La liberté d’expression face aux réseaux sociaux

Margaux De Ré 2020 ©

La liberté d’expression remise en cause

Margaux De Ré, députée bruxelloise du parti Ecolo qui nous dit « La liberté d’expression est une valeur fondamentale, au cœur des valeurs de la démocratie. Une autre valeur fondamentale de notre société est le respect de l’autre. Raison pour laquelle il existe des lois qui fixent précisément ce qui est une atteinte à l’intégrité d’une personne : l’attaquer sur base de son genre (loi sur le sexisme), son origine, sa religion, son orientation sexuelle, sa validité physique, tout ça est illégal. »

Cyberharcèlement

Les femmes plus touchés que les hommes

Un rapport de l’ONU a été fait montrant que plus de 73% des femmes ont déjà été exposées à du cyberharcèlement sur la toile. Les femmes sont 27 fois plus susceptibles de se faire harcelés sur les réseaux que les hommes.

Un autre rapport de European Women’s Lobby montre que les femmes sont plus susceptibles de se faire rabaisser, insulter ou même recevoir des choses qu’elles n’ont pas demandé.

Amnesty International a aussi réalisé une étude dans huit pays qui a démontré que 76% des femmes ont déjà subi du harcèlement en ligne. Par la suite elles ont modifié leurs comportements face à ceux-ci.

Les différents types de cyber-harcèlement

Le cyber-harcèlement compte différents types. La première forme est l’intimidation. Qui est de faire peur à la victime et prendre du pouvoir sur elle. Les sextos est le fait d’envoyer pleins de messages répétés à la personne visée avec un contenu sexuel.
Il y a les vidéos de lynchage qui est le fait de filmer une agression physique ou un moment d’intimité et de par la suite le poster sur les réseaux sociaux. Le harcèlement a pour but de toucher le mental de la victime en lançant des rumeurs, en mettant des choses vexantes, dégradantes ou même blessantes sur elle sur les réseaux publics. Le flaming est lorsqu’on diffuse des images choquantes ou de méchants commentaires.

Conséquences

Le cyberharcèlement apporte deux types de conséquences d’après Mme De Ré :
«La première conséquence que vivent beaucoup de personnes quand elles sont confrontées dans cette situation en ligne, c’est de modifier leur comportement, de développer des stratégies d’évitement. Elles ne vont pas faire certaines choses : éviter d’être dans une situation négative par la suite, éviter d’exprimer ses sentiments, ses idées ; éviter d’aller dans certains endroits où l’on pourrait la photographier ce qui empêcherait toute diffusion et médiatisation »

Elle-même ayant vécu du cyberharcèlement raconte : « J’ai fortement développé une sorte de contrôle permanent de tout ce que je dis, tout ce que je fais pour être sûre que je ne me mets pas en danger »

Deux personnes défendant Margaux De Ré après son départ de Twitter

La deuxième conséquence est énormément de stress, beaucoup d’anxiété, de questionnements.

Les conseils de Madame De Ré

Il faut être responsable de ce qu’on dit et se mettre à la place de la personne à qui on écrit par exemple «Est-ce que je vais la blesser ? Est-ce que je vais heurter la personne? »

Margaux De Ré lors d’une réunion Zoom. Margaux De Ré©

Faire attention à nous même,à l’image qu’on met sur les réseaux. Il faut toujours protéger les données que nous mettons en ligne.

Il faut faire comprendre à tout le monde que les réseaux restent dans un cadre légal et que des lois empêchent le racisme, le harcèlement sur ceux-ci.

Avoir le réflexe de prendre des captures d’écrans et de conserver les preuves au cas où la personne harcelée souhaite porter plainte.

Les lois sur la liberté d’expression sur les réseaux

Les lois sont mises en place pour que la liberté d’expression soit respectée.
Il y a la loi antiracisme. Elle est là pour réprimer les actes racistes fondés sur l’ascendant, la couleur de peau, la nationalité, l’origine.  Elle interdit les propos qui vont inciter à la haine ou à la violence, par rapport aux actes fait à une personne ou un groupe de personnes.

Il y a la loi de l’auto discrimination qui interdit la discrimination. Cette loi est faite pour réprimer les actes discriminatoires sur l’âge, l’état civil,la langue parlée, l’origine, s’il y a un handicap,
un caractère physique ou génétique, l’état de santé…

Et depuis le 22 mai 2014, il existe une loi pour lutter contre le sexisme. Cette loi concerne autant les propos tenus dans la vie courante que sur les réseaux sociaux. Elle condamne les actes tels que des insultes ou des gestes obscènes. On ne peut réagir que si c’est dans des lieux publics ou visibles (les réseaux sociaux sont considérés comme des espaces publics). L’harceleur va principalement viser les femmes dans le but de leurs nuire. Il va tout faire pour les humilier ou les mépriser.

Les réseaux sociaux commencent à interdire

Chaque réseau social voit ce genre de choses et les gère différemment sur la liberté d’expression Instagram, Whatsapp et Messenger ont été racheté par Facebook, dont le grand Zuckerberg est le patron. C’est lui qui gère donc les quatres réseaux sociaux.

Depuis quelques mois maintenant, Facebook a décidé d’être attentif aux messages, aux contenus tels que de la violence, des menaces, de l’intimidation et de harcèlement que certaines personnes peuvent mettre. De directement ou après plusieurs signalements, supprimer les comptes de celles-ci.

Twitter lui a mis en place une nouvelle option sur leur plateforme qui est tout simplement de pouvoir décider de qui répond à leurs tweets ou simplement si seules lespersonnes citées dans le tweet peuvent répondre. 

Début juin, Snapchat  lui a préféré faire attention aux propos que tenait l’ancien président des USA, Donald Trump. En retirant ses stories de ce qu’on appelle les Discover. Le discover est l’endroit où toutes les stories de personnes connues sont mis.

Et enfin Tiktok lui ne voit pas les choses exactement pareil et à énormément d’histoires avec la liberté d’expression.

Tiktok supprimé.

L’application chinoise a eu énormément de problèmes avec 3 pays différents. Tel que les Etats-Unis, l’Inde et l’Égypte. L’Egypte a décidé de mettre des contrôles plus stricts sur Internet avec ça ils peuvent surveiller ce que la population fait sur les réseaux sociaux.

L’inde, elle a décidé de carrément supprimer et d’interdire l’application dans son pays, pour elle cette application et 58 autres étaient menaçantes au niveau de la sécurité et de la souveraineté pour leur pays.

D’après les Etats-Unis, l’entreprise chinoise ByteDanse, qui tient Tiktok, serait contrôlée par le gouvernement chinois. Et pour eux, le gouvernement chinois espionnerait les individus chinois et les entreprises chinoises. Les armées américaines ont déjà banni sur les téléphones donnés par l’Etat la connexion à ce site. Trump était censé l’enlever le 12 novembre dernier mais un Juge a accordé une injonction pour empêcher les autorités de bloquer l’application.

Maintenant, vu que M.Trump n’est plus élu c’est à voir si le gouvernement de Biden choisi de l’enlever ou non. Histoire à suivre…

Néanmoins, il ne faut pas oublier que différentes lois existent pour se défendre contre le cyberharcèlement. Les utilisateurs d’internet doivent porter attention à ce qu’ils écrivent sur les réseaux sociaux. On voit qu’ils commencent à se conscientiser eux même sur ce qu’il pourrait se passer sur les différentes applications. Beaucoup de cyberharcèlement ont été recensé depuis quelques années et cela a causé beaucoup d’incidents graves en Belgique.


En savoir plus

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Racisme et réseaux sociaux

Les femmes sur Twitter

Limiter les contenus haineux

Angioi Rachel, étudiante de 18ans en communication à l’ISFSC.

Angioi Rachel 2020©

Liberté d’expression : un pilier pour nos journalistes et politiciens

La liberté d’expression en 2020 en Europe est plus fragile qu’on ne le pense. Cette liberté varie en général de pays en pays en fonction des différents régimes totalitaires, démocratiques ou encore dictatoriaux. Certains d’entre eux ruinent cette liberté de s’exprimer et ne respectent en aucun cas cet état de droit que nous avons en Belgique. Avoir cette opportunité ne nous permet pas d’en abuser pour autant.

Quelles limites devrons-nous nous mettre pour éviter ces régimes? D’après Michel De Maegd, ancien journaliste et actuel député fédéral :  » la liberté d’expression n’a qu’une seule limite, la loi. ». Pour lui, c’est la seule limite imposée, chaque individu a l’opportunité de s’exprimer tout en la respectant. Toutes autres limites seraient subjectives et favoriseraient de sérieuses critiques.

Qu’est-ce que la liberté d’expression ?

Considérée comme une liberté fondamentale, la liberté d’expression est inscrite dans la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme (ONU 1948, article 19) : « Tout individu a droit à la liberté d’opinion et d’expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre sans considérations de frontières les informations et les idées par quelque moyen d’expression que ce soit. »

Elle suscite donc de nombreuses critiques; pourtant il suffirait de se rendre compte de la chance qu’on a d’avoir un régime comme celui là. Comme Michel De Maegd l’a affirmé : « Il suffit de voyager pour voir que c’est un luxe de faire partie d’un régime démocratique. ». On peut le remarquer dans certains Etats où voyager dans le monde n’est pas autorisé. Des Etats vivant la dictature comme la Biélorussie. Pourtant, malgré ces avantages, nous sommes loin d’un régime stable.

D’un point de vue politique

Un député est un élu du parlement qui contrôle le gouvernement et travaille pour le législatif. Il a comme tout citoyen le besoin de contre-pouvoir en dénonçant certaines failles du gouvernement. L’affaire du Samusocial à Bruxelles est un bon exemple car il a été dénoncé par des députés bruxellois. 

La liberté est mouvante à travers nos époques et ses différents régimes qui évoluent au gré des votes des électeurs, des crises telles qu’on le vit aujourd’hui avec la crise sanitaire (Covid 19) et des humeurs des électeurs. Cette évolution alimente le complotisme ainsi que les populismes au sein des états. Ce droit est constamment mis en danger et ne peut pas se reposer sur ses lauriers. Tout de même, d’après Michel De Maegd, il est bien loti en Belgique car il est protégé par la loi qui a évolué au fil des années pour avoir un effet le plus optimal possible. 

Cette profession de politicien n’est tout de même pas à l’écart de certaines critiques. Certains partis comme les partis extrémistes mettent en danger cette liberté d’expression. Ainsi que quelques pays de l’union Européenne qui ne respectent pas le traité international de la convention de sauvegarde des droits de l’homme qui a été signé à Rome le 4 novembre 1950. La Hongrie ou la Pologne sont des exemples à ne pas suivre qui ne respectent pas ce traité. Des zones LGBT free font preuve de discrimination à l’encontre des homosexuels, des transgenres, des gays et des lesbiennes, tout ça au sein même de l’Union Européenne. Cependant, il est tout à fait autorisé de défendre ces idées tout en la respectant, ce que certains partis n’arrivent pas à faire. Ces groupements politiques abusent du pouvoir qu’ils ont pour faire régner leur opinion sans tenir compte de l’opinion des autres citoyens. 

D’après Michel De Maegd : « Je crains l’instrumentalisation de mes propos, j’ai peur que l’on ne prenne qu’une partie de phrase. ». C’est malheureusement le désavantage de notre génération, une génération basée sur des titres trompeurs, une génération qui ne vit que par les réseaux. Comme on le sait, les réseaux sociaux ne donnent pas souvent les bonnes informations. Les pièges aux clics est l’un des exemples les plus explicites. Des titres exclusivement destinés à attirer l’attention d’un maximum d’internautes. Une solution pour ce problème pourrait être d’inscrire la neutralité d’internet dans la loi et les règlements. Le 15 août 2016 le débat était sur la table de l’international Federation of Library Associations and Institutions (Ifla). 

Michel De Maegd
Ancien journaliste et actuel député fédéral
Photo prise pendant l’interview par Eugénie Cayphas, 1ère

D’un point de vue journalistique

Un journaliste est une personne qui recherche, écrit, vérifiant les informations afin de distribuer une information de manière pertinente. D’après Michel De Maegd : « Un bon journaliste est curieux, historien de la semaine, indépendant, se soucie de la vérité et ne tombe pas dans la facilité. »

Cette profession de journaliste demande beaucoup de neutralité et d’objectivité. Ces deux notions permettent aux journalistes de faire abstraction de leurs pensées, leurs émotions, leurs convictions pour faire en sorte de rédiger un article neutre des faits énoncés d’actualité ou passés. Il ne peut pas se permettre de sortir une information orientée politiquement, par exemple, sauf si le journal lui-même l’est. Toutefois, certaines situations plus délicates telles que des attentats, des massacres, leur permettent de mettre leur neutralité de côté. Ils restent humains, et comme tout autre citoyen, ils ont des sentiments et de l’empathie. Comme le philosophe britannique Hume déclarant que ces deux vertus permettent de fonder un jugement. Grace aux sentiments moraux, on va faire la distinction du bien et du mal. On observe les faits et, par empathie, l’idée que nous avons devient une impression, et c’est par cette impression que nous ressentons un sentiment et que nous élaborons un jugement moral. Ainsi les éditoriaux constituent des articles où ils donnent leur avis, font des commentaires,… 

Faisant partie aussi du contre-pouvoir, un chroniqueur a la capacité d’éclaircir les failles, les enquêtes, les faits de corruption en étant libres d’agir « en étant loyal » comme l’a annoncé Michel De Maegd pendant notre interview. Le journalisme a été défini comme « Quatrième pouvoir », opposition aux trois autres pouvoirs de l’état (le législatif, l’exécutif et le judiciaire). Pourtant, il n’a rien à voir avec eux. C’est là qu’on se rend compte du pouvoir qu’ont les journalistes, et aussi le danger que cela représente. C’est pour ces raisons que des lois et des règlements sont mis en place pour faire en sorte de ne pas abuser de cette « puissance ». La déontologie journalistique permet elle aussi d’éviter les excès en matière de médias. Aussi appelé Conseil de presse, il veille à ce que les journalistes respectent les règles établies par différents membres de cet organe.

La liberté d’expression n’est limitée que par la loi. La convention des droits de l’homme et la constitution le précisent. Certaines autres lois publiées dans le moniteur Belge telles que la constitution Belge Art. 19 et 25, sont aussi là pour l’encadrer. Les insultes, les diffamation, le racisme, la xénophobie… sont des exemples d’expression toute à fait interdites sous peine de sanctions. Mais Est-ce qu’elle sera un jour sans limites? La liberté d’expression suscitera-t-elle toujours autant de critiques? Disparaitra-t-elle un jour?

Pour en savoir +

Michel De Maegd n’est pas le seul journaliste a s’être redirigé vers le monde politique. Florence Reuter actuellement Bourgemestre de Waterloo et ancienne journaliste pour RTL-TVI. Ainsi que Siegfried Bracke, une ancienne figure emblématique de la VRT et actuel président de la Chambre des représentants en Belgique. Deux autres présentateurs de la RTBF Anne Delvaux et Olivier Maroy ont eux aussi quitté cette profession pour exercer des fonctions politiques.

Eugénie CAYPHAS
Je suis âgée de 19 ans. Je suis étudiante en 1e année de communication à l’ISFSC.

Webographie :

(1) Observatoire de la déontologie de l’information. Création du Conseil de déontologie journalistique et de médiation le 2 décembre. (consulté le 17 décembre 2020). Disponible à l’adresse : https://www.odi.media/les-articles/creation-conseil-de-deontologie-journalistique-de-mediation-2-decembre/

(2) Rédaction RTBF. Liberté d’expression : quelles sont les limites? Que dit la loi?. Dans : RTBF info. 15 janvier 2015 (mis à jour le 14 janvier 2015). (consulté le 17 décembre 2020). Disponible à l’adresse : https://www.rtbf.be/info/societe/detail_liberte-d-expression-quelles-sont-les-limites-que-dit-la-loi?id=8722028

(3) MERCIER, Arnaud. Pourquoi une information ne sera jamais totalement objective. Dans La revue médiatique. 28 mars 2019 (mis à jour le 9 avril 2019). (consulté le 17 décembre 2020) Disponible à l’adresse : https://larevuedesmedias.ina.fr/pourquoi-une-information-ne-sera-jamais-totalement-objective

(4) FETTWEIS, Maxime. Ces célébrités belges qui se sont engagées en politique. 12 janvier 2018 (mis à jour le 13 janvier 2018). (Consulté le 18 décembre 2020) Disponible à l’adresse : https://www.rtbf.be/info/belgique/detail_oprah-winfrey-fera-t-elle-comme-ces-celebrites-belges-qui-se-sont-engagees-en-politique?id=9809527

(5) DAAM, Nadia. Les journalistes doivent-ils et peuvent-ils être objectifs ? 30 juillet 2019. Dans : France inter. (Consulté le 18 décembre 2020) Disponible à l’adresse : https://www.franceinter.fr/emissions/le-debat-de-midi/le-debat-de-midi-30-juillet-2019

(6) Déclaration universelle des droits de l’homme. Le 10 décembre 1948. Dans : ONU. (Consulté le 16 décembre 2020). Disponible à l’adresse : https://www.un.org/fr/universal-declaration-human-rights/

(7) DE MAEGD, Michel. Le site de Miche De Maedg. 2020 (consulté le 28 novembre 2020 ). Disponible à l’adresse : https://micheldemaegd.be

(8) Euronews. Pologne : au coeur des « LGBT-free zones », porte ouverte au discrimination. 30 juillet 2020. (Consulté le 17 décembre 2020). Disponible à l’adresse : https://fr.euronews.com/2020/07/30/pologne-au-coeur-des-lgbt-free-zones-porte-ouverte-aux-discriminations

(9) AMNESTY INTERNATIONAL. Les limites de la liberté d’expression. 16 octobre 2016. (consulté le 18 décembre 2020). Disponible à l’adresse : https://www.amnesty.be/campagne/liberte-expression/liberte-expression/article/les-limites-a-la-liberte-d-expression

(10) CONSEIL DE L’EUROPE. Convention de sauvegarde des Droits de l’Homme et des Libertés fondamentale telle qu’amendée par les Protocoles n° 11 et n° 14. Rome, 4.XI.1950. (Consulté le 18 décembre 2020). Disponible à l’adresse : https://www.coe.int/fr/web/conventions/full-list/-/conventions/rms/0900001680063776