Le conflit israélo-palestinien, une lutte armée qui devient peut-être religieuse.

Depuis 1948, le conflit israélo-palestinien perdurent. En cette fin d’année 2019, les violences entre Palestiniens et Israéliens ne comptent pas s’estomper. Les frappes aériennes israéliennes continuent de pleuvoir sur la bande de Gaza et le Djihad islamique.

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Faire disparaître la Palestine

Il y a quelques années, les milices sionistes et l’armée israélienne ont procédé à l’expulsion de 750 000 Palestiniens de leurs terres; c’est ce qu’on appelle la « Nakba » (« catastrophe » en arabe). Ce terme désigne l’expulsion du peuple palestinien et la destruction de leurs villages et de leurs communautés. Une multitude de villes et villages fut détruite ou repeuplée par des Israéliens juifs. Tous les vendredis des milliers de Palestiniens se retrouvent à la frontière de Gaza pour revendiquer le droit au retour de 700 00 Palestiniens chassés de leur terre en 1948. Tout cela déstructure profondément la société palestinienne et fait partie du principal projet sioniste qui consiste à faire disparaître les territoires arabes nous raconte Nadia Farkh, qui fait partie de l’ASBL « Association belgo-palestinienne« . Plus de 150 000 Arabes palestiniens sont restés sur place. Ils sont aujourd’hui considérés comme ennemis et sont sous au régime militaire. Ils continuent d’être discriminés malgré le fait qu’ils constituent 20 % de la population d’Israël. L’intimidation ainsi que la violence ont été utilisées dans le but de créer un Etat majoritairement juif.

Résumé visuel du concept de Nakba

Guerre de religion ?

L’utilisation du terme de guerre religieuse rentre parfois en jeu. La question provenant du sous-titre provoque un énorme amalgame. Il est vrai que la différence de culte est fortement marquée, mais cela n’est pas la résultante des violences qui perdurent depuis 1948. En effet, madame Farkh y répond : « une guerre de religion n’est pas possible, car les différents partis politiques tels que le Hamas, le Fatah, Jihad islamique palestinien, FPLP, FDLP et autres… sont déjà en guerre entre eux à cause des différences de faction religieuse (chiites et sunnites). Ramener tout cela à une guerre de religion doit être considéré comme une erreur fondamentale. Les sionistes ont décidé de s’installer en Palestine non pas pour but de persécuter les musulmans mais dans l’objectif de rassembler tous les Juifs du monde. En 1947, Les Nations-Unies ont divisé le territoire de Palestine, sans demander l’avis des gens sur place, en donnant la moitié au peuple juif. Ils ont donné 44 % au peuple palestinien et 55 % aux Juifs. Ce n’est pas parce que les Palestiniens étaient musulmans qu’ils l’ont fait. Les Juifs avaient juste la volonté de trouver un endroit où ils pouvaient se réunir culturellement. Malgré tout cela, 78 % de la Palestine historique a été utilisé pour créer l’Etat d’Israël. » 72 ans plus tard, l’occupation et la colonisation israélienne sont de plus marquées. Tout cela est soutenu par le gouvernement israélien…

Un problème gouvernemental ?

L’extrême droite israélienne est au pouvoir depuis de nombreuses années. Ce gouvernement a une politique dite de « nettoyage ethnique ». Celle-ci vise à faire fuir les Palestiniens en raison de leur identité ethnique. Le 19 juillet 2018, la loi d’ « Etat-nation » votée à la Knesset fait office de loi fondamentale (sorte de constitution), selon madame Farkh : « Cette loi veut rappeler le caractère juif de l’Etat d’Israël et qu’elle donne l’auto-détermination du peuple juif. Donc, elle ne concerne donc pas 20 % de la population qui est composée de Palestiniens musulmans et chrétiens. L’autre volée de cette loi d’Etat-nation est d’encourager voire légaliser la colonisation du territoire palestinien. Elle va de plus en plus loin dans l’extrémisme de la violation du droit international et aucun gouvernement extérieur n’a réagi à cela. »

Concernant les réactions de l’extérieur, la Maison blanche soutient à 100 % les positions de l’extrême droite au pouvoir en Israël. La solidarité internationale avec les Palestiniens est de plus en plus nécessaire. L’Union européenne souhaite une solution à 2 Etats, l’un israélien et l’autre palestinien, tout en respectant les lois internationales. L’UE condamne les colonisations qui sont considérées comme violations du droit international, car celles-ci sont considérées comme crimes de guerre.

« A chaque fois qu’une nouvelle colonie est construite ou déclarée, aucune sanction est prise concernant le gouvernement israélien. Celui-ci continue toujours de bénéficier d’accords économiques, scientifiques et tout autre relation diplomatique sans aucune restriction ou autre imposée. Avoir une position claire de l’UE est compliqué, car elle a du mal avoir l’accord unanime des 28 pays membre. Cela constitue la faiblesse de l’Union européenne. »

L’Apartheid israélien

La colonisation, l’occupation, l’emploi de travailleurs palestiniens à bon marché, les postes de contrôle militaire, un système de contrôle » en Cisjordanie occupée par Israël et autres. Cette énumération peut qualifier la situation actuelle d’apartheid. Israël soumet le peuple palestinien à un régime de domination qui en droit international répond à la définition d’apartheid. En effet, l’Etat israélien ne respecte pas le droit international. Cela rend encore plus précaire la situation des Palestiniens qui vivent dans cet État, qui par ailleurs ne s’est fixé ni frontières ni constitution écrite. Les Arabes d’Israël n’ont pas la nationalité israélienne mais juste un statut de citoyens israéliens et ils sont considérés comme des citoyens de seconde zone, voire comme une « cinquième colonne », un « ennemi intérieur » qu’il faut contrôler, et dont il faut limiter l’accroissement démographique en le maintenant ségrégé dans un territoire restreint, séparé , comme c’est le cas en Galilée, quand ils ne sont pas menacés de « transfert », autrement dit leur expulsion hors de la Ligne Verte. Un Palestinien doit même demander l’autorisation pour pouvoir construire un puits…

Publication Instagram de l’Association belgo-palestinienne

Cette volonté de vouloir être absolument ensemble culturellement fait que l’Etat d’Israël opprime le peuple palestinien. Les Juifs effectuent même du chantage. En effet, si un média ou un gouvernement étranger critiquent les décisions ou les politiques prises ; ils risquent d’être considérés comme antisémite. Il y a une banalisation de l’antisémitisme.

Une possibilité de paix

Au fil des recherches et suite à mon interview, une optique de paix s’est dressée tout au long de l’écriture de cet article. Si la communauté internationale avait la volonté de faire en sorte qu’il y ait la création d’un Etat binational. De plus, l’Union européenne pourrait être plus strict en prenant des mesures drastiques. Mais, le soutient de Donald Trump n’arrange pas les choses en rejetant le droit international. Et si un désintérêt américain ainsi qu’une prise de conscience mondiale arrivaient , le conflit prendrait t’il une toute autre tournure ?


En savoir + :
  • Bruxellois d’origine congolaise né en 2000
  •  Etudiant en BAC 1 Communication à l’ISFSC
  • J’aime la musique et découvrir de nouvelles choses

Conflit Israélo-palestinien : La paix comme dernière arme

Depuis 1948, le conflit entre Israël et la Palestine fait rage. On parle souvent de la violence qui en découle mais rarement des personnes qui se battent pour la paix. Qu’elles sont ces organisations et leurs combats ?

Conflit Israélo-palestinien: La paix comme dernière arme;
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La prospérité viendra avec la paix…

Depuis quelques années, des palestiniens ont décidé de faire bouger les choses. Comme par exemple avec “la marche pour le retour”. Tous les vendredis des milliers de Palestiniens se retrouvent à la frontière de Gaza pour revendiquer le droit au retour de 700 00 Palestiniens chassés de leur terre en 1948. Les manifestants s’expriment de manière pacifique. Cela n’empêche pas l’armée Israélienne de tirer sur ces derniers à balles réels et au Hamas de reprendre la cause de la manifestation à des fins politiques nous raconte Simone Susskind, qui dirige l’ASBL ”Actions in the Mediteraneen”. Parmi ces manifestants, on y retrouve beaucoup de jeunes au chômage avec comme seul rêve de pouvoir de sortir du blocus de la ville de Gaza et de rentrer sur leurs terres. Même si le Hamas fait mine de vouloir calmer le jeu, la présence de ces derniers a complètement fait changer l’objectif de la manifestation en y apportant un discours haineux…

Voici un exemple d’une manifestation pour la « Marche du retour » à la frontière de Gaza

Il est également impossible de parler de la paix en Palestine sans mentionner tous ces jeunes qui ont fait le choix de la résistance pacifique, tel que l’organisation du nom de “Youth Against Settlments” d’Issa Harmo crée en 2007. Cet activiste de 37 ans qui suite à la fermeture de son université polytechnique par l’armée israélienne, décida d’organiser des actions non violentes, des sit-ins ou encore de l’enseignement pour les plus jeunes. Grâce à son association, il enseigne aux jeunes à ne pas répondre par la violence. Il donne aussi des caméras aux familles palestiniennes pour qu’elles puissent filmer toutes les violations des droits de l’homme et tous les abus de pouvoir. En rejoignant l’organisation, chaque jeune reçoit des leçons d’anglais, apprend à réagir calmement face à un soldat Israélien et à se servir d’une caméra de téléphone. Cette organisation reflète bien cette nouvelle génération préconisant les mouvements pacifiques plutôt que la violence pour exprimer leurs idées.

Des Israéliens allant jusqu’à mettre la pression à leur gouvernement

Il n’y a pas que les palestiniens qui protestent pacifiquement. Les Israéliens furent les premiers à protester en s’aidant de la paix. N’ayant pas les mêmes droits et vivant du bon côté de la frontière, cela n’empêche pas ces derniers de manifester pour la bonne entente des deux pays.

Le premier mouvement pacifiste à voir le jour en Israël est celui de « La Paix Maintenant », fondée par des jeunes ayant fait l’armée et voulant une paix avec tous les pays arabes. Cette organisation a vite rassemblé des centaines de milliers d’adhérents. L’organisation a pour but de convaincre l’opinion publique et le gouvernement israélien d’aboutir à une paix juste et durable fondée sur le principe “Deux peuples, deux États” (1). Depuis le début l’organisation milite pour qu’Israël retourne à ses frontières de 1967, à savoir, la création d’un Etat palestinien indépendant, le droit du peuple palestinien à l’auto-détermination et surtout le droit d’Israël d’exister avec des frontières sûres pour elle et ses pays voisins. 

De nombreuses manifestations ont aussi lieu en Israël comme, celle du mouvement citoyen « Women Wage Peace ». Créé juste après la guerre de 2014 dans la bande de Gaza. Le 8 octobre 2017, plus de 30 000 femmes des deux pays vêtus de blanc ont décidé de marcher pendant deux semaines. Elles ont marché jusqu’à Jérusalem pour faire entendre leurs messages de paix entre les deux pays. Ayant également comme désir de créer un parlement de femmes pour rappeler aux dirigeants que les accords de paix sont une priorité, ce mouvement plein d’espérance n’en seraient pas là sans toutes ces femmes déterminées. 

Voici un tweet provenant d’une journaliste israélienne ayant participé à la manifestation du 8 octobre 2017

Une entraide venant du monde entier 

Il ne faut pas forcément aller jusqu’en en Israël ou Palestine pour trouver des personnes qui véhiculent un message de paix dans ce conflit.  

En Belgique, Simone Susskind commence par rejoindre le centre communautaire laïque juif avec l’envie de trouver une solution au conflit et le souhait à une auto-détermination de la Palestine. Elle fonde ensuite son ASBL en 1995 du nom de “Actions In The Mediteraneen » avec l’idée de développer l’échange entre les femmes du sud de la Méditerranée. Chemin faisant, cela a permis à des femmes israéliennes et palestiniennes de se rencontrer. Rédigeant ensemble des déclarations et créant des centres de femmes en Israël et Palestine avec le soutien de la Commission européenne.

« J’ai présidé pendant plusieurs années le centre communautaire laïque juif et j’ai organisé des dialogues entre Israéliens et Palestiniens donc j’ai développée depuis 1968 des relations. Au départ, les Palestiniens ne voulaient pas nous parler puis on a été en contact avec un des envoyés d’Arafat. Les premières rencontres se faisaient de manière secrète et nous avons donc très vite été en contact avec Issam Sartawi (2) qui a été assassiné par un groupe radical palestinien en 1983. Il parlait au nom d’Arafat mais cela se faisait discrètement. Plusieurs ambassadeurs de l’OLP se sont fait assassiner vers les années 80 par des radicaux palestiniens qui n’acceptaient pas le dialogue avec des Israéliens. Durant toutes ces années, je n’ai pas arrêté d’avoir des contacts avec la gauche Israélienne, la société civile israélienne, mais aussi des politiques Israéliens puisque j’ai toujours été porté par cette idée de comment solutionner le problème. », explique Simone Susskind.

En 2013, elle organise un voyage sur les lieux du conflit en mélangeant trois écoles belges d’horizons différents. Grâce à ce voyage, les élèves sont sensibilisés à la situation des deux pays et apprennent à faire tomber les clichés véhiculés par les médias et réseaux sociaux, à se découvrir et développer des liens entre eux. Un voyage transformateur pour les élèves belges qui reviennent avec un esprit beaucoup plus critique.

« Ce que je fais avec les jeunes et mon ASBL c’est que je leur dis que nous n’allons pas faire la paix là-bas mais qu’on y va pour se confronter physiquement à des Palestiniens et Israéliens et en particulier des gens qui essayent de s’opposer à ces tendances actuelles qui font qu’il n’y a pas d’espoir, personne avec qui parler. Il faut réfléchir à des solutions, partir de l’idée que la violence ne mène à rien. Peut-être que la nouvelle génération n’a pas les mêmes préjugés et préjudices que les générations précédentes et qu’à un moment donné, va émerger des deux côtés des mouvements qui seront pour le dialogue car pour l’instant les Etats font tout pour que les jeunes ne se rencontrent pas. C’est contre-productif, il faut que les jeunes palestiniens et israéliens se rencontrent. » 

© Photos du voyage en Israël et Palestine par l’ASBL « Actions In The Mediterraneen »/ Simone Susskind

« Je pense qu’il faut plutôt trouver des formules nouvelles et originales mais la communauté internationale n’est pas prête à franchir ce pas. Une initiative créative a été prise il y a quelques années qui est de dire que l’aspiration des palestiniens c’est d’avoir toute la Palestine historique tandis que les Israéliens c’est d’avoir toute Israël depuis la mer jusqu’au Jourdain. Il faut donc reconnaitre ça et accepter qu’il y ait deux Etats. Un Etat palestinien plus ou moins sur les frontières de 1967. Il faut proposer aux colons qui veulent rester dans l’Etat palestinien qu’ils pourront rester sur le territoire palestinien mais en étant des citoyens Israéliens. Les Palestiniens qui voudront rentrer en Israël après la loi du retour, pourront rentrer en Israël en étant des citoyens Palestinien, mais résidant en Israël et Jérusalem sera la capitale des deux Etats. Ce qui est intéressant avec cette idée, c’est qu’il s’attaque aux trois questions auxquelles nous n’avons jamais réussi à répondre. La question des colonies, la question du droit au retour et la question de Jérusalem, mais tant qu’il n’y aura pas de leadership israélien et palestinien voulant résoudre ces problèmes, il n’y aura aucune solution. » 

Une paix impossible ? 

On retrouve un grand nombre de mouvements pacifistes que ce soit dans les deux pays ou même en dehors des frontières. Beaucoup de gens sont prêts à faire un pas vers la paix, malheureusement, les gouvernements séparent les deux peuples et emprisonnent tous les leaders d’opinions pacifiste. Il est peut-être temps de réformer ces deux gouvernements dépassés par ce conflit ayant pris trop d’ampleur avec le temps et qui semble devenir de plus en plus difficile à gérer. Mais tout espoir n’est pas perdu, de plus en plus de jeunes se battent pour vivre en paix. C’est peut-être grâce à cette génération Y que nous verrons enfin la fin de ce conflit qui a malheureusement fait couler tant de sang…

Pour en Savoir + : (1) La vraie signification de la formule « deux Etats pour deux peuples », par Allan Baker. http://jcpa-lecape.org/la-vraie-signification-de-la-formule-deux-etats-pour-deux-peuples/

– (2) Issam Sartawi, médecin, chef de guerre, homme de paix. https://www.rts.ch/play/radio/histoire-vivante/audio/issam-sartawi-medecin-chef-de-guerre-homme-de-paix?id=9757416

Petite histoire de la Palestine pour les nuls par Camille Pollet. https://www.nouvelobs.com/rue89/rue89-les-echos-de-lhistoire/20140729.RUE0525/petite-histoire-de-la-palestine-pour-les-nuls.html

Proche-Orient, la paix est-elle possible ? par Stéphanie Janicot. https://www.la-croix.com/Culture/Livres-et-idees/Proche-Orient-paix-est-elle-possible-2018-11-29-1200986263

-l’ASBL « Two states, One homeland », une ASBL plein d’espoir. https://www.alandforall.org/english/?d=ltr

-Jeune bruxellois né en 1998

-Etudiant à l’ISFSC

-Passionné par tous les processus de paix dans le monde

-Réalisation d’un reportage sur l’avancement du traitée de paix de Juan Manuel Santos en Colombie en mars 2019

 -« La paix produit, la guerre détruit. »