Papa Maman, je suis un enfant, mais mon opinion compte!

Depuis le 20 novembre 1989 un enfant est titulaire de droits et de libertés. Malgré sa vulnérabilité et sa dépendance, un enfant est donc libre d’exprimer librement ses opinions. Mais cela semble être parfois oublié. Perçu comme étant trop petit ou pas assez mature. Comment un enfant peut-il se faire entendre et revendiquer ses droits?

Un enfant possède des droits et des devoirs et de l’exercice, ses droits, la liberté d’expression et la plus méconnue du grand public. ©Pixabay Licence

La Convention relative aux droits des enfants reconnaît à tous les enfants du monde capables de discernement le droit d’exprimer son opinion, le droit à la liberté d’expression, à la liberté de pensée, de conscience et de religion. 

Mais de nos jours il est rare d’apercevoir à la télé ou dans les médias des enfants parlant ouvertement de leurs opinions, ou donnant leur avis sur certaines choses qui leurs sont imposées par la loi ou s’opposant à des avis les concernant directement. Ils sont plus tôt évoqués ou utilisés sans être perçus comme un acte de droit mais comme un moment « d’émotion ». 

Grâce aux droits de l’homme, n’importe qui peut du jour au lendemain mettre en cause une loi ou une règle qu’il ne pense pas assez juste ou morale à son goût tant que cela reste dans le cadre du respect. Un adulte peut se faire entendre et s’il a l’impression que ce n’est pas suffisant, les réseaux sociaux tels que Twitter sont ses alliés. Comme exemple ce mouvement « La parole Demain » qui prône la liberté d’expression.

Mais ces adultes sont pour la plupart des parents et leurs enfants voient tous les jours à la télé les grands s’exprimer à longueur de journée sans savoir qu’eux aussi peuvent le faire.

Comprendre les libertés des enfants 

Tout comme les grands, un enfant a des droits et des libertés. Malgré leur fragilité et leur vulnérabilité jusqu’au moment où ils deviendront des adultes, leurs libertés sont plus restreintes afin d’assurer leur bien-être et leur développement. Mais cela n’exclut pas le fait qu’il ne faut pas les respecter. 

Le point de vue d’un enfant compte et peut-être révélateur de beaucoup de réalité. On peut le voir ici, dans cette interview réalisée par Konbini, qui raconte l’histoire d’Olive et Jacqueline, 80 ans écarts et amies pour la vie, qui nous permet d’avoir un regard direct sur le point de vue d’un enfant lorsqu’on lui demande ce qu’elle pense de la condition des vielles personnes dans les maisons de retraite en cette période du Covid-19.

Laisser un enfant s’exprimer c’est garantir son épanouissement, son développement, sa vie et sa survie. Sans ces droits fondamentaux un enfant ne peut devenir un être humain, un citoyen ou un membre d’une communauté. Lui faire prendre conscience que des droits qui ne « dérange » pas les adultes va à l’encontre des mêmes valeurs concernant les droits de l’homme. Plusieurs enfants ne sont même pas conscients de ce privilège qui leur est accordé et il est temps que les choses changent.

La parole des enfants est-elle la bienvenue ?

Monsieur Bernard DE VOS le Délégué général de la Communauté française aux droits de l’enfant (la DGED) révèle, lors de notre entretien, que malheureusement les enfants ne sont pas invités à participer à l’évaluation de leurs droits. En réalité il n’existe pas de budget participatif sur la participation des enfants. Rien n’est mis en place pour créer des ateliers à cette cause. Même si certains essaient tant plus bien que mal de faire respecter ce droit.

Cela semble être : « Impensable voire même impossible » explique Monsieur De Vos directeur de la DGED. Car nous sommes encore trop peu sensibles au fait que les enfants devraient être capables et être associés un minimum à leurs droits. 

Dans de nombreux pays, la liberté d’expression et d’opinion sont encore réservées aux adultes. Leur avis est jugé comme étant inutile, voire infantile car ils ne disposeraient pas assez de discernement et de maturité pour se forger une opinion. Dans certaines cultures les enfants qui prennent la parole dans une conversation d’adultes sont mal considérés, ils sont même punies pour cette intervention considérée comme étant irrespectueuses. 

Pourtant, les enfants d’aujourd’hui sont plus éveillés déjà à trois ans un enfant est capable d’utiliser seul une tablette et à 8 ans de s’inscrire sans même demander l’avis de ses parents sur les réseaux sociaux à partir de son smartphone. De nombreuses informations circulent tous les jours sur ces nouvelles plateformes numériques les confrontant en permanence à des réalités suscitant certaines questions, voire des avis ou même des opinions différentes de celles des adultes. 

Mettre en place des ateliers d’expression et d’opinion permetterait de garder une ligne de conduite visant à développer l’esprit critique de ces jeunes et de leur faire comprendre plus facilement leurs droits. 

Leur opinion contre celle des adultes

Un enfant peut avoir une opinion distincte de celle de ses parents en tenant compte bien évidemment de leur âge ou de leur degré de maturité et de discernement. L’État, les professeurs et les parents ont un rôle important et doivent ainsi accorder de la considération à leur opinion lorsque des décisions importantes les concernant sont prises. Etant donné qu’ils sont juridiquement libres, un enfant ne peut pas être victime de pression de la part d’un adulte cherchant à contraindre ou à influencer son opinion. 

Alors à quel moment commence la limite parentale, car d’après un article du Paris Match plus de 2 parents sur 3 publiraient des photos de leurs enfants et nulle part on ne mentionne si oui ou non leurs enfants ont été informés ou sont d’accord de se retrouver sur internet à leurs insu. Alors si un enfant n’arrive pas à se faire entendre et à faire valoir ses opinions auprès de ses parents dans ce genre de situation. Monsieur De Vos conseil de « Laissez recours à un regard extérieur » afin d’aider l’enfant à exprimer ses choix ou d’aller vers des organisations qui peuvent donner un coup de main pour régler la situation. 

Dans un cas plus complexe comme un divorce, l’opinion de l’enfant n’est pas prise en compte alors que les plus grandes décisions telles que le choix de l’école ou du domicile, sont faites entre les parents eux-mêmes. Ce sont les adultes entre eux qui décident tout et les enfants ne peuvent rien y faire. 

Et les organisations de l’enfance Belge que font-elles ?

Lors de notre entretien sur zoom, notre expert nous avoue qu’il est étonné parfois par les plaintes qu’il reçoit provenant parfois du fin fond de la Belgique. « Et ce ne sont pas les enfants mais les adultes » qui viennent lui confier certains soucis liés à l’enfance. Mais la plupart ne savent même pas que des services existent dans leur quartier.

Beaucoup d’adultes ne connaissent pas suffisamment les lieux où ils peuvent faire appel autour d’eux dans ce genre de situation afin de comprendre un maximum tous les enjeux en cours. Mais le problème ne viendrait pas des adultes mais plus tôt du silence de ces organisations se trouvant parfois à quelques pâtés de maisons voire même au coin de leur rue.

« Dans chaque quartier se trouve une organisation de l’enfance comme les CPAS, les planning familial… Mais c’est à eux de sortir du silence. » Monsieur DE VOS (Délégué général de la DGDE).

Même sur la vitrine ou sur les réseaux sociaux, il y a beaucoup de services qui se contentent. De la connaissance que certaines personnes ont d’eux. Mais cela est visiblement pas assez suffisant. Il est vrai que certaines organisations ne font pas beaucoup d’efforts pour sortir de l’ombre, il n’est pas très commun de voir une campagne publicitaire ou d’assister à une distribution de flyers mentionnant des services pour la collectivité. Beaucoup de services ne travaille pas assez leur visibilité. « La timidité de certains services parfois m’effraie » ajoute Monsieur Bernard DE VOS.

Il faut écouter les enfants pour ça !

Les enfants ont une vision différente du monde et leur capacité à l’exprimer en fonction de l’âge ne devrait pas être perçue comme un frein mais comme un atout. Leurs mots parfois interprétés comme crus sont en réalité des paroles « vraies ». Les enfants ne cherchent pas l’aisance des mots ou des phrases mais juste à dire ce qu’ils voient, ce qu’ils pensent tel qu’ils le perçoivent.  Il ne faudrait donc pas avoir peur de les laisser parler, s’exprimer ou nous contredire car plutôt on développera leurs voix plus vite on en fera des adultes libres et conscients de la force de leurs opinions qui comptent !

« Pourtant on sait bien que les enfants, notamment avec le fait qu’ils sont absents de toute censure, les enfants ils disent tout ce qu’ils pensent. Ils sont un regard terriblement franc sur des questions qui les regardent directement. » Monsieur De Vos (Délégué général de la DGED).

Pour en savoir plus

Morgane Silutoni, étudiante en première année COM à l’ISFSC. Fan de stratégie digitale et marketing, elle éspère plus tard ouvrir une agence de Com.

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