Le mariage musulman, une cérémonie qui évolue avec sa culture et son temps.

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Depuis le siècle passé, on constate que le mariage musulman est une cérémonie ancestrale qui est capable de s’adapter et d’évoluer. Toutefois, quelques légères différences règnent sur cette tradition entre la Belgique et les pays musulmans.

Comment se passe la cérémonie d’un mariage musulman ? Quels sont les principes à suivre avant, pendant et après le mariage ? Quelles sont les choses qui ont changé dans cette cérémonie depuis le siècle dernier ? Depuis toujours, lorsqu’un homme et une femme s‘unissent par un mariage musulman, ils doivent passer par plusieurs étapes précises qui prennent en compte les parents, la religion, la culture, et la loi.

D’abord, dans tout mariage musulman, il doit y avoir un consentement mutuel du mariage chez les futurs époux. Ensuite, l’homme doit être de religion musulmane alors que la femme peut être croyante d’une religion quelconque. Lors du mariage, le futur mari doit également pouvoir donner une dot à sa future femme. La dot est une somme d’argent ou un objet de valeur que l’époux donne à sa femme lors de leur mariage. La valeur de cette dot dépend du fait que ce soit le premier mariage ou non de la future épouse et des moyens financiers du futur époux. Il est engagé à lui donner cette dot avant sa mort. D’après Monsieur Hocine Benabderrahmane, professeur universitaire, théologien et imam ( 1 ), si toutes ces conditions ne sont pas respectées, le mariage n’aura pas la bénédiction d’Allah, il sera alors caduc et le mariage se finira par un divorce.

Le mariage dans un autre siècle

Au 20e siècle dans les pays musulmans, les filles n’étaient pas scolarisées mais étaient, dès leur plus jeune âge, préparées et conditionnées au mariage. A partir du moment où elles avaient leurs premières menstruations, elles étaient alors considérées comme « femme a marié ». Les mariages avec un écart d’âge important n’étaient donc pas rares et pas pris en considération. Si, la jeune fille n’était pas mariée avant ces 18 ans, elle était alors mal vue, considérée comme une femme sans valeur et marié au premier venu qui était souvent un homme veuf ayant en charge des enfants.

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Les futurs époux se voyaient pour la première fois au mariage. La famille proche se retrouvait généralement dans la maison de la future épouse pour partager un repas. Le père du fiancé demandait alors la main de la jeune femme à son tutorat, un homme musulman qui accompagne la fiancée pour lui donner de la valeur (père, oncle, frère,..). Les fiancés se présentaient, ensuite, devant un imam où le futur époux donnait la dot à sa future épouse. Pour finir, l’imam récitait quelques versets du courant et faisait également quelques invocations pour le couple.

Lors de leur nuit de noce, les jeunes mariés se retrouvaient dans une chambre où la jeune fille n’était vêtue d’une simple chemise blanche. Pendant ce temps, la famille des mariés attendait dans une autre pièce. Quand le jeune couple sortait de la chambre avec la chemise blanche tachée de sang, celle-ci étant la preuve de la virginité de la fille. Selon Monsieur Benabderrahmane; « On présentait sa petite chemise tachée de sang comme étant un trophée. »

Les jours qui suivent le mariage, les mariés fêtent leur union sur trois à quatre jours. Les deux premiers jours sont consacrés à l’homme; D’abord, il invite sa famille et ensuite ses amis. Le troisième jour, le père de la jeune épouse invite ses proches pour présenter sa fille mariée. Le quatrième jour est réservé aux femmes, la mariée invite ces amies et sa famille de sexe féminin.

Qu’est-ce qui a changé ?

De nos jours, que ce soit dans la plupart des pays musulmans ou en Belgique, une femme est considérée comme complète si elle a fait des études. D’après Monsieur Benabderrahmane, le voile est l’une des raisons de cette évolution. Selon lui; « Le port du voile a permis à la femme d’être libre et de pouvoir accéder à l’enseignement. Car dans certains cas, la famille de la jeune fille n’acceptait pas qu’elle sorte a vue de tous à partir du moment où elle avait atteint sa majorité sexuelle. En accédant à l’enseignement, puis au travail, elle retarde l’âge du mariage et il lui devient alors secondaire. Cela lui permettra d’avoir une vie sociale et d’apprendre à connaitre la personne avec qui elle voudra s’unir. »

Pour la plupart des pays musulmans, l’âge légal pour se marier est passé à 18 ans. La tradition de la nuit de noce à également évolué et a dès lors généralement lieu lors de la lune de miel organisé par les mariés, la virginité de la femme regarde donc maintenant uniquement son époux.

Cependant, encore aujourd’hui, il reste des exceptions.

En Belgique, en plus d’avoir également l’âge légal du mariage fixé à 18 ans, elle inclut le passage devant le bourgmestre pour que le mariage sont considéré comme légal. De plus, la célébration de l’évènement se fait généralement le jour même dans une salle louée au préalable regroupe la famille et les proches des deux époux. Le mariage musulman en Belgique et celui dans les pays musulmans sont considérés de la même manière dans la religion musulmane

Encore du chemin à faire ?

Même si la polygamie est illégale en Belgique, elle ne l’est qu’à moitié dans les pays musulmans. Il est illégal pour une femme d’avoir plusieurs époux alors qu’un homme a le droit de marier jusqu’à quatre femmes différentes. D’après Monsieur Benabderrahmane, un homme ne peut parfois pas être totalement comblé par une seule femme. Si c’est le cas, il doit alors considérer chacune de ses femmes de la même manière et ne pas en considérer une plus importante que l’autre. Il pense également que la femme ne sait pas tomber amoureuse de plusieurs hommes simultanément car quand une femme est amoureuse, elle n’est capable de donner son amour qu’à un seul homme.

La question à se poser est peut-être de savoir si le mariage musulman a besoin d’une évolution religieuse ou culturelle ? Selon Monsieur Benabderrahmane; « Il faut du temps pour pouvoir faire évoluer une culture qui est ancrée depuis des siècles dans la mentalité d’une population. »

( 1) Monsieur Benabderrahmane est professeur d’histoire et de sciences à l’institut de technologie et d’éducation Relizane, Imam volontaire depuis plus de 20 ans à la mosquée Al azhar à Bruxelles et également théologien rattaché à l’Exécutif des Musulmans de Belgique.

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Où peut avoir lieu le mariage musulman ?

Le mariage devant l’imam se fait généralement au domicile de la future épouse mais peut aussi avoir lieu dans une mosquée, ou au domicile de l’époux. Cependant en Belgique, les futurs mariés sont obligés de passer également devant le bourgmestre à la commune.

Le divorce ?

Apres un mariage musulman, le couple a le droit de divorcer. Si c’est la femme qui demande le divorce, elle doit rendre la dot de son ex-époux. Si c’est l’homme qui demande le divorce, la femme garde la dote et l’homme doit lui donner une compensation financière.

De la sorcellerie ?

Dans la religion musulmane, lorsqu’un homme n’est plus capable d’avoir une relation sexuelle, il peut être considéré comme étant ensorcelé par une femme déçue de ne pas avoir été choisie comme épouse. Il doit alors aller se faire désensorceler.

Marie-Line Vanherck, 21 ans.

Mes passions dans la vie sont l’astronomie, le chant, le théâtre et le voyage.

j’ai choisi une citation qui représente une de mes valeurs, « Tout le monde est un génie. Mais si on juge un poisson sur sa capacité à grimper à un arbre, il passera sa vie à croire qu’il est stupide. » de Albert Einstein.

Les prêtres vont-ils pouvoir dire oui ?

Depuis la moitié du 20ème siècle, la question de l’ordination de prêtres mariés ne cesse d’être débattue au Vatican. Fin novembre, les représentants du clergé d’Amérique latine ont demandé l’autorisation de nommer prêtres des hommes mariés vivant en Amazonie. Le pape François, considéré comme un progressiste, réfléchit à cette demande.

Une grande réflexion est en cours dans le monde chrétien. Un pape vu comme progressiste. Une Eglise qui ne demanderait qu’à évoluer. Rien ne semble impossible. TOUT serait à portée de main. Mais le pape François aura-t-il les épaules assez larges pour apporter le changement dans son Eglise ?

Un vent de réforme

Olivier Windels, pour l’ordination des prêtres mariés, donne son avis et l’explique.
Antoine DENIS 2019 ©

Olivier Windels, abbé et vicaire épiscopal, représentant de l’Évêque de Liège, pense que cette réforme pourrait passer. Selon lui, l’élargissement de l’ordination aux hommes mariés, dans le monde, n’est qu’une question de temps. Cette dernière est liée au besoin des communautés. Comme il aime le répéter : « Nous ne le verrons pas. Mais nos enfants bien ! ».

Depuis toujours, et cela revient en force depuis 1950, la question de l’ordination du mariage des prêtres fait débat au cœur de la communauté chrétienne. Comme l’exprime notre expert, les arguments contre sont tout aussi fondés que les pours ! La situation reste bloquée.

Dans les arguments contre, il y a notamment la question du divorce. Car comme le dit notre cher Stromae, « Qui dit amour, dit les gosses, dit toujours et dit divorce. ». Nous vivons dans un monde où le divorce est une réalité (1). Pourquoi les prêtres y échapperaient-ils ? Cela créerait un gros problème de crédibilité dans l’Eglise si un prêtre venait à divorcer : le mariage est un serment devant Dieu. Ça poserait problème qu’un prêtre brise un serment qui est prêté devant Dieu, sur la Bible. De plus, on ne peut se marier qu’une fois à l’église.

Mais il y a aussi des arguments pour ! Par exemple, le fait que ça permettrait de donner au célibat un caractère « ultime ». Ça donnerait à l’engagement une connotation toute particulière et profonde. Cela permettrait aux prêtres d’affirmer, plus fort encore, leur foi en Dieu.

Pour bien faire, il faudrait que la religion chrétienne évolue en fonction des réalités des différentes communautés. En Europe, le nombre de chrétiens diminue (2). Il n’est donc pas nécessaire que le nombre de prêtres augmente. Il n’y a aucun intérêt d’autoriser le mariage des prêtres en Europe.

Interview du pape François concernant l’ordination des hommes mariés.

En Amazonie par contre, le nombre de prêtres n’est pas suffisant. Ils ne se rendent parfois que deux fois par an célébrer l’eucharistie dans certains villages. Il serait donc intéressant de considérer la question de l’ordination d’hommes mariés qui pourraient célébrer les sacrements pour leur communauté.

L’ordination de prêtres mariés est une question bien actuelle dans la religion catholique. Un futur prêtre à la place du marié ? L’avenir nous le dira.
Unsplash/Josh Applegate

L’ordination des prêtres risque de faire encore beaucoup parler d’elle. Ce sujet va occuper le pape pendant un certain temps. Aura-t-il le temps de faire passer cette nouveauté de son vivant ? Pas sûr.

Quid des autres religions ?

Comme Mr l’abbé   l’a si bien signifié : « La loi pour le célibat des prêtres ne vaut que pour les prêtres de l’Eglise catholique latine. ». Et c’est important de le préciser. Cela donne lieu à des situations assez spéciales : « Lorsque j’ai fait mes études à Paris, on nous apprenait à chérir notre célibat. Mais deux futurs prêtres libanais – Eglise maronite – qui, eux, ne sont pas soumis au célibat s’ils se marient avant leur ordination, n’avaient qu’une seule envie, c’était de sortir en boîte afin de trouver l’âme sœur avant leur ordination. Certains prêtres vont même jusqu’à reporter leur ordination jusqu’à leur mariage. »

Dans les autres branches du christianisme, les prêtres peuvent être ordonnés alors qu’ils sont mariés. Les pasteurs, quant à eux, ont le droit de fonder une famille. La réglementation est moins forte dans ces religions que dans la religion catholique.

Dans les autres religions monothéistes, les officiants peuvent se marier. Dans la religion juive, le cas est même plus précis. Les rabbins peuvent se marier. Il est même de leur devoir de fonder une famille, si possible en étant marié. Leur cas est un peu spécifique car ils sont élus par leur communauté. Et tous les Juifs ont le devoir de se marier afin de fonder une famille. Dans la religion musulmane, il en est de même. Les Imams peuvent se marier.

Dans le bouddhisme, les moines font vœu d’abstinence. Pour eux, qui recherchent la simplicité et la méditation, l’amour est un péché. Il les empêche de se concentrer sur ce qui est essentiel : leur âme et l’amour de la sagesse. Ils bannissent en général tous les plaisirs charnels. Les prêtres hindouistes, au contraire, peuvent se marier.

Quid de l’ordination des femmes ?

« La question de l’ordination des femmes de la religion catholique est une question bien plus compliquée que celle de l’ordination des prêtres mariés. Notamment à cause du fait que la non ordination de femmes est considérée par certains représentants comme un droit divin et non canonique. Ce serait Dieu lui-même qui voudrait cela. Ce premier débat empêche tout changement dans la communauté catholique. », explique Olivier Windels après un bref silence.

« Cependant, dans la religion anglicane des États-Unis, je connais une prêtresse. Sa hiérarchie avait voulu poser un geste fort en l’ordinant. Elle remplit sa mission de manière tout à fait correcte, même si elle fait face, quelques fois, à des difficultés dues au fait que ce soit une femme. », ajoute-t-il.

Vidéo montrant la place de la femme en tant que prêtresse dans la religion anglicane.

Comme le montre bien son témoignage, la place de la femme dans la religion catholique en tant qu’officiante n’est pas encore acquise. On peut cependant noter des exceptions dans l’Eglise chrétienne protestante où les femmes peuvent être pasteures. C’est aussi le cas dans l’Eglise chrétienne anglicane– le témoignage donné n’était pas une exception-, où de nombreuses femmes ont déjà été ordonnées prêtresses. Il est même question de nommer évêque certaines d’entre elle !

Nous vivons actuellement dans une société où la femme est sensée être l’égale de l’homme. Malheureusement, il existe encore un grand nombre de différences entre les deux sexes. On peut notamment citer les différences de salaire pour le même travail effectué, ou encore la différence de mise en avant dans certains sports. Tout le monde, en Belgique, sait citer le nom d’un « Diable Rouge ». Mais peu de gens sont capable de donner le nom d’une joueuse des « Red Flames ».

Ne serait-il pas judicieux pour la religion de montrer l’exemple ? D’ouvrir l’ordination aux femmes ? Tout simplement d’évoluer et de faire évoluer la société en montrant que toutes les fonctions peuvent être accessibles à toutes, à tous ? Peut-être que l’autorisation d’ordonner des prêtres mariés déclenchera un effet domino qui transformera l’Eglise que l’on connait !

Antoine DENIS

(1)   70% des personnes mariées risquent de faire face à un divorce (informations du « live magazine »).
(2)   Selon « La Croix », le nombre de chrétiens diminue très fortement en Europe. Cela est du au changement de notre mode de pensée.

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L’Arabie Saoudite, monarchie absolue islamique ?

Alors que la Belgique est une monarchie constitutionnelle totalement indépendante, la séoudite lutte toujours sans fin pour octroyer sa souveraineté malgré de nombreuse restrictions… La volonté du régime de libérer les Saoudiennes semble assez claire. Pourquoi les faire taire avec autant de force ?

Les femmes Belges sont plus libres que les femmes saoudiennes. La religion dominante du pays est une raison de cette inégalité.
Auteur: geralt – licence: Pixabay License Libre pour usage commercial. Pas d’attribution requise.

En Arabie Saoudite les femmes n’ont aucun droit. Comparée aux femmes Belges, elles ne peuvent ni voyager, ni travailler, ni étudier ni se marier sans l’autorisation d’un homme de la famille qui lui, fait office de représentant légal envers elle. L’interdiction de prendre les transports en commun est un exemple des nombreuses attributions dans lesquelles les femmes sont privées de leurs droits élémentaires.

L’égalité des sexes en Arabie Saoudite c’est pour bientôt ?

Les lois semblent changer, car depuis peu, les femmes Saoudiennes peuvent conduire et sont autorisées à avoir un passeport sans autorisation de leur « tuteur ». Ces progrès en matière de droits de la femme marquent ils le début d’une évolution pour accorder plus de liberté aux femmes ?

Brandon LOPEZ MEDINA