiction-viole-la-liberte-de-culte-dapres-un-tribunal

Depuis les attentats terroristes sur le sol européen, le dialogue s’est électrisé autour du voile musulman. La laïcité promeut une séparation stricte des pouvoirs entre les religions et l’Etat. Néanmoins, l’article 9 de la Convention Européenne des Droits de l’Homme protège les « libertés de pensée, de conscience et de religion ». Aujourd’hui le débat se polarise sur les frontières entre la sphère publique et la sphère privée.

Compétences

Dans le domaine de l’éducation, il existe deux types d’enseignement : l’enseignement officiel, dans lequel le port de tout signe religieux est strictement interdit et l’enseignement libre, dans lequel chaque établissement a le pouvoir d’autoriser le port de signes religieux. La situation est en constante mutation entre les lois et les décisions juridiques.

Le voile porté par conviction religieuse est un sujet sociétal complexe qui a de nombreux enjeux à différents niveaux.

Le port du voile au travail : à quand la fin du combat?

Comme pour toutes les religions, les pratiquants ont des traditions et des devoirs. Dans ce cas-ci, le fait de porter le voile fait partie d’un des devoirs de la religion islamique. Malheureusement en retour cette minorité de femmes subit des inégalités et ce notamment dans le domaine de l’emploi.

Voici le témoignage d’une femme victime d’Islamophobie de la part de la responsable du magasin ETAM. La preuve que le port du voile est un combat pour ces femmes dans la société occidentale.

Il existe énormément de discrimination dans le domaine de l’emploi liée à la religion dont une grande partie envers la religion musulmane. Comme on peut le constater sur le site LA VDN, dans le secteur public le voile est interdit mais autorisé sous certains critères dans le secteur privé.

Pays de liberté ou d’interdiction ?

L’islam a souvent été pointé du doigt à cause des nombreuses polémiques qui ont été associées à cette religion notamment les attentats. Le problème actuel est la discrimination, empêcher une personne de travailler à cause de son foulard est une discrimination directe. L’article 9 de la convention européenne des droits de l’Homme, l’affirme en effet toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion. Si le port du voile ne cache pas le visage au point qu’il n’est pas possible d’identifier la personne et que ce voile ne fait aucun mal à la personne qui le porte, il n’y a aucun problème légitime.

Peut-on espérer qu’il y aura des changements dans la lutte des femmes voilées?

CHOZA NAWEZHI Victoria Astrid

Le port du voile face à l’islamophobie, un combat sans fin.

Comme pour toutes les religions, les pratiquants ont certaines traditions et devoirs. Dans ce cas-ci, le fait de porter le voile fait partie d’un des devoirs de la religion islamique.

Cela peut paraître comme un geste anodins pour certains mais pour d’autres, c’est un réel combat. Beaucoup de personnes ont peur de l’Islam car c’est une religion qui a énormément été critiquée durant ces dernières années, principalement à cause des djihadistes, des attentats, des terroristes, mais aussi suite aux nombreux taux de conversions à l’Islam incomprise. Déjà qu’elle n’est pas très appréciée, le fait que d’autres s’y convertissent n’arrange pas les choses, comme cité dans l’article de Corrine Terrekens sur le site Orela

La Belgique a 781 887 musulmans sans compter les convertit sachant que des habitants de pays musulmans comme le Maroc ou la Turquie ont presque tous immigré dans des pays occidentaux comme le nôtre selon les pourcentages de Syvie-Anne Goffinet. Dans ces pays où la religion dominante n’est pas l’Islam, quelques interrogations se posent telles que : « Quel est le réel problème ? Est-ce la religion, le voile ou le fait d’être face à un sujet qui nous est inconnu ? »

Les différents voiles

D’après Souad Razzouk mon interviewé, le voile intégral fait peur aux personnes non musulmanes et aux personnes n’ayant aucune connaissance en la matière. Dès l’instant où il y a une différence quelconque on se crée des barrières. Qu’on le veuille ou non, la différence fait peur.

Il est vrai que le Coran exige de porter le voile jusqu’à la poitrine mais en aucun cas il exige le port de la Burqa ou Niqab. Elles ne le portent certes pas par obligation mais par envie comme l’explique Delphine de Mallevoue sur le site lefigaro. Et malheureusement cela crée un problème entre les musulmans et également les non musulmans car tout le monde interprète le Coran et ses versets à sa manière. Pour certains c’est obligatoire et d’autres non. On remarque même que les femmes convertis d’origine française ou autre sont la plupart du temps celles qui portent le voile intégral et encore une fois cela pose problème car sans le vouloir elles causent du tort à leur communauté puisque cette tenue laisse penser aux moins renseignés que l’Islam garde des pensées arriérées, tout comme le fait comprendre le texte du site la libre.

Le voile est un accoutrement qu’on retrouve dans différentes religion :

Dans le domaine de l’emploi

Malheureusement le regard actuel que porte notre société sur la religion musulmane est loin d’être toujours positif comme déjà dit plus haut. En effet, selon Jean-Philippe Schreiber lors de son article sur ORELA, un Belge sur cinq estimes qu’il y a trop d’immigrés dans la société. Lors d’une enquête toujours sur le même site, on remarque que six Belges sur dix trouvent que la communauté musulmane en Belgique présente une menace pour l’identité du pays. Certaines femmes musulmanes ont même du mal à évoluer dans le domaine de l’emploi, on parle bien de discrimination à leur égard autrement dite de la discrimination directe. Les femmes voilées se font exclure du marché du travail sauf en ce qui concerne les travaux de types agents d’entretien, entretien de personnes âgées, etc. 

Nombreuses parmi ces femmes veulent partager leurs pensées. Voici une pensée de l’une d’entre elles travaillant dans la restauration et portant le voile depuis 6 ans : « beaucoup de femmes voilées s’empêchent de faire de grandes études pour la simple et bonne raison qu’elles savent pertinemment qu’elles devront enlever leurs voiles d’un moment à l’autre. Je suis désolée mais je ne trouve pas ça normal dans le sens où je suis née et ai grandi en Belgique. Je n’arrive pas à comprendre comment les femmes voilées arrivent toujours à être discriminées. Le simple fait de partir postuler pour un job étudiant, je reçois énormément de refus à cause de mon voile, mais quand je propose à contrecœur de retirer mon voile durant mes heures de travail, ça leur fait tout de suite changer d’avis. Pourquoi ? ».

Dans notre société les femmes voilées sont jugées et classées directement, on pourrait penser qu’une femme voilée en général n’est bonne qu’à être une femme au foyer et soumise à son mari si l’on suit les clichés à leur égard. Qu’elles soient soumises ou pas cela ne regarde qu’elles. Je ne vois pas le combat politique, mis à part d’avoir des préjugés et de vouloir discriminer. Lorsque tu es une femme voilée tu te sens oppressée par les médias, la société et le monde extérieur. Elles ont l’impression de porter une bombe prête à exploser, un fardeau sur leurs têtes alors que c’est juste un tissu avec une signification spirituelle, intime. Le système actuel est un système aussi vieux que le monde. Si on pouvait changer quelque chose, ce serait tout le système depuis le début car au final, c’est la source de tous les conflits avec pour impression que personne ne fait rien pour y remédier comme l’a soulignée Souad Razzouk. Les vraies questions à se poser au sujet des femmes voilées sont : pourquoi dans certaines entreprises ou même dans certains pays une femme voilée ne pourrait pas travailler tout en gardant son voile ? Est-ce que le fait de porter son voile aura un impact sur son travail ?

La communauté musulmane devrait se serrer les coudes, et tous ensemble devraient se défendre avec le moins d’hostilité possible afin d’expliquer que cette religion mérite autant de respect qu’une une autre, qu’ils ne sont pas comme les médias essaient de le faire croire à travers cette image dégradante de l’Islam.

Sommes-nous islamophobes ? 

Généralement quand on parle de racisme c’est souvent la caricature du blanc contre le noir alors qu’en réalité ce combat concerne toutes races de personnes, autrement dit toutes personnes non blanches face à une personne blanche ou tout simplement face au système occidental qui l’encadre. On oublie aussi trop souvent de dire qu’elles sont avant tout des personnes avec un cœur et des états âmes, qui reçoivent un nombre incalculable de commentaires de haine, mais qui ne disent rien par peur ou crainte de représailles. Prenons le cas de cette jeune fille Yasmine qui a également souhaité faire un témoignage. Alors qu’elle n’avait que 15 ans à l’époque, lors d’un rendez-vous chez son gynécologue où elle s’est présentée en retard, cette dernière s’est permis de lui dire mot pour mot « Je ne vois pas pourquoi tu portes le voile, c’est une décision que tu devrais prendre lorsque tu atteins un âge de maturité, c’est-à-dire 18 ans (selon la gynécologue), au lieu de te focaliser sur ça, essaie plutôt de venir à temps à tes rendez-vous. Le voile n’a pourtant rien à voir avec son retard mais ce sont des commentaires comme ceux-ci qu’elles doivent encaisser durant lors de leur quotidien. 

Voici une confrontation entre Abd Malik et Guillaume Peltier qui porte de terribles propos sur la femme voilée encore une fois, le manque de connaissances à créer des incompréhensions.

Guilaume Peltier porte parole de la campagne de Philippe De Viliers

On retrouve dans l’article d’Alain Dremiere, que pour 74% des gens, l’Islam n’est pas tolérante, qu’elle voudrait s’imposer et qu’aujourd’hui apparaît un rejet de toutes les différences culturelles car les gens sentent que leurs sociétés seraient arrivées à bout et qu’ils vont droits vers un monde qui leur est inconnu. La Belgique aurait-elle donc peur de l’Islam ? Ce qui expliquerait son comportement xénophobe face à cette religion.

Espérons que les femmes voilées auront tôt ou tard la place qu’elles méritent.

Victoria Choza Nawezhi, 1e Bac Communication, 21 ans, Congolaise, Chrétienne

La place de la religion dans l’enseignement primaire

De nombreux débats ont eu lieu ces dernières années concernant le port du voile dans l’enseignement supérieur. La place de la religion dans l’enseignement primaire est une question tout à fait légitime prenant place dans de nombreux débats (parfois hostiles). A cet effet, cela mérite notre regard et que l’on s’y arrête un instant.

Le fonctionnement de l’enseignement en Belgique

L’enseignement est une compétence communautaire. La Belgique est composée de 3 communautés différentes. Dès lors, les décrets relatifs à l’enseignement varient de l’une à l’autre. Chacune possède son réseau scolaire, son ministère et son ministre de l’Education. 

De plus, 2 filières composent l’enseignement en Belgique : d’une part, l’enseignement officiel et d’autre part, l’enseignement libre dit “catholique”.

La religion à l’école primaire

Dès la première primaire, un cours philosophique est prévu dans le programme scolaire de l’enfant. Dans l’enseignement officiel, plusieurs possibilités sont envisageables telles que les religions reconnues ou la morale. Dans l’enseignement libre, uniquement la religion catholique et parfois islamique est au programme. 

Depuis septembre 2017, le programme intitulé cours de Philosophie et Citoyenneté est entré en vigueur dans tous les établissements de l’enseignement primaire :

  • De l’enseignement organisé par la Fédération Wallonie-Bruxelles
  • De l’enseignement officiel subventionné
  • De l’enseignement libre non confessionnel subventionné

Le but de ces cours de « philosophie et de citoyenneté » est de rassembler tous les élèves et de leur permettre d’avoir une réflexion commune sur différents sujets tels que la culture, la philosophie, la citoyenneté et le fait religieux.
Il s’agit ici d’un bloc de deux heures de cours : une heure de cours obligatoire et une deuxième heure au choix en alternance du cours de religion/morale.

Vidéo explicative du cours de Philosophie et Citoyenneté réalisée par la chaîne Youtube Canalcal

Comment la religion est abordée auprès des enfants ?

A l’âge de l’école primaire, les enfants ne sont pas encore totalement aptes à se rendre compte des différences entre les religions. Ce qu’ils connaissent de la religion leur vient de ce qu’ils ont appris de leur entourage proche, notamment à la maison.

Cela peut parfois susciter des mésententes entre les enfants voir de la discrimination : certains enfants vont discuter de choses relatives à une religion différente qu’ils auraient pu évoquer dans le cadre d’une discussion dans le cercle familial. Ces opinions divergentes peuvent parfois être mal perçues de la part de leurs camarades de même confession ayant abordé le sujet de façon différente. 

Voici un exemple rencontré par Mme Alexia, institutrice interviewée dans le cadre de cet article : lors d’une discussion sur les différentes religions, un élève de confession musulmane pose des questions sur la religion catholique à son institutrice. D’autres élèves de confession musulmane de la classe ne comprennent pas pourquoi il pose ce genre de questions et lui font remarquer par différentes exclamations telles que “Comment sais-tu ça ? Ce n’est pas ta religion, c’est mal”

Mon interviewée m’a expliqué qu’au début du primaire, la religion est expliquée sous la dimension de l’imaginaire et du fantastique aux enfants, pour la rendre plus accessible ainsi que ludique. Les faits religieux de l’Histoire ne sont pas abordés durant le parcours primaire.

Afin d’expliquer l’existence de différentes religions, les professeurs prennent essentiellement en considération les questions que les enfants vont poser, c’est-à-dire qu’ils ne vont pas spécialement abordés le sujet si les enfants n’en manifestent pas le désir. De plus, afin d’en parler, il faut que le/les professeurs se sente(nt) à l’aise avec le sujet.

Qu’en est-il de la laïcité ? 

La Belgique est un Etat laïc. C’est-à-dire qu’il y a une séparation entre l’Eglise et l’Etat excluant le religieux du pouvoir politique et administratif et principalement dans l’enseignement. 

Toutefois, la Belgique tolère l’intervention de l’Eglise dans l’enseignement officiel par le biais des différents cours de religion, ce qui met à mal le principe de laïcité censé être d’application.

Les grands principes de la laïcité de manière simplifiée. Vidéo réalisée par la chaîne Youtube Canalcal

La neutralité de l’enseignement

La neutralité de l’enseignement revient souvent dans les discussions lorsqu’on parle des signes ostentatoires religieux.

L’enseignement en Belgique est loin d’être neutre. Alexia me l’a confirmé lors de notre entrevue en soulignant le fait que chaque école a son mode de fonctionnement. 

Photo libre de droit par Rawpixel.com

Le fait de porter des signes ostentatoires religieux appartient à la liberté de cultes. Mais l’école est un endroit de protection pour les enfants des pressions du monde extérieur. Chaque enfant a le droit d’apprendre dans un environnement dénué de propagande telle qu’elle soit. Elle se doit donc d’éviter un maximum de compartimenter les religions.

A qui revient le choix ? 

Juridiquement, ce sont les parents de l’enfant qui choisissent le cours philosophique qu’il va suivre durant son parcours scolaire jusqu’à l’âge de 18 ans. 

L’enfant pourrait être capable de choisir sa propre orientation philosophique avant cet âge mais il ne faut pas perdre de vue que la/les croyance(s) des enfants dépendent des valeurs et de l’éducation reçues de la part de leurs parents. 

Encore à l’heure actuelle, il est considéré comme normal par beaucoup de parents que ce soit eux qui décident pour l’enfant jusqu’à l’âge de sa majorité.

D’un point de vue psychologique, l’enfant atteint l’âge de raison vers 7 ans. Un âge considéré comme le premier pas dans “la cour des grands” qui représente le début d’un nouveau stade de logique et de compréhension du monde qui l’entoure. Il est donc peu probable qu’avant un certain âge, l’enfant puisse comprendre certains principes inhérents à la religion et les intégrer de manière à faire son propre choix philosophique.

Rentrée 2020-2021 

A partir de septembre 2020, l’âge de la scolarité obligatoire pour les enfants sera descendu à 5 ans au lieu de 6. 

En parallèle de cette obligation, on parle de cours de religion « sur demande » dès la troisième maternelle. Cela signifie que le tuteur/parent légal ou l’élève en âge de décider, pourra choisir entre la religion de son choix ou le cours de moral. Celui-ci pourra faire une demande de dispense afin que ce cours soit remplacé par un cours de philosophie/citoyenneté.

Madame Alexia nous explique son point de vue sur le fait d’insérer des cours de religieux si tôt dans la scolarité : “il n’y a aucun intérêt pédagogique à insérer la religion à ce stade de la scolarité. La maternelle est une préparation à l’école primaire, l’endroit où l’enfant va apprendre à devenir élève c’est-à-dire où il va apprendre l’autonomie, à vivre en groupe, où il va être confronté à différentes activités qui lui apprennent tout ce qui touche à la motricité fine et globale”.

Quid de la religion dès la première primaire ?

Dès le commencement du parcours primaire, l’enfant développe des aptitudes à comprendre des matières telles que les mathématiques, le français, etc. Il n’y a donc aucune raison pour que celui-ci ne soit pas apte à recevoir un cours de religion. 

Comme mon interlocutrice me l’a stipulé lors de notre entretien, la religion est abordée de manière imaginaire et fantastique dans l’enseignement primaire afin de ne pas influencer la perception que l’enfant peut avoir de celle-ci. 

Dès lors, la présence d’un cours de religion va permettre à l’enfant de s’ouvrir au monde, de développer sa curiosité mais aussi d’amener une discussion, un débat avec les autres. C’est un cours qui participe donc à l’éveil de l’enfant sur le monde extérieur.

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