Respect de la vie privée : rêve ou réalité ?

Ces deux dernières décennies, Internet s’est développé de manière exponentielle. Un des sujets les plus problématiques sur le web est le manque de confidentialité, qui malheureusement touche de plus en plus de monde. La question est donc de savoir s’il est possible d’atteindre une vie privée qui est réellement respectée.

D’après les données recueillies par broadbandsearch.net, ces 20 dernières années ont connu une augmentation de 3,85 milliards d’utilisateurs sur web. Il est donc plus qu’évident que le réseau informatique fait partie intégrante de la vie de presque chacun. Par conséquent, la bataille qui fait rage entre les adeptes de la confidentialité et son camp adverse, qui a pour objectif de s’enrichir, s’amplifie au fur et à mesure que le temps passe. Sachant que la confidentialité parfaite où la vie privée est respectée à 100% n’existera jamais, il est surtout question de faire le bon choix afin de minimiser au maximum les pertes de données.

L’Histoire sans fin.

Voilà deux ans que le GDPR est obligatoire, pourtant aucun changement radical n’a été accompli. La raison est simple, peu de gens lisent les conditions générales. Selon Thibault Vanwersch, analyste en cybersécurité, l’effort fourni par les plateformes en ligne qui mettent à disposition du public les conditions générales n’est pas suffisant. Il ajoute que ces conditions sont faites, volontairement ou non, afin de décourager l’utilisateur de le lire. En effet, il peut être fort démoralisant de lire un long pavé numérique à chaque site visiter.

Le problème principal est qu’une majorité des gens ne comprennent et ne maîtrisent pas le fonctionnement des plateformes qu’ils utilisent

Thibault Vanwersch

Il y a bien évidemment quelques personnes qui lisent encore aujourd’hui les conditions générales. Cela dit, comme l’a dit Thibaut Vanwersch, les conditions sont souvent incomprises. Il est donc facilement déductible que ces conditions portent à confusion par manque de précision. Un effort de la part des entreprises pour améliorer la clarté d’un texte aussi long ne serait pas de refus. D’autant plus que, même si en nombre inférieur, les internautes continueront d’accepter les conditions requises.

Un projet malheureusement trop ambitieux.

À l’origine, Internet avait pour but d’être un terrain neutre pour chacun. Il s’agissait d’un outil de communication où prévalait la liberté d’expression ainsi que le respect de la vie privée.

Protection des données // Image par Werner Moser de Pixabay

Toutefois, ce n’est clairement plus le cas aujourd’hui. De nos jours, il s’agit d’une véritable mine d’or pour les entreprises qui profitent de nos données à des fins commerciales.

Ces plateformes sont construites pour pousser les gens à mettre des informations sur les réseaux.

Thibault Vanwersch

Il est clair qu’une forme de manipulation est mise en place pour récolter des données sans les voler au sens propre du terme. Le problème ne vient donc pas du business modèle en lui-même, mais plutôt des tactiques mises en oeuvre par les sociétés afin d’assouvir leur soif d’argent.

Les sociétés sont beaucoup plus dangereuses que les pirates parce que le business modèle de ces sociétés consiste à collecter nos informations, et bien souvent ils ont le consentement implicite des gens.

Thibault Vanwersch

L’analyste en cybersécurité développe son argument en expliquant qu’un pirate informatique n’a généralement aucun intérêt à voler les données personnelles du grand public. Par ailleurs, il explique que l’objectif de ces criminels est purement financier, et donc ils auront plutôt tendance à s’attaquer aux grosses boîtes. Ceci dit, il arrive qu’un citoyen soit victime de leurs délits. En revanche, Thibault Vanwersch affirme qu’il s’agit bien souvent d’amateurs qui se contentent de proférer des menaces et, qu’il dépend donc du jugement de la victime quant à la véracité du pirate.

Sommes-nous esclaves du business plan ?

Bien qu’il puisse être difficile à croire, la quête vers le respect de la vie privée n’est pas une cause perdue. En fait, il s’agit ni plus ni moins que de faire le bon choix, parmi les différentes possibilités à disposition de chacun. Le problème majeur est que Google détient le monopole d’internet. En plus de ça, une fois terminée la création d’un compte Google, un compte pour tous les services de celui-ci sera automatiquement ouvert. C’est d’ailleurs ce qui pousse bon nombre d’utilisateurs à rester chez Google plutôt que de chercher d’autres fournisseurs. Au premier regard, il peut sembler plus avantageux de faire usage des autres services de Google, ça évite de rechercher des alternatives, et puis tout le monde utilise Google non ?

Donjon médiatique // Image par Gerd Altmann de Pixabay

D’autre part, Thibault Vanwersch conseille vivement de varier les fournisseurs en ligne en remplaçant Google par des alternatives qui respectent plus vos données personnelles. Apple est un bon exemple en ce qui concerne une confidentialité fiable. Il se trouve que la marque à la pomme met un point d’honneur à respecter et sécuriser votre confidentialité au mieux que possible, et comme Google, Apple possède de nombreux services comme une boîte mail inclus à l’ouverture du compte. Il existe aussi des alternatives pour la messagerie, Signal met la confidentialité au sommet de leurs priorités. De plus, la messagerie ne tire aucun profit de vos données personnelles. Et enfin le navigateur web Firefox qui est l’alternative la plus connue, contrairement à Google Chrome, ce navigateur est bien connu pour respecter vos données sur le net.

Quitte ou double ?

Malheureusement, l’objectif visé par la création d’Internet a été déjoué à des fins économiques. Même si ce business plan est propagé à échelle mondiale, certains sont prêts à se révolter pour offrir un réel changement. Il y en a qui sont connues, comme Apple, d’autres le sont moins, mais l’initiative de protection des données est bel et bien réelle. Ce n’est pas pour autant que notre vie privée sera respectée, cela dit chaque utilisateur détient maintenant la possibilité de décider s’il en vaut la peine de faire un changement pour le bien de sa propre confidentialité ou non. Qu’allez-vous choisir, la pilule bleue ou la pilule rouge ? La bleue étant de ne rien faire en pensant que c’est peine perdue, et la rouge qui consiste à choisir le camp où la confidentialité est une priorité. Le choix est entre vos mains.


EN SAVOIR PLUS

Elyan Casale Étudiant à l’ISFSC en communication. Passionné par la technologie et le cinéma.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *