La religion doit-elle passée avant la morale ?

De nombreux religieux font passés leurs croyances avant notre morale éthique. Sachant qu’une croyance peut être mal interprétée, elle peut dans certaines situations engendrer des comportements violents.

Description: Cette image illustre bien les textes sacrées dans les religions et les manières dont on peu faire usage de leurs mots.
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Dans l’état de l’Idaho vit une communauté religieuse composée d’environ 2500 personnes nommées « l’église des disciples du Christ ». Celle-ci a comme particularité de ne pas soigner leurs enfants lorsqu’ils tombent malades. Ils sont contre la médecine moderne, les médicaments et préfèrent prier en espérant les faire guérir… Résultat, un taux de mortalité infantile trente fois supérieur au reste du pays.

Des enfants qui auraient pu vivre.

Dans un cimetière de l’Idaho appartenant à l’église des disciples du Christ, 35% des tombes de 2002 à 2013 sont réservés aux mineurs ou aux bébés mort-nés.Morts en raison de la négligence de leurs parents, aveuglés par leurs croyances. Les causes de décès sont souvent des maladies pourtant curables: intoxications alimentaires, pneumonie, diabète, simples rhumes, infections.

Comme tous les enfants en bas âge, les leur contractent également des maladies courantes, et inévitablement meurent, s’ils ne sont pas pris en charge pour être soignés. Ils n’appellent jamais les secours et laissent leurs enfants mourir sous leurs yeux. Dans les autres Etats américains, cet acte de négligence est constitutif d’un meurtre condamnable par la loi. Le doyen de l’église de « Followers of Christ » dans l’Idaho a déclaré que sa communauté voyait la médecine et les médicaments comme des produits de Satan et qu’ils disposaient d’autres moyens pour guérir les maladies.

Comment peut-on laisser mourir ses enfants alors que la médecine moderne permet de les soigner ?

Ils pensent que leur communauté est sacrée, que sa création a été l’initiative de Dieu et qu’elle est maintenue en vie par le Saint-Esprit, que le seigneur est plus puissant que tout. Ils voient leurs propres enfants avant tout comme les enfants de Dieu et considèrent la mort comme un aboutissement de la vie terrestre pour accéder au paradis. Le destin de la vie ou de la mort est entièrement entre les mains de leur seigneur. Lorsqu’une personne est malade, verser de l’huile à l’endroit de la douleur, lui donner une gorgée de vin et enfin prier, est le seul remède administré.  Si cela ne fonctionne pas, la personne meurt.

Jean-Philippe Schreiber nous explique pourquoi La communauté les « Followers of Christ » n’est pas considérée comme une secte; JS : » Aux États-Unis, la liberté de religion est une garantie essentielle stipulée dans le deuxième amendement de la constitution. Il n’est pas d’usage d’utiliser la terminologie « secte ». Toutes les religions exercent librement leur culte ».

Voici un envoyé spéciale dans la communauté religieuse dans l’Etat de l’Idaho. Celle-ci pratiquent la guérison uniquement par la prière.

Des crimes autorisés

La loi suivante est promulguée au début des années 70 : « la pratique par un parent ou un tuteur de soigner son enfant uniquement par la prière ou des moyens spirituels, ne constitue pas une violation de la protection due à cet enfant ».

Contrairement aux autres Etats du pays, l’Idaho autorise cette loi au nom de la liberté religieuse. L’état voisin de L’Oregon a supprimé cette loi en 2011 et les parents responsables de la mort de leurs enfants, ont été condamnés pour meurtre.

Alors pourquoi cette loi n’est -elle pas abolie dans l’Idaho ?

Malgré les mouvements contestataires qui souhaitent voir cette loi abrogée, malgré la manifestation de 2017, au cours de laquelle des habitants de L’Idaho ont déposé 183 cercueils miniatures sur le capitole pour symboliser le nombre d’enfants décédés, le Sénat de l’Etat de l’Idaho, a défendu obstinément ces pratiques.

Le Sénateur Lee Heider a en effet, déclaré que « l’Idaho ne devrait pas retirer les droits constitutionnels d’une communauté au nom de la bonté, de l’exactitude, de la pertinence médicale ».

Donald Trump a signé un décret exécutif visant à renforcer la protection des minorités religieuses en Amérique. « Nous ne permettrons plus aux personnes qui veulent vivre leur foi, d’être ciblées, intimidées ou réduites au silence« , a-t-il déclaré.

Ce décret est toujours d’actualité et exonère de facto, la responsabilité des « disciples du Christ » à l’égard de leurs enfants.

La cause de cette violence : une interprétation littérale des textes sacrés.

La religion existe à travers ce que les hommes en font :  l’interprétation des textes sacrés, les recommandations des institutions et autorités religieuses ont un impact direct sur leur vie réelle. La religion est très puissante car les croyants vont trouver dans son interprétation une justification de leurs attitudes violentes. Chaque religion, à travers ses textes sacrés, comporte des versets avec des passages qui peuvent être interprétés comme un appel à la violence sortie de son contexte. Dans toutes les religions confondues, Dieu est l’amour et les croyants sont porteurs de ce message. Par exemple, dans la Bible « aimez-vous les uns les autres », dans le Coran 59.10« ne met dans nos cœurs aucune rancoeurs » .

Comme nous le disait Jean-Philippe Schreiber, la violence dans les religions serait due à une mauvaise interprétation de celle-ci

JS : » La violence qui est exercée au nom de la religion est « une » des interprétations qu’on peut faire de la religion parce qu’on peut trouver dans le texte de la Bible, coran, ou autre texte religieux, des épisodes extrêmement violents et trouver une justification à celle-ci ».

La perception de légitimité de ceux qui usent de la violence au nom de la religion

Ceux qui usent de la violence dans les religions ne considèrent pas cette violence comme gratuite : leurs intentions ne seraient pas mauvaises et leurs actes simplement guidés par Dieu. C’est un argument qui semble faible : La religion serait-elle instrumentalisée par l’homme pour justifier l’émergence de ses instincts les plus primaires ?

Comme nous le disait Jean-Philippe, il explique en quoi la religion pousse ces hommes à la violence

JS : « Tout est question d’interprétation. Pour les croyants qui usent de la violence, cette violence n’en est pas une ou est un outil nécessaire, un passage obligé pour une raison qui leur paraît juste, une violence légitime « .

Il explique également comment l’homme « transforme » cette religion pour en découler de la violence

JS :  » Ils ne la transforment pas, ils utilisent des sources dans les textes religieux, pour provoquer de la violence. Par exemple, quand j’ai étudié les discours djihadistes, j’ai pu constater que nous, occidentaux, avec les attentats que nous avons subi qui sont d’une violence barbare, on repousse cette violence et on ne la comprend pas. Mais pour ceux qui ont usé de cette violence, il s’agit pour eux d’une violence réparatrice, d’une guerre légitime qu’ils mènent. Elle ne leur semble pas barbare et irrationnelle, c’est une violence organisée. Aucun de ces actes ne constitue une violence gratuite aux yeux de ceux qui l’exercent, ils trouvent justification dans les textes sacrés pour rendre celle-ci légitime « .

Comment peut-on penser que porter préjudice à autrui, lui faire du mal, le tuer est une valeur de la religion, une manière d’accéder au paradis. Notre sens moral doit s’accorder avec les textes sacrés et ne pas prendre des passages au pied de la lettre. Nous restons avant tout des hommes et femmes libres et de ce fait nous nous devons par notre sens naturel, notre éthique de s’imprégner consciencieusement des écrits religieux.

Jean-Philippe nous montre d’autres aspects de violence dans la religion:

« Elle peut être moins brutale, plus sournoise. Dans certaines situations, on utilise la religion comme moyen de pression, on peut considérer que c’est une forme de violence, plus douce mais plus insidieuse et peut être plus fréquente que le terrorisme religieux. Par ex ; des femmes qu’on a empêché d’avorter durant la grossesse, ou bien injurier, maltraiter lorsqu’elles vont dans un hôpital qui pratique l’avortement. C’est une violence au nom de la religion mais d’une autre nature que la violence extrême« .

 Notre loi morale est essentielle pour comprendre la religion.  Aucun acte barbare ne doit être incriminé par la religion mais par l’homme et de ce qu’il en a fait. Dans beaucoup de cas la religion passe avant tout, alors notre loi morale doit-elle surplanter nos croyances religieuses?

Pour en savoir +

Article sur l’interprétation des religions : https://iqna.ir/fr/news/3464849/un-mauvaise-interpr%C3%A9tation-du-coran-%C3%A0-l%E2%80%99origine-de-nos-probl%C3%A8mes

Article sur la radicalisation des djiadistes : https://www.revuepolitique.be/jeunes-comment-ils-se-radicalisent/

Article sur le droit de soigner son enfant par la prière : https://www.unadfi.org/domaines-dinfiltration/sante-et-bien-etre/pratiques-hygienistes-et-traditionnelles/debat-autour-du-droit-de-soigner-les-enfants-par-la-priere/

Article sur les violence fondées dans la religion: https://news.un.org/fr/story/2019/08/1050041

Zoé Demeester, étudiante en 1ere commu à l’ISFSC. 19ans, habite à Bruxelles. j’aime la musique et les voyages.

12 millions de jeunes filles sont mariées de force dans le monde, une sorte d’esclavage.

Le mariage forcé est apparu durant les années 1700 et est toujours présent en 2020 dans certains pays. Il faut savoir que durant toutes ces années de milliers de jeunes filles mineur ont été victimes du mariage forcé.

Une torture sous une forme différente!
Image: CC0 PUBLIC DOMAIN

Actuellement au Niger le mariage forcé est toujours présent et des petites filles mineures entre 9 et 18 ans en sont victimes. Souvent célébré pour des causes minimes le mariage forcé est considéré comme une sorte d’esclavage car elles n’ont pas le droit de réclamer leurs droits. Ce phénomène s’applique de la faite que : les familles soient très pauvres, dû à l’inégalité des sexes car dans ce pays les filles et les femmes ont un statut inférieur à l’homme ou encore dû à certaines pratiques traditionnelles car l’honneur d’une famille passe par la virginité féminine donc les parent marient leurs filles avant qu’elles ne puissent avoir des rapports sexuels.

Près de 75% de filles sont victimes du mariage forcé au Niger et cela chaque année. Ces jeunes filles ont moins de 18 ans c’est un non-respect de l’âge légal du mariage mais il y a aucune intervention de la justice.

Pourquoi les parents impose t-ils un mari à leurs filles? Le fait d’avoir des rapports sexuels hors mariage pose-t-il un problème?

La Turquie sous Erdogan, d’un modèle démocratique musulman à l’autoritarisme

Recep Tayyip Erdogan, au pouvoir en Turquie depuis 2003 avait pour but de concurrencer les pays européens tout en gardant une identité musulmane forte mais son manque de scrupules et son refus d’écouter les avis contraires l’ont mené dans l’obscurantisme.

En 2016, 85 000 personnes ont été arbitrairement démis de leur fonction et 35 000 ont reçu des peines de prison suite à un coup d’État raté contre Erdogan en Turquie. Il n’y a plus de liberté de presse. Erdogan fait des alliances avec des groupes islamistes. Les Kurdes sont opprimés. L’économie est en train de chuter. Tout va bien.

Modèle

Recep Tayyip Erdogan en 2019 cc by 4.0 Mikhail Palinchak

Lorsque le parti de la justice et du développement (AKP) gagne les élections législatives turques en 2002, Erdogan, le leader du parti, apparaît comme un champion de la démocratie. En effet sa venue au pouvoir annonce du bon puisqu’il met fin à la démocratie contrôlée par l’armée. Ce système prônait un nationalisme ombrageux, un maintien de la laïcité et ne reconnaissait pas les Kurdes sunnites au sein de la Turquie. Erdogan, quant à lui, met en place une démocratie parlementaire représentative, il développe l’économie et cherche à cesser le conflit avec les Kurdes car veut remplacer dans les mécanismes de solidarité l’identité nationale turque par une identité musulmane sunnite. Avec le soutien de l’Europe dont il se rapproche , il enlève complètement le pouvoir à l’armée. La Turquie est alors considérée comme un exemple à suivre dans le monde musulman, un pays musulman et démocratique.

Expansion

À partir de 2010, Erdogan change sa politique. Il s’implique dans les luttes externes. Il veut créer un ensemble musulman sunnite dont il serait le chef de file au sein des pays du Moyen-Orient. Il décide de soutenir les frères musulmans qui sont au pouvoir en Égypte et en Syrie suite au printemps arabe.

La Syrie et l’Égypte sont des pays proches de la Turquie géographiquement © Itan1409

Il a mal calculé la situation en Syrie, Bachar El Assad qui se trouve beaucoup plus soutenu que prévu reprend le pouvoir. Erdogan choisit de s’allier officieusement avec Al-Qaïda et l’État Islamique en les fournissant en armes et en leur permettant d’avoir une arrière-cour en Turquie pour contrer Bachar El Assad. Lorsque des journalistes turcs amènent des preuves de cette alliance, ils sont accusés de terrorisme.

Mainmise

À partir de 2010, la politique intérieure d’Erdogan change également. Il supporte de moins en moins la critique, il muselle la presse et l’opposition qui le mettent en cause dans ses projets démesurés qui consistent à faire de la Turquie une « vitrine du mode économique libéral » (ce sont les mots de Robert Anciaux, politologue et auteur du livre: « Turquie »). Erdogan enferme au sein de l’armée, au sein de l’appareil judiciaire et au sein de la presse et remplace par des fidèles. Ainsi il n’y a plus de séparation des pouvoirs. Même dans son propre parti, Robert Anciaux témoignait;

Comment Erdogan réparti-il le pouvoir au sein de l’AKP?

Robert Anciaux lorsque je l’interviewais © De Walque Franklin 1e Commu

R.A. : « Il a évincé tous ceux qui à un moment se sont opposés à lui et n’y a laissé que des fidèles. Ces derniers ne vont pas se retourner contre lui car lui doivent tout. »

La question kurde

Comment évolue la situation kurde?

R.A. : « Erdogan se rapproche d’un accord pour une cohabitation jusqu’en 2012 puis la situation stagne jusqu’en 2015. En 2015 il ne veut plus discuter avec des pouvoirs qui se revendiquent pouvoirs. Il durcit sa politique par rapport à eux, ne veut plus les reconnaître et donc regagne le soutient de l’armée car il est en accord avec l’ancien système. »

Erdogan qui longtemps envisageait une cohabitation turque/kurde commence à s’en désintéresser quand il change de politique en 2010. En 2014, il refuse de venir en aide aux Kurdes de Syrie lorsqu’ils sont en conflit avec l’État Islamique, selon Robert Anciaux c’est les prémices du durcissement de sa politique envers les Kurdes. En effet, en 2015 la lutte armée contre les Kurdes reprend.

Pour éviter que les alliés n’interviennent dans ce conflit, il retourne sa veste et se range à leur côté contre l’État Islamique en Syrie. Cette alliance ne durera pas car il se rend vite compte que les Kurdes de Syrie peuvent servir d’arrière base aux Kurdes de Turquie, il décide donc de s’éloigner progressivement des alliés et de s’allier à la Russie et à l’Iran contre les Kurdes syriens. Il fait passer ce combat très coûteux devant toutes les autres considérations de politique régionale ce qui fait chuter l’économie du pays.

Le coup d’État raté

En juillet 2016, une partie de l’armée essaye de renverser Erdogan pour répondre à sa politique autoritaire. Le coup d’État est très mal organisé et est avorté immédiatement. Il permet à Erdogan d’avoir un prétexte pour accentuer les purges et évincer les personnes qui le dérange dans l’armée, la presse, l’enseignement et la justice afin d’asseoir un encore un peu plus son autorité.

Futur

Que peut-on espérer pour le futur de la Turquie?

R.A. : »La fin du régime d’Erdogan. Cela ne peut venir que de sa mort ou de sa minorisation politique au sein même du mouvement islamique, ce qui a déjà commencé, ses anciens camarades de la première heure ont créé un parti musulman contre Erdogan. »

Robert Anciaux ne voit comme issue pour la Turquie que la fin du régime Erdogan. Le champion de la démocratie changé en grand méchant. Pour arriver à ses fins, il a choisi d’être seul mais finalement ses objectifs comme créer un ensemble de pays sunnites ou rentrer dans l’Union Européenne ne sont pas atteints car il n’a pas toutes les connaissances pour faire des calculs judicieux. L’avantage d’être seul c’est qu’il n’y a aucun compromis à faire mais en étant seul, on n’a pas de vision d’ensemble. Erdogan a besoin d’avoir une opposition pour lui mettre des limites.

Continuer la lecture de « La Turquie sous Erdogan, d’un modèle démocratique musulman à l’autoritarisme »

Crime, honneur et malheur.

C’est bien connu, le malheur des uns fait le bonheur des autres. Et c’est dans des clans qui exécute ce que l’on appelle, un crime d’honneur, qu’on l’illustre le mieux. Ces clans ont pour but de récupérer leur honneur qui, selon eux, aurait été souillé par l’un de leurs membres en ayant refusé de suivre une certaine directive. La plupart de ces crimes sont connus pour être des féminicides et chaque année dans le monde 5 000 femmes meurent suite à un crime d’honneur.

Le crime d’honneur est une forme de justice aussi absurde cela puisse paraître. Seulement, cette justice agit par la violence et ce n’est pas parce que c’est une justice pour certains, qu’elle est forcément juste pour tous.
Mohamed Hassan CC by CCO – 18 septembre 2018.

En Belgique, le premier crime d’honneur reconnu a lieu en 2007, c’est celui de Sadia Sheikh, jeune belge d’origine pakistanaise, son crime fut d’être tombé enceinte hors mariage, exactement deux ans avant son assassinat. La voyant comme souillée, sa famille décida de la marier de force et c’est seulement à l’âge de 20 ans que Sadia fut mariée. Mariée à un cousin éloigné vivant au Pakistan, la procédure se fit via internet. Plus tard, quand sa famille lui avait annoncé qu’elle devait aller au Pakistan pour officialiser son mariage, ce n’est qu’à ce moment qu’elle prit conscience de ce qui lui arrivait, elle prit donc fuite. A la suite de son meurtre plusieurs versions sont données, mais ce dont on est sûr c’est que lors d’un court retour chez ses parents après sa fuite, son frère lui tira dessus à plusieurs reprises et ce fut le jour où elle donna son dernier souffle.

Dans la convention d’Istanbul on retrouve des valeurs qui ont pour but d’éradiquer les préjugés sur les coutumes qui prônent un rôle inférieur de la femme vis-à-vis de l’homme. Bien sûr d’autres sont du même avis et dénoncent ces traditions différemment. Stephan Streker par exemple, réalisateur et scénariste belge qui sortit 10 ans après le décès de Sadia Sheikh un film intitulé Noces. L’histoire est inspirée de divers crimes d’honneur dont celui de Sadia Sheikh, il y dénonce les crimes d’honneur en montrant qu’il n’existe pas d’homme qui puisse être un monstre, mais qu’il existe uniquement des situations monstrueuses, il démontre au public que ce n’est pas parce que des traditions sont différentes, que cela fait spécialement du criminel/tueur le méchant de l’histoire. Voilà donc un film aussi riche en émotions qu’en réflexion que vous pourrez ajouter à votre liste de films en famille.

Le 10 décembre 2019, Dominique Deshayes coordonnatrice des droits des femmes chez Amnesty francophone rappelle lors d’une interview que : « La tradition ne peut jamais être une excuse à la violation des droits humains« , cette citation est inspirée de l’article 12 de la DUDH laquelle fut déclarée il y a de cela 71 ans jour pour jour. Elle précise aussi que : « Ce n’est pas parce que c’est traditionnel, que couper le clitoris des petites filles est autorisé. Ce n’est pas parce que le mariage forcé est traditionnel, qu’il est forcément autorisé« . L’article 12 stipule que nul ne sera l’objet d’immixtions(1) arbitraires dans sa vie privée, sa famille, son domicile ou sa correspondance, ni d’atteintes à son honneur et à sa réputation.

Amnesty c’est quoi ?

Amnesty de son nom complet Amnesty international (Belgique), est une organisation de défense des droits humains qui débute par la défense de deux étudiants au Portugal qui avait fait l’erreur de trinquer à la liberté lors de la dictature de Salazar(2). Ces prisonniers politiques et religieux attirèrent l’attention de Peter Benenson à l’époque avocat de 39 ans déjà réputé internationalement. Il envoya maintes lettres au gouvernement portugais pour les amnistier(3), il fit de même dans plusieurs autres pays et c’est alors que vit le jour des prisonniers oubliés le 28 mai 1961 dans un hebdomadaire anglais, The Observer sort, autrement dit, le premier article d’Amnesty.

De quoi devrion-t-on prévenir les plus jeunes ? Excision, mariage forcé et crime d’honneur. Ce sont des termes dont la plupart des jeunes n’ont jamais entendu parler et qui pourtant sont présents tout autour d’eux sans même qu’ils en aient conscience. Et malheureusement d’autres jeunes, dans leur école, leur quartier, ou même l’enfant de l’un de vos proches, certains y sont encore confrontés juste là, sous vos yeux, sans même que vous vous en aperceviez.

Aussi ancienne soit cette pratique, le mariage forcé est toujours d’actualité, on compte jusqu’à 700 millions de femmes mariées de force avant leur majorité et ce même si ça va à l’encontre des droits de l’Homme. Et bien heureusement, on peut observer une baisse du nombre de mariages forcés comparé à chaque année.

Education à la Vie Relationnelle, Affective et Sexuelle.

Obligatoire en Belgique depuis 2012, autrement dit, l’EVRAS, a pour but d’informer les plus jeunes sur leur vie relationnelle, affective et sexuelle tout en passant par des plannings familiaux. L’accompagnement des jeunes vers l’âge adulte est de plus en plus négligé, une étude menée par PROMES-ULB et par FUNDP a prouvé qu’il y avait une disparité des initiatives et du temps octroyé à l’EVRAS dans les écoles, mais surtout dans les écoles professionnelles qui sont tout autant concernées.

La convention d’Istanbul.

En 2011, la convention d’Istanbul est mise en œuvre afin de contribuer à la prévention et à la protection des femmes contre toute violence. L’Istanbul, la Turquie et les Etats membres du Conseil de l’Europe sont les seuls pays à avoir signé cette convention. Ces parties ont pour but de veiller à ce que l’honneur traditionnel ne soit pas la justification de tout acte agressif. En Belgique, c’est seulement en 2016 qu’elle fut ratifiée. On peut notamment y retrouver de nombreux dires sur les mariages forcés.

Pour conclure on notera que le crime d’honneur peut être retrouvé sous d’autres formes que le féminicide, comme par exemple la loi de Talion que l’on retrouve en Albanie et qui a pour but une vengeance par le sang ou par la fortune. Le seul bémol avec cette loi est qu’elle est officiellement reconnue en Albanie et qu’il n’y a donc pas de réelle justice pour s’en protéger. De plus on peut ajouter qu’il est important de prévenir nos jeunes sur ce type de situation car malheureusement il existe des cas où la victime ne sait pas qu’elle est une victime, elle accepte son sort car elle l’a vue se réaliser sur d’autres personnes avant elle, voilà la pire situation sur laquelle on pourrait tomber en essayant d’aider son prochain, une situation où la victime pense que ce qui lui arrive est normal.

(1) Action de s’immiscer dans les affaires d’autrui.

(2) De son nom complet Antonio de Oliveira Salazar est une ancienne figure centrale du régime autoritaire au Portugal de 1928 à 1933.

(3) Issu du terme amnistie, signifie du législateur un acte qui efface rétroactivement le caractère punissable des faits auxquels il s’applique.

Moi Erika, 20 ans, 1m78.

Jeune bruxelloise d’origine congolaise, militante durant mes heures perdues et néanmoins rêveuse à temps plein, je suis étudiante en première bachelier à l’ISFSC en communication et même si je ne sais pas encore ce que je compte faire plus tard, une chose est sûre, j’ai une grande soif de savoir, de liberté, mais surtout, des rêves pleins la tête à réaliser.

Les problèmes autour des différentes religions en Belgique.

?, Religion et convictions, en ligne, consulté le 23 décembre, Berlin.de disponible à https://www.berlin.de/willkommenszentrum/fr/etape-5-quotidien/religion/

Aujourd’hui, les 5 principales religions dans le monde sont l’islam, le christianisme l’hindouisme, le bouddhisme et le judaïsme. Ensemble, elles regroupent près de 5 milliards des 7 milliards de personnes que compte notre planète. Étant un État neutre, la Belgique, fait place à une grande diversité de religions. Mais cette diversité est-elle bonne ou mauvaise?

La diversité des religions en Belgique

«Ce qui fait la richesse d’un pays, c’est sa capacité à accepter la diversité des religions» rapporte Adolphe Bonyanga Bokele, curé de la paroisse d’Athus et docteur en philosophie. Regroupant un grand ensemble de religion, la Belgique traditionnellement est catholique depuis le haut Moyen Âge, mais ce culte cohabite maintenant avec d’autres religions comme les Protestants, les Orthodoxes, les Musulmans, le Judaïsme, …

A l’origine de cette croissance, l’immigration. La Belgique accueille pas moins de 1.259.091 résidents d’origine étrangères. Qui dit étrangers, dit nouvelle culture. Mais le multiculturalisme plaît-elle à tout le monde? Pour Adolphe Bonyanga Bokele la réponse claire : « Non, elle ne peut pas plaire à tout le monde. On vit dans un monde avec énormément de discriminations, de racisme ou d’homophobie, chaque personne à son propre mode de vie et sa manière de faire les choses, ce qui ne peut pas plaire à tout le monde. La culture est un luxe pour nous, c’est un cadeau de Dieu, mais l’Homme n’accepte pas toujours la différence entre lui et autrui, et c’est ce qui pose des problèmes à l’heure d’aujourd’hui partout dans le monde».

La crainte de l’islam

La peur de l’islamisme après le 11 septembre 2001 s’est renforcée après l’attaque du Musée juif et les doubles attentats de Paris. De plus, l’islam est la 2ème religion la plus présente sur le champ médiatique, chose qui ne passe pas inaperçu aux yeux des spectateurs. En effet, l’islam est jugé trop visible aux yeux des gens à cause de l’image négative que les médias lancent d’elle. Il y a énormément d’amalgames fait au sujet de cette religion comme par exemple : comme les crimes qui sont liés au groupe de l’état islamique en Irak, le groupe de DAESH, les attentas sont souvent relié à l’islam. Une campagne a été lancée par des Britanniques de confessions musulmane pour dénoncé les amalgames commis au nom de l’islam. Cette campagne se nomme  » NOT IN MY NAME » et veut alerter les risques sur les amalgames. Elle vise aussi à dénoncé la politique migratoire du gouvernement belge et à sensibiliser l’opinion publique au sort peu enviable des migrants soudanais, érythréens, afghans et iraniens qui se regroupent au parc Maximilien près de la Gare du Nord avant de poursuivre leur route vers la Grande-Bretagne.

Et si la religion disparaissait?

ISSARTIAL, La paix, au-delà de l’absence de guerre, consulté le 23 décembre, http://fraternite-ofs-sherb.eklablog.com/la-paix-au-dela-de-l-absence-de-guerre-interbible-a107707910

«Il est vrai que toutes les religion ne sont pas pareilles, que toutes les personnes qui la pratique sont différentes, que chaque avis n’est pas partagé, mais la religion devrait toujours être pratiquée dans le respect et dans la paix sans jamais créer de conflit même si les valeurs ne sont pas les mêmes. Les guerres religieuses et leurs abominations crée au « nom de la religion » est absurde et impensable. Rien de tout cela ne devrait arriver pour une religion».

De nombreuses Guerres civiles seraient sûrement évités dans un premier temps, et la phase acceptation remplacerait la phase « intégration de force ou destruction » actuelle. Certaines études récentes montrent même que depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, beaucoup de conflits présentent des dimensions, ou des causes, religieuses, qu’ils tendent à être plus violents et plus longs que les autres, et qu’il y a eu une augmentation globale de leur nombre. Les Hommes chercheraient des solutions par eux-mêmes au lieu de démolir les solutions religieuses.

La religion est un fait universel auquel on choisit ou non d’adhérer et de croire. Pour beaucoup, Dieu permet de vivre dans la paix, la joie et la bonne humeur, de voir le monde meilleur qu’il ne l’est. Mais la religion relève aussi à l’homme la fragilité de son existence, même si elle apporte du bon à ceux qui vivent avec elle, mais pas à ceux qui ne vivent qu’à travers elle. Mais la religion est-elle un facteur de paix ou de guerre?

Si on avait une religion universelle ?

Et si par un désir de fraternité ou par l’évolution naturelle des pensées, toutes les religions se rejoignaient en un culte universel, à la croisée de toutes les cultures, de toutes les influences, de tous les modes de pensée.

Tout les peuples du monde seraient alors réunis autour d’un plan spirituel commun. Chacun serait libre de le pratiquer ou pas, cette religion. Une nation unie pourrait alors naître, non pas avec qu’une seule opinion mondiale mais avec la liberté de s’affirmer, de se défendre et de clamer haut et fort ses idées.

«Toutes les religions ont un but qui est d’atteindre la fraternité par la liberté. Mais est-il possible de l’acquérir ? Car même en ayant une religion commune, je ne pense pas qu’une seule et unique religion ne guérirait pas l’humanité de tous ses maux, de tous les malheurs que les Guerres de religion on créer, des actes ainsi sont inoubliables, on ne pourrait pas nier ce qu’il s’est passé. Il est vrai qu’elle unirait les Hommes, même si l’union fait la force, rien du passé ne pourra être effacé».

La religion au final, c’est quoi?

Nous vivons dans un monde complexe dans lequel certains arrivent à s’épanouir, à vivre pleinement, à être les maîtres de leur destin, sans ressentir le besoin de croire en Dieu, tandis que pour d’autres, le poids de l’existence est trop lourd, alors ils se tournent vers la religion car elle aide, elle rassure, elle donne un sens et promet le bonheur.

Pour autant, il n’y a pas les forts d’un côté, et les faibles de l’autre.  » Chacun choisit de croire ou de ne pas croire, en fonction de sa vie, de son histoire… Mais surtout, la croyance religieuse doit demeurer un acte de liberté, afin d’être un moyen d’atteindre le bonheur ».

PIERRET Zoé

Pour en Savoir + : 

(1) Roland Baumann CCLJ, LA BELGIQUE PLURIELLE : CITOYENNETÉ ET MULTICULTURALISME, [S.I ], 16 septembre 2004, http://www.cclj.be/actu/politique-societe/belgique-plurielle-citoyennete-et-multiculturalisme

(2) Hugue Lagrange, Le multiculturalisme est incontournable, [S.I ], publié le 13 mai 2014 à 15h16 – Mis à jour le 13 mai 2014 à 15h54 , https://www.lemonde.fr/idees/article/2014/05/13/le-multiculturalisme-est-incontournable_4416004_3232.html

(3) Christian Laporte, le retour en force du religieux et l’espoir d’un islam belge, [S.I ], publié le samedi 18 juin 2016 à 07h45 – Mis à jour le samedi 18 juin 2016 à 07h48, https://www.lalibre.be/belgique/le-retour-en-force-du-religieux-et-l-espoir-d-un-islam-belge-5764133535705701fd88a748

-Jeune athusienne né en 2001  

-Etudiante à l’ISFSC 

-Passionné par la photographie

Le conflit israélo-palestinien, une lutte armée qui devient peut-être religieuse.

Depuis 1948, le conflit israélo-palestinien perdurent. En cette fin d’année 2019, les violences entre Palestiniens et Israéliens ne comptent pas s’estomper. Les frappes aériennes israéliennes continuent de pleuvoir sur la bande de Gaza et le Djihad islamique.

Le conflit Israélo-palestinien: une lutte armé qui devient peut-être religieux ; auteur: WikimediaImges ; license: License Libre pour usage commercial. Pas d’attribution requise

Faire disparaître la Palestine

Il y a quelques années, les milices sionistes et l’armée israélienne ont procédé à l’expulsion de 750 000 Palestiniens de leurs terres; c’est ce qu’on appelle la « Nakba » (« catastrophe » en arabe). Ce terme désigne l’expulsion du peuple palestinien et la destruction de leurs villages et de leurs communautés. Une multitude de villes et villages fut détruite ou repeuplée par des Israéliens juifs. Tous les vendredis des milliers de Palestiniens se retrouvent à la frontière de Gaza pour revendiquer le droit au retour de 700 00 Palestiniens chassés de leur terre en 1948. Tout cela déstructure profondément la société palestinienne et fait partie du principal projet sioniste qui consiste à faire disparaître les territoires arabes nous raconte Nadia Farkh, qui fait partie de l’ASBL « Association belgo-palestinienne« . Plus de 150 000 Arabes palestiniens sont restés sur place. Ils sont aujourd’hui considérés comme ennemis et sont sous au régime militaire. Ils continuent d’être discriminés malgré le fait qu’ils constituent 20 % de la population d’Israël. L’intimidation ainsi que la violence ont été utilisées dans le but de créer un Etat majoritairement juif.

Résumé visuel du concept de Nakba

Guerre de religion ?

L’utilisation du terme de guerre religieuse rentre parfois en jeu. La question provenant du sous-titre provoque un énorme amalgame. Il est vrai que la différence de culte est fortement marquée, mais cela n’est pas la résultante des violences qui perdurent depuis 1948. En effet, madame Farkh y répond : « une guerre de religion n’est pas possible, car les différents partis politiques tels que le Hamas, le Fatah, Jihad islamique palestinien, FPLP, FDLP et autres… sont déjà en guerre entre eux à cause des différences de faction religieuse (chiites et sunnites). Ramener tout cela à une guerre de religion doit être considéré comme une erreur fondamentale. Les sionistes ont décidé de s’installer en Palestine non pas pour but de persécuter les musulmans mais dans l’objectif de rassembler tous les Juifs du monde. En 1947, Les Nations-Unies ont divisé le territoire de Palestine, sans demander l’avis des gens sur place, en donnant la moitié au peuple juif. Ils ont donné 44 % au peuple palestinien et 55 % aux Juifs. Ce n’est pas parce que les Palestiniens étaient musulmans qu’ils l’ont fait. Les Juifs avaient juste la volonté de trouver un endroit où ils pouvaient se réunir culturellement. Malgré tout cela, 78 % de la Palestine historique a été utilisé pour créer l’Etat d’Israël. » 72 ans plus tard, l’occupation et la colonisation israélienne sont de plus marquées. Tout cela est soutenu par le gouvernement israélien…

Un problème gouvernemental ?

L’extrême droite israélienne est au pouvoir depuis de nombreuses années. Ce gouvernement a une politique dite de « nettoyage ethnique ». Celle-ci vise à faire fuir les Palestiniens en raison de leur identité ethnique. Le 19 juillet 2018, la loi d’ « Etat-nation » votée à la Knesset fait office de loi fondamentale (sorte de constitution), selon madame Farkh : « Cette loi veut rappeler le caractère juif de l’Etat d’Israël et qu’elle donne l’auto-détermination du peuple juif. Donc, elle ne concerne donc pas 20 % de la population qui est composée de Palestiniens musulmans et chrétiens. L’autre volée de cette loi d’Etat-nation est d’encourager voire légaliser la colonisation du territoire palestinien. Elle va de plus en plus loin dans l’extrémisme de la violation du droit international et aucun gouvernement extérieur n’a réagi à cela. »

Concernant les réactions de l’extérieur, la Maison blanche soutient à 100 % les positions de l’extrême droite au pouvoir en Israël. La solidarité internationale avec les Palestiniens est de plus en plus nécessaire. L’Union européenne souhaite une solution à 2 Etats, l’un israélien et l’autre palestinien, tout en respectant les lois internationales. L’UE condamne les colonisations qui sont considérées comme violations du droit international, car celles-ci sont considérées comme crimes de guerre.

« A chaque fois qu’une nouvelle colonie est construite ou déclarée, aucune sanction est prise concernant le gouvernement israélien. Celui-ci continue toujours de bénéficier d’accords économiques, scientifiques et tout autre relation diplomatique sans aucune restriction ou autre imposée. Avoir une position claire de l’UE est compliqué, car elle a du mal avoir l’accord unanime des 28 pays membre. Cela constitue la faiblesse de l’Union européenne. »

L’Apartheid israélien

La colonisation, l’occupation, l’emploi de travailleurs palestiniens à bon marché, les postes de contrôle militaire, un système de contrôle » en Cisjordanie occupée par Israël et autres. Cette énumération peut qualifier la situation actuelle d’apartheid. Israël soumet le peuple palestinien à un régime de domination qui en droit international répond à la définition d’apartheid. En effet, l’Etat israélien ne respecte pas le droit international. Cela rend encore plus précaire la situation des Palestiniens qui vivent dans cet État, qui par ailleurs ne s’est fixé ni frontières ni constitution écrite. Les Arabes d’Israël n’ont pas la nationalité israélienne mais juste un statut de citoyens israéliens et ils sont considérés comme des citoyens de seconde zone, voire comme une « cinquième colonne », un « ennemi intérieur » qu’il faut contrôler, et dont il faut limiter l’accroissement démographique en le maintenant ségrégé dans un territoire restreint, séparé , comme c’est le cas en Galilée, quand ils ne sont pas menacés de « transfert », autrement dit leur expulsion hors de la Ligne Verte. Un Palestinien doit même demander l’autorisation pour pouvoir construire un puits…

Publication Instagram de l’Association belgo-palestinienne

Cette volonté de vouloir être absolument ensemble culturellement fait que l’Etat d’Israël opprime le peuple palestinien. Les Juifs effectuent même du chantage. En effet, si un média ou un gouvernement étranger critiquent les décisions ou les politiques prises ; ils risquent d’être considérés comme antisémite. Il y a une banalisation de l’antisémitisme.

Une possibilité de paix

Au fil des recherches et suite à mon interview, une optique de paix s’est dressée tout au long de l’écriture de cet article. Si la communauté internationale avait la volonté de faire en sorte qu’il y ait la création d’un Etat binational. De plus, l’Union européenne pourrait être plus strict en prenant des mesures drastiques. Mais, le soutient de Donald Trump n’arrange pas les choses en rejetant le droit international. Et si un désintérêt américain ainsi qu’une prise de conscience mondiale arrivaient , le conflit prendrait t’il une toute autre tournure ?


En savoir + :
  • Bruxellois d’origine congolaise né en 2000
  •  Etudiant en BAC 1 Communication à l’ISFSC
  • J’aime la musique et découvrir de nouvelles choses

Conflit Israélo-palestinien : La paix comme dernière arme

Depuis 1948, le conflit entre Israël et la Palestine fait rage. On parle souvent de la violence qui en découle mais rarement des personnes qui se battent pour la paix. Qu’elles sont ces organisations et leurs combats ?

Conflit Israélo-palestinien: La paix comme dernière arme;
Auteur: Olafpictures – license: Pixabay License libre pour usage commercial. Pas d’attribution requise

La prospérité viendra avec la paix…

Depuis quelques années, des palestiniens ont décidé de faire bouger les choses. Comme par exemple avec “la marche pour le retour”. Tous les vendredis des milliers de Palestiniens se retrouvent à la frontière de Gaza pour revendiquer le droit au retour de 700 00 Palestiniens chassés de leur terre en 1948. Les manifestants s’expriment de manière pacifique. Cela n’empêche pas l’armée Israélienne de tirer sur ces derniers à balles réels et au Hamas de reprendre la cause de la manifestation à des fins politiques nous raconte Simone Susskind, qui dirige l’ASBL ”Actions in the Mediteraneen”. Parmi ces manifestants, on y retrouve beaucoup de jeunes au chômage avec comme seul rêve de pouvoir de sortir du blocus de la ville de Gaza et de rentrer sur leurs terres. Même si le Hamas fait mine de vouloir calmer le jeu, la présence de ces derniers a complètement fait changer l’objectif de la manifestation en y apportant un discours haineux…

Voici un exemple d’une manifestation pour la « Marche du retour » à la frontière de Gaza

Il est également impossible de parler de la paix en Palestine sans mentionner tous ces jeunes qui ont fait le choix de la résistance pacifique, tel que l’organisation du nom de “Youth Against Settlments” d’Issa Harmo crée en 2007. Cet activiste de 37 ans qui suite à la fermeture de son université polytechnique par l’armée israélienne, décida d’organiser des actions non violentes, des sit-ins ou encore de l’enseignement pour les plus jeunes. Grâce à son association, il enseigne aux jeunes à ne pas répondre par la violence. Il donne aussi des caméras aux familles palestiniennes pour qu’elles puissent filmer toutes les violations des droits de l’homme et tous les abus de pouvoir. En rejoignant l’organisation, chaque jeune reçoit des leçons d’anglais, apprend à réagir calmement face à un soldat Israélien et à se servir d’une caméra de téléphone. Cette organisation reflète bien cette nouvelle génération préconisant les mouvements pacifiques plutôt que la violence pour exprimer leurs idées.

Des Israéliens allant jusqu’à mettre la pression à leur gouvernement

Il n’y a pas que les palestiniens qui protestent pacifiquement. Les Israéliens furent les premiers à protester en s’aidant de la paix. N’ayant pas les mêmes droits et vivant du bon côté de la frontière, cela n’empêche pas ces derniers de manifester pour la bonne entente des deux pays.

Le premier mouvement pacifiste à voir le jour en Israël est celui de « La Paix Maintenant », fondée par des jeunes ayant fait l’armée et voulant une paix avec tous les pays arabes. Cette organisation a vite rassemblé des centaines de milliers d’adhérents. L’organisation a pour but de convaincre l’opinion publique et le gouvernement israélien d’aboutir à une paix juste et durable fondée sur le principe “Deux peuples, deux États” (1). Depuis le début l’organisation milite pour qu’Israël retourne à ses frontières de 1967, à savoir, la création d’un Etat palestinien indépendant, le droit du peuple palestinien à l’auto-détermination et surtout le droit d’Israël d’exister avec des frontières sûres pour elle et ses pays voisins. 

De nombreuses manifestations ont aussi lieu en Israël comme, celle du mouvement citoyen « Women Wage Peace ». Créé juste après la guerre de 2014 dans la bande de Gaza. Le 8 octobre 2017, plus de 30 000 femmes des deux pays vêtus de blanc ont décidé de marcher pendant deux semaines. Elles ont marché jusqu’à Jérusalem pour faire entendre leurs messages de paix entre les deux pays. Ayant également comme désir de créer un parlement de femmes pour rappeler aux dirigeants que les accords de paix sont une priorité, ce mouvement plein d’espérance n’en seraient pas là sans toutes ces femmes déterminées. 

Voici un tweet provenant d’une journaliste israélienne ayant participé à la manifestation du 8 octobre 2017

Une entraide venant du monde entier 

Il ne faut pas forcément aller jusqu’en en Israël ou Palestine pour trouver des personnes qui véhiculent un message de paix dans ce conflit.  

En Belgique, Simone Susskind commence par rejoindre le centre communautaire laïque juif avec l’envie de trouver une solution au conflit et le souhait à une auto-détermination de la Palestine. Elle fonde ensuite son ASBL en 1995 du nom de “Actions In The Mediteraneen » avec l’idée de développer l’échange entre les femmes du sud de la Méditerranée. Chemin faisant, cela a permis à des femmes israéliennes et palestiniennes de se rencontrer. Rédigeant ensemble des déclarations et créant des centres de femmes en Israël et Palestine avec le soutien de la Commission européenne.

« J’ai présidé pendant plusieurs années le centre communautaire laïque juif et j’ai organisé des dialogues entre Israéliens et Palestiniens donc j’ai développée depuis 1968 des relations. Au départ, les Palestiniens ne voulaient pas nous parler puis on a été en contact avec un des envoyés d’Arafat. Les premières rencontres se faisaient de manière secrète et nous avons donc très vite été en contact avec Issam Sartawi (2) qui a été assassiné par un groupe radical palestinien en 1983. Il parlait au nom d’Arafat mais cela se faisait discrètement. Plusieurs ambassadeurs de l’OLP se sont fait assassiner vers les années 80 par des radicaux palestiniens qui n’acceptaient pas le dialogue avec des Israéliens. Durant toutes ces années, je n’ai pas arrêté d’avoir des contacts avec la gauche Israélienne, la société civile israélienne, mais aussi des politiques Israéliens puisque j’ai toujours été porté par cette idée de comment solutionner le problème. », explique Simone Susskind.

En 2013, elle organise un voyage sur les lieux du conflit en mélangeant trois écoles belges d’horizons différents. Grâce à ce voyage, les élèves sont sensibilisés à la situation des deux pays et apprennent à faire tomber les clichés véhiculés par les médias et réseaux sociaux, à se découvrir et développer des liens entre eux. Un voyage transformateur pour les élèves belges qui reviennent avec un esprit beaucoup plus critique.

« Ce que je fais avec les jeunes et mon ASBL c’est que je leur dis que nous n’allons pas faire la paix là-bas mais qu’on y va pour se confronter physiquement à des Palestiniens et Israéliens et en particulier des gens qui essayent de s’opposer à ces tendances actuelles qui font qu’il n’y a pas d’espoir, personne avec qui parler. Il faut réfléchir à des solutions, partir de l’idée que la violence ne mène à rien. Peut-être que la nouvelle génération n’a pas les mêmes préjugés et préjudices que les générations précédentes et qu’à un moment donné, va émerger des deux côtés des mouvements qui seront pour le dialogue car pour l’instant les Etats font tout pour que les jeunes ne se rencontrent pas. C’est contre-productif, il faut que les jeunes palestiniens et israéliens se rencontrent. » 

© Photos du voyage en Israël et Palestine par l’ASBL « Actions In The Mediterraneen »/ Simone Susskind

« Je pense qu’il faut plutôt trouver des formules nouvelles et originales mais la communauté internationale n’est pas prête à franchir ce pas. Une initiative créative a été prise il y a quelques années qui est de dire que l’aspiration des palestiniens c’est d’avoir toute la Palestine historique tandis que les Israéliens c’est d’avoir toute Israël depuis la mer jusqu’au Jourdain. Il faut donc reconnaitre ça et accepter qu’il y ait deux Etats. Un Etat palestinien plus ou moins sur les frontières de 1967. Il faut proposer aux colons qui veulent rester dans l’Etat palestinien qu’ils pourront rester sur le territoire palestinien mais en étant des citoyens Israéliens. Les Palestiniens qui voudront rentrer en Israël après la loi du retour, pourront rentrer en Israël en étant des citoyens Palestinien, mais résidant en Israël et Jérusalem sera la capitale des deux Etats. Ce qui est intéressant avec cette idée, c’est qu’il s’attaque aux trois questions auxquelles nous n’avons jamais réussi à répondre. La question des colonies, la question du droit au retour et la question de Jérusalem, mais tant qu’il n’y aura pas de leadership israélien et palestinien voulant résoudre ces problèmes, il n’y aura aucune solution. » 

Une paix impossible ? 

On retrouve un grand nombre de mouvements pacifistes que ce soit dans les deux pays ou même en dehors des frontières. Beaucoup de gens sont prêts à faire un pas vers la paix, malheureusement, les gouvernements séparent les deux peuples et emprisonnent tous les leaders d’opinions pacifiste. Il est peut-être temps de réformer ces deux gouvernements dépassés par ce conflit ayant pris trop d’ampleur avec le temps et qui semble devenir de plus en plus difficile à gérer. Mais tout espoir n’est pas perdu, de plus en plus de jeunes se battent pour vivre en paix. C’est peut-être grâce à cette génération Y que nous verrons enfin la fin de ce conflit qui a malheureusement fait couler tant de sang…

Pour en Savoir + : (1) La vraie signification de la formule « deux Etats pour deux peuples », par Allan Baker. http://jcpa-lecape.org/la-vraie-signification-de-la-formule-deux-etats-pour-deux-peuples/

– (2) Issam Sartawi, médecin, chef de guerre, homme de paix. https://www.rts.ch/play/radio/histoire-vivante/audio/issam-sartawi-medecin-chef-de-guerre-homme-de-paix?id=9757416

Petite histoire de la Palestine pour les nuls par Camille Pollet. https://www.nouvelobs.com/rue89/rue89-les-echos-de-lhistoire/20140729.RUE0525/petite-histoire-de-la-palestine-pour-les-nuls.html

Proche-Orient, la paix est-elle possible ? par Stéphanie Janicot. https://www.la-croix.com/Culture/Livres-et-idees/Proche-Orient-paix-est-elle-possible-2018-11-29-1200986263

-l’ASBL « Two states, One homeland », une ASBL plein d’espoir. https://www.alandforall.org/english/?d=ltr

-Jeune bruxellois né en 1998

-Etudiant à l’ISFSC

-Passionné par tous les processus de paix dans le monde

-Réalisation d’un reportage sur l’avancement du traitée de paix de Juan Manuel Santos en Colombie en mars 2019

 -« La paix produit, la guerre détruit. »

Ouïgours, en quête de vérité

Photo de barreaux, Pixabay License, libre pour usage commercial, pas d’attribution requise

Le gouvernement Chinois mène puis 2017 une répression violente contre l’ethnie que représente les ouïgours. Enfermés dans des camps et sans nouvelles de leurs proches. Le gouvernement Chinois justifie l’ouverture de ces camps avec leurs lois sur la sûreté publique. Il utilise les émeutes de 2009 comme excuse pour justifier ces enfermements. La découverte de documents classés confidentiels du gouvernement Chinois risque de peser dans la balance du côté des ouïgours.

Depuis plus de deux ans maintenant, les peuples Ouïgours et Kazakhs sont victimes d’une répression silencieuse due à la pratique de leur religion. Les Ouïgours forment une ethnie de religion musulmane du Xinjiang (état indépendant de la Chine). En effet le gouvernement chinois à mis en place depuis le début des années 2000 une répression visant à marginaliser les ouïgours et les kazakhs. Les deux communautés ne pouvaient plus posséder de magasins, subissaient des contrôles faciaux, étaient victimes de surveillance intrusive. Suite à ces répression, ces deux peuples ont décidé de manifester contre la marginalisation qu’ils subissaient. Ces manifestations se sont d’abord déroulées de manière pacifistes. Des débordement ont cependant eu lieu, notamment avec les émeutes de 2009.

A la suite des émeutes de 2009, le gouvernement chinois a pris la décision de réagir de façon radicale contre ces manifestations. Ils ont mis en place l’installation de camps. Ces camps sont appelés par le gouvernement « centre de formation professionnelle et de rééducation ». On y étudie les loi du parti communiste et les chants patriotiques sont à répéter plusieurs fois par jour. Sous ces aspects peu inquiétants, se trouvent une toute autre réalité. Celle de millions d’hommes, de femmes et d’enfants, privés de leur droit à la liberté mais également de leur droit à la liberté de conscience, en pratiquant un lavage de cerveau intensif visant à les faire adhérer au régime communiste. Entre 500 000 et 1 million d’Ouïgours sont actuellement portés disparus, et ce depuis maintenant 2017.

« A la base, lors des manifestations à l’encontre de la surveillance et de la répression massive du peuple, c’était une petite minorité d’Ouïgours impliquée. Le gouvernement à utilisé alors le prétexte de lutte anti-terroriste et des débordements qui ont lieu lors des manifestations pour réprimander un peuple tout entier. C’est un endoctrinement massif sur un peuple dont la plupart ne sont pas des terroristes chevronner, loin de là. On accepte l’autre pourvu qu’il soit le même que nous, voilà pourquoi on le met dans des camps! On les assimiles, afin de les faire devenir comme nous. Le but étant d’éloigner le plus une culture différente du communisme, à travers la culture de la peur. », m’explique Philippe Givron, coordinateur Chine pour Amnesty International.

Phillipe Givron, coordinateur chine pour Amnesty Internationale, Raconte et explique
Shaima El Koulali
Phillipe Givron, coordinateur chine pour Amnesty International, raconte et explique
© Shaima El Koulali 2019

« Where are they », les premiers soupçons

En 2017, les premières interrogations ont commencé à naître. Des familles Ouïgours se sont inquiétées d’être subitement sans nouvelles de ceux ci. Le nombre de disparus augmentant, le gouvernement n’agissant point et niant toute responsabilité, on sait que le mouvement « Where are they » à vu le jour par Amnesty international. Des vidéos datant de 2018 ont également été publiées et prouvent que ces camps ne ressemblent en rien à une colonie de vacances. On y aperçoit de l’extérieur des barreaux et des policiers , de l’intérieur, des cellules en guise de dortoirs, des murs recouverts de lois communistes. Ces camps sont presque à confondre avec des prisons.

Suite à la publication de ces vidéos, le gouvernement chinois s’est vu obligé de justifier la création de ces camps par la peur du terrorisme grandissant, suite aux manifestations de 2009. Le gouvernement utilise sa loi de sûreté publique comme me l’explique Philippe Givron: « L’objectif de la chine est de dissoudre toute population indépendante et allant à l’encontre des valeurs que prône le communisme. Elle utilise le problème de la sûreté publique pour surveiller et arrêter des manifestants qui ne sont que des opposants au parti communiste. Car tout ce qui va, d’après le parti à l’encontre du communisme est immédiatement perçu comme une atteinte à la sûreté de l’état et donc une menace à la sûreté de l’hégémonie du communisme. C’est complètement opposé aux droits humains car il y a un manque évident d’équilibre. C’est un régime totalitaire, qui utilise des mesures de sécurité disproportionnées. « 

Fuite des Xinjiang papers et des « Chinas Cables »

Le 16 novembre 2019, 400 pages de documents ont fuité par un membre du gouvernement chinois, souhaitant rester anonyme. Ce qui semble être une violation massive des droits humains prouve que le gouvernement chinois ne dit pas tout sur le traitement des Ouïgours. Dans ces pages nommés « Xinjiang Papers » , nous pouvons y retrouver les différentes méthodes pratiquées par le gouvernement pour contraindre cette ethnie a suivre leurs lois. Le 20 novembre, une autre série de documents, les Chinas Cables ont fuité par le Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ) relatant de séries de maltraitance à l’encontre des ouïgours. On y trouve documents ayant pour mention l’importance de « la repentance et de l’aveu ». Chaque acte de résistance est suivie de punitions. Cela confirme les soupçons et les inquiétudes des proches. L’apparition de ces documents est une preuve supplémentaire prouvant que la religion n’est pas la cause principale de cette politique d’enfermement.

La chine, une amie qu’il faut garder

Les pays du globe ne sont pas tous montrés critiques envers la Chine. Philippe Givron précise : « Le Vietnam est un des ses amis proches, elle investit également beaucoup dans les pays d’Afrique comme l’Arabie Saoudite, le Qatar , les Emirats . Les pays dépendent des investissements, ils éviteront donc d’aller à l’encontre de la Chine. D’un autre coté, certains pays ont décidé de faire porter leurs voix pour cette ethnie. La Belgique s’est montrée intransigeante en dénonçant les points clés des problèmes en Chine et en mettant l’accent sur la répression des ouïgours. La Turquie est l’un des rares pays musulmans à s’être montré critique envers la situation. « 

Au niveau de l’opinion publique, La Chine a le contrôle sur tout. Il est impossible de former un groupe sans l’accord du parti communiste car le gouvernement agit avec un contrôle sans limite. Les sites internet, certaines institutions tels qu’Amnesty International ou certains journaux de presse comme Le monde y sont interdits. L’opinion publique, qui se veut dans le reste du monde importante et ayant son poids dans les mouvements de groupes est inexistante en Chine. C’est pourquoi en Chine, au niveau médiatique, aucuns articles relatant de la situation des Ouïgours n’est paru. Cependant, la découverte des Chinas Cables marque un tournant médiatique. Les ouïgours se sont retrouvés sur le devant de la scène et des pays ont pu montrer leur soutien et pris la défense des ouïgours.

Publication de Raphael Glucksmann, essayiste et homme politique français. Source: Instagram

Un modèle pourtant paradoxal

Actuellement, le gouvernement Chinois ne semble pas prêt à prendre ses responsabilités. Il choisit de ne pas assumer ses erreurs. Pourtant, l’article 4 de la constitution chinoise est très clair:  » chaque ethnie a le droit d’utiliser et développer sa propre langue, sa propre culture« . L’article 36 garantit lui:  » la liberté de religion« . La situation des ouïgours nous prouve le contraire. La découverte des « Chinas Cables » feront peut-être changer les choses rien n’est plus à espérer car pour Philippe Givron: « La Chine est une des plus grandes puissances mondiales. Elle a une influence énorme et est très avancée technologiquement et économiquement parlant. Nous pouvons espérer qu’elle n’influence pas sur les autres pays, notamment ses alliés, afin de devenir un exemple de violence extrême. » Cette nouvelle situation obligera peut-être les pays du monde à ouvrir les yeux sur une situation très précaire.

En savoir plus:

Vidéo documentaire sur la condition des Ouïgours

Article relatant des « Chinas papers « 

Communiqué de presse d’Amnesty

Des conflits sous couverts de religion

Vidéo de la plateforme « Brut » expliquant la persécution de l’état Chinois sur les Oïgours.

Shaima El Koulali, jeune étudiante de 22 ans en communication, habitant Bruxelles depuis toujours. J’étudie à la haute école ISFSC. J’aime voyager et apprendre de nouvelles choses tous les jours.

Religion, facteur de paix ou de guerre ?

CHUSSUK. Religious Jokes [illustration], le 20 juin 2011. Dans : Ludicorp. Flickr [en ligne]. [Consulté le 21 décembre 2019] disponible à l'adresse : https://www.flickr.com/photos/schussuk/5854329632/
CHUSSUK. Religious Jokes [illustration], le 20 juin 2011. Dans : Ludicorp. Flickr [en ligne]. [Consulté le 21 décembre 2019] disponible à l’adresse : https://www.flickr.com/photos/schussuk/5854329632/
On entend de tout et partout … Alors la religion a-t-elle le même impact sur les citoyens qu’auparavant, une chose est sûre c’est qu’elle fait débat. Mais jusqu’où ira-t-elle et à quel prix, ou plutôt qui est véritablement responsable de tous ces déboires ?

La religion au cœur de la société

Croyance et rite, constituent les religions qui sont des phénomènes humains. Réunit par une similarité de croyances et partages, de certaines pratiques. « C’est depuis les années soixante, que l’impact de la religion catholique en Belgique a fortement régressé au sein de la société. Passant d’une majorité des individus qui fréquentait chaque dimanche un lieu culte, à 4% de fidèles hebdomadaires » souligne Caroline Sagësser docteure en histoire (1). En aucun cas, son intérêt médiatique a pu s’essouffler. En sachant pertinemment que le plus gros groupe convictionnel en Europe est celui des non-religieux.

C’est depuis l’apparition de l’immigration, qu’est survenue une diversification du paysage convictionnel. On assiste à quelque chose de relativement neuf, où de nombreuses personnes regardent l’islam comme une nouvelle religion. « Aujourd’hui les musulmans sont en Belgique depuis 60 ans, pour beaucoup il y a cette idée-là on se découvre, on se connaît mal. Dû à un manque de cours qui traite l’inter religieux et ce dès l’école primaire. Comme chaque année, le ramadan est traité comme une pratique étonnante qui crée la polémique ». Les médias s’y intéressent tant, car Bruxelles et de nombreuses autres villes sont devenues multiculturelles.

ALTMANN, Gerd. Religion [illustration], le 18 janvier 2009. Dans : BRAXMEIER, Hans, STEINBERGER, Simon. Pixabay [en ligne]. [Consulté le 20 décembre 2019] disponilbe à l'adresse : https://pixabay.com/fr/photos/religion-point-d-interrogation-3067050/
ALTMANN, Gerd. Religion [illustration], le 18 janvier 2009. Dans : BRAXMEIER, Hans, STEINBERGER, Simon. Pixabay [en ligne]. [Consulté le 20 décembre 2019] disponilbe à l’adresse : https://pixabay.com/fr/photos/religion-point-d-interrogation-3067050/

1789 une grande date à l’échelle mondiale

Après de nombreuses années, la liberté de religion arrive lors de la Révolution française en 1789. Depuis longtemps, les citoyens restaient dans le milieu où ils sont nés. Le chemin était linéaire et tout tracé, si vous veniez d’une famille catholique la case départ était : le baptême, puis l’école catholique, la confirmation, le mariage, etc. Maintenant, les églises n’imposent plus cette forme de discipline et l’être humain a la liberté de changer. Faire des allers/retours, il est tout à fait concevable qu’un bouddhiste s’intéresse à l’islam. Chaque personne a un chemin de vie beaucoup plus complexe, amené à rencontrer forcément d’autres personnes ne fût-ce que par les mariages mixtes des liens se créent. C’est incontestablement que les religions unissent les hommes, que ce soit au sein d’une religion ou pour l’humanité tout entière. Mais cela dépendra de leur capacité à créer des liens avec les autres.« Aucune hiérarchie entre les religions n’est créée, sur la base de potentielles plausibilités de leurs croyances. On ne classe pas les religions en donnant des bons ou des mauvais points, ni même en portant un jugement sur la qualité d’une d’entre elles, en fonction de son contenu ». Le contenu même de la doctrine, regarde uniquement le croyant sans porter de jugement là-dessus. Tout dépendra toujours de ce que les hommes en font, en revanche plusieurs éléments peuvent être mesurables comme : le nombre d’adeptes, l’influence de la religion sur un état politique, les productions littéraires, etc.

Campus protestant. Peut-on, comparer les religions ? [vidéo en ligne]. Dans Youtube. Le 30 avril 2019. [ Consulté le 9 décembre 2019] Disponible à l’adresse : https://www.youtube.com/watch?v=jjeCIKb565k

La religion est prise en otage par l’homme

Il est indéniable que dans chaque religion ressort cette tentation du radicalisme. Cette opposition à la différence qui peut mener à la violence. Mais si on fait un bilan des religions à l’échelle de l’humanité : est-il plutôt positif ou négatif ? Cela s’avère très difficile à juger. Car il faut prendre en considération que la religion apporte beaucoup de réconfort, à toute une série de personnes. Cela est-il vraiment un facteur de paix, en tout cas on peine à trouver des moments où la religion avait mené à la fin d’un conflit.

Les religions sont cruellement victimes de l’homme, c’est à eux que l’on doit sa nature. Le croyant est libre de donner une valeur absolue et littéraliste aux écrits. Comme de tout simplement, ne pas les prendre au pied de la lettre. Les religions sont des structures créées par l’homme, à l’image de l’humanité. Oui, il y a des interprétations très ouvertes et d’autres fermées voire pacifistes. La religion est quelque peu prisonnière de certaines traditions, dues aux systèmes patriarcaux de l’époque. La société a évolué vers plus d’égalité, ce qui a du mal à passer. En cause des structures anciennes, plus conservatrices les unes que les autres qui vont mettre du temps à refléter l’évolution.

Quand la religion se mêle à la politique

L’histoire des deux derniers siècles, c’est l’histoire d’une séparation très douloureuse pour l’église. Historiquement, il n’y avait pas de différence entre la religion et la politique jusqu’à la Révolution française. Dans nos pays, seul le prince imposait la religion et tout le monde devait avoir la même. C’est une alliance entre le trône et l’hôtel qui fait que les deux pouvoirs étaient confondus. C’est après la Révolution française, qu’elles ont été séparées avec plus ou moins de profondeur. Face à cette séparation, le peuple comprendra que le pouvoir civil est une chose et que l’autorité temporelle en est une autre. De sorte que la politique n’est pas sous l’influence de la religion, afin de donner à chaque citoyen les mêmes droits.

EcolePolAplliquee. Religion et politique : quelle place pour le religieux dans l’espace public ? [vidéo en ligne]. Dans Youtube. Le 13 mai 2014. [Consulté le 12 décembre 2019] Disponible à l’adresse : https://www.youtube.com/watch?v=YUh34bJYPpw

*(1) Caroline Sagësser est docteur en histoire, et actuellement chercheuse au Centre de recherche et d’information socio-politiques (CRISP), où elle y a publié plusieurs ouvrages dédiés à la laïcité organisée et aux cultes. 

(2) Ses principaux thèmes de recherche sont : les cultes, la laïcité, l’histoire politique et le fonctionnement des institutions.

Il s’agit là de trois gros thèmes qu’elle aborde, à la suite duquel elle a participé à la publication de plusieurs ouvrages :

  • 2002 : Les pouvoirs à Bruxelles : Fascicule 1
  • 2004 : Les pouvoirs en Wallonie
  • 2004 : Public Authorities in Wallonia
  • 2008 : La diversité des cultes
  • 2009 : Les droits de l’homme : Notre tâche
  • 2010 : Le prix de nos valeurs : Financer les cultes et la laïcité en Belgique
  • 2011 : Culte et laïcité
  • 2014 : Le vivre ensemble à l’école : plaidoyer pour un cours philosophique commun
  • 2016 : Législatif, exécutif et judiciaire : les relations entre les trois pouvoirs

(3) Madame Sagësser, a travaillé pour l’Université Libre de Bruxelles (ULB) comme collaboratrice scientifique au Centre interdisciplinaire d’études des religions et de la laïcité (CIERL). Elle y a présenté une thèse de doctorat concernant le financement public des cultes au XIXe siècle.

A l’heure actuelle, elle est toujours en perpétuelle recherche et n’hésite pas à mettre ses connaissances en valeur pour les partager avec de nombreuses personnes. C’est pour cela qu’elle travaille également à l’Observatoire des religions et de la laïcité du CIERL.

@JacquetJonathan 1ère communication

Jacquet Jonathan, étudiant en 1 ère année de communication à l’ISFSC. A pour but de décrocher son diplôme, afin de devenir animateur télé/radio.

L’avortement: un droit, oui… Pour tous?

Aujourd’hui, 20 000 IVG (Interruptions Volontaires de Grossesse) ont lieu chaque année en Belgique. Pratique étant autorisée depuis 1975, qu’en est-il selon l’islam et le christianisme?

Bougies. Par AcaPioPin, Pixabay License, Adobe Stock.

L’avortement est un sujet qui gagne en visibilité dans notre société. Les opinions sur cette pratique importante, sont nombreuses.  

L’IVG est de plus en débatue… Si certains pays, par exemple la très catholique Irlande depuis décembre 2018, semblent adapter leur législation à cette réalité, d’autres, comme les USA, édictent de nouvelles règles qui rendent cette opération plus compliquée encore. (1)

Le choix de la religion face à celui de donner la vie

La question est: devrait-on être étonné venant d’un pays dont la religion considère cette pratique comme un meurtre? La réponse de Pascale Van Schel, Responsable du Centre de Planning familial Rosa Guilmot à Tubize, fut sans attente: “Enfin! Heureusement pour toutes ces femmes qui étaient obligées de prendre Ryan Air pour venir avorter en Belgique…”. Naima Haraq, médecin du centre, est d’accord. Selon elle, il était temps et ce qui est vraiment étonnant, c’est que le vote de cette loi soit si tardif.

Nos deux expertes l’affirment, pour elles, il est très important de pouvoir être libre d’arrêter une grossesse non attendue peu importe la religion. Le bien-être de la femme prime sur les obligations religieuses de celle-ci. Leur avis est l’avis de personnes non-croyantes.

La position du Vatican, est claire…. Non à l’avortement. En ce qui concerne l’Islam, un certain nombre d’Hadits mentionnent son interdiction et les punitions qui y sont liées dans le Coran. (2)

Car dans le christianisme  tout autant que dans l’islam, il est absolument interdit de mettre fin à la vie d’un être humain, peu importe les circonstances, cela serait considéré comme un péché.

Reste à déterminer à partir de quand, le foetus est-il réellement vivant et conscient. La question de l’âme présente ou non est fortement répétée sur internet. Le problème est qu’entre la médecine et chacunes des religions, les réponses à cette question sont très différentes.

Du point de vue de la médecine, l’embryon deviendrait vivant au moment où il se transforme en foetus. C’est-à-dire après trois mois de grossesse. Tandis que dans la religion chrétienne, il est considéré que dès la création de celui-ci, l’embryon existe et donc possède une âme. Quant à l’islam, celle-ci parviendrait au bout de 40 jours après fécondation.

Des changements à prévoir?

Depuis peu, la loi sur la durée de la grossesse autorisée avant l’avortement est discutée. La question est: faut-il allonger cette durée de 18 semaines plutôt que 12,  le délai actuel?

Les évêques de Belgique se sont exprimés inquiets face au changement probable de cette loi. Car selon la Conférence épiscopale, l’avortement deviendrait ainsi une intervention médicale ordinaire.

Là encore, nos deux expertes montrent leur désaccord. Madame Haraq s’explique:

Une femme qui va se faire avorter, elle ne trouve pas ça normal… Elle le fait par obligation.

L’avortement remis en cause par les religions

Bien que l’IVG soit une nécessité pour certains, elle reste néanmoins un meurtre aux yeux de l’Eglise. 

D’un point de vue chrétien, cela fait des années que le Vatican est clair sur ses opinions, il est contre l’avortement. Peu importe les circonstances, cela ne se réduit qu’à un simple assassinat sans aucune légalité morale ni religieuse. 

Chose étonnante, Le Figaro a publié ce 25/05/2019 (3), un article dans lequel le pape François affirme que l’humain dépasserait la religion pour prendre une telle décision.

D’un point de vue musulman, les opinions ne sont pas moins catégoriques. Cet acte serait également considéré comme infecte. Les seules raisons qui laisseraient éventuellement accepter l’avortement seraient que la mère soit en danger de mort ou bien lorsqu’un viol a été commis.

Et encore, cela ne passe que dans certains pays… Malgré nos avancées, l’intervention volontaire de grossesse reste très mal accueillie au sein de la communauté musulmane. 

Il y a donc beaucoup de subtilités selon chacune des religions. Elles s’accordent tout de même, sur le fait que cet acte reste un infanticide.

Ces différences d’opinions font place à des manifestations à tendance violente. Notamment en Amérique. Au Kentucky, une femme s’est faite lynchée, traitée de meurtrière par des manifestants lorsqu’elle s’apprêtait à avorter à l’hôpital de Louisville.

L’avortement: un débat politique, religieux et moral?

Le parti DéFI affirme avoir été le premier à avoir déposer la proposition de loi dans le but d’inscrire la laïcité de l’Etat dans la Constitution. La religion n’a donc pas sa place au sein des débats politiques tels que ceux-ci.

Mais cela n’est pas pour autant gagné pour ce parti, le Vlaams Belang et les partis religieux tels que le Cdh et le CD&V sont déterminés à maintenir leur non-accord face à cette proposition de changement de loi. Ce qui laisserait deviner que ce débat n’atteindra pas la majorité côté néerlandophone.

Joachim Coens a notamment fait appel « aux partenaires actuels et futurs du CD & V qu’un assouplissement de la loi avortement était pour son parti un gros problème. C’est un point de rupture« .

Leurs arguments ne font pourtant pas une fois référence à une quelconque religion mise à part lorsqu’ils évoquent un développement bien avancé d’un foetus qui atteint 18 semaines, et encore… Une autre de leurs craintes est que cela ne devienne qu’une simple contraception pour ces femmes. (4)

D’un point de vue politique, ce débat n’est décidément pas au goût des partis religieux. Mais cette réaction est-t-elle réellement liée à la religion? 

L’avortement est plutôt vu de manière morale que religieuse face à cet éventuel changement de loi, à son sujet. Madame Van Schels le confirme, ce débat doit être politique: “Je crois que ça doit rester du politique. Médicalement c’est possible, point. Mais c’est le politique qui doit agir…

L’IVG reste un sujet faisant place à de nombreux débats, tous autant politiques que religieux et moraux dans le monde. En voyant le nombre d’opinions qui diffèrent les unes des autres, ne serait-il pas plus judicieux d’imposer une limite pour tous et partout, pour ensuite laisser le choix à chacune de ces femmes, de prendre cette décision qui, finalement, n’appartient qu’à elles?

Nina Van Bever.

(1) « L’IVG dans le monde en 2019: entre multiplication des attaques et manque d’avancées législatives. », planningsfps.be, https://www.planningsfps.be/livg-dans-le-monde-en-2019-entre-multiplication-des-attaques-et-manque-davancees-legislatives/

(2) « L’avortement. », Muslimfr.com, 28 août 2001, https://muslimfr.com/lavortement/

(3) « Pour le pape, l’interdit de l’avortement est humain, pas religieux. », Le Figaro avec AFP, 25 mai 2019, https://www.lefigaro.fr/flash-actu/pour-le-pape-l-interdit-de-l-avortement-est-humain-pas-religieux-20190525

(4) « Réforme de la loi avortement », rtbf.be, 20 novembre 2019, https://www.rtbf.be/info/belgique/detail_reforme-de-la-loi-avortement-le-cd-v-promet-de-la-resistance?id=10369863)

Je m’appelle Nina Van Bever, j’ai 18 ans. Je suis étudiante à l’ISFSC en Communication, en 1ère année. Comme montré sur ma photo, deux des choses que je préfère sont les vacances et le soleil.