L’homme conditionné à être viril.

Dans une société où le patriarcat règne et où féminité rime avec fragilité, les clichés sont malheureusement toujours de rigueur. Au détriment même de certains hommes. Qu’en pensent-ils ?

©Miss Lilou. Les hommes en jupe [dessin], 4 mai 2018. Disponible à l’adresse : https://www.blagues-et-dessins.com/4-mai-2018-les-hommes-en-jupe/
Blog dessinatrice : http://dessinsmisslilou.over-blog.com/

Être un homme, c’est quoi ? Ce n’est surtout pas être une femme. Le rôle de l’homme en société est quelque chose de parfois lourd à porter. La société impose-t-elle la virilité ?

Confusion entre le style et l’orientation sexuelle

« Il n’y a pas d’unisexualisation dans la mode. Il n’y a qu’une masculinisation globale » observe Alice Pfeiffer, journaliste de mode. Les femmes empruntent les codes vestimentaires masculins mais l’inverse n’est pas envisageable.
La femme s’élève socialement lorsque son comportement, son aspect se rapproche de celui d’un homme. À l’inverse, un homme portant une jupe ou du maquillage prend le risque d’être rabaissé au genre féminin et d’être traité de cette sorte. Autrement dit, comme un objet. Bilal, 16 ans, témoigne de manière touchante.
Les vêtements féminins offrent beaucoup plus de choix que ceux des hommes. Cependant le style ne devrait pas dicter ce qu’est réellement une personne.
Des hommes prennent la parole et dénoncent les clichés qui ne leur correspondent pas.

La construction culturelle de la masculinité repose surtout sur l’idée de virilité, c’est ce qu’on appelle la masculinité toxique. Les hommes devraient pouvoir agir comme ils le souhaitent sans pour autant être étiquetés comme gays ou efféminés. Il faut remettre en question les stéréotypes pour pouvoir émerger de nouvelles formes et représentations de la masculinité.

Le sexisme s’attaque aussi aux hommes

Les problématiques liées aux femmes sont de plus en plus mises en lumière, ces dernières étant la plupart du temps les victimes du sexisme ordinaire. Mais qu’en est-il du vécu des hommes ?

« Le féminisme est une aventure collective, pour les femmes, pour les hommes, et pour les autres. Il s’agit de tout foutre en l’air », proclame Virginie Despentes.

Le congé paternité est un exemple important de cette inégalité. Mais cela change. En effet, la durée de ces congés passera de 10 à 15 jours dès le 1er janvier 2021 et à 20 jours en 2023. Pierre-Yves Dermagne, ministre de l’Economie, a annoncé en novembre dernier « C’est une mesure symbolique et concrète pour l’égalité entre les hommes et les femmes ».

Une pression vicieuse

Le sexisme se dissimule également parmi des stéréotypes bien ancrés. Le média AOILP nous expose plusieurs témoignages d’hommes en vidéo. Ils expriment des exemples de clichés connus : « un homme ne pleure jamais », « un homme ne doit avoir peur de rien », « un homme est censé être plus fort qu’une femme », sans compter la pression de la galanterie masculine. Par ces témoignages, ces hommes dénoncent les codes masculins que la société leur impose. L’un d’eux définit la virilité comme un rôle à jouer, « je pense que ça peut être un peu lourd à porter pour beaucoup de mecs, voire toxique, car ce n’est pas la réalité », conclut-il.

Le Robert définit le féminisme comme « une doctrine qui préconise l’égalité entre l’homme et la femme ». Cependant, ce terme est parfois encore perçu comme un combat des femmes contre les hommes. ©galasse_creations