La religion à t’elle sa place dans la politique?

Un lien fort associe religion et politique. Il semble qu’ils peuvent s’apporter autant à l’un qu’à l’autre une complémentarité. Mais si religion et politique sont utilisés avec des intérêts non communs, cela peut s’avérer dévastateur. Ces deux concepts peuvent-ils coexister ? Leur association est-elle positive ou négative ? Et leur dissociation ? 

La religion devrait-elle avoir un impact sur le système politique belge ? Diffuser la religion via les idées politiques peut-il avoir des effets positifs ? Est-il judicieux de créer une séparation entre politique et religion ? Quel serait le rôle du libre-arbitre de chaque individu dans une société où la politique serait dirigée par la religion ? Comment fonctionne un État sans religion ? Nous avons tenté de répondre à ces questions, notamment, en allant à la rencontre de Xavier Gérard, Chef de cabinet de l’Échevine namuroise Charlotte Deborsu.

La religion et le libre-arbitre

En tant que membre du Mouvement Réformateur, Xavier Gérard est très impliqué sur le thème de la neutralité de l’Etat. À son sens, les décisions politiques doivent être séparées de la vision religieuse qui, elle, appartient plutôt à la sphère privée des individus. Il ajoute que la religion peut amener à des divisions au sein de la population. Par l’imposition de certains dogmes. On a par exemple vu récemment, dans les débats sur l’IVG, que le dogme catholique veut défendre à tout prix un droit à la vie, alors que d’autres courants de pensée non religieux défendent un droit à l’appropriation du corps. Cela a tendance à crisper et à déchirer les gens. La religion peut être très clivante, ce qui est problématique.

Nous rejoignons Monsieur Gérard quand il explique qu’il éprouve des difficultés à envisager un lien entre le libre-arbitre et une société dirigée par la religion, la religion étant plutôt dogmatique et s’écartant du libre-arbitre avec des lois plutôt générales qui passent outre les libertés individuelles. Il est clair à ses yeux qu’un État doit normalement mieux fonctionner sans religion.

L’impact de la religion sur la politique

Les domaines politiques sur lesquels la religion pourrait avoir un impact sont nombreux. Si la question de l’IVG est liée à la santé publique, celle de l’alimentation est susceptible d’avoir un impact sur le système économique. Monsieur Gérard mentionne l’exemple de l’interdiction de manger du porc ou l’obligation de devoir manger casher. Quand elle est dogmatique, la religion peut avoir un impact sur toutes les sphères de l’État.

Dans les États très religieux, la religion est souvent fort diffusée. Une fois que la religion est intégrée dans le système politique, elle transpire au niveau des lois ou encore des télévisions d’État, ce qui n’est pas souhaitable à nos yeux.

L’importance de séparer politique et religion

Un article de La Revue Projet datant du 1er mars 2001 [1] explique que selon les philosophes des lumières, l’émancipation implique que la religion disparaisse afin que les sociétés et les États soient rendus à eux-mêmes. Monsieur Gérard est entièrement d’accord sur ce point car la religion a, d’après lui, ce côté dogmatique qui impose des comportements aux gens et qui sort la capacité de liberté individuelle, le libre-arbitre du jeu. Pour le libéral qu’il est, la liberté individuelle est d’ailleurs au centre du développement de la société.

Un article de La Croix datant du 15 septembre 2017 [2] explique que le fait d’utiliser la religion et de la politiser permettrait d’éviter toutes les formes de radicalisme. Monsieur Gérard est en désaccord avec l’auteur de cet article, estimant qu’une partie des radicalismes sont, aujourd’hui, religieux.

Enfin, un article de Mediapart du 13 août 2020 [3] énonce de manière répétée que la religion et la politique doivent se séparer de toute urgence. S’il est indéniable que chacun peut avoir ses convictions, qu’elles soient laïques, neutres ou religieuses, notre interlocuteur estime que les convictions ne peuvent pas prendre le pas sur l’action publique. En effet, à partir du moment où quelqu’un exerce le pouvoir, il doit l’exercer au profit de la société et le fait d’être profondément religieusement ancré ferme la porte à des pans de société importants.

La politique ne serait donc, en conclusion, pas indissociable de la religion. Il s’agit comme le précise Monsieur Gérard, d’un choix intellectuel. À chacun, à chacune de voir si il ou elle souhaite faire la séparation entre se sphère privée, d’une part, et son action publique, d’autre part.


Sources:

[1] https://www.revue-projet.com/articles/2001-3-le-religieux-face-au-politiques/7488

[2] https://www.la-croix.com/Religion/foi-politique-spiritualise-2017-09-15-1200877172

[3] https://blogs.mediapart.fr/register/blog/011117/religion-et-politique-un-couple-infernal-separer-de-toute-urgence

Je m’appelle Islam Diamant, j’ai 26 ans et je suis étudiant en BAC 1 en communication à l’ISFSC.
Mes passions dans la vie sont les découvertes de nouveaux endroits, la photographie et la musique.

La citation qui m’accompagne au quotidiens est la suivante :

« La liberté des uns s’arrête là où commence la liberté des autres » by John Stuart Mill.

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