Comment les personnes de la communauté LGBTQI+ vivent-ils avec la discrimination quotidienne?

Il n’y a pas de recette miracle pour vivre avec la discrimination. C’est quelque chose qui se passe dans toutes les étapes d’une vie. Que ce soit au début à l’école, dans le premier job, dans la recherche d’un logement et dans pleins d’autres cas. Pourtant il y a quand même des ASBL qui sont là pour aider si vous êtes dans le besoin.

Est ce que vous avez déjà été victime de discrimination? Au moins une personne sur cinq de la communauté LGBTQI+ (Lesbiennes, gays, bisexuelles, trans, queer, et intersexes.) est confrontée à une forme de discrimination selon UNIA, l’institution publique indépendante qui lutte contre la discrimination et défend l’égalité des chance. On retrouve cette forme de discrimination également dans le milieu professionnel, dans les rues, pour s’inscrire dans une activité sportif et ceci n’est rarement pris en considération. Il est temps d’en finir!

Photo par Teddy Österblom sur Unsplash

C’est un sujet que personne n’aimerait aborder mais ce n’est pas en fermant les yeux que cela va disparaître pour autant.

Il est important d’en parler car il s’agit d’une thématique qui touche presque tout le monde, tant les petits que les grands. Bien sûr, il existent ceux qui le vivent plus constamment que d’autres. En effet, pour savoir ce que la communauté LGBTQI+ vit plus exactement, je me suis renseignée auprès de Betel Mabille. Experte des questions liées aux discriminations, détenant un master en étude de genre et qui fait partie de cette communauté.

Zoom avec Betel Mabille © WALHA-OKINDO Kenza 2020

Un point de vue de l’intérieur.

Comme c’est très difficile et souvent impossible de se mettre à la place de l’autre, c’est toujours mieux d’avoir un point de vue interne.

Même s’il y a de nombreux classements qui montrent que la Belgique est dans le top 3 des pays en matière de droit et de liberté LGBTQI+, selon Betel Mabille ceci n’est assez. En outre, si la Belgique est avancée sur certaines lois par rapport à d’autres pays, il existe néanmoins toujours autant de discrimination dans les rues belges. D’après notre experte, le gouvernement devrait plus écouter les ASBL qui sont sur le terrain et d’autant plus sensibiliser la population pour qu’ils prennent conscience sur la situation.

« Les lois sont là mais ce n’est pas suffisant. »

Betel Mabille

Malgré que les lois existent, il n’y a pas d’évolution de la population dans le secteur des médias ou encore dans l’enseignement. Les enfants apprennent toujours que le cocon familial se compose d’un père et d’une mère alors que pour beaucoup de familles cela n’est pas leur situation à la maison.

« La Belgique a fait du travail assez superficiel en mettant les lois, mais elle ne creuse pas plus pour savoir comment les personnes se sentent ou comment cela se passe pour eux. » B.M

Car beaucoup de citoyens ne s’affichent pas ou cachent leur orientation sexuel pour ne pas faire face à un emploi décliné ou encore à un logement refusé.

« Le problème n’est pas les personnes qui se cachent mais qu’on soit dans une société ou on est obligé de se cacher pour avoir accès à des choses qui devraient être accessibles à tout le monde. »

Betel Mabille

Que faire?

Il n’y a pas vraiment de façon de réagir face aux discriminations. La réaction sera toujours différente vis-à-vis aux gens que vous allez rencontrer ou par rapport à votre âge et votre maturité.

« Vous pouvez bien sûr aller porter plainte mais cela serait une chose émotionnellement très difficile et lourde à faire surtout si la personne est seule ou isolée. » M.B.

Ce n’est surtout pas tout le monde qui a les mêmes possibilités de se plonger dans une procédure judiciaire qui serait coûteuse et qui durera pendant des années. En plus, très souvent les personnes ne se sentent pas à l’aise dans les postes de police car les policiers ne sont pas formés pour accueillir des personnes LGBTQI+.

Les personnes peuvent se tourner vers UNIA ou encore vers plusieurs ASBL, si ils ont besoin d’aide. Surtout dans ces temps difficiles avec le Covid-19, ou pleins de jeunes se font mettre à la rue par leur famille.

Revenons au début de l’histoire.

Il y a, 30 ans l’homosexualité a quitté la liste des maladies mentales mais pour certains cela le restera quand même. Tant que les personnes penseront comme ça c’est sûr que les discriminations ne baisseront pas.

Betel Mabille affirme que les discriminations sont dans notre société depuis des siècles, partant de ségrégation envers les différentes races ou envers la communauté LGBTQI+. C’est pour cela que ce sera difficile de faire changer l’avis de la population du jour au lendemain. C’est une chose qui traverse de génération en génération.

« Tout est ancré dans l’histoire. »

Betel Mabille

Pour que le taux de discrimination diminue il faudrait qu’on apprenne aux plus jeunes que d’être lesbiennes, gays, bisexuelles, trans, queer ou intersexes n’est pas une chose étrange ou mauvaise. Mais ceci sera très complexe à faire car pour cela on devrait changer toute l’éducation et on serait obligé de décortiquer chaque cours pour le changer et l’adapter à notre génération.

Le problème c’est que souvent les plus jeunes ne remarquent pas qu’ils font de la discrimination envers les personnes appartenant à la communauté LGBTQI+ car ils ont été éduqués de cette façon. De cause à effet ils vont transmettre les mêmes valeurs à leur enfants.

tweet : Moquerie de l’identité sexuel que certaines personnes pourraient avoir.

En conclusion, la discrimination est et sera là pour encore un certain temps. La communauté LGBTQI+ va devoir essayer d’apprendre à vivre ou même survivre dans une nation homophobe. Le seul fait de déjà exister est politique selon notre experte. Le point de vue de la population sur les orientations et/ou les identités sexuelles différentes changeront année après année.

Unia : Pour plus de données ou de statistiques sur les discriminations.

https://www.lescheff.be : Pour être en contact avec des ASBL

17 mai: Journée internationale contre l’homophobie et la transphobie | Unia

WALHA-OKINDO Kenza

BAC1 en Commu à l’ISFSC 2020/21

Les belges sont-ils ouverts à la cause LGBTQIA+ ?

©Photo by Margaux Bellott on Unsplash

L’homosexualité a toujours été présente dans la société. Tantôt acceptée ou tantôt méprisée et condamnée, elle fait partie intégrante de notre histoire et son dur passé montre l’importance des combats menés encore aujourd’hui.

La Belgique top 5 du ILGA-Rainbow Europe 2020 pour la seconde année consécutive ! Si la Gay Pride de 2020 a été reportée et celle de 2021 reste encore dans le flou à cause du coronavirus, en revanche celle de 2019 a bien eu lieu et était plutôt impressionnante ! Alors que le thème de l’année 2019 était l’intersectionnalité, ce sont plus de 100.000 personnes qui étaient présentes à l’évènement(1). Un chiffre très encourageant qui tend à montrer que la société dans laquelle nous vivons évolue.

Pour Cyrille Prestianni[1], le terme intersectionnalité fait référence aux femmes lesbiennes noires aux Etats-Unis. Ces femmes qui en plus d’être discriminées pour être des femmes, le sont aussi pour leur couleur de peau et leur orientation sexuelle. Elles se retrouvent donc à l’intersection de plusieurs discriminations et c’est ce que la dernière Gay Pride a voulu mettre en avant pour éveiller les consciences.


[1] Président du conseil d’administration d’Arc-en-Ciel Wallonie

La Belgique est le 2ème pays le plus Gay Friendly d’Europe. L’ILGA Europe (Association Internationale des personnes lesbiennes, gays, bisexuelles, trans et intersexes) a sorti le 15 mai dernier son classement Rainbow annuel. Classement où la Belgique (73%) se voit octroyer la deuxième place juste derrière Malte (89%) et devant le Luxembourg (73%). Ce que l’association prend en compte pour établir son classement, ce sont les lois et les politiques mises en place dans 49 pays européens pour les personnes LGBTQIA+ en les évaluant de 0 à 100%(2).

Comme le dit Cyrille Prestianni (Président du conseil d’administration d’Arc-en-Ciel Wallonie[1]), « La Belgique à un des meilleurs arsenaux légaux du monde (LGBTGIA+) avec un cadre légal très progressiste ». Ce à quoi il ajoute : « Certes, il y a les lois mais après il y a la société et entre le moment où il y a une loi qui est promulguée et le moment où cette loi à des effets il y a parfois 20ans. ». Cela signifie qu’il ne suffit pas d’une loi pour qu’il y ait des changements dans la société.

[1] Associations d’entraide et de loisir tournées vers le public LGBT

BFMTV: « Le Pape François dit « oui » à une union civile pour les homosexuels. 22.10.2020

Le 21 octobre 2020 aussi, la communauté LGBTQIA+ a pu sentir un certain progrès mais cette fois du côté de l’Eglise catholique. Lors de la fête du cinéma de Rome, le documentaire « Francesco » réalisé par Evgeny Afineevsky montre la prise de position favorable du Pape François à l’union civile des couples homosexuels(3). Une première quand on repense à ce qu’ont dû endurer les personnes LGBTQIA+ depuis la montée du christianisme en Europe.

L’homosexualité est cependant toujours considérée comme un acte contre-nature 

Dans la Rome antique, la sexualité était plus libérée.  La notion d’« Homosexualité » n’existait pas mais c’était présent dans la société tout comme le mariage entre personnes de même sexe. Il est toutefois bien de mentionner que c’était réservé aux classes sociales les plus hautes et que les pratiques homéotiques étaient très codifiées socialement(4). Cependant, L’Empire Romain devient Chrétien en 390 et les libertés sur ce sujet s’anéantissent.

« L’arrivée du christianisme, dans le contexte romain, …, n’était pas tendre. Le contexte romain a entrainé à mener à l’émergence de toutes les homophobies en Europe et probablement en Afrique aussi. » déclare Cyrille Prestianni.

Dans la période sombre qu’est le Moyen Âge, l’homosexualité est vue comme un pêché et devient un crime punissable de la peine de mort dans de nombreux États européens. Le 18e siècle, néanmoins, voit une certaine liberté sexuelle dans les classes supérieures. Le « libertin efféminé et flamboyant »(5) apparaît et bien que certains comportements sexuels n’étaient pas acceptables, ils étaient au moins connus.

D’après monsieur Prestianni, au 19ème siècle, malheureusement, l’Angleterre va définir l’homosexualité et la condamner à la peine de mort. À cette période, beaucoup de lois se mettent en place pour lutter contre l’homosexualité hormis en France et en Belgique.  Une des raisons à cela est que l’Aide de camp (officier) de Napoléon était gay et qu’il a lutté contre l’idée de créer des lois homophobes. Ce qui n’empêchait pas la France et la Belgique d’utiliser d’autres moyens comme la décence ou la moralité pour justifier sa désapprobation vis-à-vis de l’homophilie.

Le sida a donné conscience au monde entier que la communauté LGBTQIA+ existait

Le 20ième siècle est un siècle de grande répression, l’exemple des triangles roses lors de la Seconde Guerre Mondiale le montre grandement. C’est à cette période plutôt dictatoriale qu’on va retrouver sous des noms comme Hitler ou Staline, des persécutions faisant partie des plus massives et systématiques.

Les années 60 et 80 vont être significatives pour la communauté LGBTQIA+. Le sida a servi à éveiller les esprits, la population a enfin pris conscience qu’il y avait une communauté LGBTQIA+ ce qui leur a permis d’obtenir un certains nombres de droits. Un autre évènement majeur à prit lieu en 1969 : les émeutes de Stonewall à New York. C’est alors que les descentes policières se faisaient de plus en plus nombreuses et violentes dans les bars malfamés de la ville que des personnes de la basse société ainsi que des homosexuels et des travestis se sont rejoint en ces lieux et ont manifestés durant plusieurs jours[1].


[1] D’après l’interview de Cyrille Prestianni

©Cyrille Prestianni brandissant le drapeau LGBTQIA+ lors de la Gay Pride à la rue de l’Etuve, Bruxelles.

« Les évènements de Stonewall furent une rupture en terme de compréhension : C’est la première fois que la communauté LGBT a été visible. » 

Cyrille Prestianni

Les marches pacifiques que sont les Pride, sont directement issues des émeutes de Stonewall et servent de piqûres de rappel.

Lors des anciennes Gay Pride, le public qu’on retrouvait sur place comptait des personnes directement touchées par le mouvement LGBTQIA+ mais aujourd‘hui on y retrouve une toute autre énergie. Les personnes présentes à l’évènement sont des membres de la famille aussi bien que des hétérosexuels qui sont là pour montrer leur soutien à la cause [1].

[1]D’après l’interview de Cyrille Prestianni

Et comme l’a exprimé le Président du conseil d’administration des maisons Arc-en-ciel (associations d’entraide et de loisir tournées vers le public LGBT) : « Quand 100.000 personnes marchent dans les rues, le gouvernement prend le droit en considération. »

Aujourd’hui, en Europe et surtout en Belgique, l’église catholique n’a plus de réel pouvoir de décisions et les combats les plus importants sont passés tels que le mariage ou l’adoption. La communauté LGBTQIA+, en revanche, est toujours victime de violences et de discriminations que ce soit au travail, dans la recherche de logement, à l’école ou dans le sport. Il ne faut donc pas penser avoir tout acquis car, comme le dit Cyrille Prestianni: «il reste encore du travail pour changer la société qui elle, est en totale inertie. »


Liens intéressants

La Fédération des Maisons Arc-en-Ciel : https://www.arcenciel-wallonie.be/ et les Maisons Arc-en-Ciel sont des associations d’entraide et de loisir tournées vers le public LGBTQIA+.

Il existe aujourd’hui des mouvements homosexuel d’origines catholique comme L’association « Devenir Un En Christ » (DUEC) : https://www.devenirunenchrist.net/.

Vidéos sur des sujets similaires

Il est possible sur la plateforme YouTube de trouver des vidéos et des chaînes traitant sur le même sujet ou des sujets voisins. Il est donc autant possible de se renseigner sur l’homosexualité chez les animaux: https://www.youtube.com/watch?v=WmwgmuhCoio&list=LL&index=20&ab_channel=LeMonde que sur l’homosexualité à une période précise de l’histoire comme au Moyen-Age: https://www.youtube.com/watch?v=8YU5gNNSEQ0&list=LL&index=21&ab_channel=L%27Histoirenousledira.

Le Monde : « Pourquoi les rapports homosexuels ne sont pas « contre-nature ». 09.03.2018.
L’Histoire nous le dira : « Homosexualité masculine au Moyen Âge « . 21.07.2020

©Anaëlle Deschepper 2020

Anaëlle DESCHEPPPER

Je suis en première année de communication à l’ISFSC. Mes passions sont la lecture, étudier les langues et découvrir toujours plus de nouvelles choses sur d’autres pays comme la musique, la culture ou de bons films et dramas à regarder.

Mes deux phrases favorites sont: « Soyez vous-même le changement que vous voulez voir dans le monde » et « L’espoir est la seule chose plus puissante que la peur ».

WEBOGRAPHIE

(1) Belga. Le Vif : « Plus de 100.000 personnes participent à la Pride Parade ». 18.05.2019. https://www.levif.be/actualite/belgique/plus-de-100-000-personnes-participent-a-la-pride-parade/article-news-1139961.html.

(2) ILGA EUROPE : « Rainbow Europe 2020 ». 14.05.2020. https://www.ilga-europe.org/rainboweurope/2020.

(3) Marie Slavicek. Le Monde : « Union civile pour les couples homosexuels: « le Pape dit « Oui » mais on reste des passagers clandestins au sein de l’Eglise ». 07.11.2020. https://www.lemonde.fr/international/article/2020/11/07/union-civile-pour-les-couples-homosexuels-le-pape-dit-oui-mais-on-reste-des-passagers-clandestins-au-sein-de-l-eglise_6058854_3210.html.

(4) ADHEOS : « Histoire LGBT ». http://www.adheos.org/histoire-de-l-homosexualite-gay-lgbt-antiquite-a-nos-jours.

(5) Blog: Gay.be : « Le mouvement gay en Belgique : origines et histoire… ». https://www.gay.be/blog/le-mouvement-gay-en-belgique-origines-et-histoire/#.