Education religieuse et liberté: sont-elles compatibles?

Depuis 1989, les enfants disposent de droits inscrits dans la Convention relative aux droits de l’enfant.  Au moyen de son 14ème article, elle énonce la liberté dont dispose chaque enfant à pratiquer sa propre religion. Toutefois, comment peut-on parler d’une liberté si celle-ci est en partie guidée par l’éducation venant des parents ?

Par quel moyen les parents transmettent leurs croyances à leurs enfants ? Celles-ci peuvent-elles influer sur le comportement de l’enfant ? Quel est le rôle du libre-arbitre ? Peut-on considérer cela comme du lavage de cerveau ?  De manière générale, quel est l’impact des croyances religieuses et des convictions des parents sur l’éducation de leurs enfants ? Les croyances, comme les traditions et les valeurs, se transmettent par le biais des parents. Enseigner la religion aux enfants dès leur plus jeune âge leur permettra d’avoir une première approche de la religion, de posséder les bagages nécessaires pour se construire et également de se faire leurs propres opinions quant à leur pratique de la religion.

Hicham Azmani, psychologue, donne son avis quant à la question de l’impact des croyances religieuses et des convictions des parents sur l’éducation de leurs enfants. Najwa AZMANI TAUIL 2019 © 

Monsieur Hicham Azmani, psychologue, explique que la religion, comme les traditions et les coutumes, se transmettent de génération en génération. Selon lui, l’arrivée de nouvelles personnes dans un équilibre familial peut parfois s’accompagner d’un changement ou d’une évolution.  

Bien que les enfants puissent passer par des enseignements religieux extérieurs, comme le catéchisme ou l’école coranique, les parents restent les premières personnes se chargeant de la transmission des croyances à leurs enfants. D’ordinaire, le partage de la foi se fait par l’oralité et bien avant que l’enfant ne comprenne correctement la notion de religion et parfois même de Dieu. Cela se fait de manière naturelle comme, par exemple, une prière avant d’aller se coucher.

Toujours d’après notre expert, le mimétisme, lui, joue aussi un rôle dans le transfert des croyances. En effet, les enfants ont tendance à reproduire ce que font leurs parents et toutes personnes grandissant avec eux. Ils peuvent par exemple prier avec leurs proches sans pour autant comprendre le but de cette pratique. Bien que cela n’ait pas réellement de sens pour l’enfant, celui-ci comprendra par la suite le message derrière cet acte.

Du lavage de cerveau?

Selon un sondage réalisé sur le site debate.org, 85 % des personnes interrogées pensent que le fait d’enseigner la religion aux enfants se présente comme une forme de lavage de cerveau. Certains parents pensent que le fait d’enseigner la religion à leurs enfants peut nuire à leur capacité de penser de façon plus claire, et donc de faire des bons choix. « Non, en aucun cas la religion peut empêcher de penser de manière rationnelle. Se dire que la religion et la raison ne vont pas de pair n’est pas correct, c’est un ensemble », affirme notre psychologue.

Comme le dit Jean Paul II, « la foi et la raison sont comme les deux ailes qui permettront à l’esprit humain de s’élever  (1)».

Croire en une religion ne relève pas de la crédulité car c’est la réflexion elle-même qui pousse à croire. Enseigner la religion aux enfants est alors un moyen pour eux de se faire leur propre opinion. Ils auront à leur disposition une réserve d’informations ainsi que les bases nécessaires qui leur permettront plus tard, de faire leurs propres choix. « Ne pas leur parler de la foi, c’est restreindre leur possibilité de choisir leur propre voie (2) ».

Et le libre-arbitre dans tout ça?

« Dès l’âge de 4/5 ans les enfants se posent des questions à portée religieuse. Qui est Dieu ?, qu’est-ce que la mort ?, d’où venons-nous ? », Explique Monsieur Azmani. Imposer une religion à son enfant n’est pas autorisé. Mais, les enfants peuvent recevoir une éducation religieuse dès leur plus jeune âge de façon non contraignante. Un enfant peut effectuer ses choix moraux en toute liberté. Il s’agit d’un droit dont il dispose par la Convention des droits de l’enfant. Aucun parent n’est en droit d’imposer une idéologie religieuse à son enfant. Ils se doivent alors de laisser un libre choix à leurs enfants quant à la question des croyances et des convictions religieuses. « Ils disposent d’un libre-arbitre leur permettant de pouvoir choisir seul  et de manière absolue. Ils sont à l’origine de leurs actes. Ils sont libres », ajoute notre expert. Ils peuvent choisir par eux-mêmes une croyance sans être poussés ou influencés par un élément externe.

vidéo montrant le témoignage d’un couple au sujet de l’éducation religieuse de leurs enfants.

Un rattachement?

Le fait d’inculquer la religion aux enfants contribue à leur construction car celle-ci les aide à savoir qui ils sont, d’ où viennent-ils et permet de se rattacher à une communauté (3). A l’instar des traditions et des coutumes, la religion nous permet de nous rattacher à quelque chose comme par exemple une communauté religieuse bien définie qui peut se présenter comme une forme de soutien social ou même psychologique.

La clé du bonheur?

L’éducation religieuse transmisse par les parents peut également influer de façon positive sur le développement de l’enfant. Elle peut apporter un certain réconfort et répondre à certaines questions parfois même existentielles. Elle permet alors de se rattacher à quelque chose. Elle pourrait même contribuer au bonheur et au bon épanouissement de l’enfant car elle permet de trouver un sens à sa vie (4).

De plus, la religion de manière générale véhicule les principes fondamentaux des valeurs communes et du vivre ensemble qui ont pour but de préserver et d’améliorer notre bien-être et parallèlement le bien-être des personnes avec qui nous nous retrouvons fréquemment en contact (5).

L’ éducation religieuse ne représente pas forcément une forme d’imposition ou de lavage de cerveau mais peut permettre à l’enfant la construction de sa propre identité. Garantir une liberté totale tout en proposant de façon non contraignante des idées religieuses? Cela ne semble pas impossible.

Je m’appelle Najwa Azmani Tauil, j’ai 21 ans et je suis étudiante en BAC1 en communication à l’ISFSC.

Mes passions dans la vie sont les voyages, la musique et la photographie.

La citation qui m’accompagne est: « accepte ce qui est, laisse aller ce qui était et aie confiance en ce qui sera » Bouddha

L’homosexualité : dans l’œil de l’Islam et du Christianisme

Islam - Christianisme

Sujet bateau, sujet rigolo, sujet fléau, c’est un sujet qui parle des homos. La religion nous berce, pour la plupart, depuis notre naissance tandis que l’homosexualité est une question, encore non-résolue, de notre société. Qu’en est-il aujourd’hui de la perception de l’homosexualité du point vue religieux ? 

Il y a seulement deux mois de cela, une candidate dans le parti conservateur, à Toronto, a tenu des propos homophobes –ce qui lui a valu, d’ailleurs, le retrait de sa candidature aux prochaines élections-. L’acceptation de ce fait social est changeante. Le sujet de l’homosexualité, dans les religions monothéistes (et dans la société), a toujours été complexe.

Homosexualité et Religion : sont-ils liés ?

Une recherche menée sur Google Actualité autour des mots “homosexualité et religions” nous propose des résultats venus de tous les coins du monde et la cohabitation des deux semble compliquée.  

Pour Marc Beumier, coordinateur de Bruxelles de la CCL (Communauté du Christ Libérateur) -une association gay/lesbienne et chrétienne -que j’ai pu rencontrer dans le cadre de cet article-, ces deux termes n’ont rien à voir.
D’une part, l’homosexualité, c’est ce qu’il est et ce qui fait partie de lui et, d’autre part, la religion ou plus précisément son adhésion à la foi est quelque chose à laquelle, il croit.
Il précise : “La religion et ses pratiques sont compatibles avec l’homosexualité parce que sinon je ne serai pas là, ici, aujourd’hui. Ce que l’on nous demande en tant que catholique, c’est d’adhérer à des théories, de respecter l’évangile, d’avoir le respect des autres et de soi-même”. Au sens strict de cette interprétation, l’homosexualité n’empiète pas sur la religion. 
En effet, pour lui, ”Les religieux radicaux, qui ne tolèrent absolument pas l’homosexualité, ne sont pas des vrais croyants”. 

Pour Bernard Guillemin, coordinateur de l’ASBL ATER VISIO, une association qui lutte contre l’homophobie et la transphobie -que j’ai pu également rencontrer dans le cadre de ce travail-, la foi et l’amour (reprenant l’orientation sexuelle et l’homosexualité en général) peuvent avoir un point commun, c’est quelque chose qui nous tombe dessus et qu’on ne peut contrôler.
En dehors de ce point-là, il n’y a aucun point de convergence entre les deux.  Contrairement à ses propos, Éric Zemmour considère l’orientation sexuelle (et donc l’homosexualité) comme un choix, on le voit ici dans cette vidéo. 

L’homosexualité : quid du point de vue religieux ?

La position de la religion chrétienne est multiple sur l’homosexualité. Il y a ceux plus conservateurs qui restreignent l’homosexualité au rang des péchés (1). Ceux plus progressistes qui acceptent les personnes homosexuelles dans le cadre ecclésiastique et qui bénissent même des unions (2). Enfin, il y a ceux plus “modérés” (comme le Pape), qui appellent à ne pas rejeter ces personnes hors de la société (3) 

Au contraire de cela, la religion musulmane semble beaucoup plus fermée à cela. En effet, encore de nombreux pays à majorité musulmane condamnent l’homosexualité. Paradoxalement, à cette vision, selon Marc Beumier, “l’homosexualité est très répandue, car normalement, il n’y a pas de sexe avant le mariage avec la femme et donc l’homo-sensualité est très pratiquée dans ces pays-là, car les hommes et les femmes vivent séparés”.  

Même si le Coran n’interdit pas l’homosexualité, certains musulmans ont traduit ces livres sacrés en disant que l’homosexualité est un péché, c’est pour cela qu’encore beaucoup de musulmans n’acceptent pas l’homosexualité dans leur vie. Mais que dit exactement le Coran ?  
Les pratiques sexuelles homosexuelles, et plus précisément la sodomie, sont très fort condamnées dans le Coran, jugeant celles-ci de représentation sadomasochiste de la sexualité. En aucun cas, le Coran n’interdit une personne d’être homosexuel ou de demander la filiation 4.   

Beaucoup de représentants de la religion chrétienne ne condamnent pas l’homosexualité en tant que telle. Ce qui est souvent condamné, ce sont les pratiques sexuelles. De nombreux chrétiens acceptent l’homosexualité mais seulement dans l’abstinence, car ils considèrent ces actes comme contre-nature, comme un péché 5

Et si on mariait?

Dans certains courants du christianisme, des mariages sont célébrés à l’église, comme c’est le cas ici en Norvège, il y a maintenant presque 3 ans, entre des personnes homosexuelles. Cela se passe dans les églises protestantes actuelles (qui sont en général, plus libérales). Il y a aussi dans la religion chrétienne, des personnes homosexuelles qui font partie du corps-même de l’église même s’ils doivent vivre leur homosexualité dans l’abstinence (6).

En ce qui concerne, le mariage homosexuel à la mosquée, c’est impensable à l’heure actuelle, même dans les courants les plus progressistes de l’islam. Il y a eu, il y a deux ans maintenant, un mariage civil, de deux personnes homosexuelles et musulmanes au Royaume-Uni (7). Cela reste un mariage civil et non célébré dans une mosquée. Ludovic-Mohamed Zahed est un imam français qui est homosexuel et qui lutte contre l’homophobie et surtout celle dans l’islam et pour le droit d’être gay et musulman à la fois. Il est d’ailleurs à l’origine de la première mosquée inclusive en France qui accepte les personnes LGBT musulmanes (8). Même si certains imams ont suivi le mouvement en Europe et d’autres mosquées inclusives se sont construites depuis, comme c’est le cas à Berlin en 2017, 60% des musulmans en Europe montrent une grande hostilité envers les personnes homosexuelles (9).  

Ludovic-Mohamed Zahed, imam français, qui fait un discours à la conférence pour l’association Exaequo, une ASBL qui fait la promotion de la santé sur les MST/IST entre les relations masculines entre hommes.
Auteur : G. Garitan – License :  Creative Commons Attribution – Partage dans les Mêmes Conditions 4.0 International

Le mariage entre deux personnes du même sexe, dans ces religions, semble encore tabou. Au niveau de la loi, il y a, actuellement, 26 pays qui ont légalisé le mariage pour tous (10). Au vu de cette évolution, nous serons enclins à participer à un mariage homosexuel. C’est le cas du youtubeur n*1 en France, Cyprien, qui l’a vécu et qui en fait une vidéo. 

La situation en Belgique

Nous sommes plutôt avancés dans les droits accordés à la communauté LGBT. Nous avons été le deuxième pays à légaliser le mariage pour tous (11). Même si dans certains pays, l‘homosexualité est encore passible de peine de mort, il y a de plus en plus de pays qui dépénalisent l’homosexualité au fil des années. Selon Bernard Guillemin, même si la loi évolue en ce qui concerne la communauté LGBT plus vite que ce que pense la religion, la loi n’est pas la réalité. Malgré que la loi protège cette communauté dans plusieurs pays, il y a encore de nombreuses agressions homophobes en Belgique et parfois -“au nom de la religion” (12)-.

À Bruxelles, il existe actuellement une communauté de personnes homosexuelles et chrétiennes, c’est la CCL avec laquelle j’ai pu entrer en contact. Existe-t-il l’équivalent dans la religion musulmane ? Non. Il y a, cependant, une association à Bruxelles qui s’appelle Merhaba. C’est une association qui lutte contre les discriminations faites aux personnes homosexuelles venant du Moyen-Orient et qui sont, pour la plupart musulmans (13).

Que ce soit pour le coordinateur de Bruxelles de la CCL comme pour celui d’Alter Visio, les religieux qui voient l’homosexualité comme un péché, en vertu des textes sacrés, est une mauvaise interprétation de ces derniers. Pour eux, nous pouvons dire à ces textes n’importe quoi et surtout ce que l’on veut. Il faut donc prendre ces textes sacrés avec du recul et également remettre ceux-ci dans leur contexte.   

L’homosexualité et la religion peuvent parfois être en conflit d’intérêts dans la manière de vivre. Marc Beumier se définit comme “gay chrétien heureux” et espère, dans un futur, que son association n’aura plus besoin d’exister, car l’homosexualité et la religion pourront co-habiter. Pour preuve, les évêques allemands viennent de reconnaître, il y a quelques jours, l’homosexualité comme quelque chose de “normal”, un grand pas pour la religion catholique (14). 

Dans la religion juive, cela est un peu différent. En effet, dans la Torah, les actes homosexuels sont prohibés mais pas condamnés de manière directe. C’est une mauvaise lecture. Même si certains interprètent la Torah de la mauvaise manière, celle-ci a en abomination l’acte homosexuel et non le sujet, soit la personne homosexuelle. Pour en savoir plus sur comment est vu l’homosexualité par la Torah.

Barbara MAURISSEN
Je suis âgée de 22 ans. Je suis étudiante en 1e année de communication à l’ISFSC. Les droits de l’homme fondamentaux m’intéressent beaucoup (ex: droit à la vie, la liberté d’expression,..).

Webographie :

(1) HANLEY, Jonathan. Dieu, la Bible, l’Homosexualité, et toi [en ligne]. Dans : Ta jeunesse. [Consulté le 19 décembre 2019]. Disponible à l’adresse : https://www.tajeunesse.org/fr/les-articles/mise-en-avant/205-dieu-la-bible-l-homosexualite-et-toi.html

(2) LAPORTE, Christian. Les protestants auront des pasteurs homosexuels [en ligne]. Dans : La Libre Belgique. 15 juin 2015 (mis à jour le 16 juin 2015). [Consultée le 19 décembre 2019]. Disponible à l’adresse : https://www.lalibre.be/belgique/les-protestants-auront-des-pasteurs-homosexuels-557f0d8d3570dd0de7e11429

(3) LA DERNIERE HEURE LES SPORTS +. Pape François : “Si une personne est gay, qui suis-je pour la juger ?” [en ligne]. Dans : DH Les Sports + – Actu. 29 juillet 2013 (mis à jour le 02 août 2013). [Consulté le 19 décembre 2019]. Disponible à l’adresse : https://www.dhnet.be/actu/monde/pape-francois-si-une-personne-est-gay-qui-suis-je-pour-la-juger-51f655753570ebbf8e01f516https://www.dhnet.be/actu/monde/pape-francois-si-une-personne-est-gay-qui-suis-je-pour-la-juger-51f655753570ebbf8e01f516

(4) BONOMELLI, Marc. Coran et homosexualité : convictions d’un imam gay [en ligne]. Dans : Le monde des religions. 07 avril 2015. [Consulté le 19 décembre 2019]. Disponible à l’adresse : http://www.lemondedesreligions.fr/actualite/coran-et-homosexualite-les-convictions-d-un-imam-gay-07-04-2015-4618_118.php

(5) Catéchisme de l’Église catholique, partie III, section II, chapitre II, article 6, §. 2396 

(6) PARTHONNAUD, Aymeric. « Sodoma : que révèle l’enquête de 4 ans sur l’homosexualité au coeur du Vatican » [en ligne]. Dans : RTL. 15 février 2019. [Consulté le 18 décembre 2019]. Disponible à l’adresse : https://www.rtl.fr/actu/debats-societe/sodoma-livre-enquete-frederic-martel-homosexualite-vatican-7796955681

(7) LAYSTARY, Emile. Le Royaume-Uni a célébré son premier mariage homosexuel et musulman [en ligne]. Dans : France24. 11 juillet 2017. [Consulté le 19 décembre 2019]. Disponible à l’adresse : https://www.france24.com/fr/20170711-le-royaume-uni-a-celebre-son-premier-mariage-homosexuel-musulman

(8) Ludovic-Mohamed Zahed [en ligne]. Dans : Wikipédia, l’encyclopédie libre. 19 octobre 2019. [Consulté le 16 décembre 2019]. Disponible à l’adresse : https://fr.wikipedia.org/wiki/Ludovic-Mohamed_Zahed

(9) LES OBSERVATEURS.CH. Multiculturalistes : 50% des musulmans réclament l’islamisation et…[en ligne]. Dans : Les Observateurs.ch. 24 décembre 2013. [Consulté le 17 décembre 2019]. Disponible à l’adresse : https://lesobservateurs.ch/2013/12/24/le-cauchemar-des-multiculturalistes-50-des-musulmans-deurope-reclament-lislamisation-et-la-charia/

(10) Mariage homosexuel [en ligne]. Dans : Wikipédia, l’encyclopédie libre. 19 décembre 2019. [Consulté le 19 décembre 2019]. Disponible à l’adresse : https://fr.wikipedia.org/wiki/Mariage_homosexuel#Pays_autorisant_le_mariage_homosexue

(11) Droit LGBT en Belgique [en ligne]. Dans : Wikipédia, encyclopédie libre. 04 décembre 2019. [Consulté le 19 décembre 2019]. Disponible à l‘adresse : https://fr.wikipedia.org/wiki/Droits_LGBT_en_Belgique
 
(12) RTBF INFO. Les jeunes musulmans sont plus homophobes, selon une étude [en ligne]. Dans : RTBF. 05 juillet 2012. [Consulté le 17 décembre 2019]. Disponible à l’adresse : https://www.rtbf.be/info/societe/detail_les-jeunes-musulmans-sont-plus-homophobes-selon-une-etude?id=7799649

(13) TETU. Les évêques allemands reconnaissant l’homosexualité comme ”normale” [en ligne]. Dans : Têtu. [Consulté le 19 décembre 2019]. Disponible à l’adresse : https://tetu.com/2019/12/16/les-eveques-allemands-reconnaissent-lhomosexualite-comme-normale/

Le mariage musulman, une cérémonie qui évolue avec sa culture et son temps.

5K, CC0, domaine public, libre de droits
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Depuis le siècle passé, on constate que le mariage musulman est une cérémonie ancestrale qui est capable de s’adapter et d’évoluer. Toutefois, quelques légères différences règnent sur cette tradition entre la Belgique et les pays musulmans.

Comment se passe la cérémonie d’un mariage musulman ? Quels sont les principes à suivre avant, pendant et après le mariage ? Quelles sont les choses qui ont changé dans cette cérémonie depuis le siècle dernier ? Depuis toujours, lorsqu’un homme et une femme s‘unissent par un mariage musulman, ils doivent passer par plusieurs étapes précises qui prennent en compte les parents, la religion, la culture, et la loi.

D’abord, dans tout mariage musulman, il doit y avoir un consentement mutuel du mariage chez les futurs époux. Ensuite, l’homme doit être de religion musulmane alors que la femme peut être croyante d’une religion quelconque. Lors du mariage, le futur mari doit également pouvoir donner une dot à sa future femme. La dot est une somme d’argent ou un objet de valeur que l’époux donne à sa femme lors de leur mariage. La valeur de cette dot dépend du fait que ce soit le premier mariage ou non de la future épouse et des moyens financiers du futur époux. Il est engagé à lui donner cette dot avant sa mort. D’après Monsieur Hocine Benabderrahmane, professeur universitaire, théologien et imam ( 1 ), si toutes ces conditions ne sont pas respectées, le mariage n’aura pas la bénédiction d’Allah, il sera alors caduc et le mariage se finira par un divorce.

Le mariage dans un autre siècle

Au 20e siècle dans les pays musulmans, les filles n’étaient pas scolarisées mais étaient, dès leur plus jeune âge, préparées et conditionnées au mariage. A partir du moment où elles avaient leurs premières menstruations, elles étaient alors considérées comme « femme a marié ». Les mariages avec un écart d’âge important n’étaient donc pas rares et pas pris en considération. Si, la jeune fille n’était pas mariée avant ces 18 ans, elle était alors mal vue, considérée comme une femme sans valeur et marié au premier venu qui était souvent un homme veuf ayant en charge des enfants.

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Les futurs époux se voyaient pour la première fois au mariage. La famille proche se retrouvait généralement dans la maison de la future épouse pour partager un repas. Le père du fiancé demandait alors la main de la jeune femme à son tutorat, un homme musulman qui accompagne la fiancée pour lui donner de la valeur (père, oncle, frère,..). Les fiancés se présentaient, ensuite, devant un imam où le futur époux donnait la dot à sa future épouse. Pour finir, l’imam récitait quelques versets du courant et faisait également quelques invocations pour le couple.

Lors de leur nuit de noce, les jeunes mariés se retrouvaient dans une chambre où la jeune fille n’était vêtue d’une simple chemise blanche. Pendant ce temps, la famille des mariés attendait dans une autre pièce. Quand le jeune couple sortait de la chambre avec la chemise blanche tachée de sang, celle-ci étant la preuve de la virginité de la fille. Selon Monsieur Benabderrahmane; « On présentait sa petite chemise tachée de sang comme étant un trophée. »

Les jours qui suivent le mariage, les mariés fêtent leur union sur trois à quatre jours. Les deux premiers jours sont consacrés à l’homme; D’abord, il invite sa famille et ensuite ses amis. Le troisième jour, le père de la jeune épouse invite ses proches pour présenter sa fille mariée. Le quatrième jour est réservé aux femmes, la mariée invite ces amies et sa famille de sexe féminin.

Qu’est-ce qui a changé ?

De nos jours, que ce soit dans la plupart des pays musulmans ou en Belgique, une femme est considérée comme complète si elle a fait des études. D’après Monsieur Benabderrahmane, le voile est l’une des raisons de cette évolution. Selon lui; « Le port du voile a permis à la femme d’être libre et de pouvoir accéder à l’enseignement. Car dans certains cas, la famille de la jeune fille n’acceptait pas qu’elle sorte a vue de tous à partir du moment où elle avait atteint sa majorité sexuelle. En accédant à l’enseignement, puis au travail, elle retarde l’âge du mariage et il lui devient alors secondaire. Cela lui permettra d’avoir une vie sociale et d’apprendre à connaitre la personne avec qui elle voudra s’unir. »

Pour la plupart des pays musulmans, l’âge légal pour se marier est passé à 18 ans. La tradition de la nuit de noce à également évolué et a dès lors généralement lieu lors de la lune de miel organisé par les mariés, la virginité de la femme regarde donc maintenant uniquement son époux.

Cependant, encore aujourd’hui, il reste des exceptions.

En Belgique, en plus d’avoir également l’âge légal du mariage fixé à 18 ans, elle inclut le passage devant le bourgmestre pour que le mariage sont considéré comme légal. De plus, la célébration de l’évènement se fait généralement le jour même dans une salle louée au préalable regroupe la famille et les proches des deux époux. Le mariage musulman en Belgique et celui dans les pays musulmans sont considérés de la même manière dans la religion musulmane

Encore du chemin à faire ?

Même si la polygamie est illégale en Belgique, elle ne l’est qu’à moitié dans les pays musulmans. Il est illégal pour une femme d’avoir plusieurs époux alors qu’un homme a le droit de marier jusqu’à quatre femmes différentes. D’après Monsieur Benabderrahmane, un homme ne peut parfois pas être totalement comblé par une seule femme. Si c’est le cas, il doit alors considérer chacune de ses femmes de la même manière et ne pas en considérer une plus importante que l’autre. Il pense également que la femme ne sait pas tomber amoureuse de plusieurs hommes simultanément car quand une femme est amoureuse, elle n’est capable de donner son amour qu’à un seul homme.

La question à se poser est peut-être de savoir si le mariage musulman a besoin d’une évolution religieuse ou culturelle ? Selon Monsieur Benabderrahmane; « Il faut du temps pour pouvoir faire évoluer une culture qui est ancrée depuis des siècles dans la mentalité d’une population. »

( 1) Monsieur Benabderrahmane est professeur d’histoire et de sciences à l’institut de technologie et d’éducation Relizane, Imam volontaire depuis plus de 20 ans à la mosquée Al azhar à Bruxelles et également théologien rattaché à l’Exécutif des Musulmans de Belgique.

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Où peut avoir lieu le mariage musulman ?

Le mariage devant l’imam se fait généralement au domicile de la future épouse mais peut aussi avoir lieu dans une mosquée, ou au domicile de l’époux. Cependant en Belgique, les futurs mariés sont obligés de passer également devant le bourgmestre à la commune.

Le divorce ?

Apres un mariage musulman, le couple a le droit de divorcer. Si c’est la femme qui demande le divorce, elle doit rendre la dot de son ex-époux. Si c’est l’homme qui demande le divorce, la femme garde la dote et l’homme doit lui donner une compensation financière.

De la sorcellerie ?

Dans la religion musulmane, lorsqu’un homme n’est plus capable d’avoir une relation sexuelle, il peut être considéré comme étant ensorcelé par une femme déçue de ne pas avoir été choisie comme épouse. Il doit alors aller se faire désensorceler.

Marie-Line Vanherck, 21 ans.

Mes passions dans la vie sont l’astronomie, le chant, le théâtre et le voyage.

j’ai choisi une citation qui représente une de mes valeurs, « Tout le monde est un génie. Mais si on juge un poisson sur sa capacité à grimper à un arbre, il passera sa vie à croire qu’il est stupide. » de Albert Einstein.

Femmes et religions: mise à jour nécessaire

Image libre de droit. Pixnio - liberté de culte, femme, religion
Image libre de droit. Pixnio - liberté de culte, femme, religion

La controverse autour des rapports hommes-femmes et les discriminations envers les femmes ne datent pas d’hier. Aujourd’hui, des manifestations et des actions sont menées afin d’obtenir l’égalité des sexes, et c’est parfois très violent. Les mouvements féministes prennent de plus en plus d’ampleur. Les femmes demandent à pouvoir pratiquer leurs religions sans contraintes.

La position des femmes dans les religions dépend d’une religion à l’autre, mais dans la plupart des cas, les femmes sont dénigrées. Que ce soit par la manière d’aborder leur position ou simplement par la manière dont elles doivent pratiquer leur religion. Jusqu’à ce jour, peu connues sont les femmes qui se sont rebellées contre leur religion, étant donné que pratiquer une religion reste majoritairement un choix personnel, si ce n’est pas par tradition familiale. Néanmoins, beaucoup se sont rendues compte en pratiquant leur religion, qu’elles ne jouissaient pas de leur pleine liberté, et se sentaient plus ou moins emprisonnées dans leur religion en fonction de leur implication.

Entre religion et soumission

Pendant l’âge d’or de l’Islam, entre les 8e et 9e siècles, la position des femmes a connu deux réalités. Le Califat abbasside, autrement dit le peuple sunnite, a renforcé ses connaissances scientifiques et spirituelles et a instauré des lois et révisé des traditions au détriment des femmes: elles se sont vues ôter certains droits. Le Califat fatimide, ou les chiites, a, quant à lui, permis aux femmes de devenir des femmes de pouvoir: elles obtenaient la position de sultane ou même de reine(1). Elles jouissaient d’une autorité religieuse très sérieuse. Entre cette période et le 20e siècle, peu de changements notables ont eu lieu. 

Dès lors, un problème fait surface: celui de l’éducation. L’éducation des filles est revendiquée, au même titre que celle des garçons. Le fait est qu’il aura fallu au moins une trentaine d’années avant que les choses bougent, et encore, car les matières enseignées aux filles étaient très restreintes; on leur apprenait à faire la vaisselle et le ménage. Pour l’islam, la place de la femme était à la maison.

Dans le christianisme, les femmes ont été dénigrées dès le début:

« Pendant l’instruction, la femme doit garder le silence, en toute soumission. Je ne permets pas à la femme d’enseigner, ni de faire la loi à l’homme. Qu’elle se tienne tranquille. C’est Adam en effet qui fut formé le premier, Eve ensuite. Et ce n’est pas Adam qui se laissa séduire, mais la femme qui, séduite, se rendit coupable de transgression. Néanmoins, elle sera sauvée en devenant mère, à condition de persévérer avec modestie dans la foi, la charité et la sainteté » (1ere Epître à Thimothée 2, 12-15)

Dans le judaïsme, les femmes n’étaient pas autorisées à apprendre l’hébreu, donc elles n’avaient pas accès à la lecture des textes sacrés. Par conséquent, elles ne pouvaient pas devenir rabbins. Ce n’était pas le cas pour l’islam et le christianisme. Théoriquement, une femme pouvait devenir imam, mais en pratique cette fonction était assurée uniquement par des hommes. La tradition chrétienne, elle, est restée la même et réserve la prédication uniquement aux hommes.

L’inégalité des sexes est une réalité historique qui est indéniable, et ce sont les héritages religieux laissés notamment par le judaïsme, le christianisme et l’islam qui ont leur part de responsabilité dans le statut d’infériorité des femmes.

Discriminations et changements de mentalités

La question à se poser est: Est-ce que cela a des répercussions sur les générations suivantes? Certainement, étant donné que les mentalités changent et continueront à changer. Il existe une hiérarchie entre les sexes, il y a des interdits, des tabous. Les femmes se battent pour obtenir des positions qui ne sont pas forcément à la hauteur de leurs espérances. Nous ne pouvons néanmoins pas parler des discriminations des femmes dans les religions que d’un point de vue pessimiste. Basons nous plutôt sur un point de vue historique en prenant pour exemple les communautés religieuses féminines catholiques. Dans le temps, on les associait souvent à des femmes isolées, enfermées au couvent. Et si on les voyait autrement? Au lieu de les associer à l’enfermement, n’oublions pas qu’elles rendaient, à ce moment-là, des services non négligeables. Elles avaient accès à l’étude, aux arts (la musique), ce qui leur permettait également de s’évader et d’avoir leurs propres loisirs. Il y eut des religieuses avec des parcours très étonnants, telle que Hildegarde de Bingen, une allemande, durant le Moyen-Âge, considérée comme une grande compositrice dans l’histoire de la musique ainsi que comme précurseur de la pensée écologiste(2). 

Nous pouvons aussi prendre l’exemple d’une célèbre religieuse belge, Victoire Cappe, créatrice et dirigeante du Mouvement social féminin chrétien. Elle a fondé des Ligues ouvrières féminines ainsi que le « Syndicat de l’aiguille ». Elle s’est battue pour améliorer les conditions des travailleurs. Elle a également fondé l’Ecole Catholique de Service Social en 1920, qui porte aujourd’hui le nom d’Institut Supérieur de Formation Sociale et de Communication.

Comme quoi, si on cherche plus loin, on peut trouver des exceptions, bien que ça n’enlève rien aux minorisations qui restent belles et bien réelles à ce jour. On peut même dire que les religions ont joué un rôle trop important pour ce qui est du maintien d’un certain statut d’infériorité des femmes. C’est notamment à cause de tout cela qu’est né le féminisme.

Religion et féminisme, compatible ou non?

Cécile Vanderpelen-Diagre. Image libre de droit.
Cécile Vanderpelen-Diagre. Historienne à l’ULB. Image libre de droit.

Cécile Vanderpelen, historienne à l’ULB, pense qu’il n’y a pas de contradictions dans les principes de base. Selon elle, il existe autant de religions que de féminismes et de féminismes que de féministes : « Elles veulent être égales aux hommes, et dans cette optique, il n’y a pas de raisons de faire ou d’accentuer les différences biologiques ou de nature entre les hommes et les femmes. Or, le voile, lui, accentue cette différence. Dans cette option là, c’est inadmissible, on peut parler d’anti-féminisme. On peut donc totalement être religieuse et féministe. Mais on peut également partir du principe que l’on peut s’émanciper à l’intérieur d’une religion, et « adapter » notre féminisme à notre religion. Et dans ce cadre là, les féministes religieuses, s’inscrivant dans une religion, veulent, défendent, une plus grande autorité et des plus grandes fonctions pour les femmes, et se disent donc féministes. »

Relecture des textes sacrés, bonne ou mauvaise solution?

La religion, c’est un débat très complexe qui repose sur de nombreuses questions et réponses qui fondent nos sociétés et nos cultures depuis des siècles. Cependant, pour que les femmes se sentent plus épanouies dans leurs religions, on pourrait peut-être proposer une relecture des textes sacrés afin que cesse cette tendance d’infériorité des femmes, l’objectif étant de les mettre en scène davantage et de leur donner plus de pouvoir et de liberté. Si on arrive à atteindre cet objectif, les discriminations envers les femmes seront abolies et les problèmes d’infériorités initialement causés par les religions seront définitivement réglés.

« La solution de la relecture des textes sacrés est bonne. Cela se fait déjà surement dans certaines régions. », répond Cécile Vanderpelen après un moment de réflexion.

Camille SPELEERS


(1) Selon la RTBF, les femmes obtenaient des positions telles que la position de reine ou de sultane. La société n’était guère opposée à la prise de pouvoir des femmes, jusqu’au 12e siècle.

(2) Selon La Croix, sainte Hildegarde était une visionnaire.

Continuer la lecture de « Femmes et religions: mise à jour nécessaire »

L’avortement: un droit, oui… Pour tous?

Aujourd’hui, 20 000 IVG (Interruptions Volontaires de Grossesse) ont lieu chaque année en Belgique. Pratique étant autorisée depuis 1975, qu’en est-il selon l’islam et le christianisme?

Bougies. Par AcaPioPin, Pixabay License, Adobe Stock.

L’avortement est un sujet qui gagne en visibilité dans notre société. Les opinions sur cette pratique importante, sont nombreuses.  

L’IVG est de plus en débatue… Si certains pays, par exemple la très catholique Irlande depuis décembre 2018, semblent adapter leur législation à cette réalité, d’autres, comme les USA, édictent de nouvelles règles qui rendent cette opération plus compliquée encore. (1)

Le choix de la religion face à celui de donner la vie

La question est: devrait-on être étonné venant d’un pays dont la religion considère cette pratique comme un meurtre? La réponse de Pascale Van Schel, Responsable du Centre de Planning familial Rosa Guilmot à Tubize, fut sans attente: “Enfin! Heureusement pour toutes ces femmes qui étaient obligées de prendre Ryan Air pour venir avorter en Belgique…”. Naima Haraq, médecin du centre, est d’accord. Selon elle, il était temps et ce qui est vraiment étonnant, c’est que le vote de cette loi soit si tardif.

Nos deux expertes l’affirment, pour elles, il est très important de pouvoir être libre d’arrêter une grossesse non attendue peu importe la religion. Le bien-être de la femme prime sur les obligations religieuses de celle-ci. Leur avis est l’avis de personnes non-croyantes.

La position du Vatican, est claire…. Non à l’avortement. En ce qui concerne l’Islam, un certain nombre d’Hadits mentionnent son interdiction et les punitions qui y sont liées dans le Coran. (2)

Car dans le christianisme  tout autant que dans l’islam, il est absolument interdit de mettre fin à la vie d’un être humain, peu importe les circonstances, cela serait considéré comme un péché.

Reste à déterminer à partir de quand, le foetus est-il réellement vivant et conscient. La question de l’âme présente ou non est fortement répétée sur internet. Le problème est qu’entre la médecine et chacunes des religions, les réponses à cette question sont très différentes.

Du point de vue de la médecine, l’embryon deviendrait vivant au moment où il se transforme en foetus. C’est-à-dire après trois mois de grossesse. Tandis que dans la religion chrétienne, il est considéré que dès la création de celui-ci, l’embryon existe et donc possède une âme. Quant à l’islam, celle-ci parviendrait au bout de 40 jours après fécondation.

Des changements à prévoir?

Depuis peu, la loi sur la durée de la grossesse autorisée avant l’avortement est discutée. La question est: faut-il allonger cette durée de 18 semaines plutôt que 12,  le délai actuel?

Les évêques de Belgique se sont exprimés inquiets face au changement probable de cette loi. Car selon la Conférence épiscopale, l’avortement deviendrait ainsi une intervention médicale ordinaire.

Là encore, nos deux expertes montrent leur désaccord. Madame Haraq s’explique:

Une femme qui va se faire avorter, elle ne trouve pas ça normal… Elle le fait par obligation.

L’avortement remis en cause par les religions

Bien que l’IVG soit une nécessité pour certains, elle reste néanmoins un meurtre aux yeux de l’Eglise. 

D’un point de vue chrétien, cela fait des années que le Vatican est clair sur ses opinions, il est contre l’avortement. Peu importe les circonstances, cela ne se réduit qu’à un simple assassinat sans aucune légalité morale ni religieuse. 

Chose étonnante, Le Figaro a publié ce 25/05/2019 (3), un article dans lequel le pape François affirme que l’humain dépasserait la religion pour prendre une telle décision.

D’un point de vue musulman, les opinions ne sont pas moins catégoriques. Cet acte serait également considéré comme infecte. Les seules raisons qui laisseraient éventuellement accepter l’avortement seraient que la mère soit en danger de mort ou bien lorsqu’un viol a été commis.

Et encore, cela ne passe que dans certains pays… Malgré nos avancées, l’intervention volontaire de grossesse reste très mal accueillie au sein de la communauté musulmane. 

Il y a donc beaucoup de subtilités selon chacune des religions. Elles s’accordent tout de même, sur le fait que cet acte reste un infanticide.

Ces différences d’opinions font place à des manifestations à tendance violente. Notamment en Amérique. Au Kentucky, une femme s’est faite lynchée, traitée de meurtrière par des manifestants lorsqu’elle s’apprêtait à avorter à l’hôpital de Louisville.

L’avortement: un débat politique, religieux et moral?

Le parti DéFI affirme avoir été le premier à avoir déposer la proposition de loi dans le but d’inscrire la laïcité de l’Etat dans la Constitution. La religion n’a donc pas sa place au sein des débats politiques tels que ceux-ci.

Mais cela n’est pas pour autant gagné pour ce parti, le Vlaams Belang et les partis religieux tels que le Cdh et le CD&V sont déterminés à maintenir leur non-accord face à cette proposition de changement de loi. Ce qui laisserait deviner que ce débat n’atteindra pas la majorité côté néerlandophone.

Joachim Coens a notamment fait appel « aux partenaires actuels et futurs du CD & V qu’un assouplissement de la loi avortement était pour son parti un gros problème. C’est un point de rupture« .

Leurs arguments ne font pourtant pas une fois référence à une quelconque religion mise à part lorsqu’ils évoquent un développement bien avancé d’un foetus qui atteint 18 semaines, et encore… Une autre de leurs craintes est que cela ne devienne qu’une simple contraception pour ces femmes. (4)

D’un point de vue politique, ce débat n’est décidément pas au goût des partis religieux. Mais cette réaction est-t-elle réellement liée à la religion? 

L’avortement est plutôt vu de manière morale que religieuse face à cet éventuel changement de loi, à son sujet. Madame Van Schels le confirme, ce débat doit être politique: “Je crois que ça doit rester du politique. Médicalement c’est possible, point. Mais c’est le politique qui doit agir…

L’IVG reste un sujet faisant place à de nombreux débats, tous autant politiques que religieux et moraux dans le monde. En voyant le nombre d’opinions qui diffèrent les unes des autres, ne serait-il pas plus judicieux d’imposer une limite pour tous et partout, pour ensuite laisser le choix à chacune de ces femmes, de prendre cette décision qui, finalement, n’appartient qu’à elles?

Nina Van Bever.

(1) « L’IVG dans le monde en 2019: entre multiplication des attaques et manque d’avancées législatives. », planningsfps.be, https://www.planningsfps.be/livg-dans-le-monde-en-2019-entre-multiplication-des-attaques-et-manque-davancees-legislatives/

(2) « L’avortement. », Muslimfr.com, 28 août 2001, https://muslimfr.com/lavortement/

(3) « Pour le pape, l’interdit de l’avortement est humain, pas religieux. », Le Figaro avec AFP, 25 mai 2019, https://www.lefigaro.fr/flash-actu/pour-le-pape-l-interdit-de-l-avortement-est-humain-pas-religieux-20190525

(4) « Réforme de la loi avortement », rtbf.be, 20 novembre 2019, https://www.rtbf.be/info/belgique/detail_reforme-de-la-loi-avortement-le-cd-v-promet-de-la-resistance?id=10369863)

Je m’appelle Nina Van Bever, j’ai 18 ans. Je suis étudiante à l’ISFSC en Communication, en 1ère année. Comme montré sur ma photo, deux des choses que je préfère sont les vacances et le soleil.

Le suicide assisté dans les religions

L’euthanasie constituant une forme de suicide assisté pour certaines religions est aujourd’hui au cœur de plusieurs débats. En effet, pour les 3 religions monothéistes, celle-ci est perçue comme un acte qui mérite d’être blâmé.

Fin octobre 2019, des représentants des 3 grandes religions se sont rendus au Vatican afin de statuer contre l’euthanasie considérée comme damnable.

 L’euthanasie désigne un acte médical consistant à provoquer volontairement la mort d’un patient afin de soulager ses souffrances physiques ou psychologiques considérées comme insoutenables et incurables.

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Comme les stipulent les 3 livres saints, nul n’a le pouvoir de mettre fin à ses jours ni à ceux d’autrui. L’euthanasie se présente ainsi sous la forme d’un suicide assisté mais aussi d’un homicide. Et par conséquent, ils brisent le lien sacré entre l’Homme et son Créateur.

Une éventuelle solution ?

Le christianisme, l’islam et le judaïsme optent pour les soins palliatifs afin de contrer cette intervention médicale. Des organismes religieux s’investissent de manière spirituelle et morale afin d’octroyer une aide constituant à soulager la douleur du patient et de ses proches.

Est-ce que la vie mérite-t-elle pour autant d’être supporté jusqu’à la mort dite naturelle ?

L’union des divorcés : un sujet qui ne passe pas inaperçu

Cette cérémonie ne date pas d’hier. Le remariage des divorcés existe depuis bien longtemps mais ce n’est pas pour autant que tout le monde est en accord avec cela.

La nouvelle union des divorcés restera t’elle un sujet sensible?
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Bien au contraire, c’est le cas de certains cardinaux qui placent un grand NON sur cette nouvelle union. Ils en ont même été jusqu’a publier un livre dans lequel se rassemblent des textes contre l’octroi de la communion aux divorcés remariés. Ils s’opposent complètement au pape François, qui quant à lui, semble favorable à une relative ouverture.

C’est d’ailleurs il y a quelques années que ce dernier a dit lors d’une présentation vouloir tendre la main aux divorcés remariés.

Un sujet qui suscite beaucoup de réflexions

La communion des divorcés est de plus en plus présente, mais elle reste parfois compliquée dans certains cas. L’accès à la communion peut même être refusé. Quand est-ce que les divorcés remariés seront-ils tranquilles?

Une chose est sûre, le sujet est loin d’être clos.

Margaux MARCIL

L’ Adhan, l’appel à l’Européanisation ?

Depuis plusieurs années, l’Adhan retentit dans plusieurs villes et villages d’Europe. Ce vendredi 15 novembre 2019 a eu lieu le premier appel à la prière dans une mosquée d’ Amsterdam.

Malgré les nombreuses critiques reçu d’une partie du Conseil municipal, la mosquée d’Amsterdam a finalement obtenue l’autorisation de diffuser leur sonnerie tous les vendredis.

Ce choix, qui en effraye plus d’un, est entre autres établi pour arrêter cette peur de la religion islamique finalement peu connu en la rendant plus visible et plus courante. Peut-être est ce un bon moyen de favoriser la tolérance ?

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L’expérience avait déjà été expérimentée dans plusieurs villes d’Europe comme en Suède où l’appel à été instauré à raison d’une fois par semaine dans les mosquées de Växjö, Stockholm, et Karlskrona.

Et la loi dans tout ça ?

Il n’est pas interdit de pratiquer l’appel. Seul l’article 27 de la loi de 1905, demande à garder la culture du pays. Il faudrait donc un arrêt municipal fin sur le genre de sonnerie.

Qu’elle sera la suite de cette incorporation de rite Islamique dans notre culture ? Est ce un risque de perdre nos racines ou une ouverture à une liberté de culte au sein de notre société ?

Jeunes radicalisés, ils troquent l’école pour prendre les armes.

Depuis 2013 nous avons pu constater que la Belgique comptait le plus grand nombre de départs vers la Syrie. Ceux-ci seraient dû à des circonstances socio-économiques, familiales, d’intégration qui rendraient ces jeunes plus sensibles aux discours extrémistes et donc plus susceptibles de se radicaliser.

Les différentes idées qui engrainent les futurs jeunes radicaliser.
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Des facteurs de radicalisations?

Quelles sont les raisons qui poussent ces jeunes à tout quitter pour prendre les armes?  La radicalisation islamiste en occident est un processus qui engage des facteurs en interaction. Chacun est composé d’un ensemble d’éléments en tension. Chaque élément pousse un peu plus la personne vers la radicalisation.

La construction identitaire chez les jeunes est importante, les individus convertis ont plus de mal à s’identifier, si les besoins de valorisation ne sont pas comblés par les parents, l’école, la société, ceux-ci chercheront un groupe d’appartenance. C’est dans ce contexte que les djihadistes recrutent leurs combattants. Aussi, le fait que le processus soit fait par internet et non pas par des institutions religieuses officielles rend la personne plus accessible, vulnérable.

D’un point de vue socio-économique, une grande partie des musulmans ressent de la discrimination, de la stigmatisation et des inégalités sur le marché du travail. Certains tournent le dos, rompent avec le système. Cette rupture constitue un facteur essentiel dans le processus de radicalisation.

Ce sont donc les jeunes stigmatisés, vulnérables que les organismes terroristes recrutent. Leur absence de cadre, d’objectifs, peut être remplacée par la promesse d’un combat qui a du sens, qui redonnera sens à leur vie.

Zoé Demeester

 

 

Pourquoi certains naissent dans la religion mais la quittent ?

le cycle évolutif de chaque individu est marqué par une période de confrontation entre les entre la religion et les convictions personnelles.

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l’une des faiblesses fondamentales d’un être humain c’est de n’avoir aucun pouvoir décisionnel sur l’environnement par lequel il intègre le monde. on ne choisit pas ses parents mais la vérité c’est qu’on choisit encore moins la religion de ses parent donc celle dans laquelle on nait. a contrario,on a plein de capacité tout au long de notre parcours d’orienter et de réorienter ses choix en fonction de nos convictions personnelles.

Toutefois, dès le bas âge, le chemin de l’école est le plus emprunté par nombreux enfants qui naissent dans des familles religieuses bien effectivement pour acquérir des connaissances et les associer aux bonnes mœurs. Mais les circonstances telles que les scandales observés dans l’église dont les plus populaires sont la pédophilie des prêtres comme l’évoque le journal: www.lemonde.fr portent atteinte aux croyances. l’absentéisme divin qui donne à la plupart des indvidus de mettre « réel et palpable » sur le même pied d’égalité fini par les décevoir. de plus les plaisirs de la vie sont tellement matériels que certains n’arrivent plus à se projeter sur quelque chose qui n’est pas palpable , on observe aussi grâce à la science par exemple qu’il est nettement plus facile pour un individu de croire qu’un médicament qu’il a avalé puisse le guérir qu’à une prière qui a prononcé a quelqu’un qu’il ne voit pas.

La liberté de penser et de s’exprimer a permis à certains en grandissant de se remettre en question dans le choix d’une vérité purement dogmatique basée sur la foi et les espérances plutôt qu’à une verité évolutive basée sur les expériences et démonstrations… 

Y a-t-il réellement moyen de croire à une vérité virtuelle et en même temps à une vérité concrète c’est à dire celle dont on peut voir et comparer les faits en temps et en heure ?