Le port du voile face à l’islamophobie, un combat sans fin.

Comme pour toutes les religions les pratiquants ont certaines traditions et devoirs. Dans ce cas-ci, le fait de porter le voile fait partie d’un des devoirs de la religion islamique.

Ce n’est peut-être pas un combat, mais pour elles ça l’est. Beaucoup de personnes ont peur de l’Islam car c’est une religion qui a énormément été critiquée durant ces dernières années, principalement à cause des djihadistes, des attentats, des terroristes, mais aussi suite aux nombreux taux de conversions à l’Islam incomprise. Déjà qu’elle n’est pas très appréciée, le fait que d’autres s’y convertissent n’arrange pas les choses, comme cité dans l’article de Corrine Terrekens sur le site Orela

La Belgique a 781 887 musulmans sans compter les convertit sachant que des habitants de pays musulmans comme le Maroc ou la Turquie ayant ont presque tous immigré dans des pays occidentaux comme la Belgique selon les pourcentages de Syvie-Anne Goffinet. Dans ces pays où la religion dominante n’est pas l’Islam, quelques interrogations se posent telles que : « Quel est le réel problème ? Est-ce la religion, le voile ou le fait d’être face à un sujet qui nous est inconnu ? »

Les différents voiles

D’après Souad Razzouk mon interviewé, le voile intégral fait peur aux personnes non musulmans ou tout simplement aux personnes n’ayant aucune connaissance en la matière. Dès l’instant où il y a une différence quelconque on se crée des barrières. Qu’on le veuille ou non la différence fait peur.

Il est vrai que le Coran exige de porter le voile jusqu’à la poitrine mais pas le voile intégral tel que la Burqa ou Niqab. Elles ne le portent certes pas par obligation mais par envie comme l’explique Delphine de Mallevoue sur le site lefigaro. Et malheureusement ça pose un problème entre musulmans mais également entre les non musulmans car tout le monde interprète le Coran et ses versets à sa manière. Certains disent que c’est obligatoire et d’autres non. On remarque même que les convertis d’origine française ou autre, sont la plupart du temps celles qui portent le voile intégral et encore une fois cela pose problème entre eux car sans le vouloir elles font du tort à leur communauté car cette tenue laisse penser aux moins renseignés que l’Islam garde des pensées arriérées, tout comme le fait comprendre le texte du site la libre.

Le voile est un accoutrement qu’on retrouve dans différentes religion :

Dans le domaine de l’emploi

Malheureusement le regard actuel que l’on porte dans notre société sur la religion musulmane est loin d’être toujours positif comme déjà dit plus haut, en effet, selon Jean-Philipppe Schreiber lors de son article sur ORELA un Belge sur cinq estimes qu’il y a trop d’immigrés dans la société mais également lors d’une enquête toujours sur le même site on remarque que six Belges sur dix trouvent que la communauté musulmane en Belgique présente une menace pour l’identité du pays. Certaines en ont même du mal à évoluer dans le domaine de l’emploi, on parle bien de discrimination à leur égard autrement dit de la discrimination directe. Les femmes voilées se font exclure du marché du travail sauf en ce qui concerne les travaux de types agents d’entretien, entretien de personnes âgées, etc. 

Nombreuses parmi ces femmes, veulent partager leurs pensées. Voici une pensée de l’une d’entre elles travaillant dans la restauration et portant le voile depuis 6 ans : « beaucoup de femmes voilées s’empêchent de faire de grandes études pour la simple et bonne raison qu’elles savent pertinemment qu’elles devront enlever leurs voiles d’un moment à l’autre. Je suis désolée mais je ne trouve pas ça normal dans le sens où je suis née et ai grandi en Belgique. Je n’arrive pas à comprendre comment les femmes voilées arrivent toujours à être discriminées. Le simple fait de partir postuler pour un job étudiant, je reçois énormément de refus à cause de mon voile, mais quand je propose à contrecœur de retirer mon voile durant mes heures de travail, ça leur fait tout de suite changer d’avis. Pourquoi ? ».

Dans notre société les femmes voilées sont jugées et classées directement, on pourrait penser qu’une femme voilée n’est bonne qu’à être une femme au foyer et soumise à son mari si l’on suit les clichés à leur égard, qu’elles soient soumises ou pas cela ne regarde qu’elles. Je ne voie pas le combat politique, mis à part d’avoir des préjugés et de vouloir discriminer, lorsque tu es une femme voilée tu te sens oppressée par les médias, la société et le monde extérieur. Elles ont l’impression de porter une bombe prête à exploser, un fardeau sur leurs têtes or que c’est juste un tissu avec une signification spirituelle, intime. Le système de maintenant est un système aussi vieux que le monde, si on pouvait changer quelque chose, ce serait tout le système depuis le début car au final, c’est la source de tous les conflits avec pour impression que personne ne fait rien pour y remédier comme l’a soulignée Souad Razzouk. Les vraies questions à se poser au sujet des femmes voilées sont : Pourquoi dans certaines entreprises ou même dans certains pays une femme voilée ne pourrait pas travailler tout en gardant son voile ? Est-ce que le fait de porter son voile aura un réel impact sur son travail ?

La communauté musulmane devrait se serrer les coudes, et tous ensemble devraient se défendre avec le moins d’hostilité possible afin d’expliquer que cette religion mérite autant de respect qu’une une autre, qu’ils ne sont pas tous comme les médias essaient de le faire croire à travers cette image dégradante de l’Islam.

Sommes-nous islamophobes ? 

Généralement quand on parle de racisme c’est souvent la caricature du blanc contre le noir, alors qu’en réalité ce combat concerne toutes races de personnes, autrement dit toutes personnes non blanches face à une personne blanche ou tout simplement face au système occidental qui l’encadre. On oublie aussi trop souvent de dire qu’elles sont avant tout des personnes avec un cœur et des états âmes, qui reçoivent un nombre incalculable de commentaires de haine, mais qui ne disent rien par peur ou craintes de représailles. Prenons le cas de cette jeune fille Yasmine qui a également souhaité faire un témoignage. Alors qu’elle n’avait que 15 ans à l’époque, lors d’un rendez-vous chez son gynécologue où elle s’est présentée en retard cette dernière s’est permis de lui dire mot pour mot « Je ne vois pas pourquoi tu portes le voile, c’est une décision que tu devrais prendre lorsque tu atteins un âge de maturité, c’est-à-dire 18 ans (selon la gynécologue), au lieu de te focaliser sur ça essaie plutôt de venir à temps à tes rendez-vous. Le voile n’a pourtant rien à voir avec son retard mais ce sont des commentaires comme ceux-ci qu’elles doivent encaisser durant lors de leur quotidien. 

Voici une confrontation entre Abd Malik et Guillaume Peltier qui porte de terribles propos sur la femme voilée encore une fois, le manque de connaissances à créer des incompréhensions.

Guilaume Peltier porte parole de la campagne de Philippe De Viliers

On retrouve dans l’article d’Alain Dremiere, que pour 74% des gens l’Islam n’est pas tolérante, qu’elle voudrait s’imposer et qu’aujourd’hui apparaît un rejet de toutes les différences culturelles car les gens sentent que leurs sociétés seraient arrivées à bout et qu’ils vont droits vers un monde qui leur est inconnu. La Belgique aurait-elle donc peur de l’Islam ? Ce qui expliquerait son comportement xénophobe face à cette religion.

Espérons que les femmes voilées auront tôt ou tard la place qu’elles méritent.

Victoria Choza Nawezhi, 1e Bac Communication, 20 ans, Congolaise, Chrétienne

Crime, honneur et malheur.

C’est bien connu, le malheur des uns fait le bonheur des autres. Et c’est dans des clans qui exécute ce que l’on appelle, un crime d’honneur, qu’on l’illustre le mieux. Ces clans ont pour but de récupérer leur honneur qui, selon eux, aurait été souillé par l’un de leurs membres en ayant refusé de suivre une certaine directive. La plupart de ces crimes sont connus pour être des féminicides et chaque année dans le monde 5 000 femmes meurent suite à un crime d’honneur.

Le crime d’honneur est une forme de justice aussi absurde cela puisse paraître. Seulement, cette justice agit par la violence et ce n’est pas parce que c’est une justice pour certains, qu’elle est forcément juste pour tous.
Mohamed Hassan CC by CCO – 18 septembre 2018.

En Belgique, le premier crime d’honneur reconnu a lieu en 2007, c’est celui de Sadia Sheikh, jeune belge d’origine pakistanaise, son crime fut d’être tombé enceinte hors mariage, exactement deux ans avant son assassinat. La voyant comme souillée, sa famille décida de la marier de force et c’est seulement à l’âge de 20 ans que Sadia fut mariée. Mariée à un cousin éloigné vivant au Pakistan, la procédure se fit via internet. Plus tard, quand sa famille lui avait annoncé qu’elle devait aller au Pakistan pour officialiser son mariage, ce n’est qu’à ce moment qu’elle prit conscience de ce qui lui arrivait, elle prit donc fuite. A la suite de son meurtre plusieurs versions sont données, mais ce dont on est sûr c’est que lors d’un court retour chez ses parents après sa fuite, son frère lui tira dessus à plusieurs reprises et ce fut le jour où elle donna son dernier souffle.

Dans la convention d’Istanbul on retrouve des valeurs qui ont pour but d’éradiquer les préjugés sur les coutumes qui prônent un rôle inférieur de la femme vis-à-vis de l’homme. Bien sûr d’autres sont du même avis et dénoncent ces traditions différemment. Stephan Streker par exemple, réalisateur et scénariste belge qui sortit 10 ans après le décès de Sadia Sheikh un film intitulé Noces. L’histoire est inspirée de divers crimes d’honneur dont celui de Sadia Sheikh, il y dénonce les crimes d’honneur en montrant qu’il n’existe pas d’homme qui puisse être un monstre, mais qu’il existe uniquement des situations monstrueuses, il démontre au public que ce n’est pas parce que des traditions sont différentes, que cela fait spécialement du criminel/tueur le méchant de l’histoire. Voilà donc un film aussi riche en émotions qu’en réflexion que vous pourrez ajouter à votre liste de films en famille.

Le 10 décembre 2019, Dominique Deshayes coordonnatrice des droits des femmes chez Amnesty francophone rappelle lors d’une interview que : « La tradition ne peut jamais être une excuse à la violation des droits humains« , cette citation est inspirée de l’article 12 de la DUDH laquelle fut déclarée il y a de cela 71 ans jour pour jour. Elle précise aussi que : « Ce n’est pas parce que c’est traditionnel, que couper le clitoris des petites filles est autorisé. Ce n’est pas parce que le mariage forcé est traditionnel, qu’il est forcément autorisé« . L’article 12 stipule que nul ne sera l’objet d’immixtions(1) arbitraires dans sa vie privée, sa famille, son domicile ou sa correspondance, ni d’atteintes à son honneur et à sa réputation.

Amnesty c’est quoi ?

Amnesty de son nom complet Amnesty international (Belgique), est une organisation de défense des droits humains qui débute par la défense de deux étudiants au Portugal qui avait fait l’erreur de trinquer à la liberté lors de la dictature de Salazar(2). Ces prisonniers politiques et religieux attirèrent l’attention de Peter Benenson à l’époque avocat de 39 ans déjà réputé internationalement. Il envoya maintes lettres au gouvernement portugais pour les amnistier(3), il fit de même dans plusieurs autres pays et c’est alors que vit le jour des prisonniers oubliés le 28 mai 1961 dans un hebdomadaire anglais, The Observer sort, autrement dit, le premier article d’Amnesty.

De quoi devrion-t-on prévenir les plus jeunes ? Excision, mariage forcé et crime d’honneur. Ce sont des termes dont la plupart des jeunes n’ont jamais entendu parler et qui pourtant sont présents tout autour d’eux sans même qu’ils en aient conscience. Et malheureusement d’autres jeunes, dans leur école, leur quartier, ou même l’enfant de l’un de vos proches, certains y sont encore confrontés juste là, sous vos yeux, sans même que vous vous en aperceviez.

Aussi ancienne soit cette pratique, le mariage forcé est toujours d’actualité, on compte jusqu’à 700 millions de femmes mariées de force avant leur majorité et ce même si ça va à l’encontre des droits de l’Homme. Et bien heureusement, on peut observer une baisse du nombre de mariages forcés comparé à chaque année.

Education à la Vie Relationnelle, Affective et Sexuelle.

Obligatoire en Belgique depuis 2012, autrement dit, l’EVRAS, a pour but d’informer les plus jeunes sur leur vie relationnelle, affective et sexuelle tout en passant par des plannings familiaux. L’accompagnement des jeunes vers l’âge adulte est de plus en plus négligé, une étude menée par PROMES-ULB et par FUNDP a prouvé qu’il y avait une disparité des initiatives et du temps octroyé à l’EVRAS dans les écoles, mais surtout dans les écoles professionnelles qui sont tout autant concernées.

La convention d’Istanbul.

En 2011, la convention d’Istanbul est mise en œuvre afin de contribuer à la prévention et à la protection des femmes contre toute violence. L’Istanbul, la Turquie et les Etats membres du Conseil de l’Europe sont les seuls pays à avoir signé cette convention. Ces parties ont pour but de veiller à ce que l’honneur traditionnel ne soit pas la justification de tout acte agressif. En Belgique, c’est seulement en 2016 qu’elle fut ratifiée. On peut notamment y retrouver de nombreux dires sur les mariages forcés.

Pour conclure on notera que le crime d’honneur peut être retrouvé sous d’autres formes que le féminicide, comme par exemple la loi de Talion que l’on retrouve en Albanie et qui a pour but une vengeance par le sang ou par la fortune. Le seul bémol avec cette loi est qu’elle est officiellement reconnue en Albanie et qu’il n’y a donc pas de réelle justice pour s’en protéger. De plus on peut ajouter qu’il est important de prévenir nos jeunes sur ce type de situation car malheureusement il existe des cas où la victime ne sait pas qu’elle est une victime, elle accepte son sort car elle l’a vue se réaliser sur d’autres personnes avant elle, voilà la pire situation sur laquelle on pourrait tomber en essayant d’aider son prochain, une situation où la victime pense que ce qui lui arrive est normal.

(1) Action de s’immiscer dans les affaires d’autrui.

(2) De son nom complet Antonio de Oliveira Salazar est une ancienne figure centrale du régime autoritaire au Portugal de 1928 à 1933.

(3) Issu du terme amnistie, signifie du législateur un acte qui efface rétroactivement le caractère punissable des faits auxquels il s’applique.

Moi Erika, 20 ans, 1m78.

Jeune bruxelloise d’origine congolaise, militante durant mes heures perdues et néanmoins rêveuse à temps plein, je suis étudiante en première bachelier à l’ISFSC en communication et même si je ne sais pas encore ce que je compte faire plus tard, une chose est sûre, j’ai une grande soif de savoir, de liberté, mais surtout, des rêves pleins la tête à réaliser.

Religion, facteur de paix ou de guerre ?

CHUSSUK. Religious Jokes [illustration], le 20 juin 2011. Dans : Ludicorp. Flickr [en ligne]. [Consulté le 21 décembre 2019] disponible à l'adresse : https://www.flickr.com/photos/schussuk/5854329632/
CHUSSUK. Religious Jokes [illustration], le 20 juin 2011. Dans : Ludicorp. Flickr [en ligne]. [Consulté le 21 décembre 2019] disponible à l’adresse : https://www.flickr.com/photos/schussuk/5854329632/
On entend de tout et partout … Alors la religion a-t-elle le même impact sur les citoyens qu’auparavant, une chose est sûre c’est qu’elle fait débat. Mais jusqu’où ira-t-elle et à quel prix, ou plutôt qui est véritablement responsable de tous ces déboires ?

La religion au cœur de la société

Croyance et rite, constituent les religions qui sont des phénomènes humains. Réunit par une similarité de croyances et partages, de certaines pratiques. « C’est depuis les années soixante, que l’impact de la religion catholique en Belgique a fortement régressé au sein de la société. Passant d’une majorité des individus qui fréquentait chaque dimanche un lieu culte, à 4% de fidèles hebdomadaires » souligne Caroline Sagësser docteure en histoire (1). En aucun cas, son intérêt médiatique a pu s’essouffler. En sachant pertinemment que le plus gros groupe convictionnel en Europe est celui des non-religieux.

C’est depuis l’apparition de l’immigration, qu’est survenue une diversification du paysage convictionnel. On assiste à quelque chose de relativement neuf, où de nombreuses personnes regardent l’islam comme une nouvelle religion. « Aujourd’hui les musulmans sont en Belgique depuis 60 ans, pour beaucoup il y a cette idée-là on se découvre, on se connaît mal. Dû à un manque de cours qui traite l’inter religieux et ce dès l’école primaire. Comme chaque année, le ramadan est traité comme une pratique étonnante qui crée la polémique ». Les médias s’y intéressent tant, car Bruxelles et de nombreuses autres villes sont devenues multiculturelles.

ALTMANN, Gerd. Religion [illustration], le 18 janvier 2009. Dans : BRAXMEIER, Hans, STEINBERGER, Simon. Pixabay [en ligne]. [Consulté le 20 décembre 2019] disponilbe à l'adresse : https://pixabay.com/fr/photos/religion-point-d-interrogation-3067050/
ALTMANN, Gerd. Religion [illustration], le 18 janvier 2009. Dans : BRAXMEIER, Hans, STEINBERGER, Simon. Pixabay [en ligne]. [Consulté le 20 décembre 2019] disponilbe à l’adresse : https://pixabay.com/fr/photos/religion-point-d-interrogation-3067050/

1789 une grande date à l’échelle mondiale

Après de nombreuses années, la liberté de religion arrive lors de la Révolution française en 1789. Depuis longtemps, les citoyens restaient dans le milieu où ils sont nés. Le chemin était linéaire et tout tracé, si vous veniez d’une famille catholique la case départ était : le baptême, puis l’école catholique, la confirmation, le mariage, etc. Maintenant, les églises n’imposent plus cette forme de discipline et l’être humain a la liberté de changer. Faire des allers/retours, il est tout à fait concevable qu’un bouddhiste s’intéresse à l’islam. Chaque personne a un chemin de vie beaucoup plus complexe, amené à rencontrer forcément d’autres personnes ne fût-ce que par les mariages mixtes des liens se créent. C’est incontestablement que les religions unissent les hommes, que ce soit au sein d’une religion ou pour l’humanité tout entière. Mais cela dépendra de leur capacité à créer des liens avec les autres.« Aucune hiérarchie entre les religions n’est créée, sur la base de potentielles plausibilités de leurs croyances. On ne classe pas les religions en donnant des bons ou des mauvais points, ni même en portant un jugement sur la qualité d’une d’entre elles, en fonction de son contenu ». Le contenu même de la doctrine, regarde uniquement le croyant sans porter de jugement là-dessus. Tout dépendra toujours de ce que les hommes en font, en revanche plusieurs éléments peuvent être mesurables comme : le nombre d’adeptes, l’influence de la religion sur un état politique, les productions littéraires, etc.

Campus protestant. Peut-on, comparer les religions ? [vidéo en ligne]. Dans Youtube. Le 30 avril 2019. [ Consulté le 9 décembre 2019] Disponible à l’adresse : https://www.youtube.com/watch?v=jjeCIKb565k

La religion est prise en otage par l’homme

Il est indéniable que dans chaque religion ressort cette tentation du radicalisme. Cette opposition à la différence qui peut mener à la violence. Mais si on fait un bilan des religions à l’échelle de l’humanité : est-il plutôt positif ou négatif ? Cela s’avère très difficile à juger. Car il faut prendre en considération que la religion apporte beaucoup de réconfort, à toute une série de personnes. Cela est-il vraiment un facteur de paix, en tout cas on peine à trouver des moments où la religion avait mené à la fin d’un conflit.

Les religions sont cruellement victimes de l’homme, c’est à eux que l’on doit sa nature. Le croyant est libre de donner une valeur absolue et littéraliste aux écrits. Comme de tout simplement, ne pas les prendre au pied de la lettre. Les religions sont des structures créées par l’homme, à l’image de l’humanité. Oui, il y a des interprétations très ouvertes et d’autres fermées voire pacifistes. La religion est quelque peu prisonnière de certaines traditions, dues aux systèmes patriarcaux de l’époque. La société a évolué vers plus d’égalité, ce qui a du mal à passer. En cause des structures anciennes, plus conservatrices les unes que les autres qui vont mettre du temps à refléter l’évolution.

Quand la religion se mêle à la politique

L’histoire des deux derniers siècles, c’est l’histoire d’une séparation très douloureuse pour l’église. Historiquement, il n’y avait pas de différence entre la religion et la politique jusqu’à la Révolution française. Dans nos pays, seul le prince imposait la religion et tout le monde devait avoir la même. C’est une alliance entre le trône et l’hôtel qui fait que les deux pouvoirs étaient confondus. C’est après la Révolution française, qu’elles ont été séparées avec plus ou moins de profondeur. Face à cette séparation, le peuple comprendra que le pouvoir civil est une chose et que l’autorité temporelle en est une autre. De sorte que la politique n’est pas sous l’influence de la religion, afin de donner à chaque citoyen les mêmes droits.

EcolePolAplliquee. Religion et politique : quelle place pour le religieux dans l’espace public ? [vidéo en ligne]. Dans Youtube. Le 13 mai 2014. [Consulté le 12 décembre 2019] Disponible à l’adresse : https://www.youtube.com/watch?v=YUh34bJYPpw

*(1) Caroline Sagësser est docteur en histoire, et actuellement chercheuse au Centre de recherche et d’information socio-politiques (CRISP), où elle y a publié plusieurs ouvrages dédiés à la laïcité organisée et aux cultes. 

(2) Ses principaux thèmes de recherche sont : les cultes, la laïcité, l’histoire politique et le fonctionnement des institutions.

Il s’agit là de trois gros thèmes qu’elle aborde, à la suite duquel elle a participé à la publication de plusieurs ouvrages :

  • 2002 : Les pouvoirs à Bruxelles : Fascicule 1
  • 2004 : Les pouvoirs en Wallonie
  • 2004 : Public Authorities in Wallonia
  • 2008 : La diversité des cultes
  • 2009 : Les droits de l’homme : Notre tâche
  • 2010 : Le prix de nos valeurs : Financer les cultes et la laïcité en Belgique
  • 2011 : Culte et laïcité
  • 2014 : Le vivre ensemble à l’école : plaidoyer pour un cours philosophique commun
  • 2016 : Législatif, exécutif et judiciaire : les relations entre les trois pouvoirs

(3) Madame Sagësser, a travaillé pour l’Université Libre de Bruxelles (ULB) comme collaboratrice scientifique au Centre interdisciplinaire d’études des religions et de la laïcité (CIERL). Elle y a présenté une thèse de doctorat concernant le financement public des cultes au XIXe siècle.

A l’heure actuelle, elle est toujours en perpétuelle recherche et n’hésite pas à mettre ses connaissances en valeur pour les partager avec de nombreuses personnes. C’est pour cela qu’elle travaille également à l’Observatoire des religions et de la laïcité du CIERL.

@JacquetJonathan 1ère communication

Jacquet Jonathan, étudiant en 1 ère année de communication à l’ISFSC. A pour but de décrocher son diplôme, afin de devenir animateur télé/radio.

L’avortement: un droit, oui… Pour tous?

Aujourd’hui, 20 000 IVG (Interruptions Volontaires de Grossesse) ont lieu chaque année en Belgique. Pratique étant autorisée depuis 1975, qu’en est-il selon l’islam et le christianisme?

Bougies. Par AcaPioPin, Pixabay License, Adobe Stock.

L’avortement est un sujet qui gagne en visibilité dans notre société. Les opinions sur cette pratique importante, sont nombreuses.  

L’IVG est de plus en débatue… Si certains pays, par exemple la très catholique Irlande depuis décembre 2018, semblent adapter leur législation à cette réalité, d’autres, comme les USA, édictent de nouvelles règles qui rendent cette opération plus compliquée encore. (1)

Le choix de la religion face à celui de donner la vie

La question est: devrait-on être étonné venant d’un pays dont la religion considère cette pratique comme un meurtre? La réponse de Pascale Van Schel, Responsable du Centre de Planning familial Rosa Guilmot à Tubize, fut sans attente: “Enfin! Heureusement pour toutes ces femmes qui étaient obligées de prendre Ryan Air pour venir avorter en Belgique…”. Naima Haraq, médecin du centre, est d’accord. Selon elle, il était temps et ce qui est vraiment étonnant, c’est que le vote de cette loi soit si tardif.

Nos deux expertes l’affirment, pour elles, il est très important de pouvoir être libre d’arrêter une grossesse non attendue peu importe la religion. Le bien-être de la femme prime sur les obligations religieuses de celle-ci. Leur avis est l’avis de personnes non-croyantes.

La position du Vatican, est claire…. Non à l’avortement. En ce qui concerne l’Islam, un certain nombre d’Hadits mentionnent son interdiction et les punitions qui y sont liées dans le Coran. (2)

Car dans le christianisme  tout autant que dans l’islam, il est absolument interdit de mettre fin à la vie d’un être humain, peu importe les circonstances, cela serait considéré comme un péché.

Reste à déterminer à partir de quand, le foetus est-il réellement vivant et conscient. La question de l’âme présente ou non est fortement répétée sur internet. Le problème est qu’entre la médecine et chacunes des religions, les réponses à cette question sont très différentes.

Du point de vue de la médecine, l’embryon deviendrait vivant au moment où il se transforme en foetus. C’est-à-dire après trois mois de grossesse. Tandis que dans la religion chrétienne, il est considéré que dès la création de celui-ci, l’embryon existe et donc possède une âme. Quant à l’islam, celle-ci parviendrait au bout de 40 jours après fécondation.

Des changements à prévoir?

Depuis peu, la loi sur la durée de la grossesse autorisée avant l’avortement est discutée. La question est: faut-il allonger cette durée de 18 semaines plutôt que 12,  le délai actuel?

Les évêques de Belgique se sont exprimés inquiets face au changement probable de cette loi. Car selon la Conférence épiscopale, l’avortement deviendrait ainsi une intervention médicale ordinaire.

Là encore, nos deux expertes montrent leur désaccord. Madame Haraq s’explique:

Une femme qui va se faire avorter, elle ne trouve pas ça normal… Elle le fait par obligation.

L’avortement remis en cause par les religions

Bien que l’IVG soit une nécessité pour certains, elle reste néanmoins un meurtre aux yeux de l’Eglise. 

D’un point de vue chrétien, cela fait des années que le Vatican est clair sur ses opinions, il est contre l’avortement. Peu importe les circonstances, cela ne se réduit qu’à un simple assassinat sans aucune légalité morale ni religieuse. 

Chose étonnante, Le Figaro a publié ce 25/05/2019 (3), un article dans lequel le pape François affirme que l’humain dépasserait la religion pour prendre une telle décision.

D’un point de vue musulman, les opinions ne sont pas moins catégoriques. Cet acte serait également considéré comme infecte. Les seules raisons qui laisseraient éventuellement accepter l’avortement seraient que la mère soit en danger de mort ou bien lorsqu’un viol a été commis.

Et encore, cela ne passe que dans certains pays… Malgré nos avancées, l’intervention volontaire de grossesse reste très mal accueillie au sein de la communauté musulmane. 

Il y a donc beaucoup de subtilités selon chacune des religions. Elles s’accordent tout de même, sur le fait que cet acte reste un infanticide.

Ces différences d’opinions font place à des manifestations à tendance violente. Notamment en Amérique. Au Kentucky, une femme s’est faite lynchée, traitée de meurtrière par des manifestants lorsqu’elle s’apprêtait à avorter à l’hôpital de Louisville.

L’avortement: un débat politique, religieux et moral?

Le parti DéFI affirme avoir été le premier à avoir déposer la proposition de loi dans le but d’inscrire la laïcité de l’Etat dans la Constitution. La religion n’a donc pas sa place au sein des débats politiques tels que ceux-ci.

Mais cela n’est pas pour autant gagné pour ce parti, le Vlaams Belang et les partis religieux tels que le Cdh et le CD&V sont déterminés à maintenir leur non-accord face à cette proposition de changement de loi. Ce qui laisserait deviner que ce débat n’atteindra pas la majorité côté néerlandophone.

Joachim Coens a notamment fait appel « aux partenaires actuels et futurs du CD & V qu’un assouplissement de la loi avortement était pour son parti un gros problème. C’est un point de rupture« .

Leurs arguments ne font pourtant pas une fois référence à une quelconque religion mise à part lorsqu’ils évoquent un développement bien avancé d’un foetus qui atteint 18 semaines, et encore… Une autre de leurs craintes est que cela ne devienne qu’une simple contraception pour ces femmes. (4)

D’un point de vue politique, ce débat n’est décidément pas au goût des partis religieux. Mais cette réaction est-t-elle réellement liée à la religion? 

L’avortement est plutôt vu de manière morale que religieuse face à cet éventuel changement de loi, à son sujet. Madame Van Schels le confirme, ce débat doit être politique: “Je crois que ça doit rester du politique. Médicalement c’est possible, point. Mais c’est le politique qui doit agir…

L’IVG reste un sujet faisant place à de nombreux débats, tous autant politiques que religieux et moraux dans le monde. En voyant le nombre d’opinions qui diffèrent les unes des autres, ne serait-il pas plus judicieux d’imposer une limite pour tous et partout, pour ensuite laisser le choix à chacune de ces femmes, de prendre cette décision qui, finalement, n’appartient qu’à elles?

Nina Van Bever.

(1) « L’IVG dans le monde en 2019: entre multiplication des attaques et manque d’avancées législatives. », planningsfps.be, https://www.planningsfps.be/livg-dans-le-monde-en-2019-entre-multiplication-des-attaques-et-manque-davancees-legislatives/

(2) « L’avortement. », Muslimfr.com, 28 août 2001, https://muslimfr.com/lavortement/

(3) « Pour le pape, l’interdit de l’avortement est humain, pas religieux. », Le Figaro avec AFP, 25 mai 2019, https://www.lefigaro.fr/flash-actu/pour-le-pape-l-interdit-de-l-avortement-est-humain-pas-religieux-20190525

(4) « Réforme de la loi avortement », rtbf.be, 20 novembre 2019, https://www.rtbf.be/info/belgique/detail_reforme-de-la-loi-avortement-le-cd-v-promet-de-la-resistance?id=10369863)

Je m’appelle Nina Van Bever, j’ai 18 ans. Je suis étudiante à l’ISFSC en Communication, en 1ère année. Comme montré sur ma photo, deux des choses que je préfère sont les vacances et le soleil.