L’art, secteur fragilisé par le crise sanitaire

L’art et la culture traversent une période difficile en Belgique et ailleurs depuis le début de la crise sanitaire. Le droit fondamental d’accès à la culture est compliqué par les mesures actuelles. De ce fait, des réformes et innovations voient le jour.

La liberté artistique, telle que l’Unesco la définit, est  » la liberté d’imaginer, de créer et de distribuer des expressions culturelles diverses sans censure (…) . Elle comprend le droit de chaque citoyen d’accéder à ces œuvres et est essentielle au bien-être des sociétés. » 1Licence : Image par David Mark de Pixabay . Libre pour usage commercial. Pas d’attribution requise.

Le 1e décembre dernier, les musées ont réouvert leurs portes en Belgique après un mois de fermeture.2 Cette réouverture permet au public de combler le manque culturel de ces dernières semaines . Cependant, le secteur du spectacle et de l’art vivant ne peut pas encore reprendre ses activités. Au mois d’avril dernier, un fonds d’urgence avait été mis en place pour venir aide au secteur. Le montant de ce fonds était de 8,6 millions d’euros. 3

Une réforme du statut axé sur la création

En novembre dernier, le Gouvernement de Croo s’engageait à proposer des solutions en soutien aux artistes actuels et futurs. Le fédéral garantit également une réforme du statut d’artiste. Celui-ci sera axé sur l’activité de création ainsi que celle d’enseignement et d’activités socio-culturelles autour de la création. Ce nouveau statut d’artiste exclura donc les activités de productions et de diffusions artistiques.

Le 14 juillet dernier,  une conférence interministérielle (CIM) a créé un groupe de travail « artistes » en vue de cette réforme structurelle du statut de l’artiste. Un rapport devra être rendu ce mois-ci.4

L’avis d’une personne de terrain

D’après Jacques Neefs, les personnes les plus oubliées dans cette crise sont le jeunes diplômés. « Les directeurs de théâtres, lorsque cela va reprendre, (…) vont remettre sur les rails des projets qu’ils avaient déjà dans leurs hangars. Ceux qui frappent à la porte du hangar mais qui ne sont pas encore dedans, qui aimeraient bien jouer, qui sont d’excellents comédiens, qui viennent de sortir, qui sont de la promotion de 2020, ceux-là sont les moins chanceux » explique-t-il.

Le véritable problème est, selon Jacques Neefs, que la majorité des contrats d’artistes sont des contrats à durée déterminée. Cela s’explique par le fait qu’à chaque fois, le subside doit être reconduit. Mais cette reconduction de subside n’est pas assurée et, par conséquent, les contrats ne sont pas toujours renouvelés non plus. Selon lui, la non-reconduction de contrats augmente la précarité des artistes, qu’ils possèdent le statut d’artiste ou non, et engendre divers problèmes sociaux (refus de prêts,…).

«  On n’a pas l’impression (…) qu’il y a de la bienveillance. Et cela aiderait furieusement par les temps qui courent. »

Jacques Neefs

De nombreux artistes se sont exprimés sur les réseaux par rapport à la situation actuelle. C’est le cas de Félix Radu qui a publié un texte rempli de références culturelles, jeux de mots et plein d’espoir pour l’avenir du secteur culturel.

Paradoxalement, le metteur en scène explique qu’il n’a jamais connu un nombre aussi important de candidats pour la rentrée au Conservatoire. « Je pense qu’il y a un vibrant et fébrile besoin artistique chez les jeunes » rajoute-il.

Des innovations intéressantes mais pas des solutions définitives

Depuis le premier confinement, la culture en ligne s’est fortement développée. De nombreux musées ont proposé des visites virtuelles, des théâtres et opéras ont diffusé des spectacles en streaming.5 C’est le cas par exemple du festival Impact qui est passé en version 100% numérique en novembre dernier. Des pièces sont également diffusées en live sur Instagram, comme c’est le cas de Jeanne Dark. 6

Ces innovations permettent de développer de nouvelles façons de créer, mélangeant art et nouvelles technologies.

« Un période de crise, c’est une période qui pose des questions. À nous d’y répondre. Mais on est quand même devant une impasse majeure. C’est que nous sommes des artistes du spectacle vivant, qui se fait en présentiel » explique le comédien. «  On risque de se retrouver dans un théâtre 1984, façon George Orwell, à multiplier les ersatz » rajoute-t-il. Pour lui, afin de stimuler la créativité des artistes, il faut une politique culturelle qui les soutient, un plan de relance pour la culture. Cependant, Jacques Neefs explique qu’il ne s’agit pas de renier tout ce qui a été mis en place comme « solutions de secours ». Selon lui, ces innovations peuvent permettre à des personnes de découvrir de nouvelles choses et même parfois d’accéder plus facilement à l’art et la culture.

Par ailleurs, la culture en ligne met en évidence la fracture numérique qui existe à l’échelle mondiale. En effet, selon un rapport de l’Unesco, 46% de la population mondiale n’a pas accès à Internet. Cette difficulté d’accès à la culture en ligne créerait donc des problèmes d’inclusion sociale. 7

L’art, outil de résilience

Selon Jacques Neefs, le véritable danger est que les personnes qui n’avaient déjà pas pour habitude de se rendre dans des lieux culturels et artistiques le feront encore moins. Il mentionne également un risque de fermeture des communautés sur elles-mêmes. « Qu’est-ce que le théâtre ? Qu’est-ce que le spectacle vivant? Un miroir de la société. Un miroir vivant, j’insiste. Ce n’est pas une image. Ce sont des gens qui vont réfléchir ensemble. Qui vont rigoler, pleurer ensemble. Où est-ce qu’on rigole et pleure ensemble à l’heure actuelle ? » explique Jacques Neefs.

En effet, depuis le début de cette pandémie, Human Rights Watch a constaté une hausse du racisme anti-asiatique, des théories du complot antisémites, des attaques contre les musulmans, des préjugés envers les réfugiés et les migrants.8

Par ailleurs, selon l’Unesco, l’art, la culture et le patrimoine vivant contribuent à la vitalité des sociétés et permettent aux différents groupes sociaux d’exprimer leur identité et contribuent ainsi à la cohésion sociale et au dialogue interculturel. La pandémie a également mis en évidence la capacité de la culture à rassembler les communautés en période de crise. Celle-ci s’avère être un outil de dialogue qui devrait permettre aux communautés de se relever plus vite et renforcées après la crise. Les sites du patrimoine mondial, le patrimoine vivant  et les expressions culturelles pourraient contribuer à la construction de sociétés plus inclusives grâce à la participation des différentes communautés.9

Un autre enjeu est l’impact de la crise sur le patrimoine historique et culturel. En effet, depuis le début de la pandémie, on constate une hausse des pillages et du trafic d’art.10

« Je pense qu’il faut principalement un plan de relance, un plan Marshall de la culture » confie le metteur en scène. Licence: Photo by Kevin Grieve on Unsplash Libre pour usage commercial.

L’art et la culture vont donc devoir être « reboostés ». « La principale priorité sera de rapprocher les communautés qui se sont refermées sur elles-mêmes. (…) Reconscientiser, trouver des pistes pour redonner le chemin des lieux des spectacles vivant aux populations qui oubliaient déjà avant que ce chemin existait » explique Jacques Neefs. Cela se confirme d’autant plus par l’étude réalisée par Impacts Recherche & Développement aux Etats-Unis démontrant que 1 personne sur 4 se dit confiant de se rendre dans un musée ou une galerie d’art où les mesures d’hygiène auraient été renforcées. En ce qui concerne les théâtres, cinémas et concerts seulement 1 personne sur 7 se sentirait à l’aise de s’y rendre, même si des mesures similaires étaient mises en place.11


En savoir plus :

Sur le statut d’artiste en Belgique et les aménagements suite à la pandémie : Le statut de l’artiste face au Covid-19 – Le Soir Plus

Sur la situation actuelle des artistes d’un point de vue économique en Belgique : Coronavirus en Belgique : les artistes, grands oubliés de la crise ? (rtbf.be)

Sur le fonds d’urgence mis en place en Fédération Wallonie-Bruxelles et les condistions : Covid-19 : accès du secteur culturel au fonds d’urgence de la Fédération Wallonie-Bruxelles | Bénédicte LINARD – Vice-Présidente et Ministre de l’Enfance, de la Santé, de la Culture, des Médias et des Droits des Femmes (cfwb.be)

Elisa Gréban de Saint Germain.
J’ai 19 ans et je suis étudiante en 1ère de communication à l’ISFSC. Je m’intéresse à divers sujets de sociétés (libertés, droits fondamentaux,…).

Webographie:

(1) UNESCO. Liberté artistique [en ligne]. 2019. [Consulté le 20 décembre 2020]. Disponible à l’adresse: https://fr.unesco.org/creativity/sites/creativity/files/artistic_freedom_fr_pdf_web.pdf

(2)JEBALI, Nesrine. Coronavirus en Belgique : une réouverture au pas de charge pour les musées. Le Soir [en ligne]. 28 novembre 2020. [Consulté le 19 décembre 2020]. Disponible à l’adresse: https://www.rtbf.be/info/societe/detail_coronavirus-en-belgique-une-reouverture-au-pas-de-charge-pour-les-musees?id=10641765

(3) FÉDÉRATIONS WALLONIE-BRUXELLES. Fonds d’urgence Culture et sectoriels [en ligne]. 2020. [Consulté le 20 décembre 2020]. Disponible à l’adresse: http://www.culture.be/index.php?id=17881

(4) LALLEMAND, Alain. Statut de l’artiste: l’heure des réalités. Le Soir [en ligne]. 12 novembre 2020. [Consulté le 19 décembre 2020]. Disponible à l’adresse: https://plus.lesoir.be/337512/article/2020-11-12/statut-de-lartiste-lheure-des-realites?utm_campaign=a_la_une_13112020&utm_content=Article7&utm_medium=newsletter_le_soir&utm_source=a_la_une&utm_term=statut-de-lartiste-lheure-des-realites

(5) UNESCO. Culture & Covid-19: Impact & Réponse n°2 [en ligne]. 13 mai 2020. [Consulté le 19 décembre 2020]. Disponible à l’adresse: https://fr.unesco.org/sites/default/files/copy_of_issue_2_fr_culture_covid-19_tracker.pdf

(6) MAKEREEL, Catherine. Festival Impact: quand la scène s’incruste chez vous. Le Soir. 9 novembre 2020. [Consulté le 19 décembre 2020]. Disponible à l’adresse: https://plus.lesoir.be/336829/article/2020-11-09/festival-impact-quand-la-scene-sincruste-chez-vous

(7) UNESCO. Culture &Covid-19: Impact et Réponse n°12 [en ligne]. 3 juillet 2020. [Consulté le 19 décembre 2020]. Disponible à l’adresse : https://fr.unesco.org/sites/default/files/issue_12_fr_culture_covid-19_tracker.pdf

(8) UNESCO. Culture &Covid-19: Impact et Réponse n°6 [en ligne]. 20 mai 2020. [Consulté le 19 décembre 2020]. Disponible à l’adresse: https://fr.unesco.org/sites/default/files/issue_6_fr_culture_covid-19_tracker.pdf

(9) UNESCO. Culture &Covid-19: Impact et Réponse n° 7. 27 mai 2020. [ Consulté le 19 décembre 2020]. Disponible à l’adresse: https://fr.unesco.org/sites/default/files/issue_7_fr_culture_covid-19_tracker.pdf

(10) UNESCO. Culture &Covid-19: Impact et Réponse n°5. 13 mai 2020. [ consulté le 19 décembre 2020]. Disponible à l’adresse: https://fr.unesco.org/sites/default/files/issue_5_fr_culture_covid-19_tracker-2.pdf

(11) Ibidem

Papa Maman, je suis un enfant, mais mon opinion compte!

Depuis le 20 novembre 1989 un enfant est titulaire de droits et de libertés. Malgré sa vulnérabilité et sa dépendance, un enfant est donc libre d’exprimer librement ses opinions. Mais cela semble être parfois oublié. Perçu comme étant trop petit ou pas assez mature. Comment un enfant peut-il se faire entendre et revendiquer ses droits?

Un enfant possède des droits et des devoirs et de l’exercice, ses droits, la liberté d’expression et la plus méconnue du grand public. ©Pixabay Licence

La Convention relative aux droits des enfants reconnaît à tous les enfants du monde capables de discernement le droit d’exprimer son opinion, le droit à la liberté d’expression, à la liberté de pensée, de conscience et de religion. 

Mais de nos jours il est rare d’apercevoir à la télé ou dans les médias des enfants parlant ouvertement de leurs opinions, ou donnant leur avis sur certaines choses qui leurs sont imposées par la loi ou s’opposant à des avis les concernant directement. Ils sont plus tôt évoqués ou utilisés sans être perçus comme un acte de droit mais comme un moment « d’émotion ». 

Grâce aux droits de l’homme, n’importe qui peut du jour au lendemain mettre en cause une loi ou une règle qu’il ne pense pas assez juste ou morale à son goût tant que cela reste dans le cadre du respect. Un adulte peut se faire entendre et s’il a l’impression que ce n’est pas suffisant, les réseaux sociaux tels que Twitter sont ses alliés. Comme exemple ce mouvement « La parole Demain » qui prône la liberté d’expression.

Mais ces adultes sont pour la plupart des parents et leurs enfants voient tous les jours à la télé les grands s’exprimer à longueur de journée sans savoir qu’eux aussi peuvent le faire.

Comprendre les libertés des enfants 

Tout comme les grands, un enfant a des droits et des libertés. Malgré leur fragilité et leur vulnérabilité jusqu’au moment où ils deviendront des adultes, leurs libertés sont plus restreintes afin d’assurer leur bien-être et leur développement. Mais cela n’exclut pas le fait qu’il ne faut pas les respecter. 

Le point de vue d’un enfant compte et peut-être révélateur de beaucoup de réalité. On peut le voir ici, dans cette interview réalisée par Konbini, qui raconte l’histoire d’Olive et Jacqueline, 80 ans écarts et amies pour la vie, qui nous permet d’avoir un regard direct sur le point de vue d’un enfant lorsqu’on lui demande ce qu’elle pense de la condition des vielles personnes dans les maisons de retraite en cette période du Covid-19.

Laisser un enfant s’exprimer c’est garantir son épanouissement, son développement, sa vie et sa survie. Sans ces droits fondamentaux un enfant ne peut devenir un être humain, un citoyen ou un membre d’une communauté. Lui faire prendre conscience que des droits qui ne « dérange » pas les adultes va à l’encontre des mêmes valeurs concernant les droits de l’homme. Plusieurs enfants ne sont même pas conscients de ce privilège qui leur est accordé et il est temps que les choses changent.

La parole des enfants est-elle la bienvenue ?

Monsieur Bernard DE VOS le Délégué général de la Communauté française aux droits de l’enfant (la DGED) révèle, lors de notre entretien, que malheureusement les enfants ne sont pas invités à participer à l’évaluation de leurs droits. En réalité il n’existe pas de budget participatif sur la participation des enfants. Rien n’est mis en place pour créer des ateliers à cette cause. Même si certains essaient tant plus bien que mal de faire respecter ce droit.

Cela semble être : « Impensable voire même impossible » explique Monsieur De Vos directeur de la DGED. Car nous sommes encore trop peu sensibles au fait que les enfants devraient être capables et être associés un minimum à leurs droits. 

Dans de nombreux pays, la liberté d’expression et d’opinion sont encore réservées aux adultes. Leur avis est jugé comme étant inutile, voire infantile car ils ne disposeraient pas assez de discernement et de maturité pour se forger une opinion. Dans certaines cultures les enfants qui prennent la parole dans une conversation d’adultes sont mal considérés, ils sont même punies pour cette intervention considérée comme étant irrespectueuses. 

Pourtant, les enfants d’aujourd’hui sont plus éveillés déjà à trois ans un enfant est capable d’utiliser seul une tablette et à 8 ans de s’inscrire sans même demander l’avis de ses parents sur les réseaux sociaux à partir de son smartphone. De nombreuses informations circulent tous les jours sur ces nouvelles plateformes numériques les confrontant en permanence à des réalités suscitant certaines questions, voire des avis ou même des opinions différentes de celles des adultes. 

Mettre en place des ateliers d’expression et d’opinion permetterait de garder une ligne de conduite visant à développer l’esprit critique de ces jeunes et de leur faire comprendre plus facilement leurs droits. 

Leur opinion contre celle des adultes

Un enfant peut avoir une opinion distincte de celle de ses parents en tenant compte bien évidemment de leur âge ou de leur degré de maturité et de discernement. L’État, les professeurs et les parents ont un rôle important et doivent ainsi accorder de la considération à leur opinion lorsque des décisions importantes les concernant sont prises. Etant donné qu’ils sont juridiquement libres, un enfant ne peut pas être victime de pression de la part d’un adulte cherchant à contraindre ou à influencer son opinion. 

Alors à quel moment commence la limite parentale, car d’après un article du Paris Match plus de 2 parents sur 3 publiraient des photos de leurs enfants et nulle part on ne mentionne si oui ou non leurs enfants ont été informés ou sont d’accord de se retrouver sur internet à leurs insu. Alors si un enfant n’arrive pas à se faire entendre et à faire valoir ses opinions auprès de ses parents dans ce genre de situation. Monsieur De Vos conseil de « Laissez recours à un regard extérieur » afin d’aider l’enfant à exprimer ses choix ou d’aller vers des organisations qui peuvent donner un coup de main pour régler la situation. 

Dans un cas plus complexe comme un divorce, l’opinion de l’enfant n’est pas prise en compte alors que les plus grandes décisions telles que le choix de l’école ou du domicile, sont faites entre les parents eux-mêmes. Ce sont les adultes entre eux qui décident tout et les enfants ne peuvent rien y faire. 

Et les organisations de l’enfance Belge que font-elles ?

Lors de notre entretien sur zoom, notre expert nous avoue qu’il est étonné parfois par les plaintes qu’il reçoit provenant parfois du fin fond de la Belgique. « Et ce ne sont pas les enfants mais les adultes » qui viennent lui confier certains soucis liés à l’enfance. Mais la plupart ne savent même pas que des services existent dans leur quartier.

Beaucoup d’adultes ne connaissent pas suffisamment les lieux où ils peuvent faire appel autour d’eux dans ce genre de situation afin de comprendre un maximum tous les enjeux en cours. Mais le problème ne viendrait pas des adultes mais plus tôt du silence de ces organisations se trouvant parfois à quelques pâtés de maisons voire même au coin de leur rue.

« Dans chaque quartier se trouve une organisation de l’enfance comme les CPAS, les planning familial… Mais c’est à eux de sortir du silence. » Monsieur DE VOS (Délégué général de la DGDE).

Même sur la vitrine ou sur les réseaux sociaux, il y a beaucoup de services qui se contentent. De la connaissance que certaines personnes ont d’eux. Mais cela est visiblement pas assez suffisant. Il est vrai que certaines organisations ne font pas beaucoup d’efforts pour sortir de l’ombre, il n’est pas très commun de voir une campagne publicitaire ou d’assister à une distribution de flyers mentionnant des services pour la collectivité. Beaucoup de services ne travaille pas assez leur visibilité. « La timidité de certains services parfois m’effraie » ajoute Monsieur Bernard DE VOS.

Il faut écouter les enfants pour ça !

Les enfants ont une vision différente du monde et leur capacité à l’exprimer en fonction de l’âge ne devrait pas être perçue comme un frein mais comme un atout. Leurs mots parfois interprétés comme crus sont en réalité des paroles « vraies ». Les enfants ne cherchent pas l’aisance des mots ou des phrases mais juste à dire ce qu’ils voient, ce qu’ils pensent tel qu’ils le perçoivent.  Il ne faudrait donc pas avoir peur de les laisser parler, s’exprimer ou nous contredire car plutôt on développera leurs voix plus vite on en fera des adultes libres et conscients de la force de leurs opinions qui comptent !

« Pourtant on sait bien que les enfants, notamment avec le fait qu’ils sont absents de toute censure, les enfants ils disent tout ce qu’ils pensent. Ils sont un regard terriblement franc sur des questions qui les regardent directement. » Monsieur De Vos (Délégué général de la DGED).

Pour en savoir plus

Morgane Silutoni, étudiante en première année COM à l’ISFSC. Fan de stratégie digitale et marketing, elle éspère plus tard ouvrir une agence de Com.

Les atteintes à la liberté de la presse en Belgique : fake new ou réalité ?

Les atteintes des mondes économiques et politiques à la liberté de la presse se multiplient en Belgique. Grèves et manifestations de journalistes, la résistance s’organise.

En 2020, la Belgique perd 3 places au classement de la liberté de la presse de RSF.
En cause : les coupes budgétaires dans la dotation de la VRT sur décision du gouvernement NVA.
A l’heure où la liberté de la presse est attaquée de toutes parts aux USA, en France, en Pologne, en Hongrie, faut-il s’inquiéter de la situation en Belgique ?
La presse de qualité résistera-t-elle aux assauts des fake news, aux médias alternatifs, aux pressions politiques ou financières. Des journalistes organisent la résistance en créant des journaux indépendants qui favorisent un journalisme de qualité et d’investigation.

La presse une affaire de gros sous ?

En 2020, les journaux Vers L’avenir ont changé de mains passant du groupe Nethys au grand groupe de presse IPM. Des journalistes se sont mis en grève contre les licenciements annoncés mais aussi par peur de perdre leur liberté rédactionnelle et de basculer vers des contenus sensationnalistes. La DH a également connu un changement de structure.
Comme partout, les médias belges sont aux mains de sociétés financières et commerciales animées par la recherche du profit. Ces groupes influencent les lignes éditoriales des journaux.

Jean-Pierre Borloo, journaliste à l’AJP (Association des journalistes professionnels) confirme

« Il ne faut pas oublier que ces médias des sociétés privées qui doivent vendre et qui doivent générer de l’attrait pour les publicitaires parce qu’elles sont payées en grande partie par ceux-ci. Je trouve que ça peut avoir un impact sur la liberté des journalistes parce que parfois, effectivement, j’ai vu qu’on me refusait certains sujets qui, selon moi, semblaient opportuns et de fond. On me les a refusés parce que ce n’était probablement pas assez vendeur, pas assez accrocheur pour le grand public. »

Jean-Pierre Borloo, coordinateur du fonds pour le journalisme à l’AJP depuis 2001. Il promeut un journalisme de qualité. ©Jean-PierreBorloo2018

Des pressions politiques ?

Au sein de chaque media, il y a donc une ligne de tension entre la rentabilité et la qualité. Maintenir l’équilibre entre les deux est un défi dans ces temps où les ventes de journaux et les recettes publicitaires diminuent.

Si la Belgique a perdu des places au classement de RSF, c’est notamment parce que le gouvernement flamand emmené par la NVA a réduit la dotation de la VRT (chaîne publique flamande).
Selon Jean-Pierre Borloo, dans le cadre de reportages sur les migrants en Flandre, l’accès à des centres fermés a été refusé aux journalistes.

Non loin, en France, la proposition de loi « sécurité globale » (article 24) veut limiter le droit de filmer les interventions policières dans la rue. 
En Hongrie, aux USA, au Brésil, le pouvoir politique cherche à influencer et à contrôler directement la presse.

Même si la situation n’est pas comparable en Belgique, ces dernières années, des atteintes insidieuses freinent la liberté des journalistes sous forme de coupes budgétaires mais aussi de restrictions à l’accès aux informations. 

« Ce qui diminue, c’est l’accès à l’information, précise J-P Borloo. Avant, on avait beaucoup plus de portes qui s’ouvraient, pour avoir accès à des informations même sensibles. Ce qui s’est développé depuis au moins 20 ans, c’est qu’il y a des porte-paroles partout et des attachés de presse qui prémâchent la matière. Vous le voyez souvent dans les émissions de télévision, quand il y a une entreprise ou un parti politique qui est mis sur la sellette, ce sont les porte-paroles qui passent devant, qui ont un discours cadenassé qui ne répond pas vraiment aux arguments de fond, c’est un discours pour la façade. »

Ce propos se vérifie particulièrement pour les enquêtes politico-économiques comme, par exemple, celle sur le groupe Nethys ou sur des multinationales. Ces enquêtes exigent du temps, des moyens, de nombreux contacts, déplacements et des prises de risques.

Dans certains cas, des pressions directes sont exercées sur les journalistes comme le démontre l’interview du journaliste David Leloup

Malgré ces différentes atteintes, la situation belge reste gérable avec des partis démocratiques au pouvoir mais la montée du populisme dans tous les pays occidentaux est un élément inquiétant.

Ainsi le développement de médias alternatifs relayant les idéologies d’hommes ou de partis politiques populistes peut décrédibiliser la presse de qualité.

Les réseaux sociaux et les forums de lecteurs, richesse ou concurrence ?

D’après Jean-Pierre BORLOO, l’interactivité avec les réseaux serait positive pour développer une diversité de points de vue au sein des médias mais serait en quelque sorte neutralisée par l’uniformisation de la pensée par les algorithmes.

Selon lui, ces algorithmes entraînent une sélection des personnes qui pensent de la même manière et des informations qui vont dans le sens des opinions de leur public, ceci dans une logique commerciale, à travers des insertions publicitaires insidieuses.
En ce qui concerne les forums d’opinion, Jean-Pierre Borloo les trouve intéressants pour le contact et la confrontation des idées avec les lecteurs ; il trouve dommage que les médias doivent se fermer actuellement suite aux nombreux dérapages : propos racistes ou homophobes, attaques des journalistes

Il s’inquiète aussi de ce que la presse a souvent un temps de retard par rapport aux réseaux sociaux, au niveau technologique notamment, pour dénoncer les fake news.
Les institutions publiques qui doivent fournir des informations vérifiables ( par exemple l’Institut National de Statistiques ) ont elles-mêmes des années de décalage. 

Les remparts de la liberté de la presse.

Plusieurs institutions peuvent faire barrage aux atteintes contre la liberté de la presse. C’est un droit fondamental protégé par la Constitution.

La justice est en première ligne, elle traite les litiges impliquant des journalistes.

Des organes d’autorégulation de la profession se sont créés ces dernières années, explique Jean-Pierre Borloo, comme le Conseil Déontologique Journalistique qui traite les plaintes déposées par des journalistes, ou à l’encontre de ceux-ci, et vérifie si elles ne sont pas abusives.

L’Association des Journalistes Professionnels est un autre acteur important.
Subsidiée par la Communauté Française, elle promeut le journalisme d’investigation, elle informe et forme les journalistes, elle essaye de favoriser la diversité (de genres, de milieux sociaux et culturels…) dans la presse et les médias.

Les organismes internationaux peuvent également alerter l’opinion. En marge du sommet de l’ONU de septembre, un évènement a été organisé pour dénoncer les menaces pesant sur la liberté de la presse dans le monde.

Des éléments d’espoirs : vitalité de la presse belge et coalition de journalistes.

Face aux atteintes à la liberté évoquées plus haut, les journalistes bougent, réagissent.
Jean-Pierre Borloo a lui-même fondé Médor, un média à structure coopérative, indépendant de tout groupe commercial, cogéré par des journalistes et qui publie des articles de fond.
D’autres médias indépendants ont vu le jour comme Wilfried ou Tchak (centré sur le milieu de l’agriculture), attestant de la belle vitalité de la presse belge d’investigation.

D’après Jean-Pierre Borloo, des journalistes s’associent pour les grandes enquêtes ou les enquêtes internationales et se partagent le travail, les sources, s’entraident pour décrypter les milliers d’informations.
Un espoir vient de l’Union européenne qui a promis des soutiens financiers à ces initiatives.

Bref tout n’est pas rose dans le paysage de la presse en Belgique mais la presse de qualité résiste en espérant que le politique la soutiendra dans ses efforts.

Zoé Janssens
J’ai 19 ans et je suis étudiante en 1ère année de communication à l’ISFSC. A travers la question de la liberté de la presse en Belgique j’ai réalisé à quel point la liberté est importante dans notre état démocratique.

Liberté de penser et d’agir au sein des dictatures : Quand éducation et idéologie entrent en collision

Depuis les balbutiements de la politique humaine, les Hommes font face à des individus souhaitant les pleins pouvoirs. Mais plus les années passent, plus les mentalités évoluent et plus solide se fait ce genre de régimes. Actuellement, ceux présents sur le globe n’ont jamais été aussi influents et solidement ancrés dans la géopolitique, que ça soit pour leurs influences, leurs forces de frappe, l’éducation de leurs jeunesses ou un mélange explosif des trois. A un point tel que l’on peut encore sentir l’influence de celle-ci, même dans un pays aujourd’hui libre.

Le 23 Mars 2019, les Forces Démocratiques Syriennes (FDS) annonçaient la chute du dernier bastion de Daesh, à Baghouz, marquant la fin territoriale du « califat » autoproclamé du mouvement terroriste. Celle-ci entraîna un exode massif (majoritairement de femmes et d’enfants) vers l’hôpital d’Hassaké, situé à 5 heures de route du bastion. Là-bas, nous pouvons trouver les principales victimes collatérales des affrontements récents : les enfants.

Les enfants : acteurs du trouble ou victimes de l’idéologie de leurs parents ?

Les enfants du proto-état islamique, qu’ils soient issus de parents syriens ou même d’occidentaux venus sur place, grandissent dans une omniprésence de la pensée islamiste et de son idéologie. Pour Bernard De Vos, Délégué Général aux Droits de l’Enfance (DGDE) -que j’ai eu l’occasion d’interviewer dans le cadre de mon projet – c’est cette idéologie omniprésente qui cause un modelage de la pensée des plus jeunes. En effet, étant éduqués par l’exemple (et donc reproduisant le même comportement que leurs aînés) ils grandissent et finissent par adopter la même façon de penser extrême. Il indique : « Tout est une question d’éducation permanente. A Baghouz, il y avait une instruction, mais elle était basée sur des principes extrêmement stricts : les filles étaient voilées depuis toutes petites, il y avait une pression pour amener le Coran dans l’éducation. Il y avait clairement un endoctrinement organisé. »

L’Enfer sur Terre

Dans la vidéo suivante, « Oum Mariam », mère française de trois enfants, revendique fièrement son appartenance au groupe terroriste. Arrivée il y a 4 ans en Syrie, ce n’est qu’à regret et contrainte qu’elle a quitté Baghouz.

Les patients sont profondément engagés dans le mouvement terroriste Etat Islamique

Je ne considère pas l’Etat Islamique comme une organisation terroriste. Pour moi, c’est un Etat. Je n’ai pas envie de rentrer chez moi, parce que c’est n’est plus chez moi.

Oum Mariam

Il y a d’autres cas comme celui de Oum Mariam. Dans le camp de Al-Hol, situé à 400 km de Baghouz, s’entassent plus de 74 000 personnes, principalement les femmes et les enfants des combattants de l’Etat Islamique, mais également des civils. Bernard De Vos précise : « Il y avait entre 10 000 et 12 000 personnes au camp de Al-Hol avant la chute du bastion de Baghouz, femmes et enfants essentiellement. Aujourd’hui, ils sont près de 75 000. L’ambiance a fort changé dans ce camp puisque ce sont des irréductibles de l’Etat Islamique qui ont été arrêtés et détenus depuis presque deux ans. »

Je suis allé dans ce camp en juillet l’année passée. La situation est vraiment très inquiétante, surtout pour les enfants. Les conditions de détention y sont très dures.

Bernard De Vos

Extrémisme et abandon sociétal : que se passe-t-il de notre coté du globe ?

Nous avons vu que certains occidentaux décidaient de partir et de rejoindre l’E.I. Mais comment en arrivent-ils à de telles extrémités ? On pourrait croire que ce départ est une conséquence d’un certain déséquilibre mental, d’une envie de violence. Bernard De Vos n’est pas entièrement de cet avis. Pour lui, le problème vient d’un déséquilibre sociétal. En effet, les jeunes s’engageant dans le mouvement terroriste sont essentiellement liés à une partie lésée de la population. Des jeunes en manque d’ouverture d’esprit, isolés dans des quartiers composés presqu’exclusivement de Musulmans. Il parlera d’ailleurs de la capitale belge en ces termes : « C’est une petite ville d’apartheid. » Au delà de la rupture sociale, sociétale et religieuse, on peut constater une rupture scolaire. Les jeunes issus de milieux moyen-orientaux sont défavorisés scolairement par rapport aux jeunes autochtones. L’accès et l’évolution dans le milieu écolier est bien plus compliqué pour eux. En étant confortés dans leur médiocrité, cela cause un réel ressentiment des jeunes des cités vis-à-vis de l’état et du gouvernement, une violence institutionnelle entrainant fatalement une réponse violente. C’est particulièrement flagrant sur les nombreuses agressions mettant en scène la police. Bernard De Vos explique : « Notre enseignement est un des plus inégalitaire au monde. Cette violence que subissent les jeunes est une violence institutionnelle, elle est organisée, mais invisible et insidieuse. Les violences commises par la police sont des violences illégitimes, mais ceux qui arment la matraque la transforme en violence institutionnelle. Les jeunes n’ont rien contre la police, ils en ont contre le système. Et le premier élément visible du système, c’est la police. »

A force d’être contrôlés à outrance, les jeunes des cités développent un réel ressentiment à l’égard de la police.

Ce ressentiment, lié à un manque d’ouverture d’esprit, une envie de vide à combler ainsi qu’ un individualisme et une inclusivité trop présente dans notre société peut aboutir à un extrémisme et une envie de violence. Certaines prêches extrêmes étant célébrées dans certaines mosquées, et par conséquent, accessibles à n’importe qui, peuvent permettre de développer cet état d’esprit.

Et après ?

Un processus de déradicalisation peut être mis en place pour les occidentaux revenus de Syrie. Selon le Délégué Général aux Droits de l’Enfance ainsi que le site internet Franceculture , ce n’est pas la bonne chose à faire, et le terme n’est d’ailleurs pas très cohérent. L’individu peut avoir fait le deuil de la guerre, mais pas de l’idéologie, dans laquelle il est encore fortement ancré. Il faut donc procéder à un processus de désengagement, une rééducation qui entraînera, par la suite, une déradicalisation au sens propre du terme. Plusieurs procédés existent : le travail, l’emploi, le logement, la réinsertion, etc. Selon Myriam Benraad, politologue et spécialiste du monde arabe et du Moyen-Orient dans une interview accordée à « 7 jours sur la planète » : « Il faut se poser la question du degré de radicalisation, de leurs jugements et de leur prise en charge dans les prisons. Ensuite, dans quelques années, quelles seront leurs réintégrations dans la société. Dans les prisons, il faut renforcer la prise en charge religieuse : il faut leur mettre en face des personnes légitimes, crédibles, qui puissent engager un dialogue et leur montrer que leur lecture de l’Islam n’est pas la bonne. »

Myriam Benraad a livré son analyse du Moyen-Orient, en particulier de l’Irak. © ALBRECHT Roland

La situation dans le reste du monde

Le cas de la Syrie (et par extension, du mouvement terroriste Etat Islamique ainsi que leurs batailles pour la chute du bastion de Baghouz), n’est pas une situation unique et exceptionnelle. En Corée du Nord, malgré des chiffres extrêmement préoccupants concernant la santé des enfants – 40% des enfants souffrent de la pauvreté, 25% n’ont pas accès à une alimentation suffisante, une mortalité infantile de 33% et un accès difficile à des soins de santé médiocres. -, la population semble tout de même vouer un culte au dirigeant. Selon Bernard De Vos, tout est lié aux mêmes faits : un modelage mental des enfants par leurs parents, une croyance profonde en l’idéologie et un charisme certain émanant du dirigeant.

Sacha CULOT

Je suis âgé de 21 ans. J’ai commencé ma première année de bachelier en communication à l’ISFSC en octobre 2020. Passionné de sports de combat, la communication à toujours fait partie de mes centres d’intérêts.

Pour en savoir plus

  1. Site internet – Humanium : les enfants de la Corée du Nord (consulté le 17 décembre 2020), disponible à l’adresse : https://www.humanium.org/fr/coree-du-nord/
  2. Site d’information – rfi : 40 ans après, le franquisme pèse toujours (consulté le 16 décembre 2020), disponible à l’adresse : https://www.rfi.fr/fr/europe/20151122-espagne-40-ans-apres-le-franquisme-pese-toujours-francisco-franco
  3. Site d’information – Le Monde : les forces locales doivent désormais mener des missions de contre-terrorisme (consulté le 16 décembre 2020), disponible à l’adresse : https://www.lemonde.fr/international/article/2019/03/25/chute-de-baghouz-les-forces-locales-doivent-desormais-mener-des-missions-de-contre-terrorisme_5441060_3210.html
  4. RTBF Auvio – Retour aux sources : Les films interdis du 3ème Reich
  5. Site d’information – Le Monde : Syrie : dans le camp de Al-Hol, une situation « intenable » pour les déplacés (consulté le 17 décembre 2020), disponible à l’adresse : https://www.lemonde.fr/international/article/2019/03/23/syrie-dans-le-camp-d-al-hol-une-situation-intenable-pour-les-deplaces_5440213_3210.html
  6. Presse de l’Université de Saint Louis – La scolarité des enfant issus de l’imigration musulmane : difficultés et actions positives (consulté le 17 décembre 2020), disponible à l’adresse : https://books.openedition.org/pusl/11549
  7. Interview de Myriam Benraad par 7 jours sur la planète : le retour en Europe et la déradicalisation des djihadistes (consulté le 17 décembre 2020), disponible à l’adresse : https://www.youtube.com/watch?v=lKUH-5R7FFs&ab_channel=7jourssurlaplan%C3%A8te
  8. Essai de Amin Maalouf : Les Identités meurtrières

Les belges sont-ils ouverts à la cause LGBTQIA+ ?

©Photo by Margaux Bellott on Unsplash

L’homosexualité a toujours été présente dans la société. Tantôt acceptée ou tantôt méprisée et condamnée, elle fait partie intégrante de notre histoire et son dur passé montre l’importance des combats menés encore aujourd’hui.

La Belgique top 5 du ILGA-Rainbow Europe 2020 pour la seconde année consécutive ! Si la Gay Pride de 2020 a été reportée et celle de 2021 reste encore dans le flou à cause du coronavirus, en revanche celle de 2019 a bien eu lieu et était plutôt impressionnante ! Alors que le thème de l’année 2019 était l’intersectionnalité, ce sont plus de 100.000 personnes qui étaient présentes à l’évènement(1). Un chiffre très encourageant qui tend à montrer que la société dans laquelle nous vivons évolue.

Pour Cyrille Prestianni[1], le terme intersectionnalité fait référence aux femmes lesbiennes noires aux Etats-Unis. Ces femmes qui en plus d’être discriminées pour être des femmes, le sont aussi pour leur couleur de peau et leur orientation sexuelle. Elles se retrouvent donc à l’intersection de plusieurs discriminations et c’est ce que la dernière Gay Pride a voulu mettre en avant pour éveiller les consciences.


[1] Président du conseil d’administration d’Arc-en-Ciel Wallonie

La Belgique est le 2ème pays le plus Gay Friendly d’Europe. L’ILGA Europe (Association Internationale des personnes lesbiennes, gays, bisexuelles, trans et intersexes) a sorti le 15 mai dernier son classement Rainbow annuel. Classement où la Belgique (73%) se voit octroyer la deuxième place juste derrière Malte (89%) et devant le Luxembourg (73%). Ce que l’association prend en compte pour établir son classement, ce sont les lois et les politiques mises en place dans 49 pays européens pour les personnes LGBTQIA+ en les évaluant de 0 à 100%(2).

Comme le dit Cyrille Prestianni (Président du conseil d’administration d’Arc-en-Ciel Wallonie[1]), « La Belgique à un des meilleurs arsenaux légaux du monde (LGBTGIA+) avec un cadre légal très progressiste ». Ce à quoi il ajoute : « Certes, il y a les lois mais après il y a la société et entre le moment où il y a une loi qui est promulguée et le moment où cette loi à des effets il y a parfois 20ans. ». Cela signifie qu’il ne suffit pas d’une loi pour qu’il y ait des changements dans la société.

[1] Associations d’entraide et de loisir tournées vers le public LGBT

BFMTV: « Le Pape François dit « oui » à une union civile pour les homosexuels. 22.10.2020

Le 21 octobre 2020 aussi, la communauté LGBTQIA+ a pu sentir un certain progrès mais cette fois du côté de l’Eglise catholique. Lors de la fête du cinéma de Rome, le documentaire « Francesco » réalisé par Evgeny Afineevsky montre la prise de position favorable du Pape François à l’union civile des couples homosexuels(3). Une première quand on repense à ce qu’ont dû endurer les personnes LGBTQIA+ depuis la montée du christianisme en Europe.

L’homosexualité est cependant toujours considérée comme un acte contre-nature 

Dans la Rome antique, la sexualité était plus libérée.  La notion d’« Homosexualité » n’existait pas mais c’était présent dans la société tout comme le mariage entre personnes de même sexe. Il est toutefois bien de mentionner que c’était réservé aux classes sociales les plus hautes et que les pratiques homéotiques étaient très codifiées socialement(4). Cependant, L’Empire Romain devient Chrétien en 390 et les libertés sur ce sujet s’anéantissent.

« L’arrivée du christianisme, dans le contexte romain, …, n’était pas tendre. Le contexte romain a entrainé à mener à l’émergence de toutes les homophobies en Europe et probablement en Afrique aussi. » déclare Cyrille Prestianni.

Dans la période sombre qu’est le Moyen Âge, l’homosexualité est vue comme un pêché et devient un crime punissable de la peine de mort dans de nombreux États européens. Le 18e siècle, néanmoins, voit une certaine liberté sexuelle dans les classes supérieures. Le « libertin efféminé et flamboyant »(5) apparaît et bien que certains comportements sexuels n’étaient pas acceptables, ils étaient au moins connus.

D’après monsieur Prestianni, au 19ème siècle, malheureusement, l’Angleterre va définir l’homosexualité et la condamner à la peine de mort. À cette période, beaucoup de lois se mettent en place pour lutter contre l’homosexualité hormis en France et en Belgique.  Une des raisons à cela est que l’Aide de camp (officier) de Napoléon était gay et qu’il a lutté contre l’idée de créer des lois homophobes. Ce qui n’empêchait pas la France et la Belgique d’utiliser d’autres moyens comme la décence ou la moralité pour justifier sa désapprobation vis-à-vis de l’homophilie.

Le sida a donné conscience au monde entier que la communauté LGBTQIA+ existait

Le 20ième siècle est un siècle de grande répression, l’exemple des triangles roses lors de la Seconde Guerre Mondiale le montre grandement. C’est à cette période plutôt dictatoriale qu’on va retrouver sous des noms comme Hitler ou Staline, des persécutions faisant partie des plus massives et systématiques.

Les années 60 et 80 vont être significatives pour la communauté LGBTQIA+. Le sida a servi à éveiller les esprits, la population a enfin pris conscience qu’il y avait une communauté LGBTQIA+ ce qui leur a permis d’obtenir un certains nombres de droits. Un autre évènement majeur à prit lieu en 1969 : les émeutes de Stonewall à New York. C’est alors que les descentes policières se faisaient de plus en plus nombreuses et violentes dans les bars malfamés de la ville que des personnes de la basse société ainsi que des homosexuels et des travestis se sont rejoint en ces lieux et ont manifestés durant plusieurs jours[1].


[1] D’après l’interview de Cyrille Prestianni

©Cyrille Prestianni brandissant le drapeau LGBTQIA+ lors de la Gay Pride à la rue de l’Etuve, Bruxelles.

« Les évènements de Stonewall furent une rupture en terme de compréhension : C’est la première fois que la communauté LGBT a été visible. » 

Cyrille Prestianni

Les marches pacifiques que sont les Pride, sont directement issues des émeutes de Stonewall et servent de piqûres de rappel.

Lors des anciennes Gay Pride, le public qu’on retrouvait sur place comptait des personnes directement touchées par le mouvement LGBTQIA+ mais aujourd‘hui on y retrouve une toute autre énergie. Les personnes présentes à l’évènement sont des membres de la famille aussi bien que des hétérosexuels qui sont là pour montrer leur soutien à la cause [1].

[1]D’après l’interview de Cyrille Prestianni

Et comme l’a exprimé le Président du conseil d’administration des maisons Arc-en-ciel (associations d’entraide et de loisir tournées vers le public LGBT) : « Quand 100.000 personnes marchent dans les rues, le gouvernement prend le droit en considération. »

Aujourd’hui, en Europe et surtout en Belgique, l’église catholique n’a plus de réel pouvoir de décisions et les combats les plus importants sont passés tels que le mariage ou l’adoption. La communauté LGBTQIA+, en revanche, est toujours victime de violences et de discriminations que ce soit au travail, dans la recherche de logement, à l’école ou dans le sport. Il ne faut donc pas penser avoir tout acquis car, comme le dit Cyrille Prestianni: «il reste encore du travail pour changer la société qui elle, est en totale inertie. »


Liens intéressants

La Fédération des Maisons Arc-en-Ciel : https://www.arcenciel-wallonie.be/ et les Maisons Arc-en-Ciel sont des associations d’entraide et de loisir tournées vers le public LGBTQIA+.

Il existe aujourd’hui des mouvements homosexuel d’origines catholique comme L’association « Devenir Un En Christ » (DUEC) : https://www.devenirunenchrist.net/.

Vidéos sur des sujets similaires

Il est possible sur la plateforme YouTube de trouver des vidéos et des chaînes traitant sur le même sujet ou des sujets voisins. Il est donc autant possible de se renseigner sur l’homosexualité chez les animaux: https://www.youtube.com/watch?v=WmwgmuhCoio&list=LL&index=20&ab_channel=LeMonde que sur l’homosexualité à une période précise de l’histoire comme au Moyen-Age: https://www.youtube.com/watch?v=8YU5gNNSEQ0&list=LL&index=21&ab_channel=L%27Histoirenousledira.

Le Monde : « Pourquoi les rapports homosexuels ne sont pas « contre-nature ». 09.03.2018.
L’Histoire nous le dira : « Homosexualité masculine au Moyen Âge « . 21.07.2020

©Anaëlle Deschepper 2020

Anaëlle DESCHEPPPER

Je suis en première année de communication à l’ISFSC. Mes passions sont la lecture, étudier les langues et découvrir toujours plus de nouvelles choses sur d’autres pays comme la musique, la culture ou de bons films et dramas à regarder.

Mes deux phrases favorites sont: « Soyez vous-même le changement que vous voulez voir dans le monde » et « L’espoir est la seule chose plus puissante que la peur ».

WEBOGRAPHIE

(1) Belga. Le Vif : « Plus de 100.000 personnes participent à la Pride Parade ». 18.05.2019. https://www.levif.be/actualite/belgique/plus-de-100-000-personnes-participent-a-la-pride-parade/article-news-1139961.html.

(2) ILGA EUROPE : « Rainbow Europe 2020 ». 14.05.2020. https://www.ilga-europe.org/rainboweurope/2020.

(3) Marie Slavicek. Le Monde : « Union civile pour les couples homosexuels: « le Pape dit « Oui » mais on reste des passagers clandestins au sein de l’Eglise ». 07.11.2020. https://www.lemonde.fr/international/article/2020/11/07/union-civile-pour-les-couples-homosexuels-le-pape-dit-oui-mais-on-reste-des-passagers-clandestins-au-sein-de-l-eglise_6058854_3210.html.

(4) ADHEOS : « Histoire LGBT ». http://www.adheos.org/histoire-de-l-homosexualite-gay-lgbt-antiquite-a-nos-jours.

(5) Blog: Gay.be : « Le mouvement gay en Belgique : origines et histoire… ». https://www.gay.be/blog/le-mouvement-gay-en-belgique-origines-et-histoire/#.


L’enseignant en danger : symbole d’une démocratie en péril

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On parle souvent du bien-être des élèves, à juste titre. Il est vrai que le rôle de l’éducation est, avant tout, de permettre leur épanouissement intellectuelle. Néanmoins, le rôle des enseignants semble aujourd’hui négligé. Beaucoup témoignent d’un abandon à leur égard de la part des politiques et certains le font savoir.

L’actualité récente a mis en lumière la crise actuelle qui opère dans le monde de l’enseignement. Le 16 octobre dernier, Samuel Paty, professeur d’histoire-géographie dans un lycée de banlieue parisienne est décapité par un jeune islamiste pour avoir présenté à ses élèves des caricatures du prophète Mahomet. Alors que certains s’indignaient et affichèrent leur soutien aux enseignants, d’autres avancèrent que ce dernier avaient provoqué son assassin. Dans ce contexte, il apparait que les enseignants se sentent de plus en plus abandonnés, et que les libertés dans l’exercice de leur métier régressent.

L’auto-censure au profit de la rentabilité ?

Nous le voyons autour de nous, le monde de la finance est omniprésent et omnipotent dans la société actuelle. Que ce soit sur les réseaux sociaux, dans les clips musicaux ou lorsque l’on visionne un match de football, les individus ne peuvent éviter par la publicité.

Pour Laurent Berger, professeur de français dans l’enseignement secondaire supérieur à Bruxelles, la logique de marché issue du monde de la finance a pénétré l’univers de l’éducation. Il explique : «  Observons comment certains termes sont entrés dans la pédagogie et plus généralement à l’école: management, grilles d’évaluation, auto évaluation, tâches-problèmes, séquences pédagogiques, objectifs pédagogiques, évaluations externes, besoins particuliers, compétences minimales à atteindre. Ces expressions signalent le fait que l’on ne s’intéresse plus aux contenus que l’on voudrait transmettre, mais bien aux aspects techniques et pratiques qui visent à atteindre des résultats précis : Une rationalisation de l’acte d’enseigner, une administration de plus en plus présente dans le métier. »

Laurent ©Marc-Lerchs

« Aujourd’hui, l’école est pensé dans une logique marchande »

Laurent Berger remarque que les objectifs éducatifs ont changé : « Prenons conscience que les pressions pour que les jeunes soient insérés dans le monde de l’emploi sont de plus en plus fortes. La rédaction d’un bon CV devient ainsi la priorité sur la première page de l’Étranger de Camus. L’école devrait-elle être gérée comme une entreprise à l’écoute de ses clients et de leurs particularismes ? «  .

Des articles font part d’un ras le bol chez les enseignants qui font état d’un manque flagrant de financement de la part de l’état pour assurer les missions qu’on leur assigne.

Au Canada, des syndicats regroupant des milliers d’enseignants affirment que le réseau public est sous-financé. En Belgique, le réseau libre réclame 66 millions de plus par an.

De ce fait, les enseignants ont l’impression qu’on se soucie peu de leur sort. Laurent Berger poursuit :  » L’école est un espace public qui devrait être indépendant des particularismes idéologiques. Elle devrait être un temple qui autorise l’épanouissement de jeunes en formation. Elle n’accueille pas des individus fermés, définis une fois pour toute selon les critères de rentabilité. » Une intrusion de la religion dans l’espace éducatif qui explique la peur qu’ont certains enseignants lorsqu’ils veulent installer des débats d’idées, notamment sur la liberté d’expression. La direction va leur demander de ne pas remettre en question les croyances de l’étudiant afin d’éviter tout conflit qui entacherait la réputation de l’école. Nous pourrions comparer cela à une entreprise qui, par peur de perdre du chiffre d’affaire, va brosser ses clients dans le sens du poil afin d’éviter qu’ils ne s’en aillent.

D’après Laurent Berger, cette auto-censure est liée à la peur du conflit mais aussi à une idéologie très présente , l’égalitarisme, qui refuse, au nom de l’égalité, que l’on porte un jugement sur les différentes croyances dans nos sociétés : « L’éducation prépare un futur qui serait différent: elle ne devrait pas se limiter aux dogmes du présent, elle forme des êtres qui assumeront leurs choix, elle ne devrait pas répondre aux besoins actuels du marché ni aux croyances individuelles. « .

En effet, si la conception de liberté d’expression a été importante dans nos démocraties occidentales, elle n’est ni évidente, ni présente dans toutes les cultures. Il semble donc inapproprié de considérer que chacune d’elles peut évoluer dans une société démocratique sans jamais remettre certains de ses aspects en question.

Une école de plus en plus violente ?

Au delà de la cruauté dont a été victime Samuel Paty, on assiste à un phénomène d’augmentation des violences envers les enseignants.

En France, la Fédération des autonomes de solidarité laïque (FAS), un réseau militant assurant la protection des membres du personnel de l’Éducation nationale, a sorti un baromètre qui montre une augmentation significative des violences envers les enseignants. Ce travail a été réalisé  en se basant sur les 4 900 dossiers de protection juridique ouverts durant cette période.

Dans l’affaire Samuel Paty, par exemple, il ressort que l’assaillant a été mis au courant par 4 collégiens et un parent d’élève, Brahim Chnina, qui est à l’origine d’une campagne médiatique contre Samuel Paty.

Entre 2017 et 2018, il y a eu une augmentation de 7 % de ces violences. Dans 55 % des cas, le protagoniste est un parent d’élève ou responsable légal. A coté de ces chiffres, il existe aussi un certains nombre d’enseignant qui souffrent de burn-out ou de dépressions nerveuses. Cependant, il est difficile de quantifier ces cas car les personnes concernées refusent souvent d’en parler, par peur d’être culpabilisées. Le souhait de certains directeurs de ne pas vouloir salir la réputation de leur école est souvent à l’origine de ce manque de soutien.

Y a-t-il de l’espoir ?

Aujourd’hui plus que jamais, il apparaît nécessaire de reconsidérer la fonction de l’enseignant. De le voir non pas comme un simple prestataire de services, mais comme un passeur de savoir. Un savoir au service de l’esprit critique, la seule arme face à l’obscurantisme, pire ennemi de la démocratie.

Pour en savoir +

Concernant la « financiarisation de la connaissance » et les bouleversements structurels qui en résultent, laïcité dans l’enseignement et l’intégrisme religieux qui gagne du terrain.

(Léon D’Orazio, 2020) Léon D’Orazio. 22 ans. je suis étudiant en BAC1 communication à l’ISFSC. je m’intéresse aux thèmes de société.

webographie :

https://www.franceculture.fr/emissions/hashtag/la-violence-cest-le-lot-quotidien-des-enseignants

https://www.rtbf.be/auvio/detail_regard-sur-debat?id=2704057

https://www.lepoint.fr/societe/violences-contre-les-enseignants-les-chiffres-sont-alarmants-31-03-2019-2304876_23.php#

https://www.lepoint.fr/education/education-ca-fait-longtemps-que-les-collegues-n-etaient-pas-aussi-remontes-30-03-2019-2304805_3584.php

https://www.lefigaro.fr/vox/societe/decapitation-de-samuel-paty-il-y-a-des-collegiens-que-rien-n-a-empeche-de-devenir-des-instruments-de-mort-20201113

https://www.francetvinfo.fr/societe/religion/religion-laicite/video-contestation-absenteisme-voire-proselytisme-comment-la-religion-modifie-le-comportement-de-certains-eleves_4203895.html

Libre de pratiquer? Mais à quelles conditions?

© Photo by Deb Dowd on Unsplash

Qu’est-ce qu’une liberté après tout ? Si on lance une recherche que cela soit sur internet ou même dans le dictionnaire, plusieurs définitions du mot « liberté » sont proposées, tout en passant par la liberté de pensée, la liberté de la presse ainsi que la liberté politique.

Un grand pilier d’une société démocratique est la liberté de pensée, de conscience et de religion. Cette liberté est consacrée à l’article 9 de la Convention européenne des droits de l’hommes mais aussi dans l’article 19 de la Constitution.

Une liberté interne de la religion est garantie. Ce qui veut dire que chaque personne a le droit d’être coyant ou non et de changer de religion ou de conviction philosophique. Mais aussi la liberté d’exprimer et de manifester, en privé et en public, une conviction religieuse ou philosophique.

Chaque individu a donc le droit de prier ou d’organiser des rites et cérémonies par exemple, dans la sphère domestique ou dans l’espace public. Il y a tout de même une restriction concernant l’organisation de cérémonies collectives dans les lieux ouverts (rue, place,…), en effet pour cela une autorisation des autorités est nécessaire pour des raisons de sécurité publique. Des lieux tels que des églises, des mosquées, des temples, ect sont mis à disposition des croyants afin qu’ils puissent pratiquer leur culte.

Décider de croire ou de ne pas croire

En Belgique c’est l’État qui finance, partiellement, les communautés religieuses reconnues, à savoir le catholicisme, le protestantisme, l’anglicanisme, le judaïsme, l’islam, l’orthodoxie et l’humanisme séculier. Dans le but d’être aussi reconnu, le bouddhisme suit un processus. Concernant les demandes pour l’hindouisme et l’Église orthodoxe syriaque celles-ci sont en attente. Le statut d’association à but non lucratif peut être donné aux différents groupes qui ne sont pas reconnus par l’État. Ainsi, les membres peuvent alors jouir de leurs droits à la liberté religieuse.

Les religions traditionnelles ne sont pas les seules à être protégées par la Cour européenne des droits de l’Hommes, les convictions philosophiques non religieuses et les religions minoritaires y ont droit. 

Un ensemble de règles permettant à des personnes de croyances et d’opinions différentes de vivre ensemble, voilà comment la laïcité est définie. Celle-ci repose sur des principes fondamentaux comme la séparation du pouvoir religieux et du pouvoir civil. La laïcité c’est aussi la neutralité de l’État, c’est-à-dire que l’État ainsi que ses fonctionnaires sont neutres face aux religions, aux philosophies,…

« La laïcité en deux mots » – Centre Laïque Enghien Silly – 2020

En Belgique, la laïcité est mise en place suite à un accord passé entre les partis catholiques et libéraux en ce qui concerne la place de la religion catholique au sein de l’État. Il y a alors une séparation, l’Église ne s’occupe plus des affaires de l’État et inversement. 

« Le terme de laïcité devrait plutôt être appliqué à quelque chose de politique, à la séparation de l’Eglise et de l’Etat qui peut être au bénéfice de tout le monde, croyant ou incroyant »

Caroline Sagesser

C’est au 20ème siècle que la laïcité s’est organisée. Toutes les organisations philosophiques non religieuses du pays se sont regroupées, en 1972, au coeur du Conseil Central Laïque. C’est grâce à ce conseil que l’obtention du droit de recouvrir à la contraception, d’avorter, de se marier avec une personne du même sexe..

L’Etat reconnait alors la laïcité comme étant une organisation non confessionnelle fournissant une assistance morale à la population. Les laïques organisent des cérémonies; pour les naissances, le passage à l’âge adulte, les mariages ainsi que pour les funérailles. Mais pas que, la laïcité c’est aussi des Centres de Planning Familial, des rencontres interculturelles, etc

Des pratiques religieuses…mais pas pour la loi

Même si certains actes sont revendiqués comme étant des pratiques religieux par certaines personnes, en aucun cas un acte ne peut nuire à l’intégrité physique et psychique ou même exiger une relation sans consentement. Il est important de rappeler que cette liberté ne peut aller à l’inverse d’autres droits et le non-respect de ceux-ci peut provoquer de lourdes sanctions. 

L’expression « même si les actes sont revendiqués comme une pratique religieuse par certains » est importante car une mise en garde est placée contre tout lien abusif entre une religion ainsi que pour l’ensemble des croyants et des pratiques qui sont condamnées en Belgique comme par exemple les mutilations génitales,…

Un point sur l’enseignement

https://twitter.com/turntmuslim/status/1272128376275439616

Dans les écoles, cela va dépendre de plusieurs facteurs. Communauté française, néerlandophone ou germanophone ? Enseignement libre ou officiel. Quelles sont les différences?

Au sein des établissements publics, un enseignement religieux ou « moral » est dispensé en fonction de ce que les parents veulent pour leurs enfants. Dans l’enseignement public, la neutralité est exigée concernant la présentation des points de vue religieux et cela en dehors des cours de religion. L’ensemble des établissements publics en Belgique doit pouvoir fournir des leçons pour tous les groupes religieux ou toutes les croyances reconnus par l’État.

Les enseignants mais aussi les autres membres du personnel ont la liberté de manifester leur conviction religieuse ou philosophique. Mais il ne faut pas oublier que cela dépend de l’école dans laquelle ils travaillent.

Mêler religion et vie professionnelle

© Photo by ian dooley on Unsplash

Dans le milieu professionnel, dans une entreprise ou dans la fonction publique, toute personne est libre de pratiquer ses rites sur son lieu de travail, cependant obtenir des aménagements comme des horaires particuliers ou avoir un espace pour se recueillir requiert l’accord de direction. Cependant, beaucoup d’entreprises et d’administrations se montrent assez ouvertes à des « adaptations raisonnables » respectant les croyances de chacun.

En 2016 par exemple, la décision du Conseil d’État concernant le voile a été rendue. Il a été autorisé pour les professeures de religion musulmane de porter leur foulard à l’école, mais pas seulement. Il est aussi autorisé de le garder lors de l’activité en dehors de l’enseignement mais les écoles communautaires flamandes ont refusé l’application de la décision.

La liberté de religion, de pensée et de conscience représente un droit de l’homme capital. Le principe du respect de cette liberté peut être considéré comme une condition essentielle à une société démocratique.


Unia est un Centre, qui a été fondé en 1993, et qui a se bat pour l’égalité des chances et la lutte contre le racisme.

Il existe aujourd’hui plusieurs outils juridiques qui permettent d’encadrer la religion au travail qui est encore un sujet tabou.


Salma El Fayez

Etudiante en première année de communication à l’ISFSC.

Je suis une personne très créative et qui aime les choses nouvelles.

J’aime beaucoup la lecture et tout ce qui touche à la culture.

© Salma El Fayez, 2020

Les droits des migrants ne sont pas respecté.

Depuis la crise migratoire de 2015, de nombreux migrants n’ont pas la possibilité d’obtenir la protection de l’Union Européen. L’influence des partis conservateurs, la culture de la peur… font que la liberté de circulation n’est pas respectée.

“Devant la persécution, toute personne a le droit de chercher asile et de bénéficier de l’asile en d’autres pays”, ceci est l’article 14 de la déclaration universelle des droits de l’homme. Et pourtant, les pays européens se permettent de refuser certaines demandes d’asile. Selon le règlement de Dublin, le migrant doit faire sa demande dans son pays d’entrer en Europe. Hors comme ce sont souvent les mêmes pays, trop de demandes sont faites au même endroit et les migrants se retrouvent dans des situations compliquées. Selon Adriana Costa Santos, coordinatrice du pôle hébergement de la plateforme BXLRefugees, il existe une clause de souveraineté qui permet de contourner ce règlement en oubliant le pays dans lequel le migrant est entré. Cette clause permet de venir en aide aux réfugiés en acceptant de recevoir les demandes d’asile. Mais cette clause n’est pas appliquée actuellement. « Aujourd’hui, ce qui se passe avec la grande majorité des personnes qui fuient des situations de dictature, de guerre, de persécution ethnique, de service militaire obligatoire abusif… et qui devraient donc normalement être candidats à l’asile à l’arrivée en Belgique. Il y a une vérification Dublin qui est faite de manière systématique et la majorité d’entre eux sont invités à rejoindre le pays d’entrée en Europe. C’est donc à travers cette façon là qui reste légale que le droit à la demande d’asile est très fort limité », développe Adriana Costa Santos.

Culture de la peur

Il y a plusieurs raisons exprimées par différents pays pour justifier leur fermeture des frontières. Un passé historique sans migration et donc une impression d’injustice, la crainte d’une perte économique conséquente… Mais la raison la plus forte selon Adriana Costa Santos serait l’influence des partis conservateurs et leurs discours de haine. Ils utilisent la peur de l’inconnu et la mise en avant du sécuritarisme. Des arguments comme la possible arrivée de terroristes ou actuellement du Covid 19 sont ceux défendus par ces partis. « Ce discours est très avantageux pour certaines forces politiques qui veulent plus d’ordre et de sécurité basées sur la peur de la population. »

De plus en plus de refus

C’est en 1990 que la politique européenne d’immigration et d’asile est véritablement née. Particulièrement depuis l’abolition des frontières au sein de l’espace Schengen en 1995 et au traité d’Amsterdam de 1997. L’Europe a pu ainsi définir les possibilités d’asile et réglementer l’arrivée des migrants. Au premier semestre de 2020, seulement 36 400 migrants venant des frontières extérieures sont arrivés sur le territoire. Ce qui confirme les observations qui indiquent une diminution des migrations dans le temps depuis la crise migratoire de 2015. Tendance encore renforcée par la pandémie de Covid-19. Et alors que les migrations sont en diminution, les réponses positives aux demandes d’asile le sont aussi. En effet, 295 800 personnes ont obtenu une protection en Europe en 2019. Contre 693 000 en 2016, et cela sans compter les 735 835 personnes qui se sont vu refuser l’entrée aux frontières extérieures.

Migrants en transit

Les migrants en transit sont fortement touchés par le non-respect de leurs droits. Principalement leurs droits de circulation. Les migrants en transition sont des personnes qui ne font que passer par certains pays pour en rejoindre d’autres. En Belgique, la plupart essaient de rejoindre l’Angleterre mais n’y arrivent pas. En effet, la réponse de la Belgique est essentiellement répressive. Le 10 septembre 2018, le gouvernement fédéral a adopté un plan pour ceux-ci. Une augmentation des places en centre fermé ainsi que la création de centres administratifs nationaux fermés. « Ces centres fermés existaient surtout pour des personnes en situation de procès en justice et dont la suite de ces procès pourrait être une expulsion dans le pays d’origine. Ils fonctionnent de la même façon que des prisons, à l’exception du fait que les personnes qui s’y retrouvent actuellement n’ont pas commis de délit » précise Adriana Costa Santos. Des mesures questionnables quand on sait que faire venir ces personnes en centre d’accueil coûte environ 36 euros par jour par personne. Et qu’une place en centre fermé coûte près de 210 euros par jour par personne.

Migrants en Hongrie contrôlé près de la frontière Serbe. 24 août 2015.
Photo: Gémes Sándor / SzomSzed Pixabay Licence: Libre pour usage commercial Pas d’attribution requise.

Les démarches administratives

Lorsqu’un migrant arrive sur le territoire européen pour obtenir une protection et donc le droit de se déplacer sur le territoire belge, il doit obtenir le statut de réfugié. Il est donc plus compliqué pour un migrant de travailler en Belgique si celui-ci quitte son pays pour des motifs considérés comme économiques. Pour avoir le statut de réfugié il faut avoir été persécuté dans son pays d’origine ou être susceptible de se faire persécuter. Pour que la demande d’asile soit acceptée, le réfugié se verra effectuer un parcours administratif. Premièrement, répondre à une série de questions posées par l’Office des étrangers. L’Etat tentera alors d’évaluer la nécessité d’une protection. Malheureusement, dans beaucoup de situations, l’évaluation est faussée et des personnes se voient expulsées. Néanmoins, si l’office des étrangers donne sont accord, le migrant procédera à l’entrevue avec le CGRA (Commissariat Général des Réfugiés et des Apatrides). Il racontera alors son récit pour tenter d’obtenir les bons papiers. Pour cela, le CGRA analysera les dangers objectifs qui menacent le demandeur ainsi que son ressenti personnel. Des persécutions dues à la race, la religion, la nationalité, le groupe social ou l’opinion politique sont facteurs de protection. Ces critères remplit, l’exclusion peut quand même s’appliquer si la personne a déjà une protection dans un autre pays ou si elle a commis des crimes graves contre l’humanité.

Tom Kottong, je suis étudiant à l’ISFSC, une école de communication de Bruxelles. J’ai 20 ans et j’ai reçu récemment mon CESS à Saint-Guibert à Gembloux.

La liberté d’expression face aux réseaux sociaux

Margaux De Ré 2020 ©

La liberté d’expression remise en cause

Margaux De Ré, députée bruxelloise du parti Ecolo qui nous dit « La liberté d’expression est une valeur fondamentale, au cœur des valeurs de la démocratie. Une autre valeur fondamentale de notre société est le respect de l’autre. Raison pour laquelle il existe des lois qui fixent précisément ce qui est une atteinte à l’intégrité d’une personne : l’attaquer sur base de son genre (loi sur le sexisme), son origine, sa religion, son orientation sexuelle, sa validité physique, tout ça est illégal. »

Cyberharcèlement

Les femmes plus touchés que les hommes

Un rapport de l’ONU a été fait montrant que plus de 73% des femmes ont déjà été exposées à du cyberharcèlement sur la toile. Les femmes sont 27 fois plus susceptibles de se faire harcelés sur les réseaux que les hommes.

Un autre rapport de European Women’s Lobby montre que les femmes sont plus susceptibles de se faire rabaisser, insulter ou même recevoir des choses qu’elles n’ont pas demandé.

Amnesty International a aussi réalisé une étude dans huit pays qui a démontré que 76% des femmes ont déjà subi du harcèlement en ligne. Par la suite elles ont modifié leurs comportements face à ceux-ci.

Les différents types de cyber-harcèlement

Le cyber-harcèlement compte différents types. La première forme est l’intimidation. Qui est de faire peur à la victime et prendre du pouvoir sur elle. Les sextos est le fait d’envoyer pleins de messages répétés à la personne visée avec un contenu sexuel.
Il y a les vidéos de lynchage qui est le fait de filmer une agression physique ou un moment d’intimité et de par la suite le poster sur les réseaux sociaux. Le harcèlement a pour but de toucher le mental de la victime en lançant des rumeurs, en mettant des choses vexantes, dégradantes ou même blessantes sur elle sur les réseaux publics. Le flaming est lorsqu’on diffuse des images choquantes ou de méchants commentaires.

Conséquences

Le cyberharcèlement apporte deux types de conséquences d’après Mme De Ré :
«La première conséquence que vivent beaucoup de personnes quand elles sont confrontées dans cette situation en ligne, c’est de modifier leur comportement, de développer des stratégies d’évitement. Elles ne vont pas faire certaines choses : éviter d’être dans une situation négative par la suite, éviter d’exprimer ses sentiments, ses idées ; éviter d’aller dans certains endroits où l’on pourrait la photographier ce qui empêcherait toute diffusion et médiatisation »

Elle-même ayant vécu du cyberharcèlement raconte : « J’ai fortement développé une sorte de contrôle permanent de tout ce que je dis, tout ce que je fais pour être sûre que je ne me mets pas en danger »

Deux personnes défendant Margaux De Ré après son départ de Twitter

La deuxième conséquence est énormément de stress, beaucoup d’anxiété, de questionnements.

Les conseils de Madame De Ré

Il faut être responsable de ce qu’on dit et se mettre à la place de la personne à qui on écrit par exemple «Est-ce que je vais la blesser ? Est-ce que je vais heurter la personne? »

Margaux De Ré lors d’une réunion Zoom. Margaux De Ré©

Faire attention à nous même,à l’image qu’on met sur les réseaux. Il faut toujours protéger les données que nous mettons en ligne.

Il faut faire comprendre à tout le monde que les réseaux restent dans un cadre légal et que des lois empêchent le racisme, le harcèlement sur ceux-ci.

Avoir le réflexe de prendre des captures d’écrans et de conserver les preuves au cas où la personne harcelée souhaite porter plainte.

Les lois sur la liberté d’expression sur les réseaux

Les lois sont mises en place pour que la liberté d’expression soit respectée.
Il y a la loi antiracisme. Elle est là pour réprimer les actes racistes fondés sur l’ascendant, la couleur de peau, la nationalité, l’origine.  Elle interdit les propos qui vont inciter à la haine ou à la violence, par rapport aux actes fait à une personne ou un groupe de personnes.

Il y a la loi de l’auto discrimination qui interdit la discrimination. Cette loi est faite pour réprimer les actes discriminatoires sur l’âge, l’état civil,la langue parlée, l’origine, s’il y a un handicap,
un caractère physique ou génétique, l’état de santé…

Et depuis le 22 mai 2014, il existe une loi pour lutter contre le sexisme. Cette loi concerne autant les propos tenus dans la vie courante que sur les réseaux sociaux. Elle condamne les actes tels que des insultes ou des gestes obscènes. On ne peut réagir que si c’est dans des lieux publics ou visibles (les réseaux sociaux sont considérés comme des espaces publics). L’harceleur va principalement viser les femmes dans le but de leurs nuire. Il va tout faire pour les humilier ou les mépriser.

Les réseaux sociaux commencent à interdire

Chaque réseau social voit ce genre de choses et les gère différemment sur la liberté d’expression Instagram, Whatsapp et Messenger ont été racheté par Facebook, dont le grand Zuckerberg est le patron. C’est lui qui gère donc les quatres réseaux sociaux.

Depuis quelques mois maintenant, Facebook a décidé d’être attentif aux messages, aux contenus tels que de la violence, des menaces, de l’intimidation et de harcèlement que certaines personnes peuvent mettre. De directement ou après plusieurs signalements, supprimer les comptes de celles-ci.

Twitter lui a mis en place une nouvelle option sur leur plateforme qui est tout simplement de pouvoir décider de qui répond à leurs tweets ou simplement si seules lespersonnes citées dans le tweet peuvent répondre. 

Début juin, Snapchat  lui a préféré faire attention aux propos que tenait l’ancien président des USA, Donald Trump. En retirant ses stories de ce qu’on appelle les Discover. Le discover est l’endroit où toutes les stories de personnes connues sont mis.

Et enfin Tiktok lui ne voit pas les choses exactement pareil et à énormément d’histoires avec la liberté d’expression.

Tiktok supprimé.

L’application chinoise a eu énormément de problèmes avec 3 pays différents. Tel que les Etats-Unis, l’Inde et l’Égypte. L’Egypte a décidé de mettre des contrôles plus stricts sur Internet avec ça ils peuvent surveiller ce que la population fait sur les réseaux sociaux.

L’inde, elle a décidé de carrément supprimer et d’interdire l’application dans son pays, pour elle cette application et 58 autres étaient menaçantes au niveau de la sécurité et de la souveraineté pour leur pays.

D’après les Etats-Unis, l’entreprise chinoise ByteDanse, qui tient Tiktok, serait contrôlée par le gouvernement chinois. Et pour eux, le gouvernement chinois espionnerait les individus chinois et les entreprises chinoises. Les armées américaines ont déjà banni sur les téléphones donnés par l’Etat la connexion à ce site. Trump était censé l’enlever le 12 novembre dernier mais un Juge a accordé une injonction pour empêcher les autorités de bloquer l’application.

Maintenant, vu que M.Trump n’est plus élu c’est à voir si le gouvernement de Biden choisi de l’enlever ou non. Histoire à suivre…

Néanmoins, il ne faut pas oublier que différentes lois existent pour se défendre contre le cyberharcèlement. Les utilisateurs d’internet doivent porter attention à ce qu’ils écrivent sur les réseaux sociaux. On voit qu’ils commencent à se conscientiser eux même sur ce qu’il pourrait se passer sur les différentes applications. Beaucoup de cyberharcèlement ont été recensé depuis quelques années et cela a causé beaucoup d’incidents graves en Belgique.


En savoir plus

Margaux De Ré a quitté Twitter

Racisme et réseaux sociaux

Les femmes sur Twitter

Limiter les contenus haineux

Angioi Rachel, étudiante de 18ans en communication à l’ISFSC.

Angioi Rachel 2020©

Liberté artistique : les nuances de la censure dans l’art

La censure dans l’art a été mise en place par les autorités. Que cela soit dans la politique ou dans la religion. La censure limite la liberté d’expression et la liberté de création des artistes. Qu’en est-il aujourd’hui, est-ce que les artistes sont libres de créer et exposer ce qu’ils veulent ?

Il y a trois ans, en 2017, le directeur d’un atelier d’art, à Bruxelles, a exposé une œuvre d’un artiste américain – à cause de cela, il a été convoqué par la zone de police ouest -. Un autre artiste belge a été censuré à Athènes. Il avait projeté une œuvre vidéo sur une façade – à la suite de cela, il a été dénoncé à la police par un prêtre orthodoxe. Les gens interprètent l’art de leur manière. Ce sujet de censure dans l’art, dans les films ou dans la musique, a toujours été complexe.

Censure dans l’art moderne et contemporain : la situation dans le monde

En Belgique, l’art moderne et l’art contemporain n’ont presque pas fait face à la censure. La liberté de presse vole la vedette à l’art. Avec cette crise sanitaire, le confinement et les restrictions, il n’y a presque pas eu des expositions d’art. La population était occupée à se cacher d’une maladie.

Néanmoins, un atelier a beaucoup fait parler de ses œuvres et son directeur est bien connu dans sa commune. Une photographie d’un artiste américain a été censurée. Ici, en Belgique, dans la commune de Jette. Cette œuvre fut exposée par L’Atelier 34zero Muzeum et son directeur n’a pas hésité à la défendre. Le directeur a donné son avis sur ce problème:  » les gens ne comprennent pas l’art. Mais ce n’est pas nous, en tant que directeurs d’un centre d’art contemporain, qui sommes responsables du niveau intellectuel et culturel de la société. Ce sont les politiques. »

Pour Clémentine Davin, anciennement historienne de l’art à l’Atelier 34zero Muzeum, coordinatrice d’une ASBL à Jette et critique d’art. J’ai eu l’opportunité d’avoir un entretien avec cette madame pour cet article. Cette dernière pense que :  » La censure n’est pas bonne et elle ne devrait pas exister. Ce n’est pas une bonne réponse. Il n’y a aucun intérêt. Si on censure des artistes, cela mettra que des éclairages sur leur travail ».

Une autre œuvre dans ce même atelier d’art a été censurée. L’œuvre de Pascal Bernier a dû être retirée suite aux protestations des Jettois. En vue de ne pas heurter la population, l’Atelier 340 organise des expositions à l’intérieur du lieu. Cette action pose la question sur la censure artistique et sur la liberté de création.

En Grèce, un artiste belge a été censuré à cause d’une œuvre projetant du nu. Comme pour le directeur de l’atelier 34zero Muzeum, il a été dénoncé par la police. Décidément, les Grecques sont encore dans la religion. Après s’être défendu, Kris Verdonck conclue : « Jamais je n’aurais pensé que ces images puissent choquer. Il semblerait que le pouvoir politique et religieux ne soient pas séparés en Grèce, mais ces images n’adoptent pas de point de vue politique ou religieux, mais interrogent sur la condition humaine« .

Lorsqu’un artiste est censuré à cause de son œuvre, c’est une violation à sa liberté de création. Voilà pourquoi, les artistes cubains manifestent. Un article de Cairn.info nous explique le début et la création de cette liberté.

« La liberté artistique n’est pas du tout méconnaissant des lois. La liberté d’imagination n’est pas une fuite dans l’irréel, elle n’est pas une évasion, elle est audace, invention. »

de Eugène Ionesco
TV5 Monde. L’art face à la censure. https://www.youtube.com/watch?v=9Mwn9RHzqso

L’historien Thomas Snégaroff revient sur les relations tumultueuses entre l’art et la censure.

Censure et Art : ennemis de longue date ?

La censure dans l’art ne date pas d’aujourd’hui. Dans un article d’Antidote, l’art a toujours fait face à la censure depuis le début.

 » La censure a été dans toutes les époques. C’est en fonction des mœurs » dit Clémentine Davin.

« À la renaissance, il est certes au service du pouvoir politique et du culte, mais dans les infimes variations de traitement des thèmes qui lui sont assignés, l’artiste devient potentiellement une voix discordante – et dès lors, censurable ».

Ingrid lucquet-Gad https://magazineantidote.com/art/quand-la-censure-veut-la-peau-de-l-art/

À l’époque, le peuple était rigoriste. Compte tenu de cela, divers artistes ont vu leurs travaux être boycottés.

1425 : Adam et Ève chassés de l’Éden est une fresque de Masaccio. Elle date du XVe siècle. Cette œuvre a été censurée à son époque parce que les personnages sont nus, le Christ y compris. L’œuvre est jugée blasphématoire.1

Adam et Ève chassés de l’Éden, Masaccio, 1425.

1866 : L’Origine du monde est une peinture de Gustave Courbet. À son époque, elle a fait scandale, car elle représente le pubis d’une femme. La description anatomique du sexe féminin. Aujourd’hui encore, cet artiste fait parler de lui. France culture retrace les 150 ans de scandale de cette œuvre.2

L’Origine du monde, Gustave Coubert, 1866. « L’Origine du monde », éternel objet de scandale | Franceinfo INA

2017 : Thérèse Rêvant est une peinture de Balthus. Elle date de 1938. Mais cette dernière a fait polémique au vingtième siècle à cause de l’image qu’elle représente. Une petite fille en culotte. L’insouciance infantile ou perversion ? Une pétition a été faite et elle a récolté 10 000 signatures pour faire retirer le tableau dans le Metropolitain Museum of Art de New York.3

Thérèse Rêvant, Balthus, 1938.

Censure sur les réseaux sociaux

Le réseau social Facebook avait censuré, en 2018,  » la Descente de croix » de Pierre Paul Rubens. Avant cela, Facebook avait déjà interdit une publication d’un artiste danois. Il avait publié un tableau de Gustave Courbet.4 Qui l’eût cru ? Il est vrai que les conditions et les règlements de l’application de Mark Zuckerberg sont stricts sur la publication de certains contenus. Clémentine Davin donne son propre avis sur ce sujet. Selon elle :  » Je suis contre la censure sur les réseaux sociaux. Il n’y a aucun intérêt à faire cela. Au contraire, si on censure, les gens vont par nature y porter beaucoup plus d’intérêt ».

Un autre sujet qui a fait polémique est l’exclusion de la chanteuse Rihanna d’Intagram en 2014. Elle avait posté une photo très dénudée pour le magazine lui. Alors que d’autres célébrités, comme Kim Kardashian n’ont jamais eu de souci. Il est difficile de croire qu’un réseau social ne sache pas faire la différence entre nu pornographique et nu artistique. Visiblement, personne n’est immunisé.

https://www.facebook.com/toerismevla/photos/a.309273032503263/1777695952327623/

Certaines œuvres d’art choquent, mais il faut se poser une question. Pourquoi cela nous choque ? Avec la modernité et l’évolution des mentalités, les artistes pourront, peut-être un jour, créer sans se faire censurer.


Le site de l’UNESCO donne plus d’explication sur la liberté artistique et montre plusieurs images.

Le livre de Thomas Schlesser retrace la censure dans toutes les époques.

N’sa Mputu Mpuma sourhya

Je suis âgée de 23 ans. Je suis étudiante en première année de communication à l’ISFSC. J’aime voyager, lire et faire des nouvelles rencontres.

Webographie

(1) Pas d’auteur. Adam et Ève chassés de l’Éden. Consulté le 19 décembre 2020. https://www.cineclubdecaen.com/peinture/peintres/masaccio/brancacci01expulsion.htm

(2) Le Monde avec AFP. Le visa de  » l’Origine du monde » de Gustave Courbet dévoilé. Publié le 25 septembre 2018. https://www.lemonde.fr/culture/article/2018/09/25/le-mystere-de-l-identite-du-modele-de-l-origine-du-monde-devoile_5359910_3246.html

(3) Fleur Burlet. A New York, une pétition s’élève contre un tableau de Balthus érotisant une très jeune fille. publié le 8 décembre 2017. https://www.lesinrocks.com/2017/12/08/style/style/new-york-une-petition-seleve-contre-un-tableau-de-balthus-erotisant-une-tres-jeune-fille/

(4) AFP.  » L’Origine du monde » de Courbet interdit de Facebook pour cause de nudité. Publié le 16 février 2011. https://www.lalibre.be/international/l-origine-du-monde-de-courbet-interdit-de-facebook-pour-cause-de-nudite-51b8ce13e4b0de6db9bffa7e