Libre de pratiquer? Mais à quelles conditions?

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Qu’est-ce qu’une liberté après tout ? Si on lance une recherche que cela soit sur internet ou même dans le dictionnaire, plusieurs définitions du mot « liberté » sont proposées, tout en passant par la liberté de pensée, la liberté de la presse ainsi que la liberté politique.

Un grand pilier d’une société démocratique est la liberté de pensée, de conscience et de religion. Cette liberté est consacrée à l’article 9 de la Convention européenne des droits de l’hommes mais aussi dans l’article 19 de la Constitution.

Une liberté interne de la religion est garantie. Ce qui veut dire que chaque personne a le droit d’être coyant ou non et de changer de religion ou de conviction philosophique. Mais aussi la liberté d’exprimer et de manifester, en privé et en public, une conviction religieuse ou philosophique.

Chaque individu a donc le droit de prier ou d’organiser des rites et cérémonies par exemple, dans la sphère domestique ou dans l’espace public. Il y a tout de même une restriction concernant l’organisation de cérémonies collectives dans les lieux ouverts (rue, place,…), en effet pour cela une autorisation des autorités est nécessaire pour des raisons de sécurité publique. Des lieux tels que des églises, des mosquées, des temples, ect sont mis à disposition des croyants afin qu’ils puissent pratiquer leur culte.

Décider de croire ou de ne pas croire

En Belgique c’est l’État qui finance, partiellement, les communautés religieuses reconnues, à savoir le catholicisme, le protestantisme, l’anglicanisme, le judaïsme, l’islam, l’orthodoxie et l’humanisme séculier. Dans le but d’être aussi reconnu, le bouddhisme suit un processus. Concernant les demandes pour l’hindouisme et l’Église orthodoxe syriaque celles-ci sont en attente. Le statut d’association à but non lucratif peut être donné aux différents groupes qui ne sont pas reconnus par l’État. Ainsi, les membres peuvent alors jouir de leurs droits à la liberté religieuse.

Les religions traditionnelles ne sont pas les seules à être protégées par la Cour européenne des droits de l’Hommes, les convictions philosophiques non religieuses et les religions minoritaires y ont droit. 

Un ensemble de règles permettant à des personnes de croyances et d’opinions différentes de vivre ensemble, voilà comment la laïcité est définie. Celle-ci repose sur des principes fondamentaux comme la séparation du pouvoir religieux et du pouvoir civil. La laïcité c’est aussi la neutralité de l’État, c’est-à-dire que l’État ainsi que ses fonctionnaires sont neutres face aux religions, aux philosophies,…

« La laïcité en deux mots » – Centre Laïque Enghien Silly – 2020

En Belgique, la laïcité est mise en place suite à un accord passé entre les partis catholiques et libéraux en ce qui concerne la place de la religion catholique au sein de l’État. Il y a alors une séparation, l’Église ne s’occupe plus des affaires de l’État et inversement. 

« Le terme de laïcité devrait plutôt être appliqué à quelque chose de politique, à la séparation de l’Eglise et de l’Etat qui peut être au bénéfice de tout le monde, croyant ou incroyant »

Caroline Sagesser

C’est au 20ème siècle que la laïcité s’est organisée. Toutes les organisations philosophiques non religieuses du pays se sont regroupées, en 1972, au coeur du Conseil Central Laïque. C’est grâce à ce conseil que l’obtention du droit de recouvrir à la contraception, d’avorter, de se marier avec une personne du même sexe..

L’Etat reconnait alors la laïcité comme étant une organisation non confessionnelle fournissant une assistance morale à la population. Les laïques organisent des cérémonies; pour les naissances, le passage à l’âge adulte, les mariages ainsi que pour les funérailles. Mais pas que, la laïcité c’est aussi des Centres de Planning Familial, des rencontres interculturelles, etc

Des pratiques religieuses…mais pas pour la loi

Même si certains actes sont revendiqués comme étant des pratiques religieux par certaines personnes, en aucun cas un acte ne peut nuire à l’intégrité physique et psychique ou même exiger une relation sans consentement. Il est important de rappeler que cette liberté ne peut aller à l’inverse d’autres droits et le non-respect de ceux-ci peut provoquer de lourdes sanctions. 

L’expression « même si les actes sont revendiqués comme une pratique religieuse par certains » est importante car une mise en garde est placée contre tout lien abusif entre une religion ainsi que pour l’ensemble des croyants et des pratiques qui sont condamnées en Belgique comme par exemple les mutilations génitales,…

Un point sur l’enseignement

https://twitter.com/turntmuslim/status/1272128376275439616

Dans les écoles, cela va dépendre de plusieurs facteurs. Communauté française, néerlandophone ou germanophone ? Enseignement libre ou officiel. Quelles sont les différences?

Au sein des établissements publics, un enseignement religieux ou « moral » est dispensé en fonction de ce que les parents veulent pour leurs enfants. Dans l’enseignement public, la neutralité est exigée concernant la présentation des points de vue religieux et cela en dehors des cours de religion. L’ensemble des établissements publics en Belgique doit pouvoir fournir des leçons pour tous les groupes religieux ou toutes les croyances reconnus par l’État.

Les enseignants mais aussi les autres membres du personnel ont la liberté de manifester leur conviction religieuse ou philosophique. Mais il ne faut pas oublier que cela dépend de l’école dans laquelle ils travaillent.

Mêler religion et vie professionnelle

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Dans le milieu professionnel, dans une entreprise ou dans la fonction publique, toute personne est libre de pratiquer ses rites sur son lieu de travail, cependant obtenir des aménagements comme des horaires particuliers ou avoir un espace pour se recueillir requiert l’accord de direction. Cependant, beaucoup d’entreprises et d’administrations se montrent assez ouvertes à des « adaptations raisonnables » respectant les croyances de chacun.

En 2016 par exemple, la décision du Conseil d’État concernant le voile a été rendue. Il a été autorisé pour les professeures de religion musulmane de porter leur foulard à l’école, mais pas seulement. Il est aussi autorisé de le garder lors de l’activité en dehors de l’enseignement mais les écoles communautaires flamandes ont refusé l’application de la décision.

La liberté de religion, de pensée et de conscience représente un droit de l’homme capital. Le principe du respect de cette liberté peut être considéré comme une condition essentielle à une société démocratique.


Unia est un Centre, qui a été fondé en 1993, et qui a se bat pour l’égalité des chances et la lutte contre le racisme.

Il existe aujourd’hui plusieurs outils juridiques qui permettent d’encadrer la religion au travail qui est encore un sujet tabou.


Salma El Fayez

Etudiante en première année de communication à l’ISFSC.

Je suis une personne très créative et qui aime les choses nouvelles.

J’aime beaucoup la lecture et tout ce qui touche à la culture.

© Salma El Fayez, 2020

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