COVID 19 , les nouvelles mesures technologiques de surveillance . Quel est leur impacte sur nos liberté indivuelles et publiques ?

Image par Gerd Altmann de Pixabay

Différentes mesures de surveillance ont vu le jour dans le monde entier durant cette période de pandémie dont nous faisons face depuis plusieurs mois. En Belgique avec l’avènement d’une application de traçage qui a fait un flop certes mais est active, dans le reste du monde d’autre applications de traçage et de collecte de données sont utilisés . La question la liberté individuelle et surtout de la protection de nos données se pose .

Cette année ou plutôt ce milieu d’année a été chamboulé par un événement inattendu
qui a mis en pause pendant une période la planète entière. Inutile de rappeler
l’impact qu’a eu virus Covid 19 dans le monde et individuellement. Le confinement a été la mesure la plus directe pour lutter contre la propagation de ce virus mais un autre moyen a tout doucement mais surement pris sa place dans cette lutte. La technologie ,  ce moyen crée parle l’homme qui ne cesse d’évoluer avec le temps a souvent été notre fidèle allié. Mais beaucoup doutent de son utilité durant cette période parce que bien qu’elle puisse être utile elle pourrait tout aussi être défavorable aux liberté des citoyens.

Quels sont les modes de surveillances envisagés ?

Plusieurs états dans le monde utilisent des moyens technologiques numériques
pour géolocaliser la population. C’est le cas en Equateur ou le gouvernement
aurait autorisé le suivi GPS a des fins de surveillance pendant le confinement.
 En Israël , les autorités ont autorisés les services de sécurité à utiliser les données tirées des téléphones portables des personnes infectées et cela a déjà soulevé des inquiétudes liées au respect de la vie privée. L’Europe ne sort pas indemne de ces pratiques , en effets plusieurs pays dont la Belgique auraient recours à la collecte de données de localisation anonymisées ou agrégées fournie par des compagnies de télécommunication .

En terme de technologie de surveillance il n’y a pas que le traçage mobile mais également les Intelligence artificielles mégadonnées .

Plusieurs états se tournent vers ceux-ci  pour lutter contre le COVID-19. La Chine par exemple utiliserait une combinaison des scanners thermiques intelligents intelligents et de reconnaissance faciales dans les lieux publiques afin de suivre la propagation du virus .

En Pologne, le gouvernement a lancé une application visant à faire respecter les mesures de confinement à domicile. Selon des informations reçus par Amnesty internationale, elle enverrait des demandes de selfies qui seraient ensuite vérifiés par
reconnaissance faciale et par exploitation des données de localisation afin de
s’assurer que la personne en question n’enfreint pas le confinement .

Le danger avec cet outil est que l’Intelligence Artificielle pourrait augmenter le risque de discrimination et ainsi porter préjudice et discriminer des populations déjà marginalisées.

Apple et Google : Nos libertés au prix de notre santé ?

Application norvégienne de traçage - © HEIKO JUNGE - AFP
Application norvégienne de traçage – © HEIKO JUNGE – AFP

Les géants Apple et Google , ont collaboré en avril dernier à la création d’une application de tracking dans la lutte contre le Covid 19 . Prévue d’être utilisée à partir du mois de juin , cette nouvelle mesure n’est pas vue d’un bon œil par les défenseurs des libertés civiles .

La proposition des monuments de l’industrie informatique consiste en une application d’alerte, qui grâce à notre smartphone, nous préviendrait si nous rentrons en contact avec une personne malade . Le principe de tracer, de contacter les personnes qui ont été en contact avec une personne positive est l’un des éléments nécessaires dans le cadre de ce dé confinement.

Pourquoi nos libertés se sentent elles menacer ?

Différentes mesures de surveillance sont déjà d’application dans plusieurs pays depuis le début de la pandémie . Exploitation de données de contacts , ou encore géolocalisation , de manière anonyme ou agrégée. En Corée du sud ces nouvelles mesures ont suscité des questionnements concernant le secret médical. Des patients recevaient des SMS du gouvernement leur donnant des conseils sanitaire accompagnés d’informations personnelles .

On peut alors voir que ces données collectées dans un but bien défini , celui de diminuer la propagation du virus peut aussi être utilisé à d’autre fin et c’est la qu’est le danger .

Si elles ne sont ni suivies, ni remises en question, ces mesures de surveillances risquent de changer l’avenir du droit à la vie privée et d’autres droits humains.

En conclusion bien que la technologie soit un outil pour notre bien être , utilisé à des fins de surveillance comme nous avons pu le voir plus haut nuit à nos libertés fondamentales ? Pour cela les gouvernements devraient en tenir compte et agir en conséquence en régulant ces outils et applications et ne plus utiliser celles qui vont à l’encontre de nos libertés individuelles et publics .

Je m’appelles Eunice Batha Batha , 24ans passionnée de musique et de photo . Etudiante en Communication à l’Institut Supérieur de Formation Sociale et Communication à Bruxelles. J’attends de ces études de pouvoir acquérir les qualités nécessaires pour faire de mes passions mon métier .


Continuer la lecture de « COVID 19 , les nouvelles mesures technologiques de surveillance . Quel est leur impacte sur nos liberté indivuelles et publiques ? »

La place de la religion dans l’enseignement primaire

De nombreux débats ont eu lieu ces dernières années concernant le port du voile dans l’enseignement supérieur. La place de la religion dans l’enseignement primaire est une question tout à fait légitime prenant place dans de nombreux débats (parfois hostiles). A cet effet, cela mérite notre regard et que l’on s’y arrête un instant.

Le fonctionnement de l’enseignement en Belgique

L’enseignement est une compétence communautaire. La Belgique est composée de 3 communautés différentes. Dès lors, les décrets relatifs à l’enseignement varient de l’une à l’autre. Chacune possède son réseau scolaire, son ministère et son ministre de l’Education. 

De plus, 2 filières composent l’enseignement en Belgique : d’une part, l’enseignement officiel et d’autre part, l’enseignement libre dit “catholique”.

La religion à l’école primaire

Dès la première primaire, un cours philosophique est prévu dans le programme scolaire de l’enfant. Dans l’enseignement officiel, plusieurs possibilités sont envisageables telles que les religions reconnues ou la morale. Dans l’enseignement libre, uniquement la religion catholique et parfois islamique est au programme. 

Depuis septembre 2017, le programme intitulé cours de Philosophie et Citoyenneté est entré en vigueur dans tous les établissements de l’enseignement primaire :

  • De l’enseignement organisé par la Fédération Wallonie-Bruxelles
  • De l’enseignement officiel subventionné
  • De l’enseignement libre non confessionnel subventionné

Le but de ces cours de « philosophie et de citoyenneté » est de rassembler tous les élèves et de leur permettre d’avoir une réflexion commune sur différents sujets tels que la culture, la philosophie, la citoyenneté et le fait religieux.
Il s’agit ici d’un bloc de deux heures de cours : une heure de cours obligatoire et une deuxième heure au choix en alternance du cours de religion/morale.

Vidéo explicative du cours de Philosophie et Citoyenneté réalisée par la chaîne Youtube Canalcal

Comment la religion est abordée auprès des enfants ?

A l’âge de l’école primaire, les enfants ne sont pas encore totalement aptes à se rendre compte des différences entre les religions. Ce qu’ils connaissent de la religion leur vient de ce qu’ils ont appris de leur entourage proche, notamment à la maison.

Cela peut parfois susciter des mésententes entre les enfants voir de la discrimination : certains enfants vont discuter de choses relatives à une religion différente qu’ils auraient pu évoquer dans le cadre d’une discussion dans le cercle familial. Ces opinions divergentes peuvent parfois être mal perçues de la part de leurs camarades de même confession ayant abordé le sujet de façon différente. 

Voici un exemple rencontré par Mme Alexia, institutrice interviewée dans le cadre de cet article : lors d’une discussion sur les différentes religions, un élève de confession musulmane pose des questions sur la religion catholique à son institutrice. D’autres élèves de confession musulmane de la classe ne comprennent pas pourquoi il pose ce genre de questions et lui font remarquer par différentes exclamations telles que “Comment sais-tu ça ? Ce n’est pas ta religion, c’est mal”

Mon interviewée m’a expliqué qu’au début du primaire, la religion est expliquée sous la dimension de l’imaginaire et du fantastique aux enfants, pour la rendre plus accessible ainsi que ludique. Les faits religieux de l’Histoire ne sont pas abordés durant le parcours primaire.

Afin d’expliquer l’existence de différentes religions, les professeurs prennent essentiellement en considération les questions que les enfants vont poser, c’est-à-dire qu’ils ne vont pas spécialement abordés le sujet si les enfants n’en manifestent pas le désir. De plus, afin d’en parler, il faut que le/les professeurs se sente(nt) à l’aise avec le sujet.

Qu’en est-il de la laïcité ? 

La Belgique est un Etat laïc. C’est-à-dire qu’il y a une séparation entre l’Eglise et l’Etat excluant le religieux du pouvoir politique et administratif et principalement dans l’enseignement. 

Toutefois, la Belgique tolère l’intervention de l’Eglise dans l’enseignement officiel par le biais des différents cours de religion, ce qui met à mal le principe de laïcité censé être d’application.

Les grands principes de la laïcité de manière simplifiée. Vidéo réalisée par la chaîne Youtube Canalcal

La neutralité de l’enseignement

La neutralité de l’enseignement revient souvent dans les discussions lorsqu’on parle des signes ostentatoires religieux.

L’enseignement en Belgique est loin d’être neutre. Alexia me l’a confirmé lors de notre entrevue en soulignant le fait que chaque école a son mode de fonctionnement. 

Photo libre de droit par Rawpixel.com

Le fait de porter des signes ostentatoires religieux appartient à la liberté de cultes. Mais l’école est un endroit de protection pour les enfants des pressions du monde extérieur. Chaque enfant a le droit d’apprendre dans un environnement dénué de propagande telle qu’elle soit. Elle se doit donc d’éviter un maximum de compartimenter les religions.

A qui revient le choix ? 

Juridiquement, ce sont les parents de l’enfant qui choisissent le cours philosophique qu’il va suivre durant son parcours scolaire jusqu’à l’âge de 18 ans. 

L’enfant pourrait être capable de choisir sa propre orientation philosophique avant cet âge mais il ne faut pas perdre de vue que la/les croyance(s) des enfants dépendent des valeurs et de l’éducation reçues de la part de leurs parents. 

Encore à l’heure actuelle, il est considéré comme normal par beaucoup de parents que ce soit eux qui décident pour l’enfant jusqu’à l’âge de sa majorité.

D’un point de vue psychologique, l’enfant atteint l’âge de raison vers 7 ans. Un âge considéré comme le premier pas dans “la cour des grands” qui représente le début d’un nouveau stade de logique et de compréhension du monde qui l’entoure. Il est donc peu probable qu’avant un certain âge, l’enfant puisse comprendre certains principes inhérents à la religion et les intégrer de manière à faire son propre choix philosophique.

Rentrée 2020-2021 

A partir de septembre 2020, l’âge de la scolarité obligatoire pour les enfants sera descendu à 5 ans au lieu de 6. 

En parallèle de cette obligation, on parle de cours de religion « sur demande » dès la troisième maternelle. Cela signifie que le tuteur/parent légal ou l’élève en âge de décider, pourra choisir entre la religion de son choix ou le cours de moral. Celui-ci pourra faire une demande de dispense afin que ce cours soit remplacé par un cours de philosophie/citoyenneté.

Madame Alexia nous explique son point de vue sur le fait d’insérer des cours de religieux si tôt dans la scolarité : “il n’y a aucun intérêt pédagogique à insérer la religion à ce stade de la scolarité. La maternelle est une préparation à l’école primaire, l’endroit où l’enfant va apprendre à devenir élève c’est-à-dire où il va apprendre l’autonomie, à vivre en groupe, où il va être confronté à différentes activités qui lui apprennent tout ce qui touche à la motricité fine et globale”.

Quid de la religion dès la première primaire ?

Dès le commencement du parcours primaire, l’enfant développe des aptitudes à comprendre des matières telles que les mathématiques, le français, etc. Il n’y a donc aucune raison pour que celui-ci ne soit pas apte à recevoir un cours de religion. 

Comme mon interlocutrice me l’a stipulé lors de notre entretien, la religion est abordée de manière imaginaire et fantastique dans l’enseignement primaire afin de ne pas influencer la perception que l’enfant peut avoir de celle-ci. 

Dès lors, la présence d’un cours de religion va permettre à l’enfant de s’ouvrir au monde, de développer sa curiosité mais aussi d’amener une discussion, un débat avec les autres. C’est un cours qui participe donc à l’éveil de l’enfant sur le monde extérieur.

Pour en savoir +

La laïcité et le port de signes convictionnels dans la fonction publique

La laïcité, un sujet qui ne cesse de faire parler de lui ces derniers temps. Nombreux sont les débats publics rythmés par l’autorisation ou pas du port de signes convictionnels dans la fonction publique, qui a raison qui a tort ? Laissons-la parler d’elle-même.

Calliege

Ce qui est de base un principe politique français, la laïcité est un mode d’organisation de la gouvernance politique qui vise notamment à protéger la liberté d’expression de toutes les convictions philosophiques.

Elle prend forme que si les autres principes tels que l’égalité, la non-discrimination, la liberté, y compris religieuse, la non-ingérence entre l’église et l’État sont réunis.

En Belgique nous ne parlons pas de laïcité mais du principe de neutralité dans lequel l’État et les Églises sont mutuellement indépendants, mais sans que l’État poursuive un idéal de laïcité qui reléguerait la religion dans la sphère privée. L’État belge s’astreint au contraire à une stricte neutralité entre les différents courants philosophiques

Et la loi dans tout ça, que dit-elle ?

De nombreux articles de la constitution belge ou encore celles de la déclaration universelle des droits de l’homme défendent ses mêmes principes.

Parmi elles l’article 18 de la déclaration universelle des droits de l’homme : Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion ; ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction seule ou en commun, tant en public qu’en privé, par l’enseignement, les pratiques, le culte et l’accomplissement des rites.

Ou encore l’article 11 de la constitution belge qui stipule que : La jouissance des droits et libertés reconnus aux Belges doit être assurée sans discrimination. À cette fin, la loi et le décret garantissent notamment les droits et libertés des minorités idéologiques et philosophiques.

Alors quel est le problème ? 

« Il y a des personnes qui confondent la neutralité de l’État et donc de la fonction publique avec une conviction philosophique particulière, à savoir l’athéisme. Ils utilisent la laïcité comme instrument contre les religions et contre celles et ceux qui souhaitent croire et pratiquer leur religion. Il n’y a donc pas de problème sur le principe, mais sur son instrumentalisation. » Mehmet Alparslan Saygin juge social

Même s’il y a bien, au plan juridique, une quasi-identité entre la laïcité et la neutralité, il n’en va pas de même au niveau des modèles de société qui sous-tendent les débats actuels sur la neutralité de l’apparence dans la fonction publique. Pour certains il ne suffit pas qu’un agent public soit neutre dans les actes qu’il pose mais il faudrait aussi qu’il le soit dans son apparence. Une conception pas objective, car personne n’a l’autorité ni l’objectivité de dire « voici l’apparence neutre » car nous sommes tous le produit d’une culture, d’une éducation, d’une histoire, d’une vision et de choix. Le fait que l’État belge est privé la laïcité de son rôle premier et en a donner l’image d’une conviction philosophique à des représentants n’a fait qu’alimenter la confusion.

« Cette illusoire neutralité de l’apparence s’apparente donc à la promotion d’une apparence areligieuse. Il faut au contraire revenir vers le seul critère objectivable : le service rendu. » Mehmet Alparslan Saygin juge social

Quel est la limite du pluralisme religieux en Belgique ?

Ingabire Diana, étudiante en première année de bachelier à l’ISFSC

Foulard et vie en société : deux oxymores ?

Le port du foulard dans l’espace public est une question fertile qui a donné naissance à de nombreux débats, discussions et polémiques. Mille et une informations se martèlent. Alors, que représente-t-il ? Dans quels cas est-il interdit ? En Belgique, que dit réellement la loi à ce propos ?

Femme portant un foulard jaune. Unsplash/Janko Ferlic

Le foulard est un tissu qui peut se porter comme accessoire de mode autour du cou, sur la tête et là où vous le souhaitez. C’est selon vos envies ! Il représente par ailleurs un vêtement traditionnel ou religieux appelé également « voile ». Destiné à couvrir une partie du corps d’une femme qui le porte. Il est notamment présent dans les traditions juives, chrétiennes et musulmanes.

Le foulard, une réalité plurielle !

Le voile dit aujourd’hui « islamique », est antérieur de plus d’un millénaire au prophète musulman, Mohamed. Durant l’Antiquité, avant l’avènement du christianisme, les femmes étaient généralement voilées. Une femme qui se respectait et qui était aisée ou libre avait l’obligation, lorsqu’elle sortait dans l’espace public, de porter quelque chose sur la tête. Il était principalement porté pour distinguer les femmes mariées des célibataires et des prostituées. Au Moyen-âge, les femmes continuent à couvrir leurs cheveux. Le foulard est un donc un héritage de l’Antiquité païenne qui a ensuite été récupéré par les trois religions monothéistes.

Pour les femmes juives orthodoxes, l’obligation écrite de se couvrir la tête est relativement tardive. Dans la tradition juive, une femme est censée se couvrir la tête en public. Certaines le font scrupuleusement, ne laissant dépasser aucun cheveu, d’autres laissent sortir quelques mèches, d’autres encore, bien que pratiquantes, ont laissé tomber le foulard, le chapeau et a fortiori la perruque et laissent leur cheveux libres. La pratique actuelle est donc très variable.

Aussi, les premiers textes chrétiens en faisant mention apparaissent dès le premier siècle avec Saint Paul, puis Clément d’Alexandrie, Tertullien et d’autres. Le voile chrétien a donc une longue histoire derrière lui. Il est une pratique courante jusqu’au milieu du XXème siècle.

Quant à l’islam, le port du foulard est une obligation. Le verset 31 de la sourate 34 du Coran dit : « Et dis aux croyantes de baisser leurs regards, de garder leur chasteté, et de ne montrer de leurs atouts que ce qui en parait et qu’elles rabattent leur voile sur leurs poitrines.». Pour les personnes de confession musulmane, la sagesse de cette pratique est de faire valoir ce que les femmes ont dans le cœur et l’esprit.

Aujourd’hui, à travers le monde, des femmes se voilent. Le foulard est une réalité plurielle. Une réalité qui varie selon les contextes, les régions et la spiritualité de chacune.

Aujourd’hui, le port du foulard interroge !

Le port du foulard est sources de diverses questions et opinions. D’après le Pew Research Center, un centre de recherche américain fournissant des statistiques et des informations sociales, la plupart des Européens de l’Ouest préfèrent au moins certaines restrictions sur les vêtements religieux des femmes musulmanes.

En août 2018, une loi danoise est entrée en vigueur. Celle-ci interdit aux femmes musulmanes de porter des voiles couvrant le visage tout comme les burqas ou les niqabs. La Belgique a adopté des lois similaires ces dernières années, contribuant aux restrictions gouvernementales sur la religion dans la région.

En 2017, un sondage a été réalisé par ce même centre dans quinze pays d’Europe de l’Ouest, auprès d’adultes non musulmans. Dans notre Royaume : 19% des sondés pensent que les femmes musulmanes pourraient porter le vêtement religieux de leur choix, 50% pensent qu’elles peuvent porter un vêtement religieux sans pour autant cacher leur visage et 28% pensent qu’elles ne devraient pas être autorisées à porter des vêtements religieux dans l’espace public.

Capture d’écran du sondage réalisé par Pew Research Center dans différents pays d’Europe, quant aux restrictions concernant les habits religieux des femmes musulmanes.

Que dit la loi ?

Les affirmations quant au port du voile dans l’espace public sont multiples. Alors, basons-nous sur la loi ! L’article 19 de la Constitution belge stipule que : «La liberté des cultes, celle de leur exercice public, ainsi que la liberté de manifester ses opinions en toute matière, sont garanties, sauf la répression des délits commis à l’occasion de l’usage de ces libertés.».

Pour Mehmet Alparslan Saygin, juriste et spécialité de la laïcité dans le droit belge, le thème de la laïcité est des plus importants de notre époque. Il est à l’intersection de bien d’autres : libertés et droits fondamentaux, diversité de nos sociétés, Etat de droit, démocratie, multiculturalité, interculturalité, vivre-ensemble, intégration,… Les discussions autour de la laïcité sont selon lui, la plupart du temps, faites de confusion.

Post Facebook publié le 30 janvier 2017 par Theo Francken, homme politique belge membre du parti nationaliste flamand N-VA.

Face à la question confrontant laïcité et port du foulard, il répond : «La laïcité implique la liberté religieuse. La liberté religieuse, c’est la liberté d’avoir une religion mais aussi celle de l’exercer. Il s’agit donc de la pratiquer, aussi bien en privé qu’en public et ce, dans tous les secteurs de la société. Le port du foulard est un exemple pratique de cette liberté religieuse telle que consacrée par la Constitution et par la Convention européenne des droits de l’Homme. Il n’y a donc, a priori et à mon sens, aucune contradiction entre laïcité et port du foulard.».

La laïcité est d’après notre spécialiste en la matière, un principe politique d’organisation de l’Etat. Elle permet la libre expression de toute conviction religieuse ou philosophique dans le respect des droits d’autrui et de l’ordre public. A l’inverse, ce n’est pas une idéologie, ce qui implique de ne pas en faire une conviction. Il la compare à un plat qui perdrait totalement de sa saveur si un de ses ingrédients venait à manquer : l’égalité, la non discrimination, la liberté (notamment religieuse) et la séparation ou, plus exactement, la non-ingérence réciproque entre les Églises et l’État. Ces différents principes sont consacrés en droit belge, donc même si le mot laïcité n’apparaît pas en tant que tel dans la Constitution, la Belgique est un État laïque. Cette laïcité est toutefois imparfaite et bien des améliorations sont possibles.

La laïcité est un bien commun. En effet, c’est un mode d’organisation de la gouvernance politique qui vise notamment à protéger la liberté d’expression de toutes les convictions philosophiques. «Elle appartient à personne mais à tout le monde. Chacun a la même légitimité pour en parler et elle ne peut alors avoir de représentant officiel ou officieux.».

Il ajoute que : « L’outrage, serait de forcer une femme à porter le foulard alors qu’elle ne souhaite pas le porter. L’outrage, serait de forcer une femme à enlever son foulard alors qu’elle souhaite le porter. Dans les deux cas, il s’agit d’une entrave à l’émancipation des femmes, qui passe par le respect de leur choix.».

Et si on écoutait les principales concernées ?

Ici, six jeunes étudiantes bruxelloises partagent leurs ressentis et avis quant à la question. Ces dernières portent le foulard et d’après elles, il s’agit d’un choix personnel et qui a fait l’objet d’une réflexion. Elles déconstruisent les clichés auxquelles elles sont confrontées. Parmi eux : le foulard serait un objet de soumission et d’oppression de la femme, la femme voilée ne se lave pas les cheveux,… Elles aspirent à ce que les clichés liés aux femmes portant le foulard disparaissent et qu’elles puissent vivre leur spiritualité sans contraintes. Enfin, selon Mehmet Saygin : «Il faut rester optimiste et continuer à inlassablement rappeler le socle de nos valeurs communes telles que l’égalité et la non-discrimination.».

Yasmine FELFELE

Je m’appelle Yasmine Felfele et j’ai 24 ans. J’ai auparavant fait des études pour devenir professeure de français mais c’est aujourd’hui, en communication à l’ISFSC, que j’ai enfin trouvé l’épanouissement. Pour moi, la vie est un cadeau d’une valeur inestimable que chacun se doit de partager avec les autres. Chaque jour, j’essaye de laisser cette citation de Nelson Mandela guider mes pas: «L’honnêteté, la sincérité, la simplicité, l’humilité, la générosité, l’absence de vanité, la capacité à servir les autres – qualités à la portée de toutes les âmes- sont les véritables fondations de notre vie spirituelle.».

En savoir +

(1) Le voile selon le Coran et en Islam (dans Oumma.com)

Pourquoi l’Eglise n’accepte-t-elle pas l’homosexualité dans le mariage ?

Gay Pride
Auteur : PublicDomainPictures / 17912 photos
Pixabay LicenseLibre pour usage commercial
Pas d’attribution requise

Le 30 janvier 2003, la Belgique devient le deuxième pays à reconnaître le mariage homosexuel.  Les temps changent et les mœurs évoluent.  Pourquoi l’Eglise n’accepte-t-elle donc pas l’homosexualité dans le mariage ?

Acceptée, condamnée, puis méprisée

Sébastien Quintin écrit dans son travail (1) que pendant l’Antiquité, les rapports homosexuels étaient courants et acceptés.  Alexandre le Grand, notamment, a connu d’importantes relations amoureuses avec ses hommes.

Au Moyen âge, la torture était infligée aux homosexuels.  L’homosexualité était considérée comme une hérésie. L’homosexualité était condamnée et réprime lors de l’inquisition par l’Eglise qui avait le pouvoir à cette époque-là.

Aujourd’hui, l’homosexualité est encore méprisée par certains selon une analyse effectuée le 3 février 2017 (2).  Cependant, le gouvernement fait de nombreux efforts pour permettre aux homosexuels de bénéficier des mêmes droits que tout citoyen.

L’Europe ouvre des droits aux homosexuels 

Soulagement pour les couples homosexuels !  La législation change petit à petit, depuis le 21 décembre 2000 par la première loi votée aux Pays-Bas et qui est d’application depuis le 1er avril 2001. Selon Le Figaro (3), un état des lieux des différentes législations des pays européens concernant le mariage ou l’union civil autorisé pour les homosexuels a été dressé. A ce jour, 16 pays européens ont reconnu le mariage homosexuel.  Les Pays-Bas sont le premier pays à avoir légalisé le mariage homosexuel depuis avril 2001.  Vient ensuite, la Belgique qui devient le deuxième pays autorisant légalement l’union de couples homosexuels, et ce depuis 2003. L’Espagne l’appliquera en 2005.  Puis, la Norvège et la Suède en 2009.

Si l’homophobie en Europe de l’Est est toujours bien présente, il s’avère que l’homosexualité est mieux acceptée, dans les pays d’Europe occidentale.

Hors Europe, certains pays comme l’Afghanistan, les Emirats arabes unis, le Yémen et bien d’autres, les homosexuels n’ont pas de droits.

L’homosexualité face aux règles de l’Eglise catholique

Dans une interview, François Lagasse de Locht, abbé faisant partie de l’équipe pastorale de Wezembeek-Oppem, répond à mes questions :

Pour certaines personnes, les homosexuels sont des personnes malades. Que pensez-vous de cet avis ?

FL. : « Malade, certainement pas.  Il faut prendre conscience de son corps.  Je suis un garçon ou je suis une fille.  Ne suis-je pas un garçon ou ne suis-je pas une fille.  C’est simplement une question d’identité. »

La religion chrétienne ne se met-elle pas en défaut quand elle refuse d’octroyer la bénédiction aux couples homosexuels ?  Ne voyez-vous pas une certaine discrimination ?

FL. : « Nous pouvons toujours bénir des personnes (des jeunes fiancés) ou bénir un projet (promesse lutins).  Mais, face à un couple homosexuel, il est préférable, (avec leur permission) de les prévenir que Dieu leur souhaite le plus grand bonheur ; mais il faut savoir que ce n’est pas le reflet de l’amour que Dieu porte aux hommes

Savez-vous qu’à Paris, des associations et des citoyens ont défilés le 30 juin 2018 et ce afin de rappeler que les homosexuels sont traités comme des criminels, qu’en pensez-vous ?

FL. : « Malheureusement, il y aura toujours des élans racistes et ce peu importe le domaine.  Nous ne savons pas pourquoi.  Certaines personnes vont critiquer les homosexuels, tandis que d’autres les respecteront. »

L’Eglise condamne-t-elle l’homosexualité ?

A l’heure actuelle, l’Eglise réalise qu’être homosexuel est une caractéristique du développement psychosexuel, qui apparaît pendant la croissance de l’enfant.  En 2015, le monde ecclésiastique a reconnu que toute personne a droit au respect dans sa dignité, quelle que soit sa tendance sexuelle.  Cependant, pour l’Eglise, il est important de bien distinguer le souffle de la Parole de Dieu avec les lois humaines de la société.

Les couples homosexuels doivent être accueillis avec respect, compassion et délicatesse selon le catéchisme n°2358. (4)

D’après le représentant de l’Eglise interviewé, il convient de rappeler que dans l’évangile, l’Eglise voit des femmes et des hommes qui deviennent des familles.  Et qu’aucune personne n’y est dénigrée.  Seules sont dénigrées les personnes qui souhaitent faire du mal. L’Eglise ne condamne pas les homosexuels. Néanmoins, il est important qu’elle reste fidèle au message de l’évangile.

Homosexualité : que dit la Bible ? Interview avec M. Karsten Lehmkühler

Le 10 décembre est la journée internationale des droits humains. Ceux-ci sont repris dans l’article 9 de la Convention européenne des droits de l’homme relatifs à la liberté de pensée, de conscience et de religion.  Aujourd’hui, nous vivons, dans une Belgique, libre où chacun a le droit de pratiquer la religion de son choix.  Peu importe le chemin que nous prenons.  Dieu ne nous juge pas sur nos actes mais bien sur ce que nous sommes.

Pourquoi le mariage entre homosexuels n’est pas reconnu par l’Eglise ?

Le sacrement de mariage religieux engage le couple, non seulement par la fidélité, l’entraide, mais aussi par la fécondité.  Cette symbolique de procréation, les couples de même sexe ne peuvent pas s’y engager.   Il s’avère que dans la religion chrétienne, la sexualité n’a de sens que pour avoir des enfants et permettre ainsi la pérennité de l’espèce humaine.

L’Eglise dans le débat sur le mariage pour tous, Monseigneur Bernard Podvin, porte parole de
la Conférence des Evêques de France

Des changements lents et réels.  Qu’en est-il des mentalités ?

« Ce n’est pas parce qu’il y a effectivement des différences entre les hommes qu’il faut conclure à la suprématie des uns et l’infériorité des autres.  Il ne faut pas confondre différence et inégalité » selon l’écrivain Jean Rostand.

Il faut noter que dans la société dans laquelle nous vivons, l’hétérosexualité dans un couple est et sera toujours la voie considérée comme étant la plus logique.  En effet, les personnes homosexuelles sont souvent perçues comme différentes.  De ce fait, elles sont souvent rejetées par leur famille, leurs collègues de travail voire la société. En Belgique, il y a quelques années, un jeune homme a été torturé et tué à Liège pour le seul motif d’être homosexuel (5).

Le dédain, le rejet, voire la haine envers les homosexuels.  C’est une situation que les couples homosexuels subissent au quotidien. Avec bonheur, il existe quelques associations pour les soutenir et les encourager à être eux-mêmes.

Toutefois, il faut se réjouir  que le monde ecclésiastique et la société commencent à accepter les personnes différentes. Depuis 2003, la législation belge a légalisé le mariage homosexuel.   Le droit est non seulement le témoin du changement des mentalités, mais il est le garant du respect de la loi d’égalité.  Ce fait inacceptable rapporté ci-dessus démontre que le combat dans la défense des valeurs est quotidien et révèle de la responsabilité de tout le monde, peu importe son âge et sa condition.

Si je m’appuie sur les chiffres d’une enquête réalisée en France, celle-ci montre que le fait que des couples du même sexe s’aiment et vivent ensemble est de mieux en mieux accepté. En 2008, 19 % des Français n’acceptent pas l’homosexualité contre 49 % en 1981 (6).

L’article 1er de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme ne stipule-t-il pas que tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits.  Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité.

L’éducation religieuse impose l’hétérosexualité dans la société comme un dogme. Heureusement, le monde ecclésiastique et la société acceptent les personnes différentes.

Espérons qu’un jour viendra, où les couples homosexuels pourront rendre public leur amour non seulement face à la société, mais aussi devant Dieu si tel est leur souhait et cela sans qu’il y ait un regard de mépris !

Victoria BOUHON

(1) QUINTIN, Sébastien. L’homosexualité a-t-elle toujours été rejetée ? Consulté le 23/04/2020. Disponible à l’adresse : https://perso.helmo.be/jamin/euxaussi/marginal/rejhomo.html (2) ROUDEAU Damien et REYNARD Guillaume. Hétérosexuels et homosexuels : histoire d’une lente évolution vers l’égalité. Observatoire des inégalités.3 février 2017. Consulté le 23/04/2020. Disponible à l’adresse : : https://www.inegalites.fr/Heterosexuels-et-homosexuels-histoire-d-une-lente-evolution-vers-l-egalite?id_theme=19#nb1 (3) DUFFAU, Clément et BARIETY, Aude. Quels pays autorisent le mariage homosexuel en Europe ? Le Figaro (en ligne). 30 juin 2017. Consulté le 23 avril 2020. Disponible à l’adresse : https://www.lefigaro.fr/international/2017/06/30/01003-20170630ARTFIG00001-quels-pays-autorisent-le-mariage-homosexuel-en-europe.php (4) Père FOYER, Dominique. Eglise et homosexualité. Eglise catholique en France. Consulté le 24 avril 2020. Disponible à l’adresse : https://eglise.catholique.fr/369530-eglise-et-homosexualite/ (5) B., T. Le refuge d’accueil d’urgence pour jeunes LGBT : inédit en Wallonie. Leguidesocial. 30/08/19. Consulté le 24 avril 2020. Disponible à l’adresse : https://pro.guidesocial.be/articles/actualites/le-refuge-d-accueil-d-urgence-pour-jeunes-lgbt-inedit-en-wallonie.html (6) ROUDEAU, Damien et REYNARD, Guillaume. Hétérosexuels et homosexuels : histoire d’une lente évolution vers l’égalité. Observatoire des inégalités. Le 3 février 2017. Consulté le 24 avril 2020. Disponible à l’adresse : https://www.inegalites.fr/Heterosexuels-et-homosexuels-histoire-d-une-lente-evolution-vers-l-egalite?id_theme=19

en savoir +

Qui sommes nous ?

Je suis homosexuel(le) et je veux adopter

A quel moment un couple est-il considéré marié par Dieu ?

Victoria Bouhon 

20 ans

Etudiante en 1ère année de BAC1 – communication à l’ISFSC

Les contacts sociaux sont ma priorité dans la vie.  Partager des bons moments entre amis ou avec ma famille.  La rencontre de l’autre, tant en Belgique que dans des contrées lointaines me permettent de m’ouvrir l’esprit. 

Femmes dirigeantes en Belgique : où en s’hommes-nous ?

Il y a peu, Dominique Leroy annonçait qu’elle quittait la direction de Proximus. L’occasion de s’interroger sur la présence des femmes à la tête des grandes entreprises, qu’elles soient privées, publiques ou familiales. D’une forme de société à l’autre, les constats varient. Dans l’ensemble et sans grande surprise, nous sommes encore loin de l’égalité de plus en plus revendiquée.

La question originelle de cet article était : « Les femmes ont-elles accès à des postes de haut management autant que les hommes ? ». Pour apporter des premiers éléments de réponse, nous avons contacté Isabella Lenarduzzi, fondatrice de JUMP, entreprise sociale qui œuvre à combler le fossé entre les hommes et les femmes au travail.

Quand nous lui avons posé cette question, elle nous a répondu : « Bien entendu que non. Pour vous donner un chiffre en Belgique, 57 % des personnes obtenant un diplôme universitaire sont des femmes. Or, seules 17 % de femmes dirigeantes dans les comités de grandes d’entreprises, (car il n’y a pas de quota). ». Sur base de cette réponse, nous avons reformulé notre question, nous autorisant un jeu de mots : « Femmes dirigeantes en Belgique, où en s’hommes-nous ? ».

Petit crochet historique

Selon le journal L’Echo, les femmes occupaient en 2018 16 % des postes aux comités de direction des grandes entreprises, contre environ 9 % dix années plus tôt. Le journal précise qu’il n’y a « pas de quoi pavoiser » car nous nous situons juste au-dessus de la moyenne européenne, qui est de 15 % de directrices. A titre de comparaison, nous sommes encore loin de nos voisins français qui comptent pas moins de 42 % de femmes dans les conseils d’administration des sociétés cotées (CAC 40). Autre pays davantage exemplaire sur la question de l’égalité hommes-femmes au niveau des fonctions dirigeantes : la Norvège.

En vérité et en Belgique, la représentation des femmes au sein des conseils d’administration est encadrée par une loi datant de 2011. Cette loi vise à garantir la présence des femmes dans le conseil d’administration « des entreprises publiques autonomes, des sociétés cotées et de la Loterie nationale. ».Elle instaure, pour l’ensemble des membres du conseil d’administration, « un quota d’au moins un tiers de membres du sexe le moins représenté ». Il existe également des dispositions concernant la représentation des femmes dans l’administration publique.

En effet, un arrêté royal de 2012 « fixe un quota de femmes aux deux premiers degrés de l’administration fédérale. Désormais, au moins un haut fonctionnaire sur trois doit être une femme. Les services qui n’arrivent pas aux normes imposées devront donner la préférence à la candidate, en cas de lauréats classés de manière équivalente. Selon les derniers chiffres, en 2013, les femmes représentaient 16.3% des fonctionnaires du premier degré et 31.6% des fonctionnaires du second degré des ministères fédéraux ».

Absence de volonté politique

Malgré ces dispositions légales, Isabella Lenarduzzi pointe une absence de volonté politique à les appliquer : « En Belgique, c’est simple, il n’y a pas de volonté politique. Je vous rappelle que la N-VA et l’Open VLD avaient voté contre la loi sur les quotas, à l’exception de Gwendolyn Rutten. On n’a pas mis en place de contrôle ni de sanctions pour encadrer la loi. Résultat, les sociétés font ce qu’elles veulent. Elles ne bougent que lorsqu’elles sont soumises à de fortes pressions médiatiques et citoyennes ».

Ceci expliquerait la présence de trois femmes à la tête de sociétés belges membres du Bel 20, ces sociétés étant particulièrement médiatisées. Difficile d’ailleurs de ne pas avoir eu connaissance, récemment, du départ de l’ancienne CEO de Proximus, Dominique Leroy.

Remplacée temporairement par… une femme. En l’occurrence, Sandrine Dufour, jusqu’alors directrice financière de la société. Notons par ailleurs la présence d’Ilham Kadri à la tête de Solvay et d’Isabelle Kocher à la tête d’Engie-Electrabel.

« Nous, les femmes, nous sommes la moitié du ciel et même un peu plus. Nous entendons être la moitié de tout. Pas vos moitiés, la moitié de tout. Et surtout, surtout, être au moins la moitié partout où se prennent les décisions. Le monde qui vient devra s’habituer partout à la présence partout, la présence forte de vos filles, de nos filles ». Christiane Taubira.

Et du côté des entreprises familiales ?

Outre au niveau de ces grosses sociétés cotées en bourse, qui restent principalement dirigées par des hommes, il est intéressant d’observer l’évolution de la présence des femmes à la tête d’entreprises familiales. Entreprises représentant trois quarts des sociétés belges, un tiers de notre PIB et 45% de l’emploi. Et là, le tableau est différent. Plusieurs, dont Isabella Lenarduzzi, évoquent un tournant historique avec l’arrivée d’un grand nombre de filles de dirigeants à la tête de ces entreprises.

Selon le magazine Trends, ce tournant est le fruit « d’une longue évolution sociologique». Qui aboutit aujourd’hui au constat dressé par Isabella Lenarduzzi selon lequel une majorité des personnes diplômées (57%) sont des femmes.

De son côté, Valérie Denis, directrice de la Chaire Ichec Familles en Entreprises, constate que les hommes ont souvent un complexe d’infériorité concernant leurs diplômes par rapport à ceux de leurs sœurs. Elle indique encore que « grâce à cette liberté de choisir leur cursus, au contraire des générations précédentes, ces jeunes femmes ne sont plus vouées à des rôles de second plan. Elles sont de plus en plus appelées à jouer un rôle opérationnel, voire à prendre les rênes de l’entreprise familiale»…

Si la situation des entreprises familiales est encourageante quant à l’égalité hommes-femmes, elle ne serait hélas que l’arbre qui cache la forêt. D’après l’étude 2020 du World Economic Forum, « l’égalité des genres progresse très lentement dans le monde, en particulier dans le domaine économique ». Un chiffre en particulier fait froid dans le dos : il faudrait désormais 257 ans pour effacer les inégalités hommes-femmes dans ce domaine…

Comme nous avons pu le constater, malgré des évolutions positives, les femmes demeurent peu présentes dans les positions de direction. Sans parler de leurs salaires, qui restent plus faibles.

Pour en savoir

La religion : on en pense quoi ?

Les religions sont partout. Dans le Monde, en Belgique, dans la culture, dans les rues, parfois à la maison , chez les voisins… Toutes peuvent t’être différentes. Toutes changement avec le temps. Certaines religions arrivent en Belgique tandis que d’autres s’en vont, évoluent au fil du temps. Les médias, la politique, les écoles nous cultivent à ces différents culte. Comment la société voit t’elle ces changements ? Comment perçoit-elle les informations diffusées ? Qu’est-ce vraiment la religion d’aujourd’hui en aux alentours de la Belgique ?

Selon le rapport de « l’observatoire de la liberté religieuse » 2018 en Belgique il y aurait 23 % d’agnostiques en dessous des chrétiens pour 67,4 % et au-dessus des musulmans pour 6,5%.  

Les stéréotypes prennent le dessus.

Nous avons tendance à stéréotyper des cultes. Mais comment ces clichés arrivent à diriger nos pensées ? Philippe Rijck , sociologue bruxellois, évoque une part de réponse la réponse : « Qu’est-ce qu’on voit à la télévision ? On voit des barbus agressifs et donc à partir de là si je ne réfléchis pas  je vais me construire  une image et accepter la caricature qui est donnée. Alors qu’ici je travailler avec des personnes qui sont quoi de 90 %de confession musulman rien avoir avec ce qu’on voit à la télévision. Donc c’est quoi un musulman ? » En effet, les médias véhiculent en le sachant ou pas des amalgames préconçues que le public va ingurgiter sans parfois se poser les bonnes questions. Selon ce sociologue, c’est par le savoir que l’on peut se faire son propre opinion. Les informateurs trient parfois les informations. Avez-vous déjà vu un catholique faire quelque chose de mal ? Pas souvent. Mais quel est le but de ces journaux, chaînes de télévisions ? Diviser pour mieux régner nous explique ce Bruxellois et avant tout pour l’audimat. L’audimat est le calcul d’audience d’un programme. Evidement qu’un attenant va faire plus de téléspectateurs et de lecteurs qu’un autre événement.

Sommes nous de plus en plus raciste ?

Face à ces diffusions, il serait logique de devenir raciste si l’on ne s’informe pas en dehors des médias. Mais pouvons-nous parler du racisme ? N’est ce pas plus tôt de la xénophobie ? La Xénophobie est une peur de l’étranger due à une méconnaissance.

La xénophobie c’est quoi ? [vidéo en ligne]. Dans youtube. 28 octobre 2016. [Consulté le 20 décembre 2019] Disponible à l’adresse : https://www.youtube.com/watch?v=UQdj_jxfOTA

Selon le rapport de RTBF les élections 2019 le Vlamms belang est le 2e parti flamand derrière la NVA. Tous les électeurs sont t’ils raciste ? En effet, il y a certains racistes endurcis au sein de ce parti, mais les personnes en accord avec leur programme ne veulent pas dire qu’elles sont toutes les mêmes que les dirigeants de ces idées, insiste Philippe Rijck. Ils sont juste effrayés par l’arrivée de nouveaux cultes et parce que les médias transmettent sur ces changements.

Religion : la violence ou la paix ?

Comme le prouve le sondage Orela, dans l’Europe occidentale, la Belgique est l’un des pays les plus méfiants à propos de ce sujet. Les Belges, francophones sont mitigés, la moitié pensant que les croyances sont signe de paix (46 %) et l’autre moitié signe de violence (43 %). Les jeunes sont moins méfiants. 

Geralt. Pixabay LicenseLibre pour usage commercial
Pas d’attribution requise

Sommes nous libre de choisir notre religion ?

Dans notre pays, rien nous oblige à être catholiques étant donné que la religion et la politique sont séparées. Dans la convention européenne des droits de l’homme, article 9, il est inscrit:  » Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion ; ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction individuellement ou collectivement, en public ou en privé, par le culte, l’enseignement, les pratiques et l’accomplissement des rites. En 1981, on rajouta : « La liberté de manifester sa religion ou ses convictions ne peut faire l’objet d’autres restrictions que celles qui, prévues par la loi, constituent des mesures nécessaires, dans une société démocratique, à la sécurité publique, à la protection de l’ordre, de la santé ou de la morale publiques, ou à la protection des droits et libertés d’autrui ». 

Seulement, nous ne sommes pas entièrement libres à propos de ce choix. Comment ce fait-il que tous les catholiques naissent en Europe et en Amérique ? Se questionne notre sociologue. En effet, l’influence de notre environnement joue un point primordial dans notre orientation religieuse. Si on naît dans une famille protestante, qu’on est ensuite inscrit dans un enseignement qui prône ce culte étant petit, on n’aura pas notre mot à dire. Imaginez un enfant de trois ans vouloir devenir bouddhiste ! Il suffit de regarder dans les familles , en générale toute la famille est de la même religions. Mais l’enfant de 7 ans comprend t’il vraiment la bible, le coran, .. ? C’est arrivé à l’âge mature qu’il faudra s’instruire afin de faire son propre chemin et obtenir ses propres croyances. 

Même l’école nous ment !

Noël, pour beaucoup, est une fête religieuse qui symbolise la naissance de Jésus. Croyant ou non, nous avons toujours appris à l’école, pas nos parents, ou même dans toutes les décorations de Noël, comme la crèche en dessous du sapin par exemple. Mais l’origine de cette date est avant tout une célébration païenne du solstice d’hiver. Ce n’est qu’à partir du 2e siècle que les églises, ont voulu trouver la date de naissance exacte du Christ. Ils ont décidé de christianiser les rites présents et populaire dans la société de l’époque. Philippe Rijck nous explique :  » Jésus, il est né au mois de mars ou au mois de juin, on ne pouvait pas leur faire changer leurs rites. Non ce n’est pas grave jésus, il est né au solstice d’hiver et on va garder Noël. Puis il y a le rôle de Coca-cola qui a nous a fabriqué le père Noël donc c’est quoi ? Donc ces fêtes religieuses ont une histoire on les pratique qu’on soit croyants ou pas ce qui est important c’est de partager un repas c’est de se réunir. »

Annca. Pixabay LicenseLibre pour usage commercial
Pas d’attribution requise

Différences : religion et spiritualité

« Dans la religion, il n’y a pas de spirituel. Le spirituel c’est une réflexion personnelle sur le sens de l’existence et ma place dans l’univers. Et la religion ne permet pas de mener cette réflexion-là puisqu’elle dit ce qu’il est. La religion vous dit il y a un paradis, il y a pas de paradis, il y a un dieu, tu dois te comporter comme ça mais il y a pas de spiritualité ça c est un programme d exécution de tâche. Ce sont des croyances imposées. La spiritualité, c’est une démarche libre. C’est se poser la question de sa propre place et de la place des autres. Qu’est-ce que je fais avec les autres ? Le croyant dur rejette tous les autres qui n’appartient pas à sa religion ! Le catholique dur, il est prêt à tuer tous les autres ! Les Juifs durs, demandez aux Palestiniens, il est prêt à tuer tous les autres » raconte monsieur Rijck. 

Être spirituel, différent d’être religieux? [vidéo en ligne]. Dans Youtube. 17 mars 2015. [consulté le 23 décembre 2019]. Disponible à l’adresse : https://www.youtube.com/watch?v=7cjpQtFlgdw&t=203s

Mais avec tout ça on en est où avec ces cultes ?

Il est très difficile d’obtenir une recherche précise à ce sujet. Si on pose les mêmes questions après un attenta par exemple, la xénophobie va être beaucoup plus présente. Il faut comprendre que nous sommes influencé tout autour de nous sur notre façon de penser et c’est à nous de nous informer, de ne pas croire tout ce qui est dit et d’avoir un avis critique. Les dirigeants manipulent et ont une part de responsabilité au niveau de la division, mais soyons plus intelligent !

En savoir plus : De quoi faut- il être libre ? / Spiritualité et religion / Religions dans les écoles.

Marie Vandeleene

Etudiante en communication bac 1 à l’isfsc.

J’aime le théâtre (regarder et jouer) , la danse et la musique. Je prône l’écologie et j’ai différents projets à ce sujet. Créative , j’aime fabriquer de nouvelles choses avec du matériel de récupération.

« Dans 150 ans on s’en souviendra pas. » Alors osons !

Islam politique et charia : QU’en est-il réellement ?

L’union de l’islam et de la politique a souvent eu une image néfaste du point de vue Occidental car souvent rattaché à des groupes extrémistes voire même terroriste. On en dépeint une toile des plus sombres mais qu’en est-il réellement ? qu’est-il dicté dans le Coran et comment sont établies les règles de la charia ?

En Belgique un parti politique nommé islam prône l’application de la charia dans le pays. Ce parti existe maintenant depuis 2012 et a fait pas mal parler de lui pendant le courant de l’année 2018 spécifiquement.

Belgique et charia: une union impossible

Le parti islam est un parti qui a beaucoup de polémique autour de lui. Notamment avec l’affaire de diffamation pour laquelle le cofondateur du parti a été inculpé et jugé coupable en Mai dernier. Redouane Ahrouch, a écopé de 6 mois de prison avec sursis pour avoir refusé de regarder et de saluer une chroniqueuse en justifiant cet acte par le fait que cette dernière est une femme.

Logo choisie pour représenter le parti ISLAM crée en 2012

Le parti a pour objectif de transformer la Belgique en État islamique s’appuyant sur le Coran.

Selon Mohammed Merzoug, ex-ministre des Communication en Algérie (Gouvernement Malek ayant fait face à la vague de l’islamisme en Algérie à son époque) ce genre d’idéologie politique n’a aucunement sa place en Belgique. « L’application de la charia est incompatible avec le droit positif applicable dans une société fondée sur le principe de la souveraineté populaire. » « La charia est fondée sur la souveraineté divine et n’est donc pas susceptible d’évolution et de modification ». Néanmoins le parti revendique le contraire et se veut appliquer la charia en « conformité» avec la constitution belge.

cet extrait tiré d’une émission plateau de RT France nous montre le président du parti ISLAM s’exprimant sur la politique de son parti ainsi que le fait divers énoncé ci-dessus.

La politique islamique en Afrique du nord

Le Maghreb a été fortement touché par cette mouvance politique elle aussi. Dans un ordre chronologique l’Algérie fut la première à être touché avec l’apparition du FIS (Front Islamique du Salut) en 1989. Le parti sera dissous en 1992 et ses deux dirigeants seront jugé et condamné à 12 ans de prison car jugé dangereux pour les institutions de l’État.

L’islamisme refera son apparition en Afrique du nord après la vague révolutionnaire apporté par le printemps arabe. On citera comme exemple Mohamed Morsi qui après le renversement d’Hosni Moubarak deviendra le premier président élu démocratiquement en Égypte. Ce dernier sera destitué à son tour après seulement un an aux commandes du pays et une forte protestation de la part du peuple égyptien.

Selon l’expert interviewé l’islam n’a pas réussi son implantation dans la politique.

« L’islam n’a pas réussi après le printemps arabe.Il a échoué en Algérie après une décennie sanglante qui a fait plus de 200000 morts.Il a échoué en Égypte après la parenthèse présidentielle des frères musulmans.Il est en perte d’influence au Maghreb et noyé dans le désordre chaotique et sanglant du moyen-orient.Les premières expériences d’élections pluralistes ont montré les limites de l’islam politique »

Charia: qui fait les lois ?

Pour mieux comprendre la charia il faut tout d’abord savoir que les musulmans se divisent en plusieurs groupes de croyants distincts. Nous avons les sunnites (majorité des musulmans) que l’on retrouve au Maghreb, au Moyen-Orient ainsi que dans certains pays asiatiques. Les chiites présents dans certaines régions du Moyen-Orient (Irak, Iran). il existe aussi d’autres courants moins importants qui ne possède que très peu de croyants.

La charia est souvent considérée comme l’aspect politique de l’islam mais c’est bien plus que cela. La charia englobe en réalité toutes les règles doctrinales, sociales, culturelles et relationnelles comprise dans ladite religion.

Monsieur Abdelhay Bakkali Tahiri a revendiqué une charia adaptée à l’État belge car la charia serait libre d’interprétation. Alors oui il est vrai que dans l’islam sunnite il n’existe pas d’équivalant au clergé mais il existe des mosquées de grande influence qui ont un rayonnement très important et sont très influent dans les pays voisins. Nous citerons comme exemple la mosquée d’EL Azhar au Caire ou encore Médine en Arabie Saoudite.

la tâche de dicter la charia est léguée aux muphtis(1) qui édicte des Fatwa(2).

En revanche dans le cas de l’islam chiite il existe bel et bien un clergé hiérarchisé comme il fut rappelé dans l’interview.« Le clergé chiite est dirigé par un chef suprême qui est en général nommé Ayatoulah (l’un des titres les plus élevés du clergé chiite) » en effet les chiites ont un leadeur qui occupe la fonction du douzième Imam en attendant son retour prophétique.

un islam moderne ?

Parmi les textes saints, la spécificité du Coran tient, pour la majorité de la communauté musulmane, dans la croyance selon laquelle le texte saint, prophétisé par Mahomet, est la parole « incréée » de Dieu, « descendue » sur le Prophète tout au long de son apostolat. Il ne s’agit plus alors d’un livre « inspiré » mais « dicté ». En somme, le Coran occupe approximativement pour l’islam la nature et le rôle que Jésus, Verbe de Dieu et Dieu lui-même, occupe dans le christianisme. On comprend dès lors que le Coran soit communément considéré par les théologiens musulmans comme un « attribut » de Dieu, consubstantiel à Lui.

En dépit de son expansion et des influences étrangères, l’islam n’a donc pour ainsi dire pas évolué. Une opinion répandue est que cela serait dû à l’impossibilité de modifier le Coran en raison de la croyance en sa nature incréée, pour les musulmans, il n’est pas nécessaire de modifier les textes sacrés, où l’on trouve souvent tout et son contraire.

Pour les musulmans, le Livre saint est unique et exclusif, son texte est en version unique, en une langue unique qui est celle même utilisée par Dieu.  Ajoutons-y le poids des institutions universitaires islamiques de contrôle et de censure. Aussi, tout intellectuel musulman qui ose aborder ces problèmes comme l’aborde un historien des textes, ou sous l’angle historico-critique, devient marginal. Et, quand il publie sur ce sujet, il est vite neutralisé par la persécution, la censure, l’exil forcé, ou volontaire.

L’islam moderne est envisageable, au travers d’une nouvelle charia correspondant à notre société, cependant il sera fortement mal reçu par une grande partie de la communauté musulmane et les réformateurs musulmans qui plaident contre la rupture entre passé et présent en conciliant acquis de la modernité et patrimoine musulman.

Mehdi Merzoug

Je suis âgé de 20 ans, élève en première année de communication à l’ISFSC

essaye d’être le plus photogénique possible comme le montre la photo

En savoir plus :

Projet de campagne ISLAM https://www.islam2012.be/projet

Définition de Mufti (1) https://www.cnrtl.fr/definition/muphti

Définition fatwa (2) https://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/fatwa/32988

« Voilà ce que tu as fait, et je me suis tu. » Psaumes 50:21

Le pape François demande pardon aux fidèles et essaie de faire bouger les choses pour aider les victimes à faire le deuil. C’est vers la fin du 20e siècle qu’on a commencé à entendre parler partout dans le monde des premiers scandales au sein l’Église. Les abus sexuels sur mineur et les religieuses montrent les dérives du clergé. Et fait l’objet de procès très médiatisés. Comment venir en aide aux victimes et leur permettre de tourner la page ?

Les mineurs et les religieuse prennent la parole

Le 29 novembre 2019 a débuté le deuxième jour du procès Barbarin. Ce dernier est accusé d’avoir gardé pour lui des agissements pédocriminales du prêtre Bernard Preynard, qui est accusé d’avoir abusé de mineurs. Le procès n’est pas encore terminé, la cour prendra sa décision le 30 janvier prochain.

Depuis quelques années, plusieurs médias parlent des scandales qui secouent l’Église catholique, notamment Arte, qui a diffusé un documentaire sur l’abus sexuel des religieuses, pensez-vous que malgré le culte du silence qui se trouve dans l’Église, certaines d’entre elles vont parler ?

« En ce qui concerne les religieuses par rapport aux enfants, c’est une autre question plus proche de ce qu’on a appelé dans les années 90 la question des dérives sectaires, c’est-à-dire non pas seulement sur les enfants mais aussi sur les adultes. Ça consiste à noter que certaines personnes fragiles peuvent être en quête spirituelle et peuvent dans cette quête chercher des réponses à leur vulnérabilité, mais comme elles sont vulnérables, la quête spirituelle est redoutable et on peut très bien imager que l’autorité spirituelle n’ait pas tout été correcte, puis qu’il abuse de la vulnérabilité. Mais elle est différente de celle de l’enfant, puisque celui-ci ne comprend pas ce qui lui arrive, te dit qu’ici ce sont des personnes majeures qui sont en recherche de quelque chose qui ont trouvé l’homme ou la femme qui éclaire le sens de leur vie, et puis à force d’éclairer les choses se compliquent. » explique Louis-Léon Christians, directeur de la chaire droit et religion d’Université Libre de Louvain.

Mettre des mots sur les maux

En Belgique, il y a eu 600 signalements de cas prescrits concernant des abus au sein de l’ Église. Elles ont toutes été enregistrées par le centre arbitrage (1), qui est une commission mixte entre l’ Église et l’ État. C’est ce dispositif qui a essayé d’aider financièrement mais de façon assez secondaire, surtout en termes équité. Mais aussi les droits canons qui remontent à l’an 1000, qui d’abord servait au bon ordre du clergé, et parfois des fidèles. Il faut attendre la Deuxième guerre monde avec les mouvements des droits de l’homme, à partie duquel il est devenu plus vigilant à la protection des statuts des fidèles contre éventuels abus du clergé. Le premier moment délicat de ces affaires, c’est d’abord la prise de parole. Puisque certaines personnes ne veulent pas revivre une deuxième fois, toute cette histoire est de réexpliquer sans cesse les faits. Car même si parfois il y a une possibilité de sanction pénale.

Est-ce que la sanction du coupable suffit à résoudre les mots ? Nul ne le sait.

Ensuite, parfois, la réponse de la justice est insatisfaisante. En droit, on va parler d’arrêter, cela signifie qu’on arrête de discuter sur les faits qu’on a pu prouver. On passe outre cette affaire et ces difficultés qui ont cassé, troublé une vie pour permettre à ces personnes de tourner la page.

Comment la justice peut-elle aider les victimes de ces abus ? « C’est une question difficile qui se pose encore au parlement belge, puis en France. Autrement dit, celles des personnes qui ont estimé êtres abusés ou ont été abusées ont eu à la possibilité psychologique et le courage de parler. Se retrouve dans une situation de victime qui n’est pas nécessairement agréable. Dire, regarder, j’ai été abuser. C’est courageux et on espère justice, mais enfin, c’est tout de même se donner une étiquette de victime, on préférerait être un gagnant plutôt qu’une victime. Donc il y a un moment de fragilité dans la prise de parole. Alors un des problèmes qu’on a eu dû à la lenteur du processus historique, c’est qu’aujourd’hui, en France comme en Belgique, mais en Belgique, c’est fini, il y a eu un nombre impressionnant de paroles libérées, surtout sur des cas prescrits pénalement. Donc des personnes qui parlent au moment où elles savent qu’elles ne pourront pas obtenir la condamnation pénale de la personne qu’elles accusent. Parce que le délit est prescrit, le délit est trop passé, donc ça aussi, c’est terrible d’amener des personnes à parler comme victimes, mais tout en leur disant attention, vous parlez, mais il n’y aura pas de solution juridique, il y aura peutêtre une solution psychologique. » poursuite, Louis-Léon Christians

Des points à travailler

Il reste encore des questions à se poser comme : comment l’Eglise sanctionne ces personnes ? Comment l’Eglise arrive t’elle à son tour à aider les victimes ?

La première faille que l’on constate, c’est pendant longtemps dans la société, on ne parlait pas de sexe. Le fait de ne pas parler de ces abus dans les relations de religieuses correspond donc qu’on ne parle pas de ces abus dans l’enseignement, dans le sport, etc. C’est une première chose qui n’excuse pas évidemment un manque de vigilance, mais ça explique tout de même le silence généralisé. Il faut attendre les années 90 pour que réellement les scandales public et massif éclatent aux États-Unis , puis en Belgique et en France maintenant.

Ensuite, il y a eu des problèmes dans la gestion de ces personnes au sein même de l’ Église.  » C’est ce qu’on a reproché encore aux ecclésiastiques de cette fameuse période où on est passé de l’omerta à la prise de parole. Durant cette période intermédiaire, on sait que la réponse classique des autorités religieuses était bien déplacée, la personne. L’autorité religieuse avait commis quelque chose qui n’est pas admissible et la sanction était un déplacement. Ils espéraient que ce déplacement leur permettrait de tourner la page et de repartir sur de bonnes bases. Ce qu’on ne savait pas à l’époque, mais qui a changé aujourd’hui, c’est que lorsqu’un pervers sexuel avoue sa perversité, cela n’empêche pas qu’il soit toujours potentiellement actif. Donc il y a une évolution de la connaissance de la psychologie de la récidive au cours de ces dernières années. » indique-t-il.

Pour conclure, on constate que l’ Église catholique essaie de faire des efforts afin de ne pas commettre les mêmes erreurs que par le passé. Par ses différentes actions, le pape François montre qu’il veut mettre en lumière ces abus pour qu’il ne reste pas dans l’ombre. Malgré la difficulté de ces procès, certaines victimes ont le courage de pouvoir parler alors que d’autres préfèrent passer à autre chose.

  • (1) https://www.wipo.int/amc/fr/center/index.html

Laliongo Tifanny, 20 ans, étudiante en bac 1 communication à l’ISFSC.

« Lorsque vous vous faites un devoir toute votre vie d’aimer les autres, il n’y a jamais de dernier chapitre, car l’histoire se poursuit. Vous prêtez votre lumière à quelqu’un d’autre, qui éclaire une autre personne et une autre, et encore une autre. » Oprah Winfrey

Crime, honneur et malheur.

C’est bien connu, le malheur des uns fait le bonheur des autres. Et c’est dans des clans qui exécute ce que l’on appelle, un crime d’honneur, qu’on l’illustre le mieux. Ces clans ont pour but de récupérer leur honneur qui, selon eux, aurait été souillé par l’un de leurs membres en ayant refusé de suivre une certaine directive. La plupart de ces crimes sont connus pour être des féminicides et chaque année dans le monde 5 000 femmes meurent suite à un crime d’honneur.

Le crime d’honneur est une forme de justice aussi absurde cela puisse paraître. Seulement, cette justice agit par la violence et ce n’est pas parce que c’est une justice pour certains, qu’elle est forcément juste pour tous.
Mohamed Hassan CC by CCO – 18 septembre 2018.

En Belgique, le premier crime d’honneur reconnu a lieu en 2007, c’est celui de Sadia Sheikh, jeune belge d’origine pakistanaise, son crime fut d’être tombé enceinte hors mariage, exactement deux ans avant son assassinat. La voyant comme souillée, sa famille décida de la marier de force et c’est seulement à l’âge de 20 ans que Sadia fut mariée. Mariée à un cousin éloigné vivant au Pakistan, la procédure se fit via internet. Plus tard, quand sa famille lui avait annoncé qu’elle devait aller au Pakistan pour officialiser son mariage, ce n’est qu’à ce moment qu’elle prit conscience de ce qui lui arrivait, elle prit donc fuite. A la suite de son meurtre plusieurs versions sont données, mais ce dont on est sûr c’est que lors d’un court retour chez ses parents après sa fuite, son frère lui tira dessus à plusieurs reprises et ce fut le jour où elle donna son dernier souffle.

Dans la convention d’Istanbul on retrouve des valeurs qui ont pour but d’éradiquer les préjugés sur les coutumes qui prônent un rôle inférieur de la femme vis-à-vis de l’homme. Bien sûr d’autres sont du même avis et dénoncent ces traditions différemment. Stephan Streker par exemple, réalisateur et scénariste belge qui sortit 10 ans après le décès de Sadia Sheikh un film intitulé Noces. L’histoire est inspirée de divers crimes d’honneur dont celui de Sadia Sheikh, il y dénonce les crimes d’honneur en montrant qu’il n’existe pas d’homme qui puisse être un monstre, mais qu’il existe uniquement des situations monstrueuses, il démontre au public que ce n’est pas parce que des traditions sont différentes, que cela fait spécialement du criminel/tueur le méchant de l’histoire. Voilà donc un film aussi riche en émotions qu’en réflexion que vous pourrez ajouter à votre liste de films en famille.

Le 10 décembre 2019, Dominique Deshayes coordonnatrice des droits des femmes chez Amnesty francophone rappelle lors d’une interview que : « La tradition ne peut jamais être une excuse à la violation des droits humains« , cette citation est inspirée de l’article 12 de la DUDH laquelle fut déclarée il y a de cela 71 ans jour pour jour. Elle précise aussi que : « Ce n’est pas parce que c’est traditionnel, que couper le clitoris des petites filles est autorisé. Ce n’est pas parce que le mariage forcé est traditionnel, qu’il est forcément autorisé« . L’article 12 stipule que nul ne sera l’objet d’immixtions(1) arbitraires dans sa vie privée, sa famille, son domicile ou sa correspondance, ni d’atteintes à son honneur et à sa réputation.

Amnesty c’est quoi ?

Amnesty de son nom complet Amnesty international (Belgique), est une organisation de défense des droits humains qui débute par la défense de deux étudiants au Portugal qui avait fait l’erreur de trinquer à la liberté lors de la dictature de Salazar(2). Ces prisonniers politiques et religieux attirèrent l’attention de Peter Benenson à l’époque avocat de 39 ans déjà réputé internationalement. Il envoya maintes lettres au gouvernement portugais pour les amnistier(3), il fit de même dans plusieurs autres pays et c’est alors que vit le jour des prisonniers oubliés le 28 mai 1961 dans un hebdomadaire anglais, The Observer sort, autrement dit, le premier article d’Amnesty.

De quoi devrion-t-on prévenir les plus jeunes ? Excision, mariage forcé et crime d’honneur. Ce sont des termes dont la plupart des jeunes n’ont jamais entendu parler et qui pourtant sont présents tout autour d’eux sans même qu’ils en aient conscience. Et malheureusement d’autres jeunes, dans leur école, leur quartier, ou même l’enfant de l’un de vos proches, certains y sont encore confrontés juste là, sous vos yeux, sans même que vous vous en aperceviez.

Aussi ancienne soit cette pratique, le mariage forcé est toujours d’actualité, on compte jusqu’à 700 millions de femmes mariées de force avant leur majorité et ce même si ça va à l’encontre des droits de l’Homme. Et bien heureusement, on peut observer une baisse du nombre de mariages forcés comparé à chaque année.

Education à la Vie Relationnelle, Affective et Sexuelle.

Obligatoire en Belgique depuis 2012, autrement dit, l’EVRAS, a pour but d’informer les plus jeunes sur leur vie relationnelle, affective et sexuelle tout en passant par des plannings familiaux. L’accompagnement des jeunes vers l’âge adulte est de plus en plus négligé, une étude menée par PROMES-ULB et par FUNDP a prouvé qu’il y avait une disparité des initiatives et du temps octroyé à l’EVRAS dans les écoles, mais surtout dans les écoles professionnelles qui sont tout autant concernées.

La convention d’Istanbul.

En 2011, la convention d’Istanbul est mise en œuvre afin de contribuer à la prévention et à la protection des femmes contre toute violence. L’Istanbul, la Turquie et les Etats membres du Conseil de l’Europe sont les seuls pays à avoir signé cette convention. Ces parties ont pour but de veiller à ce que l’honneur traditionnel ne soit pas la justification de tout acte agressif. En Belgique, c’est seulement en 2016 qu’elle fut ratifiée. On peut notamment y retrouver de nombreux dires sur les mariages forcés.

Pour conclure on notera que le crime d’honneur peut être retrouvé sous d’autres formes que le féminicide, comme par exemple la loi de Talion que l’on retrouve en Albanie et qui a pour but une vengeance par le sang ou par la fortune. Le seul bémol avec cette loi est qu’elle est officiellement reconnue en Albanie et qu’il n’y a donc pas de réelle justice pour s’en protéger. De plus on peut ajouter qu’il est important de prévenir nos jeunes sur ce type de situation car malheureusement il existe des cas où la victime ne sait pas qu’elle est une victime, elle accepte son sort car elle l’a vue se réaliser sur d’autres personnes avant elle, voilà la pire situation sur laquelle on pourrait tomber en essayant d’aider son prochain, une situation où la victime pense que ce qui lui arrive est normal.

(1) Action de s’immiscer dans les affaires d’autrui.

(2) De son nom complet Antonio de Oliveira Salazar est une ancienne figure centrale du régime autoritaire au Portugal de 1928 à 1933.

(3) Issu du terme amnistie, signifie du législateur un acte qui efface rétroactivement le caractère punissable des faits auxquels il s’applique.

Moi Erika, 20 ans, 1m78.

Jeune bruxelloise d’origine congolaise, militante durant mes heures perdues et néanmoins rêveuse à temps plein, je suis étudiante en première bachelier à l’ISFSC en communication et même si je ne sais pas encore ce que je compte faire plus tard, une chose est sûre, j’ai une grande soif de savoir, de liberté, mais surtout, des rêves pleins la tête à réaliser.