La Turquie sous Erdogan, d’un modèle démocratique musulman à l’autoritarisme

Recep Tayyip Erdogan, au pouvoir en Turquie depuis 2003 avait pour but de concurrencer les pays européens tout en gardant une identité musulmane forte mais son manque de scrupules et son refus d’écouter les avis contraires l’ont mené dans l’obscurantisme.

En 2016, 85 000 personnes ont été arbitrairement démis de leur fonction et 35 000 ont reçu des peines de prison suite à un coup d’État raté contre Erdogan en Turquie. Il n’y a plus de liberté de presse. Erdogan fait des alliances avec des groupes islamistes. Les Kurdes sont opprimés. L’économie est en train de chuter. Tout va bien.

Modèle

Recep Tayyip Erdogan en 2019 cc by 4.0 Mikhail Palinchak

Lorsque le parti de la justice et du développement (AKP) gagne les élections législatives turques en 2002, Erdogan, le leader du parti, apparaît comme un champion de la démocratie. En effet sa venue au pouvoir annonce du bon puisqu’il met fin à la démocratie contrôlée par l’armée. Ce système prônait un nationalisme ombrageux, un maintien de la laïcité et ne reconnaissait pas les Kurdes sunnites au sein de la Turquie. Erdogan, quant à lui, met en place une démocratie parlementaire représentative, il développe l’économie et cherche à cesser le conflit avec les Kurdes car veut remplacer dans les mécanismes de solidarité l’identité nationale turque par une identité musulmane sunnite. Avec le soutien de l’Europe dont il se rapproche , il enlève complètement le pouvoir à l’armée. La Turquie est alors considérée comme un exemple à suivre dans le monde musulman, un pays musulman et démocratique.

Expansion

À partir de 2010, Erdogan change sa politique. Il s’implique dans les luttes externes. Il veut créer un ensemble musulman sunnite dont il serait le chef de file au sein des pays du Moyen-Orient. Il décide de soutenir les frères musulmans qui sont au pouvoir en Égypte et en Syrie suite au printemps arabe.

La Syrie et l’Égypte sont des pays proches de la Turquie géographiquement © Itan1409

Il a mal calculé la situation en Syrie, Bachar El Assad qui se trouve beaucoup plus soutenu que prévu reprend le pouvoir. Erdogan choisit de s’allier officieusement avec Al-Qaïda et l’État Islamique en les fournissant en armes et en leur permettant d’avoir une arrière-cour en Turquie pour contrer Bachar El Assad. Lorsque des journalistes turcs amènent des preuves de cette alliance, ils sont accusés de terrorisme.

Mainmise

À partir de 2010, la politique intérieure d’Erdogan change également. Il supporte de moins en moins la critique, il muselle la presse et l’opposition qui le mettent en cause dans ses projets démesurés qui consistent à faire de la Turquie une « vitrine du mode économique libéral » (ce sont les mots de Robert Anciaux, politologue et auteur du livre: « Turquie »). Erdogan enferme au sein de l’armée, au sein de l’appareil judiciaire et au sein de la presse et remplace par des fidèles. Ainsi il n’y a plus de séparation des pouvoirs. Même dans son propre parti, Robert Anciaux témoignait;

Comment Erdogan réparti-il le pouvoir au sein de l’AKP?

Robert Anciaux lorsque je l’interviewais © De Walque Franklin 1e Commu

R.A. : « Il a évincé tous ceux qui à un moment se sont opposés à lui et n’y a laissé que des fidèles. Ces derniers ne vont pas se retourner contre lui car lui doivent tout. »

La question kurde

Comment évolue la situation kurde?

R.A. : « Erdogan se rapproche d’un accord pour une cohabitation jusqu’en 2012 puis la situation stagne jusqu’en 2015. En 2015 il ne veut plus discuter avec des pouvoirs qui se revendiquent pouvoirs. Il durcit sa politique par rapport à eux, ne veut plus les reconnaître et donc regagne le soutient de l’armée car il est en accord avec l’ancien système. »

Erdogan qui longtemps envisageait une cohabitation turque/kurde commence à s’en désintéresser quand il change de politique en 2010. En 2014, il refuse de venir en aide aux Kurdes de Syrie lorsqu’ils sont en conflit avec l’État Islamique, selon Robert Anciaux c’est les prémices du durcissement de sa politique envers les Kurdes. En effet, en 2015 la lutte armée contre les Kurdes reprend.

Pour éviter que les alliés n’interviennent dans ce conflit, il retourne sa veste et se range à leur côté contre l’État Islamique en Syrie. Cette alliance ne durera pas car il se rend vite compte que les Kurdes de Syrie peuvent servir d’arrière base aux Kurdes de Turquie, il décide donc de s’éloigner progressivement des alliés et de s’allier à la Russie et à l’Iran contre les Kurdes syriens. Il fait passer ce combat très coûteux devant toutes les autres considérations de politique régionale ce qui fait chuter l’économie du pays.

Le coup d’État raté

En juillet 2016, une partie de l’armée essaye de renverser Erdogan pour répondre à sa politique autoritaire. Le coup d’État est très mal organisé et est avorté immédiatement. Il permet à Erdogan d’avoir un prétexte pour accentuer les purges et évincer les personnes qui le dérange dans l’armée, la presse, l’enseignement et la justice afin d’asseoir un encore un peu plus son autorité.

Futur

Que peut-on espérer pour le futur de la Turquie?

R.A. : »La fin du régime d’Erdogan. Cela ne peut venir que de sa mort ou de sa minorisation politique au sein même du mouvement islamique, ce qui a déjà commencé, ses anciens camarades de la première heure ont créé un parti musulman contre Erdogan. »

Robert Anciaux ne voit comme issue pour la Turquie que la fin du régime Erdogan. Le champion de la démocratie changé en grand méchant. Pour arriver à ses fins, il a choisi d’être seul mais finalement ses objectifs comme créer un ensemble de pays sunnites ou rentrer dans l’Union Européenne ne sont pas atteints car il n’a pas toutes les connaissances pour faire des calculs judicieux. L’avantage d’être seul c’est qu’il n’y a aucun compromis à faire mais en étant seul, on n’a pas de vision d’ensemble. Erdogan a besoin d’avoir une opposition pour lui mettre des limites.

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Islam politique et charia : QU’en est-il réellement ?

L’union de l’islam et de la politique a souvent eu une image néfaste du point de vue Occidental car souvent rattaché à des groupes extrémistes voire même terroriste. On en dépeint une toile des plus sombres mais qu’en est-il réellement ? qu’est-il dicté dans le Coran et comment sont établies les règles de la charia ?

En Belgique un parti politique nommé islam prône l’application de la charia dans le pays. Ce parti existe maintenant depuis 2012 et a fait pas mal parler de lui pendant le courant de l’année 2018 spécifiquement.

Belgique et charia: une union impossible

Le parti islam est un parti qui a beaucoup de polémique autour de lui. Notamment avec l’affaire de diffamation pour laquelle le cofondateur du parti a été inculpé et jugé coupable en Mai dernier. Redouane Ahrouch, a écopé de 6 mois de prison avec sursis pour avoir refusé de regarder et de saluer une chroniqueuse en justifiant cet acte par le fait que cette dernière est une femme.

Logo choisie pour représenter le parti ISLAM crée en 2012

Le parti a pour objectif de transformer la Belgique en État islamique s’appuyant sur le Coran.

Selon Mohammed Merzoug, ex-ministre des Communication en Algérie (Gouvernement Malek ayant fait face à la vague de l’islamisme en Algérie à son époque) ce genre d’idéologie politique n’a aucunement sa place en Belgique. « L’application de la charia est incompatible avec le droit positif applicable dans une société fondée sur le principe de la souveraineté populaire. » « La charia est fondée sur la souveraineté divine et n’est donc pas susceptible d’évolution et de modification ». Néanmoins le parti revendique le contraire et se veut appliquer la charia en « conformité» avec la constitution belge.

cet extrait tiré d’une émission plateau de RT France nous montre le président du parti ISLAM s’exprimant sur la politique de son parti ainsi que le fait divers énoncé ci-dessus.

La politique islamique en Afrique du nord

Le Maghreb a été fortement touché par cette mouvance politique elle aussi. Dans un ordre chronologique l’Algérie fut la première à être touché avec l’apparition du FIS (Front Islamique du Salut) en 1989. Le parti sera dissous en 1992 et ses deux dirigeants seront jugé et condamné à 12 ans de prison car jugé dangereux pour les institutions de l’État.

L’islamisme refera son apparition en Afrique du nord après la vague révolutionnaire apporté par le printemps arabe. On citera comme exemple Mohamed Morsi qui après le renversement d’Hosni Moubarak deviendra le premier président élu démocratiquement en Égypte. Ce dernier sera destitué à son tour après seulement un an aux commandes du pays et une forte protestation de la part du peuple égyptien.

Selon l’expert interviewé l’islam n’a pas réussi son implantation dans la politique.

« L’islam n’a pas réussi après le printemps arabe.Il a échoué en Algérie après une décennie sanglante qui a fait plus de 200000 morts.Il a échoué en Égypte après la parenthèse présidentielle des frères musulmans.Il est en perte d’influence au Maghreb et noyé dans le désordre chaotique et sanglant du moyen-orient.Les premières expériences d’élections pluralistes ont montré les limites de l’islam politique »

Charia: qui fait les lois ?

Pour mieux comprendre la charia il faut tout d’abord savoir que les musulmans se divisent en plusieurs groupes de croyants distincts. Nous avons les sunnites (majorité des musulmans) que l’on retrouve au Maghreb, au Moyen-Orient ainsi que dans certains pays asiatiques. Les chiites présents dans certaines régions du Moyen-Orient (Irak, Iran). il existe aussi d’autres courants moins importants qui ne possède que très peu de croyants.

La charia est souvent considérée comme l’aspect politique de l’islam mais c’est bien plus que cela. La charia englobe en réalité toutes les règles doctrinales, sociales, culturelles et relationnelles comprise dans ladite religion.

Monsieur Abdelhay Bakkali Tahiri a revendiqué une charia adaptée à l’État belge car la charia serait libre d’interprétation. Alors oui il est vrai que dans l’islam sunnite il n’existe pas d’équivalant au clergé mais il existe des mosquées de grande influence qui ont un rayonnement très important et sont très influent dans les pays voisins. Nous citerons comme exemple la mosquée d’EL Azhar au Caire ou encore Médine en Arabie Saoudite.

la tâche de dicter la charia est léguée aux muphtis(1) qui édicte des Fatwa(2).

En revanche dans le cas de l’islam chiite il existe bel et bien un clergé hiérarchisé comme il fut rappelé dans l’interview.« Le clergé chiite est dirigé par un chef suprême qui est en général nommé Ayatoulah (l’un des titres les plus élevés du clergé chiite) » en effet les chiites ont un leadeur qui occupe la fonction du douzième Imam en attendant son retour prophétique.

un islam moderne ?

Parmi les textes saints, la spécificité du Coran tient, pour la majorité de la communauté musulmane, dans la croyance selon laquelle le texte saint, prophétisé par Mahomet, est la parole « incréée » de Dieu, « descendue » sur le Prophète tout au long de son apostolat. Il ne s’agit plus alors d’un livre « inspiré » mais « dicté ». En somme, le Coran occupe approximativement pour l’islam la nature et le rôle que Jésus, Verbe de Dieu et Dieu lui-même, occupe dans le christianisme. On comprend dès lors que le Coran soit communément considéré par les théologiens musulmans comme un « attribut » de Dieu, consubstantiel à Lui.

En dépit de son expansion et des influences étrangères, l’islam n’a donc pour ainsi dire pas évolué. Une opinion répandue est que cela serait dû à l’impossibilité de modifier le Coran en raison de la croyance en sa nature incréée, pour les musulmans, il n’est pas nécessaire de modifier les textes sacrés, où l’on trouve souvent tout et son contraire.

Pour les musulmans, le Livre saint est unique et exclusif, son texte est en version unique, en une langue unique qui est celle même utilisée par Dieu.  Ajoutons-y le poids des institutions universitaires islamiques de contrôle et de censure. Aussi, tout intellectuel musulman qui ose aborder ces problèmes comme l’aborde un historien des textes, ou sous l’angle historico-critique, devient marginal. Et, quand il publie sur ce sujet, il est vite neutralisé par la persécution, la censure, l’exil forcé, ou volontaire.

L’islam moderne est envisageable, au travers d’une nouvelle charia correspondant à notre société, cependant il sera fortement mal reçu par une grande partie de la communauté musulmane et les réformateurs musulmans qui plaident contre la rupture entre passé et présent en conciliant acquis de la modernité et patrimoine musulman.

Mehdi Merzoug

Je suis âgé de 20 ans, élève en première année de communication à l’ISFSC

essaye d’être le plus photogénique possible comme le montre la photo

En savoir plus :

Projet de campagne ISLAM https://www.islam2012.be/projet

Définition de Mufti (1) https://www.cnrtl.fr/definition/muphti

Définition fatwa (2) https://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/fatwa/32988

Ouïgours, en quête de vérité

Photo de barreaux, Pixabay License, libre pour usage commercial, pas d’attribution requise

Le gouvernement Chinois mène puis 2017 une répression violente contre l’ethnie que représente les ouïgours. Enfermés dans des camps et sans nouvelles de leurs proches. Le gouvernement Chinois justifie l’ouverture de ces camps avec leurs lois sur la sûreté publique. Il utilise les émeutes de 2009 comme excuse pour justifier ces enfermements. La découverte de documents classés confidentiels du gouvernement Chinois risque de peser dans la balance du côté des ouïgours.

Depuis plus de deux ans maintenant, les peuples Ouïgours et Kazakhs sont victimes d’une répression silencieuse due à la pratique de leur religion. Les Ouïgours forment une ethnie de religion musulmane du Xinjiang (état indépendant de la Chine). En effet le gouvernement chinois à mis en place depuis le début des années 2000 une répression visant à marginaliser les ouïgours et les kazakhs. Les deux communautés ne pouvaient plus posséder de magasins, subissaient des contrôles faciaux, étaient victimes de surveillance intrusive. Suite à ces répression, ces deux peuples ont décidé de manifester contre la marginalisation qu’ils subissaient. Ces manifestations se sont d’abord déroulées de manière pacifistes. Des débordement ont cependant eu lieu, notamment avec les émeutes de 2009.

A la suite des émeutes de 2009, le gouvernement chinois a pris la décision de réagir de façon radicale contre ces manifestations. Ils ont mis en place l’installation de camps. Ces camps sont appelés par le gouvernement « centre de formation professionnelle et de rééducation ». On y étudie les loi du parti communiste et les chants patriotiques sont à répéter plusieurs fois par jour. Sous ces aspects peu inquiétants, se trouvent une toute autre réalité. Celle de millions d’hommes, de femmes et d’enfants, privés de leur droit à la liberté mais également de leur droit à la liberté de conscience, en pratiquant un lavage de cerveau intensif visant à les faire adhérer au régime communiste. Entre 500 000 et 1 million d’Ouïgours sont actuellement portés disparus, et ce depuis maintenant 2017.

« A la base, lors des manifestations à l’encontre de la surveillance et de la répression massive du peuple, c’était une petite minorité d’Ouïgours impliquée. Le gouvernement à utilisé alors le prétexte de lutte anti-terroriste et des débordements qui ont lieu lors des manifestations pour réprimander un peuple tout entier. C’est un endoctrinement massif sur un peuple dont la plupart ne sont pas des terroristes chevronner, loin de là. On accepte l’autre pourvu qu’il soit le même que nous, voilà pourquoi on le met dans des camps! On les assimiles, afin de les faire devenir comme nous. Le but étant d’éloigner le plus une culture différente du communisme, à travers la culture de la peur. », m’explique Philippe Givron, coordinateur Chine pour Amnesty International.

Phillipe Givron, coordinateur chine pour Amnesty Internationale, Raconte et explique
Shaima El Koulali
Phillipe Givron, coordinateur chine pour Amnesty International, raconte et explique
© Shaima El Koulali 2019

« Where are they », les premiers soupçons

En 2017, les premières interrogations ont commencé à naître. Des familles Ouïgours se sont inquiétées d’être subitement sans nouvelles de ceux ci. Le nombre de disparus augmentant, le gouvernement n’agissant point et niant toute responsabilité, on sait que le mouvement « Where are they » à vu le jour par Amnesty international. Des vidéos datant de 2018 ont également été publiées et prouvent que ces camps ne ressemblent en rien à une colonie de vacances. On y aperçoit de l’extérieur des barreaux et des policiers , de l’intérieur, des cellules en guise de dortoirs, des murs recouverts de lois communistes. Ces camps sont presque à confondre avec des prisons.

Suite à la publication de ces vidéos, le gouvernement chinois s’est vu obligé de justifier la création de ces camps par la peur du terrorisme grandissant, suite aux manifestations de 2009. Le gouvernement utilise sa loi de sûreté publique comme me l’explique Philippe Givron: « L’objectif de la chine est de dissoudre toute population indépendante et allant à l’encontre des valeurs que prône le communisme. Elle utilise le problème de la sûreté publique pour surveiller et arrêter des manifestants qui ne sont que des opposants au parti communiste. Car tout ce qui va, d’après le parti à l’encontre du communisme est immédiatement perçu comme une atteinte à la sûreté de l’état et donc une menace à la sûreté de l’hégémonie du communisme. C’est complètement opposé aux droits humains car il y a un manque évident d’équilibre. C’est un régime totalitaire, qui utilise des mesures de sécurité disproportionnées. « 

Fuite des Xinjiang papers et des « Chinas Cables »

Le 16 novembre 2019, 400 pages de documents ont fuité par un membre du gouvernement chinois, souhaitant rester anonyme. Ce qui semble être une violation massive des droits humains prouve que le gouvernement chinois ne dit pas tout sur le traitement des Ouïgours. Dans ces pages nommés « Xinjiang Papers » , nous pouvons y retrouver les différentes méthodes pratiquées par le gouvernement pour contraindre cette ethnie a suivre leurs lois. Le 20 novembre, une autre série de documents, les Chinas Cables ont fuité par le Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ) relatant de séries de maltraitance à l’encontre des ouïgours. On y trouve documents ayant pour mention l’importance de « la repentance et de l’aveu ». Chaque acte de résistance est suivie de punitions. Cela confirme les soupçons et les inquiétudes des proches. L’apparition de ces documents est une preuve supplémentaire prouvant que la religion n’est pas la cause principale de cette politique d’enfermement.

La chine, une amie qu’il faut garder

Les pays du globe ne sont pas tous montrés critiques envers la Chine. Philippe Givron précise : « Le Vietnam est un des ses amis proches, elle investit également beaucoup dans les pays d’Afrique comme l’Arabie Saoudite, le Qatar , les Emirats . Les pays dépendent des investissements, ils éviteront donc d’aller à l’encontre de la Chine. D’un autre coté, certains pays ont décidé de faire porter leurs voix pour cette ethnie. La Belgique s’est montrée intransigeante en dénonçant les points clés des problèmes en Chine et en mettant l’accent sur la répression des ouïgours. La Turquie est l’un des rares pays musulmans à s’être montré critique envers la situation. « 

Au niveau de l’opinion publique, La Chine a le contrôle sur tout. Il est impossible de former un groupe sans l’accord du parti communiste car le gouvernement agit avec un contrôle sans limite. Les sites internet, certaines institutions tels qu’Amnesty International ou certains journaux de presse comme Le monde y sont interdits. L’opinion publique, qui se veut dans le reste du monde importante et ayant son poids dans les mouvements de groupes est inexistante en Chine. C’est pourquoi en Chine, au niveau médiatique, aucuns articles relatant de la situation des Ouïgours n’est paru. Cependant, la découverte des Chinas Cables marque un tournant médiatique. Les ouïgours se sont retrouvés sur le devant de la scène et des pays ont pu montrer leur soutien et pris la défense des ouïgours.

Publication de Raphael Glucksmann, essayiste et homme politique français. Source: Instagram

Un modèle pourtant paradoxal

Actuellement, le gouvernement Chinois ne semble pas prêt à prendre ses responsabilités. Il choisit de ne pas assumer ses erreurs. Pourtant, l’article 4 de la constitution chinoise est très clair:  » chaque ethnie a le droit d’utiliser et développer sa propre langue, sa propre culture« . L’article 36 garantit lui:  » la liberté de religion« . La situation des ouïgours nous prouve le contraire. La découverte des « Chinas Cables » feront peut-être changer les choses rien n’est plus à espérer car pour Philippe Givron: « La Chine est une des plus grandes puissances mondiales. Elle a une influence énorme et est très avancée technologiquement et économiquement parlant. Nous pouvons espérer qu’elle n’influence pas sur les autres pays, notamment ses alliés, afin de devenir un exemple de violence extrême. » Cette nouvelle situation obligera peut-être les pays du monde à ouvrir les yeux sur une situation très précaire.

En savoir plus:

Vidéo documentaire sur la condition des Ouïgours

Article relatant des « Chinas papers « 

Communiqué de presse d’Amnesty

Des conflits sous couverts de religion

Vidéo de la plateforme « Brut » expliquant la persécution de l’état Chinois sur les Oïgours.

Shaima El Koulali, jeune étudiante de 22 ans en communication, habitant Bruxelles depuis toujours. J’étudie à la haute école ISFSC. J’aime voyager et apprendre de nouvelles choses tous les jours.

Les évangéliques façonnent-ils peu à peu le monde politique ?

On en parle peu et pourtant ils sont plus de 600 millions de fidèles dans le monde. C’est l’une des religions qui gagne le plus d’adeptes chaque jour. Plus que jamais présents sur le terrain politiques, les évangéliques semblent avoir leurs propres idées sur le futur du monde actuel.

Image par PIRO4D de Pixabay Libre pour usage commercial – Pas d’attribution requise

Au Brésil l’Église universelle du Royaume de Dieu, a mis à la disposition du candidat Bolsonaro sa télévision et son réseau d’influence dans les favélas où elle développe des activités sociales. Il bénéficie du soutien financier de ces Églises car le programme de Bolsonaro correspond aux attentes des évangéliques, ce qui l’a fortement aidé à remporter les élections présidentielles.

Aux États-Unis l’influence politique des évangéliques s’est amplifié. Depuis l’élection de Donald Trump, celui-ci dispose d’un conseil évangélique. Cela fait 40 ans que les évangéliques américains militent concernant la question du déplacement de l’ambassade américaine de Tel-Aviv vers Jérusalem. En 2017 Donal Trump reconnaît Jérusalem comme capitale d’Israël et flatte la droite évangélique qui a fortement contribué à son arrivée à la Maison-Blanche.

Les évangéliques en Europe?

En 2019, en France on peut compter plus de 700 000 fidèles comparés aux 50 000 présents en 1950. Des chiffres qui nous font réfléchir sur cette religion qui semble passer par le pouvoir politique afin de réaliser ses désirs évangéliques.

L’Arabie Saoudite, monarchie absolue islamique ?

Alors que la Belgique est une monarchie constitutionnelle totalement indépendante, la séoudite lutte toujours sans fin pour octroyer sa souveraineté malgré de nombreuse restrictions… La volonté du régime de libérer les Saoudiennes semble assez claire. Pourquoi les faire taire avec autant de force ?

Les femmes Belges sont plus libres que les femmes saoudiennes. La religion dominante du pays est une raison de cette inégalité.
Auteur: geralt – licence: Pixabay License Libre pour usage commercial. Pas d’attribution requise.

En Arabie Saoudite les femmes n’ont aucun droit. Comparée aux femmes Belges, elles ne peuvent ni voyager, ni travailler, ni étudier ni se marier sans l’autorisation d’un homme de la famille qui lui, fait office de représentant légal envers elle. L’interdiction de prendre les transports en commun est un exemple des nombreuses attributions dans lesquelles les femmes sont privées de leurs droits élémentaires.

L’égalité des sexes en Arabie Saoudite c’est pour bientôt ?

Les lois semblent changer, car depuis peu, les femmes Saoudiennes peuvent conduire et sont autorisées à avoir un passeport sans autorisation de leur « tuteur ». Ces progrès en matière de droits de la femme marquent ils le début d’une évolution pour accorder plus de liberté aux femmes ?

Brandon LOPEZ MEDINA