Liberté de penser et d’agir au sein des dictatures : Quand éducation et idéologie entrent en collision

Depuis les balbutiements de la politique humaine, les Hommes font face à des individus souhaitant les pleins pouvoirs. Mais plus les années passent, plus les mentalités évoluent et plus solide se fait ce genre de régimes. Actuellement, ceux présents sur le globe n’ont jamais été aussi influents et solidement ancrés dans la géopolitique, que ça soit pour leurs influences, leurs forces de frappe, l’éducation de leurs jeunesses ou un mélange explosif des trois. A un point tel que l’on peut encore sentir l’influence de celle-ci, même dans un pays aujourd’hui libre.

Le 23 Mars 2019, les Forces Démocratiques Syriennes (FDS) annonçaient la chute du dernier bastion de Daesh, à Baghouz, marquant la fin territoriale du « califat » autoproclamé du mouvement terroriste. Celle-ci entraîna un exode massif (majoritairement de femmes et d’enfants) vers l’hôpital d’Hassaké, situé à 5 heures de route du bastion. Là-bas, nous pouvons trouver les principales victimes collatérales des affrontements récents : les enfants.

Les enfants : acteurs du trouble ou victimes de l’idéologie de leurs parents ?

Les enfants du proto-état islamique, qu’ils soient issus de parents syriens ou même d’occidentaux venus sur place, grandissent dans une omniprésence de la pensée islamiste et de son idéologie. Pour Bernard De Vos, Délégué Général aux Droits de l’Enfance (DGDE) -que j’ai eu l’occasion d’interviewer dans le cadre de mon projet – c’est cette idéologie omniprésente qui cause un modelage de la pensée des plus jeunes. En effet, étant éduqués par l’exemple (et donc reproduisant le même comportement que leurs aînés) ils grandissent et finissent par adopter la même façon de penser extrême. Il indique : « Tout est une question d’éducation permanente. A Baghouz, il y avait une instruction, mais elle était basée sur des principes extrêmement stricts : les filles étaient voilées depuis toutes petites, il y avait une pression pour amener le Coran dans l’éducation. Il y avait clairement un endoctrinement organisé. »

L’Enfer sur Terre

Dans la vidéo suivante, « Oum Mariam », mère française de trois enfants, revendique fièrement son appartenance au groupe terroriste. Arrivée il y a 4 ans en Syrie, ce n’est qu’à regret et contrainte qu’elle a quitté Baghouz.

Les patients sont profondément engagés dans le mouvement terroriste Etat Islamique

Je ne considère pas l’Etat Islamique comme une organisation terroriste. Pour moi, c’est un Etat. Je n’ai pas envie de rentrer chez moi, parce que c’est n’est plus chez moi.

Oum Mariam

Il y a d’autres cas comme celui de Oum Mariam. Dans le camp de Al-Hol, situé à 400 km de Baghouz, s’entassent plus de 74 000 personnes, principalement les femmes et les enfants des combattants de l’Etat Islamique, mais également des civils. Bernard De Vos précise : « Il y avait entre 10 000 et 12 000 personnes au camp de Al-Hol avant la chute du bastion de Baghouz, femmes et enfants essentiellement. Aujourd’hui, ils sont près de 75 000. L’ambiance a fort changé dans ce camp puisque ce sont des irréductibles de l’Etat Islamique qui ont été arrêtés et détenus depuis presque deux ans. »

Je suis allé dans ce camp en juillet l’année passée. La situation est vraiment très inquiétante, surtout pour les enfants. Les conditions de détention y sont très dures.

Bernard De Vos

Extrémisme et abandon sociétal : que se passe-t-il de notre coté du globe ?

Nous avons vu que certains occidentaux décidaient de partir et de rejoindre l’E.I. Mais comment en arrivent-ils à de telles extrémités ? On pourrait croire que ce départ est une conséquence d’un certain déséquilibre mental, d’une envie de violence. Bernard De Vos n’est pas entièrement de cet avis. Pour lui, le problème vient d’un déséquilibre sociétal. En effet, les jeunes s’engageant dans le mouvement terroriste sont essentiellement liés à une partie lésée de la population. Des jeunes en manque d’ouverture d’esprit, isolés dans des quartiers composés presqu’exclusivement de Musulmans. Il parlera d’ailleurs de la capitale belge en ces termes : « C’est une petite ville d’apartheid. » Au delà de la rupture sociale, sociétale et religieuse, on peut constater une rupture scolaire. Les jeunes issus de milieux moyen-orientaux sont défavorisés scolairement par rapport aux jeunes autochtones. L’accès et l’évolution dans le milieu écolier est bien plus compliqué pour eux. En étant confortés dans leur médiocrité, cela cause un réel ressentiment des jeunes des cités vis-à-vis de l’état et du gouvernement, une violence institutionnelle entrainant fatalement une réponse violente. C’est particulièrement flagrant sur les nombreuses agressions mettant en scène la police. Bernard De Vos explique : « Notre enseignement est un des plus inégalitaire au monde. Cette violence que subissent les jeunes est une violence institutionnelle, elle est organisée, mais invisible et insidieuse. Les violences commises par la police sont des violences illégitimes, mais ceux qui arment la matraque la transforme en violence institutionnelle. Les jeunes n’ont rien contre la police, ils en ont contre le système. Et le premier élément visible du système, c’est la police. »

A force d’être contrôlés à outrance, les jeunes des cités développent un réel ressentiment à l’égard de la police.

Ce ressentiment, lié à un manque d’ouverture d’esprit, une envie de vide à combler ainsi qu’ un individualisme et une inclusivité trop présente dans notre société peut aboutir à un extrémisme et une envie de violence. Certaines prêches extrêmes étant célébrées dans certaines mosquées, et par conséquent, accessibles à n’importe qui, peuvent permettre de développer cet état d’esprit.

Et après ?

Un processus de déradicalisation peut être mis en place pour les occidentaux revenus de Syrie. Selon le Délégué Général aux Droits de l’Enfance ainsi que le site internet Franceculture , ce n’est pas la bonne chose à faire, et le terme n’est d’ailleurs pas très cohérent. L’individu peut avoir fait le deuil de la guerre, mais pas de l’idéologie, dans laquelle il est encore fortement ancré. Il faut donc procéder à un processus de désengagement, une rééducation qui entraînera, par la suite, une déradicalisation au sens propre du terme. Plusieurs procédés existent : le travail, l’emploi, le logement, la réinsertion, etc. Selon Myriam Benraad, politologue et spécialiste du monde arabe et du Moyen-Orient dans une interview accordée à « 7 jours sur la planète » : « Il faut se poser la question du degré de radicalisation, de leurs jugements et de leur prise en charge dans les prisons. Ensuite, dans quelques années, quelles seront leurs réintégrations dans la société. Dans les prisons, il faut renforcer la prise en charge religieuse : il faut leur mettre en face des personnes légitimes, crédibles, qui puissent engager un dialogue et leur montrer que leur lecture de l’Islam n’est pas la bonne. »

Myriam Benraad a livré son analyse du Moyen-Orient, en particulier de l’Irak. © ALBRECHT Roland

La situation dans le reste du monde

Le cas de la Syrie (et par extension, du mouvement terroriste Etat Islamique ainsi que leurs batailles pour la chute du bastion de Baghouz), n’est pas une situation unique et exceptionnelle. En Corée du Nord, malgré des chiffres extrêmement préoccupants concernant la santé des enfants – 40% des enfants souffrent de la pauvreté, 25% n’ont pas accès à une alimentation suffisante, une mortalité infantile de 33% et un accès difficile à des soins de santé médiocres. -, la population semble tout de même vouer un culte au dirigeant. Selon Bernard De Vos, tout est lié aux mêmes faits : un modelage mental des enfants par leurs parents, une croyance profonde en l’idéologie et un charisme certain émanant du dirigeant.

Sacha CULOT

Je suis âgé de 21 ans. J’ai commencé ma première année de bachelier en communication à l’ISFSC en octobre 2020. Passionné de sports de combat, la communication à toujours fait partie de mes centres d’intérêts.

Pour en savoir plus

  1. Site internet – Humanium : les enfants de la Corée du Nord (consulté le 17 décembre 2020), disponible à l’adresse : https://www.humanium.org/fr/coree-du-nord/
  2. Site d’information – rfi : 40 ans après, le franquisme pèse toujours (consulté le 16 décembre 2020), disponible à l’adresse : https://www.rfi.fr/fr/europe/20151122-espagne-40-ans-apres-le-franquisme-pese-toujours-francisco-franco
  3. Site d’information – Le Monde : les forces locales doivent désormais mener des missions de contre-terrorisme (consulté le 16 décembre 2020), disponible à l’adresse : https://www.lemonde.fr/international/article/2019/03/25/chute-de-baghouz-les-forces-locales-doivent-desormais-mener-des-missions-de-contre-terrorisme_5441060_3210.html
  4. RTBF Auvio – Retour aux sources : Les films interdis du 3ème Reich
  5. Site d’information – Le Monde : Syrie : dans le camp de Al-Hol, une situation « intenable » pour les déplacés (consulté le 17 décembre 2020), disponible à l’adresse : https://www.lemonde.fr/international/article/2019/03/23/syrie-dans-le-camp-d-al-hol-une-situation-intenable-pour-les-deplaces_5440213_3210.html
  6. Presse de l’Université de Saint Louis – La scolarité des enfant issus de l’imigration musulmane : difficultés et actions positives (consulté le 17 décembre 2020), disponible à l’adresse : https://books.openedition.org/pusl/11549
  7. Interview de Myriam Benraad par 7 jours sur la planète : le retour en Europe et la déradicalisation des djihadistes (consulté le 17 décembre 2020), disponible à l’adresse : https://www.youtube.com/watch?v=lKUH-5R7FFs&ab_channel=7jourssurlaplan%C3%A8te
  8. Essai de Amin Maalouf : Les Identités meurtrières

Hello Internet, tu fais quoi de mes données ?

Nous sommes en permanence connectés, nos données aussi…comment notre téléphone nous connaît-il si bien ?

Aujourd’hui le monde du numérique est partout, entre Tik Tok Instagram, Facebook …Il y a l’embarras du choix. Il est présent en permanence dans nos tâches quotidiennes et sous plusieurs formes comme sur tablette, smartphone, montre connectée et même lave-linge. Mais qui gère nos données ? comment les pubs sur notre téléphone sont-elles ciblées ?

Récemment les demandes « autorisation d’accepter des cookies » sont arrivées sur les pages internet. Le 4 mai 2020, l’Europe a voulu réglementer celles-ci afin d’être plus transparent avec les utilisateurs d’Internet en Europe…

Selon le site Geeko : Le Comité européen de la protection des données (CEPD) a révisé ses lignes directrices à propos du principe de consentement avec l’aide du règlement général sur la protection des données (RGPD). Une fois toutes ces conditions remplies, ils se sont concentrés sur le cas des cookies. 

Les cookies européens

Les cookies jouent un rôle important dans la collecte de nos données privées. Avant cette réglementation, en les acceptant sur le territoire européen, vous donniez votre accord pour que vos données soient utilisées à des fins marketing, de géolocalisation et bien d’autres choses encore. Avec la nouvelle réglementation, le choix de régler précisément ce que les pages font des données de l’utilisateur est libre !

Selon le site de la RGPD belge :

Les responsables de site Internet qui souhaitent installer des cookies sur vos appareils doivent être clairs sur leurs demandes sauf dans deux cas : s’ils sont nécessaires afin de vous fournir un service et/ou l’envoi d’une communication via un réseau de communication électronique.

Les cookies avant la réglementation européenne ?

Au niveau européen, le 25 mai 2018, la RGPD est entrée en vigueur et permet à toute personne, dont les données sont traitées sur n’importe quel site web, d’exercer un certain contrôle sur ce qu’elle dévoile de sa vie privée. Une copie des données qui sont traitées sur les sites peut être obtenue.

Peu de gens consentent et acceptent en toutes consciences que leurs données soient utilisées…En réalité, peu de Belges lisent les petits caractères en gras des pages appelées « conditions d’utilisation ».

La réalité rappelle celle du roman « Big Brother » où toutes nos données sont tracées, trackées, en temps réel, par toutes sortes de compagnies différentes. Cependant, dans le roman, c’est uniquement Big Brother qui s’occupait des données afin de surveiller ses citoyens…

résumé du roman « 1984 »

En recroisant différentes données, un magasin peut savoir le nombre de fois qu’il a été fréquenté, quelles personnes étaient présentes en même temps et cela grâce notamment au système de géolocalisation en développement constant depuis 2007.

Les cookies, un business économique :

Les cookies de traitements d’informations sont en mesure de cibler exactement les envies et de proposer des publicités en fonction de la personne, pour répondre aux besoins de la cause marketing.

Dans le monde d’aujourd’hui, rien n’est gratuit ,Internet non plus. Pour que ces technologies puissent être utilisées sans paiement, les données d’une identité numérique sont enregistrées dès qu’un utilisateur se rend sur une page internet. Ses données sont vendues à des entreprises afin qu’elles en connaissent plus sur ces utilisateurs pour prévoir des campagnes ciblées.

« Les données produites par un individu valent entre 5 et 20 dollars. »

Mark Warner, sénateur démocrate étasunien, dans le magazine de l’ADN

Les technologies, la liberté de ses utilisateurs :

Un des dangers pour l’utilisateur d’Internet est qu’il a une impression de liberté en allant sur les pages qui lui sont proposées or elles sont souvent calculées par des algorithmes de firmes publicitaires.

Il n’existe pas de problème si les citoyens sont mis au courant de ces fonctionnements. Cependant beaucoup d’applications n’acceptent toujours pas ces règles et on ne sait alors pas où vont les données personnelles des utilisateurs.

L’avis de l’expert

Victor Rouard :

L’intervenant choisi pour cet article, avocat en droit des technologies.

« La seule manière qui permettrait de protéger les données de l’utilisateur sans qu’il fasse don de ses données privées serait de prévoir des alternatives payantes à certaines applications et sites web. »

Victor Rouard

Les données à caractère personnel ne seraient plus utilisées . A la place, l’accès au site serait tout simplement payant. Monsieur Rouard doute toutefois que cette idée séduise un grand nombre d’utilisateurs.

Dans certains cas, les citoyens ont le droit de demander une copie ou d’exiger la suppression des données qui sont utilisées. En cas de respect des règles européennes, les autorités des contrôles des états-membres peuvent imposer des sanctions aux responsables des traitements.

La police belge a-t-elle accès aux données de l’utilisateur ?

La police ne peut pas surveiller les comportements en ligne s’il n’existe pas d’indices selon lesquels une infraction aurait été commise, ce qui exclut la possibilité d’une surveillance permanente de nos activités. Ce n’est pas parce qu’un utilisateur poste du contenu illicite en ligne que la police va automatiquement en être avertie et qu’il va être fiché.

Généralement, la police enquête sur des faits qu’elle connait déjà, parce qu’elle en a été informée par le biais d’une plainte. Elle peut toutefois procéder à des enquêtes proactives, c’est-à-dire effectuer une recherche qui ne sera pas réactive, mais qui concernera des faits qui vont se produire ou se sont produits, mais dont la police n’a pas été informée.

Victor Rouard.

C’est aussi l’autorité de la protection des données (APD) qui se charge de gérer ce genre d’affaires devant la cour…

Les affaires de justice concernant internet sont traitées comme toute autre affaire. Tout citoyen belge a droit à une protection de la part de la justice.

Les utilisateurs de la technologie belge :

Bande annonce série sur les « traques interdites »

L’accès aux technologies est un droit. Au-delà des risques que cela peut représenter, les technologies offrent énormément de possibilités aux personnes pour échanger, communiquer, apprendre et s’informer.

Il est donc important de conscientiser les utilisateurs de données numériques sur la façon dont il les gère, et sont traitées dans la vie de tous les jours.

Lise Guillaume

Lise Guillaume ,je suis âgée de 20 ans. Je suis étudiante en première année de communication à L’ISFSC .Le sujet de la liberté m’a toujours interpellé et intéressé.


En savoir plus :

Pour comprendre le RGPD : Reputationup.com

Pour tester sa sécurité et réagir en cas de cyber attaque : Safeonweb.be

Pour se tenir au courant des risques : Cert.be

Pour s’informer avec une interview : Lesoir.be

Pour s’informer avec un podcast : Franceinter.fr »

Webographie de l’article :

Article sur la 5g : geeko.lesoir.be

Article sur les décisions européennes des cookies : 01net.com

Site de la RGPD mentionné : agencergpd.eu

Bande annonce série tracking et lien de la série: donottrack-doc.com

Article sur la valeur de nos données : ladn.eu

Brève sur la maitrise du belge et de ses données : libertes.commu.isfsc.be

Respect de la vie privée : rêve ou réalité ?

Ces deux dernières décennies, Internet s’est développé de manière exponentielle. Un des sujets les plus problématiques sur le web est le manque de confidentialité, qui malheureusement touche de plus en plus de monde. La question est donc de savoir s’il est possible d’atteindre une vie privée qui est réellement respectée.

D’après les données recueillies par broadbandsearch.net, ces 20 dernières années ont connu une augmentation de 3,85 milliards d’utilisateurs sur web. Il est donc plus qu’évident que le réseau informatique fait partie intégrante de la vie de presque chacun. Par conséquent, la bataille qui fait rage entre les adeptes de la confidentialité et son camp adverse, qui a pour objectif de s’enrichir, s’amplifie au fur et à mesure que le temps passe. Sachant que la confidentialité parfaite où la vie privée est respectée à 100% n’existera jamais, il est surtout question de faire le bon choix afin de minimiser au maximum les pertes de données.

L’Histoire sans fin.

Voilà deux ans que le GDPR est obligatoire, pourtant aucun changement radical n’a été accompli. La raison est simple, peu de gens lisent les conditions générales. Selon Thibault Vanwersch, analyste en cybersécurité, l’effort fourni par les plateformes en ligne qui mettent à disposition du public les conditions générales n’est pas suffisant. Il ajoute que ces conditions sont faites, volontairement ou non, afin de décourager l’utilisateur de le lire. En effet, il peut être fort démoralisant de lire un long pavé numérique à chaque site visiter.

Le problème principal est qu’une majorité des gens ne comprennent et ne maîtrisent pas le fonctionnement des plateformes qu’ils utilisent

Thibault Vanwersch

Il y a bien évidemment quelques personnes qui lisent encore aujourd’hui les conditions générales. Cela dit, comme l’a dit Thibaut Vanwersch, les conditions sont souvent incomprises. Il est donc facilement déductible que ces conditions portent à confusion par manque de précision. Un effort de la part des entreprises pour améliorer la clarté d’un texte aussi long ne serait pas de refus. D’autant plus que, même si en nombre inférieur, les internautes continueront d’accepter les conditions requises.

Un projet malheureusement trop ambitieux.

À l’origine, Internet avait pour but d’être un terrain neutre pour chacun. Il s’agissait d’un outil de communication où prévalait la liberté d’expression ainsi que le respect de la vie privée.

Protection des données // Image par Werner Moser de Pixabay

Toutefois, ce n’est clairement plus le cas aujourd’hui. De nos jours, il s’agit d’une véritable mine d’or pour les entreprises qui profitent de nos données à des fins commerciales.

Ces plateformes sont construites pour pousser les gens à mettre des informations sur les réseaux.

Thibault Vanwersch

Il est clair qu’une forme de manipulation est mise en place pour récolter des données sans les voler au sens propre du terme. Le problème ne vient donc pas du business modèle en lui-même, mais plutôt des tactiques mises en oeuvre par les sociétés afin d’assouvir leur soif d’argent.

Les sociétés sont beaucoup plus dangereuses que les pirates parce que le business modèle de ces sociétés consiste à collecter nos informations, et bien souvent ils ont le consentement implicite des gens.

Thibault Vanwersch

L’analyste en cybersécurité développe son argument en expliquant qu’un pirate informatique n’a généralement aucun intérêt à voler les données personnelles du grand public. Par ailleurs, il explique que l’objectif de ces criminels est purement financier, et donc ils auront plutôt tendance à s’attaquer aux grosses boîtes. Ceci dit, il arrive qu’un citoyen soit victime de leurs délits. En revanche, Thibault Vanwersch affirme qu’il s’agit bien souvent d’amateurs qui se contentent de proférer des menaces et, qu’il dépend donc du jugement de la victime quant à la véracité du pirate.

Sommes-nous esclaves du business plan ?

Bien qu’il puisse être difficile à croire, la quête vers le respect de la vie privée n’est pas une cause perdue. En fait, il s’agit ni plus ni moins que de faire le bon choix, parmi les différentes possibilités à disposition de chacun. Le problème majeur est que Google détient le monopole d’internet. En plus de ça, une fois terminée la création d’un compte Google, un compte pour tous les services de celui-ci sera automatiquement ouvert. C’est d’ailleurs ce qui pousse bon nombre d’utilisateurs à rester chez Google plutôt que de chercher d’autres fournisseurs. Au premier regard, il peut sembler plus avantageux de faire usage des autres services de Google, ça évite de rechercher des alternatives, et puis tout le monde utilise Google non ?

Donjon médiatique // Image par Gerd Altmann de Pixabay

D’autre part, Thibault Vanwersch conseille vivement de varier les fournisseurs en ligne en remplaçant Google par des alternatives qui respectent plus vos données personnelles. Apple est un bon exemple en ce qui concerne une confidentialité fiable. Il se trouve que la marque à la pomme met un point d’honneur à respecter et sécuriser votre confidentialité au mieux que possible, et comme Google, Apple possède de nombreux services comme une boîte mail inclus à l’ouverture du compte. Il existe aussi des alternatives pour la messagerie, Signal met la confidentialité au sommet de leurs priorités. De plus, la messagerie ne tire aucun profit de vos données personnelles. Et enfin le navigateur web Firefox qui est l’alternative la plus connue, contrairement à Google Chrome, ce navigateur est bien connu pour respecter vos données sur le net.

Quitte ou double ?

Malheureusement, l’objectif visé par la création d’Internet a été déjoué à des fins économiques. Même si ce business plan est propagé à échelle mondiale, certains sont prêts à se révolter pour offrir un réel changement. Il y en a qui sont connues, comme Apple, d’autres le sont moins, mais l’initiative de protection des données est bel et bien réelle. Ce n’est pas pour autant que notre vie privée sera respectée, cela dit chaque utilisateur détient maintenant la possibilité de décider s’il en vaut la peine de faire un changement pour le bien de sa propre confidentialité ou non. Qu’allez-vous choisir, la pilule bleue ou la pilule rouge ? La bleue étant de ne rien faire en pensant que c’est peine perdue, et la rouge qui consiste à choisir le camp où la confidentialité est une priorité. Le choix est entre vos mains.


EN SAVOIR PLUS
En savoir plus

Consentez-vous réellement à perdre votre vie privée ?

Alors qu’internet est au coeur de notre société, les problèmes de confidentialité et de sécurité restent d’actualité. Il n’est pas toujours évident de préserver la sécurité de nos données sur la toile, mais quelques manipulations pourraient bien vous permettre une sécurité plus ample.

D’après une étude réalisée aux États-Unis, seulement 1% des Américains lisent les conditions générales d’un site internet. Les résultats obtenus lors de cette expérience sociale sont assez alarmants. En effet, les entreprises en ligne mettent à disposition un contrat d’utilisation du service afin de demander à l’utilisateur s’il consent à livrer ses données personnelles à des fins commerciaux. En acceptant ce contrat vous renoncez à attaquer en justice le service en question puisque vous avez consenti à livrer votre vie privée sur un plateau d’argent. Si l’on se fie à ‘The Social Dilemma’, un documentaire Netflix, les entreprises savent exactement ce que chaque utilisateur fait à chaque instant .

Big Browser is watching you / Image par Tumisu de Pixabay

La confidentialité pour les nuls.

Sur internet, la sécurité absolue n’existe pas, mais il se trouve que chacun à la possibilité de limiter les fuites. Pour commencer, il est recommandé de s’inscrire uniquement aux sites indispensables à votre utilisation, il est aussi préférable de lire les conditions générales du site en question pour avoir la possibilité de faire le bon choix. Pour finir, il est fortement conseillé de paramétrer vos comptes afin d’avoir un meilleur contrôle sur vos données. Maintenant vous savez tout ce qu’il faut savoir, votre confidentialité est désormais entre vos mains.