Pourquoi l’Eglise n’accepte-t-elle pas l’homosexualité dans le mariage ?

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Le 30 janvier 2003, la Belgique devient le deuxième pays à reconnaître le mariage homosexuel.  Les temps changent et les mœurs évoluent.  Pourquoi l’Eglise n’accepte-t-elle donc pas l’homosexualité dans le mariage ?

Acceptée, condamnée, puis méprisée

Sébastien Quintin écrit dans son travail (1) que pendant l’Antiquité, les rapports homosexuels étaient courants et acceptés.  Alexandre le Grand, notamment, a connu d’importantes relations amoureuses avec ses hommes.

Au Moyen âge, la torture était infligée aux homosexuels.  L’homosexualité était considérée comme une hérésie. L’homosexualité était condamnée et réprime lors de l’inquisition par l’Eglise qui avait le pouvoir à cette époque-là.

Aujourd’hui, l’homosexualité est encore méprisée par certains selon une analyse effectuée le 3 février 2017 (2).  Cependant, le gouvernement fait de nombreux efforts pour permettre aux homosexuels de bénéficier des mêmes droits que tout citoyen.

L’Europe ouvre des droits aux homosexuels 

Soulagement pour les couples homosexuels !  La législation change petit à petit, depuis le 21 décembre 2000 par la première loi votée aux Pays-Bas et qui est d’application depuis le 1er avril 2001. Selon Le Figaro (3), un état des lieux des différentes législations des pays européens concernant le mariage ou l’union civil autorisé pour les homosexuels a été dressé. A ce jour, 16 pays européens ont reconnu le mariage homosexuel.  Les Pays-Bas sont le premier pays à avoir légalisé le mariage homosexuel depuis avril 2001.  Vient ensuite, la Belgique qui devient le deuxième pays autorisant légalement l’union de couples homosexuels, et ce depuis 2003. L’Espagne l’appliquera en 2005.  Puis, la Norvège et la Suède en 2009.

Si l’homophobie en Europe de l’Est est toujours bien présente, il s’avère que l’homosexualité est mieux acceptée, dans les pays d’Europe occidentale.

Hors Europe, certains pays comme l’Afghanistan, les Emirats arabes unis, le Yémen et bien d’autres, les homosexuels n’ont pas de droits.

L’homosexualité face aux règles de l’Eglise catholique

Dans une interview, François Lagasse de Locht, abbé faisant partie de l’équipe pastorale de Wezembeek-Oppem, répond à mes questions :

Pour certaines personnes, les homosexuels sont des personnes malades. Que pensez-vous de cet avis ?

FL. : « Malade, certainement pas.  Il faut prendre conscience de son corps.  Je suis un garçon ou je suis une fille.  Ne suis-je pas un garçon ou ne suis-je pas une fille.  C’est simplement une question d’identité. »

La religion chrétienne ne se met-elle pas en défaut quand elle refuse d’octroyer la bénédiction aux couples homosexuels ?  Ne voyez-vous pas une certaine discrimination ?

FL. : « Nous pouvons toujours bénir des personnes (des jeunes fiancés) ou bénir un projet (promesse lutins).  Mais, face à un couple homosexuel, il est préférable, (avec leur permission) de les prévenir que Dieu leur souhaite le plus grand bonheur ; mais il faut savoir que ce n’est pas le reflet de l’amour que Dieu porte aux hommes

Savez-vous qu’à Paris, des associations et des citoyens ont défilés le 30 juin 2018 et ce afin de rappeler que les homosexuels sont traités comme des criminels, qu’en pensez-vous ?

FL. : « Malheureusement, il y aura toujours des élans racistes et ce peu importe le domaine.  Nous ne savons pas pourquoi.  Certaines personnes vont critiquer les homosexuels, tandis que d’autres les respecteront. »

L’Eglise condamne-t-elle l’homosexualité ?

A l’heure actuelle, l’Eglise réalise qu’être homosexuel est une caractéristique du développement psychosexuel, qui apparaît pendant la croissance de l’enfant.  En 2015, le monde ecclésiastique a reconnu que toute personne a droit au respect dans sa dignité, quelle que soit sa tendance sexuelle.  Cependant, pour l’Eglise, il est important de bien distinguer le souffle de la Parole de Dieu avec les lois humaines de la société.

Les couples homosexuels doivent être accueillis avec respect, compassion et délicatesse selon le catéchisme n°2358. (4)

D’après le représentant de l’Eglise interviewé, il convient de rappeler que dans l’évangile, l’Eglise voit des femmes et des hommes qui deviennent des familles.  Et qu’aucune personne n’y est dénigrée.  Seules sont dénigrées les personnes qui souhaitent faire du mal. L’Eglise ne condamne pas les homosexuels. Néanmoins, il est important qu’elle reste fidèle au message de l’évangile.

Homosexualité : que dit la Bible ? Interview avec M. Karsten Lehmkühler

Le 10 décembre est la journée internationale des droits humains. Ceux-ci sont repris dans l’article 9 de la Convention européenne des droits de l’homme relatifs à la liberté de pensée, de conscience et de religion.  Aujourd’hui, nous vivons, dans une Belgique, libre où chacun a le droit de pratiquer la religion de son choix.  Peu importe le chemin que nous prenons.  Dieu ne nous juge pas sur nos actes mais bien sur ce que nous sommes.

Pourquoi le mariage entre homosexuels n’est pas reconnu par l’Eglise ?

Le sacrement de mariage religieux engage le couple, non seulement par la fidélité, l’entraide, mais aussi par la fécondité.  Cette symbolique de procréation, les couples de même sexe ne peuvent pas s’y engager.   Il s’avère que dans la religion chrétienne, la sexualité n’a de sens que pour avoir des enfants et permettre ainsi la pérennité de l’espèce humaine.

L’Eglise dans le débat sur le mariage pour tous, Monseigneur Bernard Podvin, porte parole de
la Conférence des Evêques de France

Des changements lents et réels.  Qu’en est-il des mentalités ?

« Ce n’est pas parce qu’il y a effectivement des différences entre les hommes qu’il faut conclure à la suprématie des uns et l’infériorité des autres.  Il ne faut pas confondre différence et inégalité » selon l’écrivain Jean Rostand.

Il faut noter que dans la société dans laquelle nous vivons, l’hétérosexualité dans un couple est et sera toujours la voie considérée comme étant la plus logique.  En effet, les personnes homosexuelles sont souvent perçues comme différentes.  De ce fait, elles sont souvent rejetées par leur famille, leurs collègues de travail voire la société. En Belgique, il y a quelques années, un jeune homme a été torturé et tué à Liège pour le seul motif d’être homosexuel (5).

Le dédain, le rejet, voire la haine envers les homosexuels.  C’est une situation que les couples homosexuels subissent au quotidien. Avec bonheur, il existe quelques associations pour les soutenir et les encourager à être eux-mêmes.

Toutefois, il faut se réjouir  que le monde ecclésiastique et la société commencent à accepter les personnes différentes. Depuis 2003, la législation belge a légalisé le mariage homosexuel.   Le droit est non seulement le témoin du changement des mentalités, mais il est le garant du respect de la loi d’égalité.  Ce fait inacceptable rapporté ci-dessus démontre que le combat dans la défense des valeurs est quotidien et révèle de la responsabilité de tout le monde, peu importe son âge et sa condition.

Si je m’appuie sur les chiffres d’une enquête réalisée en France, celle-ci montre que le fait que des couples du même sexe s’aiment et vivent ensemble est de mieux en mieux accepté. En 2008, 19 % des Français n’acceptent pas l’homosexualité contre 49 % en 1981 (6).

L’article 1er de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme ne stipule-t-il pas que tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits.  Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité.

L’éducation religieuse impose l’hétérosexualité dans la société comme un dogme. Heureusement, le monde ecclésiastique et la société acceptent les personnes différentes.

Espérons qu’un jour viendra, où les couples homosexuels pourront rendre public leur amour non seulement face à la société, mais aussi devant Dieu si tel est leur souhait et cela sans qu’il y ait un regard de mépris !

Victoria BOUHON

(1) QUINTIN, Sébastien. L’homosexualité a-t-elle toujours été rejetée ? Consulté le 23/04/2020. Disponible à l’adresse : https://perso.helmo.be/jamin/euxaussi/marginal/rejhomo.html (2) ROUDEAU Damien et REYNARD Guillaume. Hétérosexuels et homosexuels : histoire d’une lente évolution vers l’égalité. Observatoire des inégalités.3 février 2017. Consulté le 23/04/2020. Disponible à l’adresse : : https://www.inegalites.fr/Heterosexuels-et-homosexuels-histoire-d-une-lente-evolution-vers-l-egalite?id_theme=19#nb1 (3) DUFFAU, Clément et BARIETY, Aude. Quels pays autorisent le mariage homosexuel en Europe ? Le Figaro (en ligne). 30 juin 2017. Consulté le 23 avril 2020. Disponible à l’adresse : https://www.lefigaro.fr/international/2017/06/30/01003-20170630ARTFIG00001-quels-pays-autorisent-le-mariage-homosexuel-en-europe.php (4) Père FOYER, Dominique. Eglise et homosexualité. Eglise catholique en France. Consulté le 24 avril 2020. Disponible à l’adresse : https://eglise.catholique.fr/369530-eglise-et-homosexualite/ (5) B., T. Le refuge d’accueil d’urgence pour jeunes LGBT : inédit en Wallonie. Leguidesocial. 30/08/19. Consulté le 24 avril 2020. Disponible à l’adresse : https://pro.guidesocial.be/articles/actualites/le-refuge-d-accueil-d-urgence-pour-jeunes-lgbt-inedit-en-wallonie.html (6) ROUDEAU, Damien et REYNARD, Guillaume. Hétérosexuels et homosexuels : histoire d’une lente évolution vers l’égalité. Observatoire des inégalités. Le 3 février 2017. Consulté le 24 avril 2020. Disponible à l’adresse : https://www.inegalites.fr/Heterosexuels-et-homosexuels-histoire-d-une-lente-evolution-vers-l-egalite?id_theme=19

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A quel moment un couple est-il considéré marié par Dieu ?

Victoria Bouhon 

20 ans

Etudiante en 1ère année de BAC1 – communication à l’ISFSC

Les contacts sociaux sont ma priorité dans la vie.  Partager des bons moments entre amis ou avec ma famille.  La rencontre de l’autre, tant en Belgique que dans des contrées lointaines me permettent de m’ouvrir l’esprit. 

Remariage et Église catholique font-ils bon ménage ?

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Depuis des générations, l’Église catholique admet et prône le mariage. Elle considère le remariage comme impossible. Cela fait maintenant quelques années que ce sujet provoque de nombreuses questions sur lesquelles il est difficile de placer des réponses. Le 8 septembre 2015, le pape annonçait des changements.

Les limites de l’Église sont-elles en pleine expansion ? Un pape qui semble ouvert à des nouvelles réformes. Des cardinaux qui s’y opposent. Des divorcés qui veulent du changement. À l’heure actuelle, beaucoup de choses sont remises en cause. Mais qu’en est-il des autres options qui s’offrent à eux ?

Jean-Pol Druart, Diacre de l’église pastorale de Namur

 » L’accompagnement des personnes est un sujet qui me tient très fort à coeur, dit Jean-Pol Druart, diacre de l’église pastorale de Namur. Il est très important pour moi de pouvoir répondre aux personnes qui ont malheureusement vécu un mariage dissous par un divorce, une séparation et de pouvoir les accompagner dans leurs projets de vie, mais pas dans le cadre d’un remariage. »

Mais pourquoi cette opposition face au remariage religieux ?

Les raisons pour lesquelles l’Église catholique s’oppose à cette nouvelle union sont vagues. Une d’entre elles revient régulièrement : le problème de l’indissolubilité. 1)

Cela est bien connu, lorsqu’on se marie, c’est pour la vie. C’est bien pour cela que l’Église catholique décrète le mariage comme indissoluble. Réaliser un mariage sacramentel n’est pas à prendre à la légère. Ni en quelques minutes. C’est bien quelque chose qui nécessite beaucoup de réflexion et une certaine remise en question.

Le 8 septembre 2015, le pape François dit lors d’une interview qu’il pourrait être favorable à une certaine ouverture. Mais dans quel cas ? Cela concernerait le cadre de l’accueil des personnes divorcées remariées civilement qui ne sont plus en pleine communion. Il dit que dans certains cas dont celui du chemin catéchuménat, ces derniers pourraient éventuellement être admis à communier de nouveau. L’interview a provoqué de nombreux retours dont ceux de certains cardinaux. Qui placent un grand non sur cette ouverture. Un ouvrage a même été créé dans lequel ces derniers expliquent pourquoi ils ne sont pas d’accord avec ces propos.

 » Qui sommes-nous pour juger ? Un seul peut juger et sonder les coeurs : dieu » indique Jean-Pol Druart.

Stop aux fausses idées

Qui n’a jamais entendu que lorsqu’une personne divorce, elle est par la suite bannie de l’Église ? Cela est complètement faux ! Il n’existe aucune exclusion au sein de l’Église catholique. À partir du moment ou une personne est baptisée. Elle reste membre de l’église même lors d’un divorce. Une personne séparée ou divorcée restera à égalité d’une personne mariée. Il suffit de se rappeler cette phrase de Jean-Paul II à Sainte-Anne d’Auray en 1996 : « L’Église a aussi le souci de ceux qui sont séparés, divorcés et divorcés remariés. Ils restent membres de la communauté chrétienne ».

Le mariage sacramentel

Le mariage sacramentel est l’unique réel mariage au sein de l’Église catholique. Il est fondé sur 4 piliers bien distincts sur lesquels on crée le couple : la liberté, la fidélité à son conjoint, l’indissolubilité et l’ouverture à la vie. Il est unique et ne peut donc être réalisé qu’une seule fois.

 » Moi, en tant qu’époux et diacre de l’église pastorale, je suis persuadé que lorsqu’on se marie, on se marie à trois : le couple et Dieu. Dieu s’engage avec les époux et ne reprend jamais sa parole. C’est bien là le fondement de l’indissolubilité » dit monsieur Druart.

 » Dieu se donne totalement à nous, comme on se donne totalement à son conjoint. »

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Il existe un cas bien particulier permettant aux divorcés d’accéder de nouveau à la communion : la nullité de mariage. Mais attention ! Cela n’est pas accessible pour tout le monde. Cette procédure est lourde et est réalisée lorsque le premier mariage se doit d’être remis en cause.

La nullité de mariage

Afin que la nullité de mariage soit prononcée, une enquête doit tout d’abord être réalisée. Le tribunal ecclésiastique constate après cette dernière qu’en réalité le mariage célébré n’est pas valide. Dans ce cas bien précis, toutes les conditions du mariage sacramentel ne sont pas remplies. Suite à cela, le tribunal ecclésiastique reconnaît le mariage comme nul. Cette procédure est très longue et complexe, mais de plus en plus de demandes de dossiers sont déposées en Belgique. 2)

 » Je suis pour le fait qu’on étudie la question de la validité du premier mariage dans le cas où une personne chrétienne souhaite remettre son projet dans les mains du seigneur » indique Jean-Pol Druart.

Comme dit précédemment, lorsque deux personnes sont divorcées et remariées civilement, elles n’ont plus le droit à la communion ni au sacrement. Alors que faire si un couple divorcé souhaite absolument célébrer leur amour au sein de l’Église et que la nullité de mariage n’est pas réalisable ?

Il est possible pour eux d’accéder à une bénédiction.

La bénédiction

La bénédiction existe pour des couples divorcés remariés civilement voulant tout de même exercer une cérémonie au sein de l’église. Elle comprend un temps de prière durant lequel le couple peut se dire du bien l’un de l’autre. Lors de cette bénédiction, il n’y a pas d’échange d’alliances, le prêtre ne porte pas d’aube. Il est très important qu’il n’y ait aucune confusion entre le mariage et la bénédiction.

Certaines églises ne respectent pas ces conditions et procèdent malgré tout à un échange d’alliances. Ces églises sont donc en faute, car cette étape est réservée au mariage sacramentel depuis bien longtemps.

Quels sont donc les changements depuis 2015 ?

Lors de la conférence de presse datant du 8 septembre 2015, le Pape François a annoncé quelques changements. 3) Ceux-ci touchent à la question de la nullité de mariage. Ce processus est depuis ce jour gratuit pour les personnes se lançant dans un procès et les délais sont beaucoup moins longs que dans le passé. Environ 1 an afin que le jugement soit rendu.

Un sujet qui mérite une remise en question

Bien que l’Église catholique ait déjà fait de gros efforts face aux sanctions des remariés divorcés, cela ne suffit pas à la population chrétienne qui, elle, en veut plus.

Le remariage sacramentel, sera-t-il un jour à la portée des divorcés ?

pour en savoir plus

Les prêtres vont-ils pouvoir dire oui ?

Depuis la moitié du 20ème siècle, la question de l’ordination de prêtres mariés ne cesse d’être débattue au Vatican. Fin novembre, les représentants du clergé d’Amérique latine ont demandé l’autorisation de nommer prêtres des hommes mariés vivant en Amazonie. Le pape François, considéré comme un progressiste, réfléchit à cette demande.

Une grande réflexion est en cours dans le monde chrétien. Un pape vu comme progressiste. Une Eglise qui ne demanderait qu’à évoluer. Rien ne semble impossible. TOUT serait à portée de main. Mais le pape François aura-t-il les épaules assez larges pour apporter le changement dans son Eglise ?

Un vent de réforme

Olivier Windels, pour l’ordination des prêtres mariés, donne son avis et l’explique.
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Olivier Windels, abbé et vicaire épiscopal, représentant de l’Évêque de Liège, pense que cette réforme pourrait passer. Selon lui, l’élargissement de l’ordination aux hommes mariés, dans le monde, n’est qu’une question de temps. Cette dernière est liée au besoin des communautés. Comme il aime le répéter : « Nous ne le verrons pas. Mais nos enfants bien ! ».

Depuis toujours, et cela revient en force depuis 1950, la question de l’ordination du mariage des prêtres fait débat au cœur de la communauté chrétienne. Comme l’exprime notre expert, les arguments contre sont tout aussi fondés que les pours ! La situation reste bloquée.

Dans les arguments contre, il y a notamment la question du divorce. Car comme le dit notre cher Stromae, « Qui dit amour, dit les gosses, dit toujours et dit divorce. ». Nous vivons dans un monde où le divorce est une réalité (1). Pourquoi les prêtres y échapperaient-ils ? Cela créerait un gros problème de crédibilité dans l’Eglise si un prêtre venait à divorcer : le mariage est un serment devant Dieu. Ça poserait problème qu’un prêtre brise un serment qui est prêté devant Dieu, sur la Bible. De plus, on ne peut se marier qu’une fois à l’église.

Mais il y a aussi des arguments pour ! Par exemple, le fait que ça permettrait de donner au célibat un caractère « ultime ». Ça donnerait à l’engagement une connotation toute particulière et profonde. Cela permettrait aux prêtres d’affirmer, plus fort encore, leur foi en Dieu.

Pour bien faire, il faudrait que la religion chrétienne évolue en fonction des réalités des différentes communautés. En Europe, le nombre de chrétiens diminue (2). Il n’est donc pas nécessaire que le nombre de prêtres augmente. Il n’y a aucun intérêt d’autoriser le mariage des prêtres en Europe.

Interview du pape François concernant l’ordination des hommes mariés.

En Amazonie par contre, le nombre de prêtres n’est pas suffisant. Ils ne se rendent parfois que deux fois par an célébrer l’eucharistie dans certains villages. Il serait donc intéressant de considérer la question de l’ordination d’hommes mariés qui pourraient célébrer les sacrements pour leur communauté.

L’ordination de prêtres mariés est une question bien actuelle dans la religion catholique. Un futur prêtre à la place du marié ? L’avenir nous le dira.
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L’ordination des prêtres risque de faire encore beaucoup parler d’elle. Ce sujet va occuper le pape pendant un certain temps. Aura-t-il le temps de faire passer cette nouveauté de son vivant ? Pas sûr.

Quid des autres religions ?

Comme Mr l’abbé   l’a si bien signifié : « La loi pour le célibat des prêtres ne vaut que pour les prêtres de l’Eglise catholique latine. ». Et c’est important de le préciser. Cela donne lieu à des situations assez spéciales : « Lorsque j’ai fait mes études à Paris, on nous apprenait à chérir notre célibat. Mais deux futurs prêtres libanais – Eglise maronite – qui, eux, ne sont pas soumis au célibat s’ils se marient avant leur ordination, n’avaient qu’une seule envie, c’était de sortir en boîte afin de trouver l’âme sœur avant leur ordination. Certains prêtres vont même jusqu’à reporter leur ordination jusqu’à leur mariage. »

Dans les autres branches du christianisme, les prêtres peuvent être ordonnés alors qu’ils sont mariés. Les pasteurs, quant à eux, ont le droit de fonder une famille. La réglementation est moins forte dans ces religions que dans la religion catholique.

Dans les autres religions monothéistes, les officiants peuvent se marier. Dans la religion juive, le cas est même plus précis. Les rabbins peuvent se marier. Il est même de leur devoir de fonder une famille, si possible en étant marié. Leur cas est un peu spécifique car ils sont élus par leur communauté. Et tous les Juifs ont le devoir de se marier afin de fonder une famille. Dans la religion musulmane, il en est de même. Les Imams peuvent se marier.

Dans le bouddhisme, les moines font vœu d’abstinence. Pour eux, qui recherchent la simplicité et la méditation, l’amour est un péché. Il les empêche de se concentrer sur ce qui est essentiel : leur âme et l’amour de la sagesse. Ils bannissent en général tous les plaisirs charnels. Les prêtres hindouistes, au contraire, peuvent se marier.

Quid de l’ordination des femmes ?

« La question de l’ordination des femmes de la religion catholique est une question bien plus compliquée que celle de l’ordination des prêtres mariés. Notamment à cause du fait que la non ordination de femmes est considérée par certains représentants comme un droit divin et non canonique. Ce serait Dieu lui-même qui voudrait cela. Ce premier débat empêche tout changement dans la communauté catholique. », explique Olivier Windels après un bref silence.

« Cependant, dans la religion anglicane des États-Unis, je connais une prêtresse. Sa hiérarchie avait voulu poser un geste fort en l’ordinant. Elle remplit sa mission de manière tout à fait correcte, même si elle fait face, quelques fois, à des difficultés dues au fait que ce soit une femme. », ajoute-t-il.

Vidéo montrant la place de la femme en tant que prêtresse dans la religion anglicane.

Comme le montre bien son témoignage, la place de la femme dans la religion catholique en tant qu’officiante n’est pas encore acquise. On peut cependant noter des exceptions dans l’Eglise chrétienne protestante où les femmes peuvent être pasteures. C’est aussi le cas dans l’Eglise chrétienne anglicane– le témoignage donné n’était pas une exception-, où de nombreuses femmes ont déjà été ordonnées prêtresses. Il est même question de nommer évêque certaines d’entre elle !

Nous vivons actuellement dans une société où la femme est sensée être l’égale de l’homme. Malheureusement, il existe encore un grand nombre de différences entre les deux sexes. On peut notamment citer les différences de salaire pour le même travail effectué, ou encore la différence de mise en avant dans certains sports. Tout le monde, en Belgique, sait citer le nom d’un « Diable Rouge ». Mais peu de gens sont capable de donner le nom d’une joueuse des « Red Flames ».

Ne serait-il pas judicieux pour la religion de montrer l’exemple ? D’ouvrir l’ordination aux femmes ? Tout simplement d’évoluer et de faire évoluer la société en montrant que toutes les fonctions peuvent être accessibles à toutes, à tous ? Peut-être que l’autorisation d’ordonner des prêtres mariés déclenchera un effet domino qui transformera l’Eglise que l’on connait !

Antoine DENIS

(1)   70% des personnes mariées risquent de faire face à un divorce (informations du « live magazine »).
(2)   Selon « La Croix », le nombre de chrétiens diminue très fortement en Europe. Cela est du au changement de notre mode de pensée.

Continuer la lecture de « Les prêtres vont-ils pouvoir dire oui ? »

Mariage mixte, mot fourre-tout ?

Dans le langage courant, le terme « mariage mixte » est utilisé pour désigner un mariage interconfessionnel. Une distinction doit être faite entre « mariage mixte » et « mariage avec disparité de culte ».

Le mariage « mixte », dans la religion chrétienne, implique que les conjoints soient baptisés. L’un dans l’Église catholique, l’autre dans une autre Église chrétienne. Pour valider ce mariage, il faut obtenir une autorisation de l’Ordinaire du lieu du domicile de la partie catholique.

Le mariage « avec disparité de culte » quésako ?

Deux mains enlacées, l'une blanche, l'autre noire.
D’après l’office belge de statistique, 45.059 mariages ont été célébré, en Belgique, en 2018, dont 4407 avec un étranger.
© Gaudoux Manon

Le mariage « avec disparité de culte » se déroule à l’église avec une personne non-baptisée par celle-ci. Les conditions de célébration sont que l’un des conjoints doit être baptisé dans la foi chrétienne et que l’autre soit en accord avec les quatre piliers du mariage chrétien: liberté du consentement, indissolubilité du mariage, fidélité et fécondité. Via sa paroisse, il faut obtenir une « dispense de disparité de culte » auprès de l’évêché.

Une célébration chrétienne avec deux officiants peut être possible avec leur accord. Par contre, réaliser deux célébrations dans les deux confessions n’est pas recommandé. Cet article donne le témoignage de personnes ayant choisi un mariage co-religieux.

Vrai débat de société, le mariage interreligieux n’est pas seulement se marier avec un étranger ou d’une religion différente. La mixité des cultures doit être prise comme un enrichissement pour les générations futures.

Coup de tonnerre au Vatican ! Le mariage des prêtres revient sur la table.

Fin octobre 2019, les prêtres d’Amazonie se sont rendus au Vatican afin de demander l’élargissement de l’ordination aux hommes mariés. Cette demande, posée pour remédier au manque de prêtres dans cette région du monde, est actuellement étudiée par le Pape.

Les prêtres qui célèbrent l’eucharistie bientôt mariés ? Le Vatican a ouvert le débat sur le sujet.
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Cette décision aura-t-elle un impact en Belgique ? Des spécialistes en théologie, comme Pierre Xhonneux, réclament l’autorisation du mariage des prêtres dans le monde. Cette réforme pourrait faire se lever un nouveau monde chrétien, une vague de nouveautés prometteuses !

En Europe, les représentants du clergé chrétien Allemand demandent une généralisation de l’autorisation du mariage des prêtres dans le monde entier. Cette demande osée, si elle est prise en considération par l’Eglise, représente un grand pas en avant dans la modernisation de la religion chrétienne.

Une question qui en soulève de nouvelles !

On peut s’attendre à ce que d’autres interrogations sensibles refassent surface et soient posées. Le soulèvement de cette question va peut-être déclencher un effet domino ! Une des questions qui pourrait être posée est : « Faut-il autoriser les femmes à devenir prêtre ? ».

Dans tous les cas, le sujet est loin d’être clos. La remise en question de la loi séculaire du célibat des prêtres risque de faire encore parler d’elle!

Antoine DENIS