L’homosexualité : dans l’œil de l’Islam et du Christianisme

Islam - Christianisme

Sujet bateau, sujet rigolo, sujet fléau, c’est un sujet qui parle des homos. La religion nous berce, pour la plupart, depuis notre naissance tandis que l’homosexualité est une question, encore non-résolue, de notre société. Qu’en est-il aujourd’hui de la perception de l’homosexualité du point vue religieux ? 

Il y a seulement deux mois de cela, une candidate dans le parti conservateur, à Toronto, a tenu des propos homophobes –ce qui lui a valu, d’ailleurs, le retrait de sa candidature aux prochaines élections-. L’acceptation de ce fait social est changeante. Le sujet de l’homosexualité, dans les religions monothéistes (et dans la société), a toujours été complexe.

Homosexualité et Religion : sont-ils liés ?

Une recherche menée sur Google Actualité autour des mots “homosexualité et religions” nous propose des résultats venus de tous les coins du monde et la cohabitation des deux semble compliquée.  

Pour Marc Beumier, coordinateur de Bruxelles de la CCL (Communauté du Christ Libérateur) -une association gay/lesbienne et chrétienne -que j’ai pu rencontrer dans le cadre de cet article-, ces deux termes n’ont rien à voir.
D’une part, l’homosexualité, c’est ce qu’il est et ce qui fait partie de lui et, d’autre part, la religion ou plus précisément son adhésion à la foi est quelque chose à laquelle, il croit.
Il précise : “La religion et ses pratiques sont compatibles avec l’homosexualité parce que sinon je ne serai pas là, ici, aujourd’hui. Ce que l’on nous demande en tant que catholique, c’est d’adhérer à des théories, de respecter l’évangile, d’avoir le respect des autres et de soi-même”. Au sens strict de cette interprétation, l’homosexualité n’empiète pas sur la religion. 
En effet, pour lui, ”Les religieux radicaux, qui ne tolèrent absolument pas l’homosexualité, ne sont pas des vrais croyants”. 

Pour Bernard Guillemin, coordinateur de l’ASBL ATER VISIO, une association qui lutte contre l’homophobie et la transphobie -que j’ai pu également rencontrer dans le cadre de ce travail-, la foi et l’amour (reprenant l’orientation sexuelle et l’homosexualité en général) peuvent avoir un point commun, c’est quelque chose qui nous tombe dessus et qu’on ne peut contrôler.
En dehors de ce point-là, il n’y a aucun point de convergence entre les deux.  Contrairement à ses propos, Éric Zemmour considère l’orientation sexuelle (et donc l’homosexualité) comme un choix, on le voit ici dans cette vidéo. 

L’homosexualité : quid du point de vue religieux ?

La position de la religion chrétienne est multiple sur l’homosexualité. Il y a ceux plus conservateurs qui restreignent l’homosexualité au rang des péchés (1). Ceux plus progressistes qui acceptent les personnes homosexuelles dans le cadre ecclésiastique et qui bénissent même des unions (2). Enfin, il y a ceux plus “modérés” (comme le Pape), qui appellent à ne pas rejeter ces personnes hors de la société (3) 

Au contraire de cela, la religion musulmane semble beaucoup plus fermée à cela. En effet, encore de nombreux pays à majorité musulmane condamnent l’homosexualité. Paradoxalement, à cette vision, selon Marc Beumier, “l’homosexualité est très répandue, car normalement, il n’y a pas de sexe avant le mariage avec la femme et donc l’homo-sensualité est très pratiquée dans ces pays-là, car les hommes et les femmes vivent séparés”.  

Même si le Coran n’interdit pas l’homosexualité, certains musulmans ont traduit ces livres sacrés en disant que l’homosexualité est un péché, c’est pour cela qu’encore beaucoup de musulmans n’acceptent pas l’homosexualité dans leur vie. Mais que dit exactement le Coran ?  
Les pratiques sexuelles homosexuelles, et plus précisément la sodomie, sont très fort condamnées dans le Coran, jugeant celles-ci de représentation sadomasochiste de la sexualité. En aucun cas, le Coran n’interdit une personne d’être homosexuel ou de demander la filiation 4.   

Beaucoup de représentants de la religion chrétienne ne condamnent pas l’homosexualité en tant que telle. Ce qui est souvent condamné, ce sont les pratiques sexuelles. De nombreux chrétiens acceptent l’homosexualité mais seulement dans l’abstinence, car ils considèrent ces actes comme contre-nature, comme un péché 5

Et si on mariait?

Dans certains courants du christianisme, des mariages sont célébrés à l’église, comme c’est le cas ici en Norvège, il y a maintenant presque 3 ans, entre des personnes homosexuelles. Cela se passe dans les églises protestantes actuelles (qui sont en général, plus libérales). Il y a aussi dans la religion chrétienne, des personnes homosexuelles qui font partie du corps-même de l’église même s’ils doivent vivre leur homosexualité dans l’abstinence (6).

En ce qui concerne, le mariage homosexuel à la mosquée, c’est impensable à l’heure actuelle, même dans les courants les plus progressistes de l’islam. Il y a eu, il y a deux ans maintenant, un mariage civil, de deux personnes homosexuelles et musulmanes au Royaume-Uni (7). Cela reste un mariage civil et non célébré dans une mosquée. Ludovic-Mohamed Zahed est un imam français qui est homosexuel et qui lutte contre l’homophobie et surtout celle dans l’islam et pour le droit d’être gay et musulman à la fois. Il est d’ailleurs à l’origine de la première mosquée inclusive en France qui accepte les personnes LGBT musulmanes (8). Même si certains imams ont suivi le mouvement en Europe et d’autres mosquées inclusives se sont construites depuis, comme c’est le cas à Berlin en 2017, 60% des musulmans en Europe montrent une grande hostilité envers les personnes homosexuelles (9).  

Ludovic-Mohamed Zahed, imam français, qui fait un discours à la conférence pour l’association Exaequo, une ASBL qui fait la promotion de la santé sur les MST/IST entre les relations masculines entre hommes.
Auteur : G. Garitan – License :  Creative Commons Attribution – Partage dans les Mêmes Conditions 4.0 International

Le mariage entre deux personnes du même sexe, dans ces religions, semble encore tabou. Au niveau de la loi, il y a, actuellement, 26 pays qui ont légalisé le mariage pour tous (10). Au vu de cette évolution, nous serons enclins à participer à un mariage homosexuel. C’est le cas du youtubeur n*1 en France, Cyprien, qui l’a vécu et qui en fait une vidéo. 

La situation en Belgique

Nous sommes plutôt avancés dans les droits accordés à la communauté LGBT. Nous avons été le deuxième pays à légaliser le mariage pour tous (11). Même si dans certains pays, l‘homosexualité est encore passible de peine de mort, il y a de plus en plus de pays qui dépénalisent l’homosexualité au fil des années. Selon Bernard Guillemin, même si la loi évolue en ce qui concerne la communauté LGBT plus vite que ce que pense la religion, la loi n’est pas la réalité. Malgré que la loi protège cette communauté dans plusieurs pays, il y a encore de nombreuses agressions homophobes en Belgique et parfois -“au nom de la religion” (12)-.

À Bruxelles, il existe actuellement une communauté de personnes homosexuelles et chrétiennes, c’est la CCL avec laquelle j’ai pu entrer en contact. Existe-t-il l’équivalent dans la religion musulmane ? Non. Il y a, cependant, une association à Bruxelles qui s’appelle Merhaba. C’est une association qui lutte contre les discriminations faites aux personnes homosexuelles venant du Moyen-Orient et qui sont, pour la plupart musulmans (13).

Que ce soit pour le coordinateur de Bruxelles de la CCL comme pour celui d’Alter Visio, les religieux qui voient l’homosexualité comme un péché, en vertu des textes sacrés, est une mauvaise interprétation de ces derniers. Pour eux, nous pouvons dire à ces textes n’importe quoi et surtout ce que l’on veut. Il faut donc prendre ces textes sacrés avec du recul et également remettre ceux-ci dans leur contexte.   

L’homosexualité et la religion peuvent parfois être en conflit d’intérêts dans la manière de vivre. Marc Beumier se définit comme “gay chrétien heureux” et espère, dans un futur, que son association n’aura plus besoin d’exister, car l’homosexualité et la religion pourront co-habiter. Pour preuve, les évêques allemands viennent de reconnaître, il y a quelques jours, l’homosexualité comme quelque chose de “normal”, un grand pas pour la religion catholique (14). 

Dans la religion juive, cela est un peu différent. En effet, dans la Torah, les actes homosexuels sont prohibés mais pas condamnés de manière directe. C’est une mauvaise lecture. Même si certains interprètent la Torah de la mauvaise manière, celle-ci a en abomination l’acte homosexuel et non le sujet, soit la personne homosexuelle. Pour en savoir plus sur comment est vu l’homosexualité par la Torah.

Barbara MAURISSEN
Je suis âgée de 22 ans. Je suis étudiante en 1e année de communication à l’ISFSC. Les droits de l’homme fondamentaux m’intéressent beaucoup (ex: droit à la vie, la liberté d’expression,..).

Webographie :

(1) HANLEY, Jonathan. Dieu, la Bible, l’Homosexualité, et toi [en ligne]. Dans : Ta jeunesse. [Consulté le 19 décembre 2019]. Disponible à l’adresse : https://www.tajeunesse.org/fr/les-articles/mise-en-avant/205-dieu-la-bible-l-homosexualite-et-toi.html

(2) LAPORTE, Christian. Les protestants auront des pasteurs homosexuels [en ligne]. Dans : La Libre Belgique. 15 juin 2015 (mis à jour le 16 juin 2015). [Consultée le 19 décembre 2019]. Disponible à l’adresse : https://www.lalibre.be/belgique/les-protestants-auront-des-pasteurs-homosexuels-557f0d8d3570dd0de7e11429

(3) LA DERNIERE HEURE LES SPORTS +. Pape François : “Si une personne est gay, qui suis-je pour la juger ?” [en ligne]. Dans : DH Les Sports + – Actu. 29 juillet 2013 (mis à jour le 02 août 2013). [Consulté le 19 décembre 2019]. Disponible à l’adresse : https://www.dhnet.be/actu/monde/pape-francois-si-une-personne-est-gay-qui-suis-je-pour-la-juger-51f655753570ebbf8e01f516https://www.dhnet.be/actu/monde/pape-francois-si-une-personne-est-gay-qui-suis-je-pour-la-juger-51f655753570ebbf8e01f516

(4) BONOMELLI, Marc. Coran et homosexualité : convictions d’un imam gay [en ligne]. Dans : Le monde des religions. 07 avril 2015. [Consulté le 19 décembre 2019]. Disponible à l’adresse : http://www.lemondedesreligions.fr/actualite/coran-et-homosexualite-les-convictions-d-un-imam-gay-07-04-2015-4618_118.php

(5) Catéchisme de l’Église catholique, partie III, section II, chapitre II, article 6, §. 2396 

(6) PARTHONNAUD, Aymeric. « Sodoma : que révèle l’enquête de 4 ans sur l’homosexualité au coeur du Vatican » [en ligne]. Dans : RTL. 15 février 2019. [Consulté le 18 décembre 2019]. Disponible à l’adresse : https://www.rtl.fr/actu/debats-societe/sodoma-livre-enquete-frederic-martel-homosexualite-vatican-7796955681

(7) LAYSTARY, Emile. Le Royaume-Uni a célébré son premier mariage homosexuel et musulman [en ligne]. Dans : France24. 11 juillet 2017. [Consulté le 19 décembre 2019]. Disponible à l’adresse : https://www.france24.com/fr/20170711-le-royaume-uni-a-celebre-son-premier-mariage-homosexuel-musulman

(8) Ludovic-Mohamed Zahed [en ligne]. Dans : Wikipédia, l’encyclopédie libre. 19 octobre 2019. [Consulté le 16 décembre 2019]. Disponible à l’adresse : https://fr.wikipedia.org/wiki/Ludovic-Mohamed_Zahed

(9) LES OBSERVATEURS.CH. Multiculturalistes : 50% des musulmans réclament l’islamisation et…[en ligne]. Dans : Les Observateurs.ch. 24 décembre 2013. [Consulté le 17 décembre 2019]. Disponible à l’adresse : https://lesobservateurs.ch/2013/12/24/le-cauchemar-des-multiculturalistes-50-des-musulmans-deurope-reclament-lislamisation-et-la-charia/

(10) Mariage homosexuel [en ligne]. Dans : Wikipédia, l’encyclopédie libre. 19 décembre 2019. [Consulté le 19 décembre 2019]. Disponible à l’adresse : https://fr.wikipedia.org/wiki/Mariage_homosexuel#Pays_autorisant_le_mariage_homosexue

(11) Droit LGBT en Belgique [en ligne]. Dans : Wikipédia, encyclopédie libre. 04 décembre 2019. [Consulté le 19 décembre 2019]. Disponible à l‘adresse : https://fr.wikipedia.org/wiki/Droits_LGBT_en_Belgique
 
(12) RTBF INFO. Les jeunes musulmans sont plus homophobes, selon une étude [en ligne]. Dans : RTBF. 05 juillet 2012. [Consulté le 17 décembre 2019]. Disponible à l’adresse : https://www.rtbf.be/info/societe/detail_les-jeunes-musulmans-sont-plus-homophobes-selon-une-etude?id=7799649

(13) TETU. Les évêques allemands reconnaissant l’homosexualité comme ”normale” [en ligne]. Dans : Têtu. [Consulté le 19 décembre 2019]. Disponible à l’adresse : https://tetu.com/2019/12/16/les-eveques-allemands-reconnaissent-lhomosexualite-comme-normale/

L’avortement: un droit, oui… Pour tous?

Aujourd’hui, 20 000 IVG (Interruptions Volontaires de Grossesse) ont lieu chaque année en Belgique. Pratique étant autorisée depuis 1975, qu’en est-il selon l’islam et le christianisme?

Bougies. Par AcaPioPin, Pixabay License, Adobe Stock.

L’avortement est un sujet qui gagne en visibilité dans notre société. Les opinions sur cette pratique importante, sont nombreuses.  

L’IVG est de plus en débatue… Si certains pays, par exemple la très catholique Irlande depuis décembre 2018, semblent adapter leur législation à cette réalité, d’autres, comme les USA, édictent de nouvelles règles qui rendent cette opération plus compliquée encore. (1)

Le choix de la religion face à celui de donner la vie

La question est: devrait-on être étonné venant d’un pays dont la religion considère cette pratique comme un meurtre? La réponse de Pascale Van Schel, Responsable du Centre de Planning familial Rosa Guilmot à Tubize, fut sans attente: “Enfin! Heureusement pour toutes ces femmes qui étaient obligées de prendre Ryan Air pour venir avorter en Belgique…”. Naima Haraq, médecin du centre, est d’accord. Selon elle, il était temps et ce qui est vraiment étonnant, c’est que le vote de cette loi soit si tardif.

Nos deux expertes l’affirment, pour elles, il est très important de pouvoir être libre d’arrêter une grossesse non attendue peu importe la religion. Le bien-être de la femme prime sur les obligations religieuses de celle-ci. Leur avis est l’avis de personnes non-croyantes.

La position du Vatican, est claire…. Non à l’avortement. En ce qui concerne l’Islam, un certain nombre d’Hadits mentionnent son interdiction et les punitions qui y sont liées dans le Coran. (2)

Car dans le christianisme  tout autant que dans l’islam, il est absolument interdit de mettre fin à la vie d’un être humain, peu importe les circonstances, cela serait considéré comme un péché.

Reste à déterminer à partir de quand, le foetus est-il réellement vivant et conscient. La question de l’âme présente ou non est fortement répétée sur internet. Le problème est qu’entre la médecine et chacunes des religions, les réponses à cette question sont très différentes.

Du point de vue de la médecine, l’embryon deviendrait vivant au moment où il se transforme en foetus. C’est-à-dire après trois mois de grossesse. Tandis que dans la religion chrétienne, il est considéré que dès la création de celui-ci, l’embryon existe et donc possède une âme. Quant à l’islam, celle-ci parviendrait au bout de 40 jours après fécondation.

Des changements à prévoir?

Depuis peu, la loi sur la durée de la grossesse autorisée avant l’avortement est discutée. La question est: faut-il allonger cette durée de 18 semaines plutôt que 12,  le délai actuel?

Les évêques de Belgique se sont exprimés inquiets face au changement probable de cette loi. Car selon la Conférence épiscopale, l’avortement deviendrait ainsi une intervention médicale ordinaire.

Là encore, nos deux expertes montrent leur désaccord. Madame Haraq s’explique:

Une femme qui va se faire avorter, elle ne trouve pas ça normal… Elle le fait par obligation.

L’avortement remis en cause par les religions

Bien que l’IVG soit une nécessité pour certains, elle reste néanmoins un meurtre aux yeux de l’Eglise. 

D’un point de vue chrétien, cela fait des années que le Vatican est clair sur ses opinions, il est contre l’avortement. Peu importe les circonstances, cela ne se réduit qu’à un simple assassinat sans aucune légalité morale ni religieuse. 

Chose étonnante, Le Figaro a publié ce 25/05/2019 (3), un article dans lequel le pape François affirme que l’humain dépasserait la religion pour prendre une telle décision.

D’un point de vue musulman, les opinions ne sont pas moins catégoriques. Cet acte serait également considéré comme infecte. Les seules raisons qui laisseraient éventuellement accepter l’avortement seraient que la mère soit en danger de mort ou bien lorsqu’un viol a été commis.

Et encore, cela ne passe que dans certains pays… Malgré nos avancées, l’intervention volontaire de grossesse reste très mal accueillie au sein de la communauté musulmane. 

Il y a donc beaucoup de subtilités selon chacune des religions. Elles s’accordent tout de même, sur le fait que cet acte reste un infanticide.

Ces différences d’opinions font place à des manifestations à tendance violente. Notamment en Amérique. Au Kentucky, une femme s’est faite lynchée, traitée de meurtrière par des manifestants lorsqu’elle s’apprêtait à avorter à l’hôpital de Louisville.

L’avortement: un débat politique, religieux et moral?

Le parti DéFI affirme avoir été le premier à avoir déposer la proposition de loi dans le but d’inscrire la laïcité de l’Etat dans la Constitution. La religion n’a donc pas sa place au sein des débats politiques tels que ceux-ci.

Mais cela n’est pas pour autant gagné pour ce parti, le Vlaams Belang et les partis religieux tels que le Cdh et le CD&V sont déterminés à maintenir leur non-accord face à cette proposition de changement de loi. Ce qui laisserait deviner que ce débat n’atteindra pas la majorité côté néerlandophone.

Joachim Coens a notamment fait appel « aux partenaires actuels et futurs du CD & V qu’un assouplissement de la loi avortement était pour son parti un gros problème. C’est un point de rupture« .

Leurs arguments ne font pourtant pas une fois référence à une quelconque religion mise à part lorsqu’ils évoquent un développement bien avancé d’un foetus qui atteint 18 semaines, et encore… Une autre de leurs craintes est que cela ne devienne qu’une simple contraception pour ces femmes. (4)

D’un point de vue politique, ce débat n’est décidément pas au goût des partis religieux. Mais cette réaction est-t-elle réellement liée à la religion? 

L’avortement est plutôt vu de manière morale que religieuse face à cet éventuel changement de loi, à son sujet. Madame Van Schels le confirme, ce débat doit être politique: “Je crois que ça doit rester du politique. Médicalement c’est possible, point. Mais c’est le politique qui doit agir…

L’IVG reste un sujet faisant place à de nombreux débats, tous autant politiques que religieux et moraux dans le monde. En voyant le nombre d’opinions qui diffèrent les unes des autres, ne serait-il pas plus judicieux d’imposer une limite pour tous et partout, pour ensuite laisser le choix à chacune de ces femmes, de prendre cette décision qui, finalement, n’appartient qu’à elles?

Nina Van Bever.

(1) « L’IVG dans le monde en 2019: entre multiplication des attaques et manque d’avancées législatives. », planningsfps.be, https://www.planningsfps.be/livg-dans-le-monde-en-2019-entre-multiplication-des-attaques-et-manque-davancees-legislatives/

(2) « L’avortement. », Muslimfr.com, 28 août 2001, https://muslimfr.com/lavortement/

(3) « Pour le pape, l’interdit de l’avortement est humain, pas religieux. », Le Figaro avec AFP, 25 mai 2019, https://www.lefigaro.fr/flash-actu/pour-le-pape-l-interdit-de-l-avortement-est-humain-pas-religieux-20190525

(4) « Réforme de la loi avortement », rtbf.be, 20 novembre 2019, https://www.rtbf.be/info/belgique/detail_reforme-de-la-loi-avortement-le-cd-v-promet-de-la-resistance?id=10369863)

Je m’appelle Nina Van Bever, j’ai 18 ans. Je suis étudiante à l’ISFSC en Communication, en 1ère année. Comme montré sur ma photo, deux des choses que je préfère sont les vacances et le soleil.

Les prêtres vont-ils pouvoir dire oui ?

Depuis la moitié du 20ème siècle, la question de l’ordination de prêtres mariés ne cesse d’être débattue au Vatican. Fin novembre, les représentants du clergé d’Amérique latine ont demandé l’autorisation de nommer prêtres des hommes mariés vivant en Amazonie. Le pape François, considéré comme un progressiste, réfléchit à cette demande.

Une grande réflexion est en cours dans le monde chrétien. Un pape vu comme progressiste. Une Eglise qui ne demanderait qu’à évoluer. Rien ne semble impossible. TOUT serait à portée de main. Mais le pape François aura-t-il les épaules assez larges pour apporter le changement dans son Eglise ?

Un vent de réforme

Olivier Windels, pour l’ordination des prêtres mariés, donne son avis et l’explique.
Antoine DENIS 2019 ©

Olivier Windels, abbé et vicaire épiscopal, représentant de l’Évêque de Liège, pense que cette réforme pourrait passer. Selon lui, l’élargissement de l’ordination aux hommes mariés, dans le monde, n’est qu’une question de temps. Cette dernière est liée au besoin des communautés. Comme il aime le répéter : « Nous ne le verrons pas. Mais nos enfants bien ! ».

Depuis toujours, et cela revient en force depuis 1950, la question de l’ordination du mariage des prêtres fait débat au cœur de la communauté chrétienne. Comme l’exprime notre expert, les arguments contre sont tout aussi fondés que les pours ! La situation reste bloquée.

Dans les arguments contre, il y a notamment la question du divorce. Car comme le dit notre cher Stromae, « Qui dit amour, dit les gosses, dit toujours et dit divorce. ». Nous vivons dans un monde où le divorce est une réalité (1). Pourquoi les prêtres y échapperaient-ils ? Cela créerait un gros problème de crédibilité dans l’Eglise si un prêtre venait à divorcer : le mariage est un serment devant Dieu. Ça poserait problème qu’un prêtre brise un serment qui est prêté devant Dieu, sur la Bible. De plus, on ne peut se marier qu’une fois à l’église.

Mais il y a aussi des arguments pour ! Par exemple, le fait que ça permettrait de donner au célibat un caractère « ultime ». Ça donnerait à l’engagement une connotation toute particulière et profonde. Cela permettrait aux prêtres d’affirmer, plus fort encore, leur foi en Dieu.

Pour bien faire, il faudrait que la religion chrétienne évolue en fonction des réalités des différentes communautés. En Europe, le nombre de chrétiens diminue (2). Il n’est donc pas nécessaire que le nombre de prêtres augmente. Il n’y a aucun intérêt d’autoriser le mariage des prêtres en Europe.

Interview du pape François concernant l’ordination des hommes mariés.

En Amazonie par contre, le nombre de prêtres n’est pas suffisant. Ils ne se rendent parfois que deux fois par an célébrer l’eucharistie dans certains villages. Il serait donc intéressant de considérer la question de l’ordination d’hommes mariés qui pourraient célébrer les sacrements pour leur communauté.

L’ordination de prêtres mariés est une question bien actuelle dans la religion catholique. Un futur prêtre à la place du marié ? L’avenir nous le dira.
Unsplash/Josh Applegate

L’ordination des prêtres risque de faire encore beaucoup parler d’elle. Ce sujet va occuper le pape pendant un certain temps. Aura-t-il le temps de faire passer cette nouveauté de son vivant ? Pas sûr.

Quid des autres religions ?

Comme Mr l’abbé   l’a si bien signifié : « La loi pour le célibat des prêtres ne vaut que pour les prêtres de l’Eglise catholique latine. ». Et c’est important de le préciser. Cela donne lieu à des situations assez spéciales : « Lorsque j’ai fait mes études à Paris, on nous apprenait à chérir notre célibat. Mais deux futurs prêtres libanais – Eglise maronite – qui, eux, ne sont pas soumis au célibat s’ils se marient avant leur ordination, n’avaient qu’une seule envie, c’était de sortir en boîte afin de trouver l’âme sœur avant leur ordination. Certains prêtres vont même jusqu’à reporter leur ordination jusqu’à leur mariage. »

Dans les autres branches du christianisme, les prêtres peuvent être ordonnés alors qu’ils sont mariés. Les pasteurs, quant à eux, ont le droit de fonder une famille. La réglementation est moins forte dans ces religions que dans la religion catholique.

Dans les autres religions monothéistes, les officiants peuvent se marier. Dans la religion juive, le cas est même plus précis. Les rabbins peuvent se marier. Il est même de leur devoir de fonder une famille, si possible en étant marié. Leur cas est un peu spécifique car ils sont élus par leur communauté. Et tous les Juifs ont le devoir de se marier afin de fonder une famille. Dans la religion musulmane, il en est de même. Les Imams peuvent se marier.

Dans le bouddhisme, les moines font vœu d’abstinence. Pour eux, qui recherchent la simplicité et la méditation, l’amour est un péché. Il les empêche de se concentrer sur ce qui est essentiel : leur âme et l’amour de la sagesse. Ils bannissent en général tous les plaisirs charnels. Les prêtres hindouistes, au contraire, peuvent se marier.

Quid de l’ordination des femmes ?

« La question de l’ordination des femmes de la religion catholique est une question bien plus compliquée que celle de l’ordination des prêtres mariés. Notamment à cause du fait que la non ordination de femmes est considérée par certains représentants comme un droit divin et non canonique. Ce serait Dieu lui-même qui voudrait cela. Ce premier débat empêche tout changement dans la communauté catholique. », explique Olivier Windels après un bref silence.

« Cependant, dans la religion anglicane des États-Unis, je connais une prêtresse. Sa hiérarchie avait voulu poser un geste fort en l’ordinant. Elle remplit sa mission de manière tout à fait correcte, même si elle fait face, quelques fois, à des difficultés dues au fait que ce soit une femme. », ajoute-t-il.

Vidéo montrant la place de la femme en tant que prêtresse dans la religion anglicane.

Comme le montre bien son témoignage, la place de la femme dans la religion catholique en tant qu’officiante n’est pas encore acquise. On peut cependant noter des exceptions dans l’Eglise chrétienne protestante où les femmes peuvent être pasteures. C’est aussi le cas dans l’Eglise chrétienne anglicane– le témoignage donné n’était pas une exception-, où de nombreuses femmes ont déjà été ordonnées prêtresses. Il est même question de nommer évêque certaines d’entre elle !

Nous vivons actuellement dans une société où la femme est sensée être l’égale de l’homme. Malheureusement, il existe encore un grand nombre de différences entre les deux sexes. On peut notamment citer les différences de salaire pour le même travail effectué, ou encore la différence de mise en avant dans certains sports. Tout le monde, en Belgique, sait citer le nom d’un « Diable Rouge ». Mais peu de gens sont capable de donner le nom d’une joueuse des « Red Flames ».

Ne serait-il pas judicieux pour la religion de montrer l’exemple ? D’ouvrir l’ordination aux femmes ? Tout simplement d’évoluer et de faire évoluer la société en montrant que toutes les fonctions peuvent être accessibles à toutes, à tous ? Peut-être que l’autorisation d’ordonner des prêtres mariés déclenchera un effet domino qui transformera l’Eglise que l’on connait !

Antoine DENIS

(1)   70% des personnes mariées risquent de faire face à un divorce (informations du « live magazine »).
(2)   Selon « La Croix », le nombre de chrétiens diminue très fortement en Europe. Cela est du au changement de notre mode de pensée.

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