Les droits des migrants ne sont pas respecté.

Depuis la crise migratoire de 2015, de nombreux migrants n’ont pas la possibilité d’obtenir la protection de l’Union Européen. L’influence des partis conservateurs, la culture de la peur… font que la liberté de circulation n’est pas respectée.

“Devant la persécution, toute personne a le droit de chercher asile et de bénéficier de l’asile en d’autres pays”, ceci est l’article 14 de la déclaration universelle des droits de l’homme. Et pourtant, les pays européens se permettent de refuser certaines demandes d’asile. Selon le règlement de Dublin, le migrant doit faire sa demande dans son pays d’entrer en Europe. Hors comme ce sont souvent les mêmes pays, trop de demandes sont faites au même endroit et les migrants se retrouvent dans des situations compliquées. Selon Adriana Costa Santos, coordinatrice du pôle hébergement de la plateforme BXLRefugees, il existe une clause de souveraineté qui permet de contourner ce règlement en oubliant le pays dans lequel le migrant est entré. Cette clause permet de venir en aide aux réfugiés en acceptant de recevoir les demandes d’asile. Mais cette clause n’est pas appliquée actuellement. « Aujourd’hui, ce qui se passe avec la grande majorité des personnes qui fuient des situations de dictature, de guerre, de persécution ethnique, de service militaire obligatoire abusif… et qui devraient donc normalement être candidats à l’asile à l’arrivée en Belgique. Il y a une vérification Dublin qui est faite de manière systématique et la majorité d’entre eux sont invités à rejoindre le pays d’entrée en Europe. C’est donc à travers cette façon là qui reste légale que le droit à la demande d’asile est très fort limité », développe Adriana Costa Santos.

Culture de la peur

Il y a plusieurs raisons exprimées par différents pays pour justifier leur fermeture des frontières. Un passé historique sans migration et donc une impression d’injustice, la crainte d’une perte économique conséquente… Mais la raison la plus forte selon Adriana Costa Santos serait l’influence des partis conservateurs et leurs discours de haine. Ils utilisent la peur de l’inconnu et la mise en avant du sécuritarisme. Des arguments comme la possible arrivée de terroristes ou actuellement du Covid 19 sont ceux défendus par ces partis. « Ce discours est très avantageux pour certaines forces politiques qui veulent plus d’ordre et de sécurité basées sur la peur de la population. »

De plus en plus de refus

C’est en 1990 que la politique européenne d’immigration et d’asile est véritablement née. Particulièrement depuis l’abolition des frontières au sein de l’espace Schengen en 1995 et au traité d’Amsterdam de 1997. L’Europe a pu ainsi définir les possibilités d’asile et réglementer l’arrivée des migrants. Au premier semestre de 2020, seulement 36 400 migrants venant des frontières extérieures sont arrivés sur le territoire. Ce qui confirme les observations qui indiquent une diminution des migrations dans le temps depuis la crise migratoire de 2015. Tendance encore renforcée par la pandémie de Covid-19. Et alors que les migrations sont en diminution, les réponses positives aux demandes d’asile le sont aussi. En effet, 295 800 personnes ont obtenu une protection en Europe en 2019. Contre 693 000 en 2016, et cela sans compter les 735 835 personnes qui se sont vu refuser l’entrée aux frontières extérieures.

Migrants en transit

Les migrants en transit sont fortement touchés par le non-respect de leurs droits. Principalement leurs droits de circulation. Les migrants en transition sont des personnes qui ne font que passer par certains pays pour en rejoindre d’autres. En Belgique, la plupart essaient de rejoindre l’Angleterre mais n’y arrivent pas. En effet, la réponse de la Belgique est essentiellement répressive. Le 10 septembre 2018, le gouvernement fédéral a adopté un plan pour ceux-ci. Une augmentation des places en centre fermé ainsi que la création de centres administratifs nationaux fermés. « Ces centres fermés existaient surtout pour des personnes en situation de procès en justice et dont la suite de ces procès pourrait être une expulsion dans le pays d’origine. Ils fonctionnent de la même façon que des prisons, à l’exception du fait que les personnes qui s’y retrouvent actuellement n’ont pas commis de délit » précise Adriana Costa Santos. Des mesures questionnables quand on sait que faire venir ces personnes en centre d’accueil coûte environ 36 euros par jour par personne. Et qu’une place en centre fermé coûte près de 210 euros par jour par personne.

Migrants en Hongrie contrôlé près de la frontière Serbe. 24 août 2015.
Photo: Gémes Sándor / SzomSzed Pixabay Licence: Libre pour usage commercial Pas d’attribution requise.

Les démarches administratives

Lorsqu’un migrant arrive sur le territoire européen pour obtenir une protection et donc le droit de se déplacer sur le territoire belge, il doit obtenir le statut de réfugié. Il est donc plus compliqué pour un migrant de travailler en Belgique si celui-ci quitte son pays pour des motifs considérés comme économiques. Pour avoir le statut de réfugié il faut avoir été persécuté dans son pays d’origine ou être susceptible de se faire persécuter. Pour que la demande d’asile soit acceptée, le réfugié se verra effectuer un parcours administratif. Premièrement, répondre à une série de questions posées par l’Office des étrangers. L’Etat tentera alors d’évaluer la nécessité d’une protection. Malheureusement, dans beaucoup de situations, l’évaluation est faussée et des personnes se voient expulsées. Néanmoins, si l’office des étrangers donne sont accord, le migrant procédera à l’entrevue avec le CGRA (Commissariat Général des Réfugiés et des Apatrides). Il racontera alors son récit pour tenter d’obtenir les bons papiers. Pour cela, le CGRA analysera les dangers objectifs qui menacent le demandeur ainsi que son ressenti personnel. Des persécutions dues à la race, la religion, la nationalité, le groupe social ou l’opinion politique sont facteurs de protection. Ces critères remplit, l’exclusion peut quand même s’appliquer si la personne a déjà une protection dans un autre pays ou si elle a commis des crimes graves contre l’humanité.

Tom Kottong, je suis étudiant à l’ISFSC, une école de communication de Bruxelles. J’ai 20 ans et j’ai reçu récemment mon CESS à Saint-Guibert à Gembloux.

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