Pourquoi l’Eglise n’accepte-t-elle pas l’homosexualité dans le mariage ?

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Le 30 janvier 2003, la Belgique devient le deuxième pays à reconnaître le mariage homosexuel.  Les temps changent et les mœurs évoluent.  Pourquoi l’Eglise n’accepte-t-elle donc pas l’homosexualité dans le mariage ?

Acceptée, condamnée, puis méprisée

Sébastien Quintin écrit dans son travail (1) que pendant l’Antiquité, les rapports homosexuels étaient courants et acceptés.  Alexandre le Grand, notamment, a connu d’importantes relations amoureuses avec ses hommes.

Au Moyen âge, la torture était infligée aux homosexuels.  L’homosexualité était considérée comme une hérésie. L’homosexualité était condamnée et réprime lors de l’inquisition par l’Eglise qui avait le pouvoir à cette époque-là.

Aujourd’hui, l’homosexualité est encore méprisée par certains selon une analyse effectuée le 3 février 2017 (2).  Cependant, le gouvernement fait de nombreux efforts pour permettre aux homosexuels de bénéficier des mêmes droits que tout citoyen.

L’Europe ouvre des droits aux homosexuels 

Soulagement pour les couples homosexuels !  La législation change petit à petit, depuis le 21 décembre 2000 par la première loi votée aux Pays-Bas et qui est d’application depuis le 1er avril 2001. Selon Le Figaro (3), un état des lieux des différentes législations des pays européens concernant le mariage ou l’union civil autorisé pour les homosexuels a été dressé. A ce jour, 16 pays européens ont reconnu le mariage homosexuel.  Les Pays-Bas sont le premier pays à avoir légalisé le mariage homosexuel depuis avril 2001.  Vient ensuite, la Belgique qui devient le deuxième pays autorisant légalement l’union de couples homosexuels, et ce depuis 2003. L’Espagne l’appliquera en 2005.  Puis, la Norvège et la Suède en 2009.

Si l’homophobie en Europe de l’Est est toujours bien présente, il s’avère que l’homosexualité est mieux acceptée, dans les pays d’Europe occidentale.

Hors Europe, certains pays comme l’Afghanistan, les Emirats arabes unis, le Yémen et bien d’autres, les homosexuels n’ont pas de droits.

L’homosexualité face aux règles de l’Eglise catholique

Dans une interview, François Lagasse de Locht, abbé faisant partie de l’équipe pastorale de Wezembeek-Oppem, répond à mes questions :

Pour certaines personnes, les homosexuels sont des personnes malades. Que pensez-vous de cet avis ?

FL. : « Malade, certainement pas.  Il faut prendre conscience de son corps.  Je suis un garçon ou je suis une fille.  Ne suis-je pas un garçon ou ne suis-je pas une fille.  C’est simplement une question d’identité. »

La religion chrétienne ne se met-elle pas en défaut quand elle refuse d’octroyer la bénédiction aux couples homosexuels ?  Ne voyez-vous pas une certaine discrimination ?

FL. : « Nous pouvons toujours bénir des personnes (des jeunes fiancés) ou bénir un projet (promesse lutins).  Mais, face à un couple homosexuel, il est préférable, (avec leur permission) de les prévenir que Dieu leur souhaite le plus grand bonheur ; mais il faut savoir que ce n’est pas le reflet de l’amour que Dieu porte aux hommes

Savez-vous qu’à Paris, des associations et des citoyens ont défilés le 30 juin 2018 et ce afin de rappeler que les homosexuels sont traités comme des criminels, qu’en pensez-vous ?

FL. : « Malheureusement, il y aura toujours des élans racistes et ce peu importe le domaine.  Nous ne savons pas pourquoi.  Certaines personnes vont critiquer les homosexuels, tandis que d’autres les respecteront. »

L’Eglise condamne-t-elle l’homosexualité ?

A l’heure actuelle, l’Eglise réalise qu’être homosexuel est une caractéristique du développement psychosexuel, qui apparaît pendant la croissance de l’enfant.  En 2015, le monde ecclésiastique a reconnu que toute personne a droit au respect dans sa dignité, quelle que soit sa tendance sexuelle.  Cependant, pour l’Eglise, il est important de bien distinguer le souffle de la Parole de Dieu avec les lois humaines de la société.

Les couples homosexuels doivent être accueillis avec respect, compassion et délicatesse selon le catéchisme n°2358. (4)

D’après le représentant de l’Eglise interviewé, il convient de rappeler que dans l’évangile, l’Eglise voit des femmes et des hommes qui deviennent des familles.  Et qu’aucune personne n’y est dénigrée.  Seules sont dénigrées les personnes qui souhaitent faire du mal. L’Eglise ne condamne pas les homosexuels. Néanmoins, il est important qu’elle reste fidèle au message de l’évangile.

Homosexualité : que dit la Bible ? Interview avec M. Karsten Lehmkühler

Le 10 décembre est la journée internationale des droits humains. Ceux-ci sont repris dans l’article 9 de la Convention européenne des droits de l’homme relatifs à la liberté de pensée, de conscience et de religion.  Aujourd’hui, nous vivons, dans une Belgique, libre où chacun a le droit de pratiquer la religion de son choix.  Peu importe le chemin que nous prenons.  Dieu ne nous juge pas sur nos actes mais bien sur ce que nous sommes.

Pourquoi le mariage entre homosexuels n’est pas reconnu par l’Eglise ?

Le sacrement de mariage religieux engage le couple, non seulement par la fidélité, l’entraide, mais aussi par la fécondité.  Cette symbolique de procréation, les couples de même sexe ne peuvent pas s’y engager.   Il s’avère que dans la religion chrétienne, la sexualité n’a de sens que pour avoir des enfants et permettre ainsi la pérennité de l’espèce humaine.

L’Eglise dans le débat sur le mariage pour tous, Monseigneur Bernard Podvin, porte parole de
la Conférence des Evêques de France

Des changements lents et réels.  Qu’en est-il des mentalités ?

« Ce n’est pas parce qu’il y a effectivement des différences entre les hommes qu’il faut conclure à la suprématie des uns et l’infériorité des autres.  Il ne faut pas confondre différence et inégalité » selon l’écrivain Jean Rostand.

Il faut noter que dans la société dans laquelle nous vivons, l’hétérosexualité dans un couple est et sera toujours la voie considérée comme étant la plus logique.  En effet, les personnes homosexuelles sont souvent perçues comme différentes.  De ce fait, elles sont souvent rejetées par leur famille, leurs collègues de travail voire la société. En Belgique, il y a quelques années, un jeune homme a été torturé et tué à Liège pour le seul motif d’être homosexuel (5).

Le dédain, le rejet, voire la haine envers les homosexuels.  C’est une situation que les couples homosexuels subissent au quotidien. Avec bonheur, il existe quelques associations pour les soutenir et les encourager à être eux-mêmes.

Toutefois, il faut se réjouir  que le monde ecclésiastique et la société commencent à accepter les personnes différentes. Depuis 2003, la législation belge a légalisé le mariage homosexuel.   Le droit est non seulement le témoin du changement des mentalités, mais il est le garant du respect de la loi d’égalité.  Ce fait inacceptable rapporté ci-dessus démontre que le combat dans la défense des valeurs est quotidien et révèle de la responsabilité de tout le monde, peu importe son âge et sa condition.

Si je m’appuie sur les chiffres d’une enquête réalisée en France, celle-ci montre que le fait que des couples du même sexe s’aiment et vivent ensemble est de mieux en mieux accepté. En 2008, 19 % des Français n’acceptent pas l’homosexualité contre 49 % en 1981 (6).

L’article 1er de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme ne stipule-t-il pas que tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits.  Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité.

L’éducation religieuse impose l’hétérosexualité dans la société comme un dogme. Heureusement, le monde ecclésiastique et la société acceptent les personnes différentes.

Espérons qu’un jour viendra, où les couples homosexuels pourront rendre public leur amour non seulement face à la société, mais aussi devant Dieu si tel est leur souhait et cela sans qu’il y ait un regard de mépris !

Victoria BOUHON

(1) QUINTIN, Sébastien. L’homosexualité a-t-elle toujours été rejetée ? Consulté le 23/04/2020. Disponible à l’adresse : https://perso.helmo.be/jamin/euxaussi/marginal/rejhomo.html (2) ROUDEAU Damien et REYNARD Guillaume. Hétérosexuels et homosexuels : histoire d’une lente évolution vers l’égalité. Observatoire des inégalités.3 février 2017. Consulté le 23/04/2020. Disponible à l’adresse : : https://www.inegalites.fr/Heterosexuels-et-homosexuels-histoire-d-une-lente-evolution-vers-l-egalite?id_theme=19#nb1 (3) DUFFAU, Clément et BARIETY, Aude. Quels pays autorisent le mariage homosexuel en Europe ? Le Figaro (en ligne). 30 juin 2017. Consulté le 23 avril 2020. Disponible à l’adresse : https://www.lefigaro.fr/international/2017/06/30/01003-20170630ARTFIG00001-quels-pays-autorisent-le-mariage-homosexuel-en-europe.php (4) Père FOYER, Dominique. Eglise et homosexualité. Eglise catholique en France. Consulté le 24 avril 2020. Disponible à l’adresse : https://eglise.catholique.fr/369530-eglise-et-homosexualite/ (5) B., T. Le refuge d’accueil d’urgence pour jeunes LGBT : inédit en Wallonie. Leguidesocial. 30/08/19. Consulté le 24 avril 2020. Disponible à l’adresse : https://pro.guidesocial.be/articles/actualites/le-refuge-d-accueil-d-urgence-pour-jeunes-lgbt-inedit-en-wallonie.html (6) ROUDEAU, Damien et REYNARD, Guillaume. Hétérosexuels et homosexuels : histoire d’une lente évolution vers l’égalité. Observatoire des inégalités. Le 3 février 2017. Consulté le 24 avril 2020. Disponible à l’adresse : https://www.inegalites.fr/Heterosexuels-et-homosexuels-histoire-d-une-lente-evolution-vers-l-egalite?id_theme=19

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A quel moment un couple est-il considéré marié par Dieu ?

Victoria Bouhon 

20 ans

Etudiante en 1ère année de BAC1 – communication à l’ISFSC

Les contacts sociaux sont ma priorité dans la vie.  Partager des bons moments entre amis ou avec ma famille.  La rencontre de l’autre, tant en Belgique que dans des contrées lointaines me permettent de m’ouvrir l’esprit. 

Remariage et Église catholique font-ils bon ménage ?

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Depuis des générations, l’Église catholique admet et prône le mariage. Elle considère le remariage comme impossible. Cela fait maintenant quelques années que ce sujet provoque de nombreuses questions sur lesquelles il est difficile de placer des réponses. Le 8 septembre 2015, le pape annonçait des changements.

Les limites de l’Église sont-elles en pleine expansion ? Un pape qui semble ouvert à des nouvelles réformes. Des cardinaux qui s’y opposent. Des divorcés qui veulent du changement. À l’heure actuelle, beaucoup de choses sont remises en cause. Mais qu’en est-il des autres options qui s’offrent à eux ?

Jean-Pol Druart, Diacre de l’église pastorale de Namur

 » L’accompagnement des personnes est un sujet qui me tient très fort à coeur, dit Jean-Pol Druart, diacre de l’église pastorale de Namur. Il est très important pour moi de pouvoir répondre aux personnes qui ont malheureusement vécu un mariage dissous par un divorce, une séparation et de pouvoir les accompagner dans leurs projets de vie, mais pas dans le cadre d’un remariage. »

Mais pourquoi cette opposition face au remariage religieux ?

Les raisons pour lesquelles l’Église catholique s’oppose à cette nouvelle union sont vagues. Une d’entre elles revient régulièrement : le problème de l’indissolubilité. 1)

Cela est bien connu, lorsqu’on se marie, c’est pour la vie. C’est bien pour cela que l’Église catholique décrète le mariage comme indissoluble. Réaliser un mariage sacramentel n’est pas à prendre à la légère. Ni en quelques minutes. C’est bien quelque chose qui nécessite beaucoup de réflexion et une certaine remise en question.

Le 8 septembre 2015, le pape François dit lors d’une interview qu’il pourrait être favorable à une certaine ouverture. Mais dans quel cas ? Cela concernerait le cadre de l’accueil des personnes divorcées remariées civilement qui ne sont plus en pleine communion. Il dit que dans certains cas dont celui du chemin catéchuménat, ces derniers pourraient éventuellement être admis à communier de nouveau. L’interview a provoqué de nombreux retours dont ceux de certains cardinaux. Qui placent un grand non sur cette ouverture. Un ouvrage a même été créé dans lequel ces derniers expliquent pourquoi ils ne sont pas d’accord avec ces propos.

 » Qui sommes-nous pour juger ? Un seul peut juger et sonder les coeurs : dieu » indique Jean-Pol Druart.

Stop aux fausses idées

Qui n’a jamais entendu que lorsqu’une personne divorce, elle est par la suite bannie de l’Église ? Cela est complètement faux ! Il n’existe aucune exclusion au sein de l’Église catholique. À partir du moment ou une personne est baptisée. Elle reste membre de l’église même lors d’un divorce. Une personne séparée ou divorcée restera à égalité d’une personne mariée. Il suffit de se rappeler cette phrase de Jean-Paul II à Sainte-Anne d’Auray en 1996 : « L’Église a aussi le souci de ceux qui sont séparés, divorcés et divorcés remariés. Ils restent membres de la communauté chrétienne ».

Le mariage sacramentel

Le mariage sacramentel est l’unique réel mariage au sein de l’Église catholique. Il est fondé sur 4 piliers bien distincts sur lesquels on crée le couple : la liberté, la fidélité à son conjoint, l’indissolubilité et l’ouverture à la vie. Il est unique et ne peut donc être réalisé qu’une seule fois.

 » Moi, en tant qu’époux et diacre de l’église pastorale, je suis persuadé que lorsqu’on se marie, on se marie à trois : le couple et Dieu. Dieu s’engage avec les époux et ne reprend jamais sa parole. C’est bien là le fondement de l’indissolubilité » dit monsieur Druart.

 » Dieu se donne totalement à nous, comme on se donne totalement à son conjoint. »

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Il existe un cas bien particulier permettant aux divorcés d’accéder de nouveau à la communion : la nullité de mariage. Mais attention ! Cela n’est pas accessible pour tout le monde. Cette procédure est lourde et est réalisée lorsque le premier mariage se doit d’être remis en cause.

La nullité de mariage

Afin que la nullité de mariage soit prononcée, une enquête doit tout d’abord être réalisée. Le tribunal ecclésiastique constate après cette dernière qu’en réalité le mariage célébré n’est pas valide. Dans ce cas bien précis, toutes les conditions du mariage sacramentel ne sont pas remplies. Suite à cela, le tribunal ecclésiastique reconnaît le mariage comme nul. Cette procédure est très longue et complexe, mais de plus en plus de demandes de dossiers sont déposées en Belgique. 2)

 » Je suis pour le fait qu’on étudie la question de la validité du premier mariage dans le cas où une personne chrétienne souhaite remettre son projet dans les mains du seigneur » indique Jean-Pol Druart.

Comme dit précédemment, lorsque deux personnes sont divorcées et remariées civilement, elles n’ont plus le droit à la communion ni au sacrement. Alors que faire si un couple divorcé souhaite absolument célébrer leur amour au sein de l’Église et que la nullité de mariage n’est pas réalisable ?

Il est possible pour eux d’accéder à une bénédiction.

La bénédiction

La bénédiction existe pour des couples divorcés remariés civilement voulant tout de même exercer une cérémonie au sein de l’église. Elle comprend un temps de prière durant lequel le couple peut se dire du bien l’un de l’autre. Lors de cette bénédiction, il n’y a pas d’échange d’alliances, le prêtre ne porte pas d’aube. Il est très important qu’il n’y ait aucune confusion entre le mariage et la bénédiction.

Certaines églises ne respectent pas ces conditions et procèdent malgré tout à un échange d’alliances. Ces églises sont donc en faute, car cette étape est réservée au mariage sacramentel depuis bien longtemps.

Quels sont donc les changements depuis 2015 ?

Lors de la conférence de presse datant du 8 septembre 2015, le Pape François a annoncé quelques changements. 3) Ceux-ci touchent à la question de la nullité de mariage. Ce processus est depuis ce jour gratuit pour les personnes se lançant dans un procès et les délais sont beaucoup moins longs que dans le passé. Environ 1 an afin que le jugement soit rendu.

Un sujet qui mérite une remise en question

Bien que l’Église catholique ait déjà fait de gros efforts face aux sanctions des remariés divorcés, cela ne suffit pas à la population chrétienne qui, elle, en veut plus.

Le remariage sacramentel, sera-t-il un jour à la portée des divorcés ?

pour en savoir plus

Les problèmes autour des différentes religions en Belgique.

?, Religion et convictions, en ligne, consulté le 23 décembre, Berlin.de disponible à https://www.berlin.de/willkommenszentrum/fr/etape-5-quotidien/religion/

Aujourd’hui, les 5 principales religions dans le monde sont l’islam, le christianisme l’hindouisme, le bouddhisme et le judaïsme. Ensemble, elles regroupent près de 5 milliards des 7 milliards de personnes que compte notre planète. Étant un État neutre, la Belgique, fait place à une grande diversité de religions. Mais cette diversité est-elle bonne ou mauvaise?

La diversité des religions en Belgique

«Ce qui fait la richesse d’un pays, c’est sa capacité à accepter la diversité des religions» rapporte Adolphe Bonyanga Bokele, curé de la paroisse d’Athus et docteur en philosophie. Regroupant un grand ensemble de religion, la Belgique traditionnellement est catholique depuis le haut Moyen Âge, mais ce culte cohabite maintenant avec d’autres religions comme les Protestants, les Orthodoxes, les Musulmans, le Judaïsme, …

A l’origine de cette croissance, l’immigration. La Belgique accueille pas moins de 1.259.091 résidents d’origine étrangères. Qui dit étrangers, dit nouvelle culture. Mais le multiculturalisme plaît-elle à tout le monde? Pour Adolphe Bonyanga Bokele la réponse claire : « Non, elle ne peut pas plaire à tout le monde. On vit dans un monde avec énormément de discriminations, de racisme ou d’homophobie, chaque personne à son propre mode de vie et sa manière de faire les choses, ce qui ne peut pas plaire à tout le monde. La culture est un luxe pour nous, c’est un cadeau de Dieu, mais l’Homme n’accepte pas toujours la différence entre lui et autrui, et c’est ce qui pose des problèmes à l’heure d’aujourd’hui partout dans le monde».

La crainte de l’islam

La peur de l’islamisme après le 11 septembre 2001 s’est renforcée après l’attaque du Musée juif et les doubles attentats de Paris. De plus, l’islam est la 2ème religion la plus présente sur le champ médiatique, chose qui ne passe pas inaperçu aux yeux des spectateurs. En effet, l’islam est jugé trop visible aux yeux des gens à cause de l’image négative que les médias lancent d’elle. Il y a énormément d’amalgames fait au sujet de cette religion comme par exemple : comme les crimes qui sont liés au groupe de l’état islamique en Irak, le groupe de DAESH, les attentas sont souvent relié à l’islam. Une campagne a été lancée par des Britanniques de confessions musulmane pour dénoncé les amalgames commis au nom de l’islam. Cette campagne se nomme  » NOT IN MY NAME » et veut alerter les risques sur les amalgames. Elle vise aussi à dénoncé la politique migratoire du gouvernement belge et à sensibiliser l’opinion publique au sort peu enviable des migrants soudanais, érythréens, afghans et iraniens qui se regroupent au parc Maximilien près de la Gare du Nord avant de poursuivre leur route vers la Grande-Bretagne.

Et si la religion disparaissait?

ISSARTIAL, La paix, au-delà de l’absence de guerre, consulté le 23 décembre, http://fraternite-ofs-sherb.eklablog.com/la-paix-au-dela-de-l-absence-de-guerre-interbible-a107707910

«Il est vrai que toutes les religion ne sont pas pareilles, que toutes les personnes qui la pratique sont différentes, que chaque avis n’est pas partagé, mais la religion devrait toujours être pratiquée dans le respect et dans la paix sans jamais créer de conflit même si les valeurs ne sont pas les mêmes. Les guerres religieuses et leurs abominations crée au « nom de la religion » est absurde et impensable. Rien de tout cela ne devrait arriver pour une religion».

De nombreuses Guerres civiles seraient sûrement évités dans un premier temps, et la phase acceptation remplacerait la phase « intégration de force ou destruction » actuelle. Certaines études récentes montrent même que depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, beaucoup de conflits présentent des dimensions, ou des causes, religieuses, qu’ils tendent à être plus violents et plus longs que les autres, et qu’il y a eu une augmentation globale de leur nombre. Les Hommes chercheraient des solutions par eux-mêmes au lieu de démolir les solutions religieuses.

La religion est un fait universel auquel on choisit ou non d’adhérer et de croire. Pour beaucoup, Dieu permet de vivre dans la paix, la joie et la bonne humeur, de voir le monde meilleur qu’il ne l’est. Mais la religion relève aussi à l’homme la fragilité de son existence, même si elle apporte du bon à ceux qui vivent avec elle, mais pas à ceux qui ne vivent qu’à travers elle. Mais la religion est-elle un facteur de paix ou de guerre?

Si on avait une religion universelle ?

Et si par un désir de fraternité ou par l’évolution naturelle des pensées, toutes les religions se rejoignaient en un culte universel, à la croisée de toutes les cultures, de toutes les influences, de tous les modes de pensée.

Tout les peuples du monde seraient alors réunis autour d’un plan spirituel commun. Chacun serait libre de le pratiquer ou pas, cette religion. Une nation unie pourrait alors naître, non pas avec qu’une seule opinion mondiale mais avec la liberté de s’affirmer, de se défendre et de clamer haut et fort ses idées.

«Toutes les religions ont un but qui est d’atteindre la fraternité par la liberté. Mais est-il possible de l’acquérir ? Car même en ayant une religion commune, je ne pense pas qu’une seule et unique religion ne guérirait pas l’humanité de tous ses maux, de tous les malheurs que les Guerres de religion on créer, des actes ainsi sont inoubliables, on ne pourrait pas nier ce qu’il s’est passé. Il est vrai qu’elle unirait les Hommes, même si l’union fait la force, rien du passé ne pourra être effacé».

La religion au final, c’est quoi?

Nous vivons dans un monde complexe dans lequel certains arrivent à s’épanouir, à vivre pleinement, à être les maîtres de leur destin, sans ressentir le besoin de croire en Dieu, tandis que pour d’autres, le poids de l’existence est trop lourd, alors ils se tournent vers la religion car elle aide, elle rassure, elle donne un sens et promet le bonheur.

Pour autant, il n’y a pas les forts d’un côté, et les faibles de l’autre.  » Chacun choisit de croire ou de ne pas croire, en fonction de sa vie, de son histoire… Mais surtout, la croyance religieuse doit demeurer un acte de liberté, afin d’être un moyen d’atteindre le bonheur ».

PIERRET Zoé

Pour en Savoir + : 

(1) Roland Baumann CCLJ, LA BELGIQUE PLURIELLE : CITOYENNETÉ ET MULTICULTURALISME, [S.I ], 16 septembre 2004, http://www.cclj.be/actu/politique-societe/belgique-plurielle-citoyennete-et-multiculturalisme

(2) Hugue Lagrange, Le multiculturalisme est incontournable, [S.I ], publié le 13 mai 2014 à 15h16 – Mis à jour le 13 mai 2014 à 15h54 , https://www.lemonde.fr/idees/article/2014/05/13/le-multiculturalisme-est-incontournable_4416004_3232.html

(3) Christian Laporte, le retour en force du religieux et l’espoir d’un islam belge, [S.I ], publié le samedi 18 juin 2016 à 07h45 – Mis à jour le samedi 18 juin 2016 à 07h48, https://www.lalibre.be/belgique/le-retour-en-force-du-religieux-et-l-espoir-d-un-islam-belge-5764133535705701fd88a748

-Jeune athusienne né en 2001  

-Etudiante à l’ISFSC 

-Passionné par la photographie

L’homosexualité : dans l’œil de l’Islam et du Christianisme

Islam - Christianisme

Sujet bateau, sujet rigolo, sujet fléau, c’est un sujet qui parle des homos. La religion nous berce, pour la plupart, depuis notre naissance tandis que l’homosexualité est une question, encore non-résolue, de notre société. Qu’en est-il aujourd’hui de la perception de l’homosexualité du point vue religieux ? 

Il y a seulement deux mois de cela, une candidate dans le parti conservateur, à Toronto, a tenu des propos homophobes –ce qui lui a valu, d’ailleurs, le retrait de sa candidature aux prochaines élections-. L’acceptation de ce fait social est changeante. Le sujet de l’homosexualité, dans les religions monothéistes (et dans la société), a toujours été complexe.

Homosexualité et Religion : sont-ils liés ?

Une recherche menée sur Google Actualité autour des mots “homosexualité et religions” nous propose des résultats venus de tous les coins du monde et la cohabitation des deux semble compliquée.  

Pour Marc Beumier, coordinateur de Bruxelles de la CCL (Communauté du Christ Libérateur) -une association gay/lesbienne et chrétienne -que j’ai pu rencontrer dans le cadre de cet article-, ces deux termes n’ont rien à voir.
D’une part, l’homosexualité, c’est ce qu’il est et ce qui fait partie de lui et, d’autre part, la religion ou plus précisément son adhésion à la foi est quelque chose à laquelle, il croit.
Il précise : “La religion et ses pratiques sont compatibles avec l’homosexualité parce que sinon je ne serai pas là, ici, aujourd’hui. Ce que l’on nous demande en tant que catholique, c’est d’adhérer à des théories, de respecter l’évangile, d’avoir le respect des autres et de soi-même”. Au sens strict de cette interprétation, l’homosexualité n’empiète pas sur la religion. 
En effet, pour lui, ”Les religieux radicaux, qui ne tolèrent absolument pas l’homosexualité, ne sont pas des vrais croyants”. 

Pour Bernard Guillemin, coordinateur de l’ASBL ATER VISIO, une association qui lutte contre l’homophobie et la transphobie -que j’ai pu également rencontrer dans le cadre de ce travail-, la foi et l’amour (reprenant l’orientation sexuelle et l’homosexualité en général) peuvent avoir un point commun, c’est quelque chose qui nous tombe dessus et qu’on ne peut contrôler.
En dehors de ce point-là, il n’y a aucun point de convergence entre les deux.  Contrairement à ses propos, Éric Zemmour considère l’orientation sexuelle (et donc l’homosexualité) comme un choix, on le voit ici dans cette vidéo. 

L’homosexualité : quid du point de vue religieux ?

La position de la religion chrétienne est multiple sur l’homosexualité. Il y a ceux plus conservateurs qui restreignent l’homosexualité au rang des péchés (1). Ceux plus progressistes qui acceptent les personnes homosexuelles dans le cadre ecclésiastique et qui bénissent même des unions (2). Enfin, il y a ceux plus “modérés” (comme le Pape), qui appellent à ne pas rejeter ces personnes hors de la société (3) 

Au contraire de cela, la religion musulmane semble beaucoup plus fermée à cela. En effet, encore de nombreux pays à majorité musulmane condamnent l’homosexualité. Paradoxalement, à cette vision, selon Marc Beumier, “l’homosexualité est très répandue, car normalement, il n’y a pas de sexe avant le mariage avec la femme et donc l’homo-sensualité est très pratiquée dans ces pays-là, car les hommes et les femmes vivent séparés”.  

Même si le Coran n’interdit pas l’homosexualité, certains musulmans ont traduit ces livres sacrés en disant que l’homosexualité est un péché, c’est pour cela qu’encore beaucoup de musulmans n’acceptent pas l’homosexualité dans leur vie. Mais que dit exactement le Coran ?  
Les pratiques sexuelles homosexuelles, et plus précisément la sodomie, sont très fort condamnées dans le Coran, jugeant celles-ci de représentation sadomasochiste de la sexualité. En aucun cas, le Coran n’interdit une personne d’être homosexuel ou de demander la filiation 4.   

Beaucoup de représentants de la religion chrétienne ne condamnent pas l’homosexualité en tant que telle. Ce qui est souvent condamné, ce sont les pratiques sexuelles. De nombreux chrétiens acceptent l’homosexualité mais seulement dans l’abstinence, car ils considèrent ces actes comme contre-nature, comme un péché 5

Et si on mariait?

Dans certains courants du christianisme, des mariages sont célébrés à l’église, comme c’est le cas ici en Norvège, il y a maintenant presque 3 ans, entre des personnes homosexuelles. Cela se passe dans les églises protestantes actuelles (qui sont en général, plus libérales). Il y a aussi dans la religion chrétienne, des personnes homosexuelles qui font partie du corps-même de l’église même s’ils doivent vivre leur homosexualité dans l’abstinence (6).

En ce qui concerne, le mariage homosexuel à la mosquée, c’est impensable à l’heure actuelle, même dans les courants les plus progressistes de l’islam. Il y a eu, il y a deux ans maintenant, un mariage civil, de deux personnes homosexuelles et musulmanes au Royaume-Uni (7). Cela reste un mariage civil et non célébré dans une mosquée. Ludovic-Mohamed Zahed est un imam français qui est homosexuel et qui lutte contre l’homophobie et surtout celle dans l’islam et pour le droit d’être gay et musulman à la fois. Il est d’ailleurs à l’origine de la première mosquée inclusive en France qui accepte les personnes LGBT musulmanes (8). Même si certains imams ont suivi le mouvement en Europe et d’autres mosquées inclusives se sont construites depuis, comme c’est le cas à Berlin en 2017, 60% des musulmans en Europe montrent une grande hostilité envers les personnes homosexuelles (9).  

Ludovic-Mohamed Zahed, imam français, qui fait un discours à la conférence pour l’association Exaequo, une ASBL qui fait la promotion de la santé sur les MST/IST entre les relations masculines entre hommes.
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Le mariage entre deux personnes du même sexe, dans ces religions, semble encore tabou. Au niveau de la loi, il y a, actuellement, 26 pays qui ont légalisé le mariage pour tous (10). Au vu de cette évolution, nous serons enclins à participer à un mariage homosexuel. C’est le cas du youtubeur n*1 en France, Cyprien, qui l’a vécu et qui en fait une vidéo. 

La situation en Belgique

Nous sommes plutôt avancés dans les droits accordés à la communauté LGBT. Nous avons été le deuxième pays à légaliser le mariage pour tous (11). Même si dans certains pays, l‘homosexualité est encore passible de peine de mort, il y a de plus en plus de pays qui dépénalisent l’homosexualité au fil des années. Selon Bernard Guillemin, même si la loi évolue en ce qui concerne la communauté LGBT plus vite que ce que pense la religion, la loi n’est pas la réalité. Malgré que la loi protège cette communauté dans plusieurs pays, il y a encore de nombreuses agressions homophobes en Belgique et parfois -“au nom de la religion” (12)-.

À Bruxelles, il existe actuellement une communauté de personnes homosexuelles et chrétiennes, c’est la CCL avec laquelle j’ai pu entrer en contact. Existe-t-il l’équivalent dans la religion musulmane ? Non. Il y a, cependant, une association à Bruxelles qui s’appelle Merhaba. C’est une association qui lutte contre les discriminations faites aux personnes homosexuelles venant du Moyen-Orient et qui sont, pour la plupart musulmans (13).

Que ce soit pour le coordinateur de Bruxelles de la CCL comme pour celui d’Alter Visio, les religieux qui voient l’homosexualité comme un péché, en vertu des textes sacrés, est une mauvaise interprétation de ces derniers. Pour eux, nous pouvons dire à ces textes n’importe quoi et surtout ce que l’on veut. Il faut donc prendre ces textes sacrés avec du recul et également remettre ceux-ci dans leur contexte.   

L’homosexualité et la religion peuvent parfois être en conflit d’intérêts dans la manière de vivre. Marc Beumier se définit comme “gay chrétien heureux” et espère, dans un futur, que son association n’aura plus besoin d’exister, car l’homosexualité et la religion pourront co-habiter. Pour preuve, les évêques allemands viennent de reconnaître, il y a quelques jours, l’homosexualité comme quelque chose de “normal”, un grand pas pour la religion catholique (14). 

Dans la religion juive, cela est un peu différent. En effet, dans la Torah, les actes homosexuels sont prohibés mais pas condamnés de manière directe. C’est une mauvaise lecture. Même si certains interprètent la Torah de la mauvaise manière, celle-ci a en abomination l’acte homosexuel et non le sujet, soit la personne homosexuelle. Pour en savoir plus sur comment est vu l’homosexualité par la Torah.

Barbara MAURISSEN
Je suis âgée de 22 ans. Je suis étudiante en 1e année de communication à l’ISFSC. Les droits de l’homme fondamentaux m’intéressent beaucoup (ex: droit à la vie, la liberté d’expression,..).

Webographie :

(1) HANLEY, Jonathan. Dieu, la Bible, l’Homosexualité, et toi [en ligne]. Dans : Ta jeunesse. [Consulté le 19 décembre 2019]. Disponible à l’adresse : https://www.tajeunesse.org/fr/les-articles/mise-en-avant/205-dieu-la-bible-l-homosexualite-et-toi.html

(2) LAPORTE, Christian. Les protestants auront des pasteurs homosexuels [en ligne]. Dans : La Libre Belgique. 15 juin 2015 (mis à jour le 16 juin 2015). [Consultée le 19 décembre 2019]. Disponible à l’adresse : https://www.lalibre.be/belgique/les-protestants-auront-des-pasteurs-homosexuels-557f0d8d3570dd0de7e11429

(3) LA DERNIERE HEURE LES SPORTS +. Pape François : “Si une personne est gay, qui suis-je pour la juger ?” [en ligne]. Dans : DH Les Sports + – Actu. 29 juillet 2013 (mis à jour le 02 août 2013). [Consulté le 19 décembre 2019]. Disponible à l’adresse : https://www.dhnet.be/actu/monde/pape-francois-si-une-personne-est-gay-qui-suis-je-pour-la-juger-51f655753570ebbf8e01f516https://www.dhnet.be/actu/monde/pape-francois-si-une-personne-est-gay-qui-suis-je-pour-la-juger-51f655753570ebbf8e01f516

(4) BONOMELLI, Marc. Coran et homosexualité : convictions d’un imam gay [en ligne]. Dans : Le monde des religions. 07 avril 2015. [Consulté le 19 décembre 2019]. Disponible à l’adresse : http://www.lemondedesreligions.fr/actualite/coran-et-homosexualite-les-convictions-d-un-imam-gay-07-04-2015-4618_118.php

(5) Catéchisme de l’Église catholique, partie III, section II, chapitre II, article 6, §. 2396 

(6) PARTHONNAUD, Aymeric. « Sodoma : que révèle l’enquête de 4 ans sur l’homosexualité au coeur du Vatican » [en ligne]. Dans : RTL. 15 février 2019. [Consulté le 18 décembre 2019]. Disponible à l’adresse : https://www.rtl.fr/actu/debats-societe/sodoma-livre-enquete-frederic-martel-homosexualite-vatican-7796955681

(7) LAYSTARY, Emile. Le Royaume-Uni a célébré son premier mariage homosexuel et musulman [en ligne]. Dans : France24. 11 juillet 2017. [Consulté le 19 décembre 2019]. Disponible à l’adresse : https://www.france24.com/fr/20170711-le-royaume-uni-a-celebre-son-premier-mariage-homosexuel-musulman

(8) Ludovic-Mohamed Zahed [en ligne]. Dans : Wikipédia, l’encyclopédie libre. 19 octobre 2019. [Consulté le 16 décembre 2019]. Disponible à l’adresse : https://fr.wikipedia.org/wiki/Ludovic-Mohamed_Zahed

(9) LES OBSERVATEURS.CH. Multiculturalistes : 50% des musulmans réclament l’islamisation et…[en ligne]. Dans : Les Observateurs.ch. 24 décembre 2013. [Consulté le 17 décembre 2019]. Disponible à l’adresse : https://lesobservateurs.ch/2013/12/24/le-cauchemar-des-multiculturalistes-50-des-musulmans-deurope-reclament-lislamisation-et-la-charia/

(10) Mariage homosexuel [en ligne]. Dans : Wikipédia, l’encyclopédie libre. 19 décembre 2019. [Consulté le 19 décembre 2019]. Disponible à l’adresse : https://fr.wikipedia.org/wiki/Mariage_homosexuel#Pays_autorisant_le_mariage_homosexue

(11) Droit LGBT en Belgique [en ligne]. Dans : Wikipédia, encyclopédie libre. 04 décembre 2019. [Consulté le 19 décembre 2019]. Disponible à l‘adresse : https://fr.wikipedia.org/wiki/Droits_LGBT_en_Belgique
 
(12) RTBF INFO. Les jeunes musulmans sont plus homophobes, selon une étude [en ligne]. Dans : RTBF. 05 juillet 2012. [Consulté le 17 décembre 2019]. Disponible à l’adresse : https://www.rtbf.be/info/societe/detail_les-jeunes-musulmans-sont-plus-homophobes-selon-une-etude?id=7799649

(13) TETU. Les évêques allemands reconnaissant l’homosexualité comme ”normale” [en ligne]. Dans : Têtu. [Consulté le 19 décembre 2019]. Disponible à l’adresse : https://tetu.com/2019/12/16/les-eveques-allemands-reconnaissent-lhomosexualite-comme-normale/

Femmes et religions: mise à jour nécessaire

Image libre de droit. Pixnio - liberté de culte, femme, religion
Image libre de droit. Pixnio - liberté de culte, femme, religion

La controverse autour des rapports hommes-femmes et les discriminations envers les femmes ne datent pas d’hier. Aujourd’hui, des manifestations et des actions sont menées afin d’obtenir l’égalité des sexes, et c’est parfois très violent. Les mouvements féministes prennent de plus en plus d’ampleur. Les femmes demandent à pouvoir pratiquer leurs religions sans contraintes.

La position des femmes dans les religions dépend d’une religion à l’autre, mais dans la plupart des cas, les femmes sont dénigrées. Que ce soit par la manière d’aborder leur position ou simplement par la manière dont elles doivent pratiquer leur religion. Jusqu’à ce jour, peu connues sont les femmes qui se sont rebellées contre leur religion, étant donné que pratiquer une religion reste majoritairement un choix personnel, si ce n’est pas par tradition familiale. Néanmoins, beaucoup se sont rendues compte en pratiquant leur religion, qu’elles ne jouissaient pas de leur pleine liberté, et se sentaient plus ou moins emprisonnées dans leur religion en fonction de leur implication.

Entre religion et soumission

Pendant l’âge d’or de l’Islam, entre les 8e et 9e siècles, la position des femmes a connu deux réalités. Le Califat abbasside, autrement dit le peuple sunnite, a renforcé ses connaissances scientifiques et spirituelles et a instauré des lois et révisé des traditions au détriment des femmes: elles se sont vues ôter certains droits. Le Califat fatimide, ou les chiites, a, quant à lui, permis aux femmes de devenir des femmes de pouvoir: elles obtenaient la position de sultane ou même de reine(1). Elles jouissaient d’une autorité religieuse très sérieuse. Entre cette période et le 20e siècle, peu de changements notables ont eu lieu. 

Dès lors, un problème fait surface: celui de l’éducation. L’éducation des filles est revendiquée, au même titre que celle des garçons. Le fait est qu’il aura fallu au moins une trentaine d’années avant que les choses bougent, et encore, car les matières enseignées aux filles étaient très restreintes; on leur apprenait à faire la vaisselle et le ménage. Pour l’islam, la place de la femme était à la maison.

Dans le christianisme, les femmes ont été dénigrées dès le début:

« Pendant l’instruction, la femme doit garder le silence, en toute soumission. Je ne permets pas à la femme d’enseigner, ni de faire la loi à l’homme. Qu’elle se tienne tranquille. C’est Adam en effet qui fut formé le premier, Eve ensuite. Et ce n’est pas Adam qui se laissa séduire, mais la femme qui, séduite, se rendit coupable de transgression. Néanmoins, elle sera sauvée en devenant mère, à condition de persévérer avec modestie dans la foi, la charité et la sainteté » (1ere Epître à Thimothée 2, 12-15)

Dans le judaïsme, les femmes n’étaient pas autorisées à apprendre l’hébreu, donc elles n’avaient pas accès à la lecture des textes sacrés. Par conséquent, elles ne pouvaient pas devenir rabbins. Ce n’était pas le cas pour l’islam et le christianisme. Théoriquement, une femme pouvait devenir imam, mais en pratique cette fonction était assurée uniquement par des hommes. La tradition chrétienne, elle, est restée la même et réserve la prédication uniquement aux hommes.

L’inégalité des sexes est une réalité historique qui est indéniable, et ce sont les héritages religieux laissés notamment par le judaïsme, le christianisme et l’islam qui ont leur part de responsabilité dans le statut d’infériorité des femmes.

Discriminations et changements de mentalités

La question à se poser est: Est-ce que cela a des répercussions sur les générations suivantes? Certainement, étant donné que les mentalités changent et continueront à changer. Il existe une hiérarchie entre les sexes, il y a des interdits, des tabous. Les femmes se battent pour obtenir des positions qui ne sont pas forcément à la hauteur de leurs espérances. Nous ne pouvons néanmoins pas parler des discriminations des femmes dans les religions que d’un point de vue pessimiste. Basons nous plutôt sur un point de vue historique en prenant pour exemple les communautés religieuses féminines catholiques. Dans le temps, on les associait souvent à des femmes isolées, enfermées au couvent. Et si on les voyait autrement? Au lieu de les associer à l’enfermement, n’oublions pas qu’elles rendaient, à ce moment-là, des services non négligeables. Elles avaient accès à l’étude, aux arts (la musique), ce qui leur permettait également de s’évader et d’avoir leurs propres loisirs. Il y eut des religieuses avec des parcours très étonnants, telle que Hildegarde de Bingen, une allemande, durant le Moyen-Âge, considérée comme une grande compositrice dans l’histoire de la musique ainsi que comme précurseur de la pensée écologiste(2). 

Nous pouvons aussi prendre l’exemple d’une célèbre religieuse belge, Victoire Cappe, créatrice et dirigeante du Mouvement social féminin chrétien. Elle a fondé des Ligues ouvrières féminines ainsi que le « Syndicat de l’aiguille ». Elle s’est battue pour améliorer les conditions des travailleurs. Elle a également fondé l’Ecole Catholique de Service Social en 1920, qui porte aujourd’hui le nom d’Institut Supérieur de Formation Sociale et de Communication.

Comme quoi, si on cherche plus loin, on peut trouver des exceptions, bien que ça n’enlève rien aux minorisations qui restent belles et bien réelles à ce jour. On peut même dire que les religions ont joué un rôle trop important pour ce qui est du maintien d’un certain statut d’infériorité des femmes. C’est notamment à cause de tout cela qu’est né le féminisme.

Religion et féminisme, compatible ou non?

Cécile Vanderpelen-Diagre. Image libre de droit.
Cécile Vanderpelen-Diagre. Historienne à l’ULB. Image libre de droit.

Cécile Vanderpelen, historienne à l’ULB, pense qu’il n’y a pas de contradictions dans les principes de base. Selon elle, il existe autant de religions que de féminismes et de féminismes que de féministes : « Elles veulent être égales aux hommes, et dans cette optique, il n’y a pas de raisons de faire ou d’accentuer les différences biologiques ou de nature entre les hommes et les femmes. Or, le voile, lui, accentue cette différence. Dans cette option là, c’est inadmissible, on peut parler d’anti-féminisme. On peut donc totalement être religieuse et féministe. Mais on peut également partir du principe que l’on peut s’émanciper à l’intérieur d’une religion, et « adapter » notre féminisme à notre religion. Et dans ce cadre là, les féministes religieuses, s’inscrivant dans une religion, veulent, défendent, une plus grande autorité et des plus grandes fonctions pour les femmes, et se disent donc féministes. »

Relecture des textes sacrés, bonne ou mauvaise solution?

La religion, c’est un débat très complexe qui repose sur de nombreuses questions et réponses qui fondent nos sociétés et nos cultures depuis des siècles. Cependant, pour que les femmes se sentent plus épanouies dans leurs religions, on pourrait peut-être proposer une relecture des textes sacrés afin que cesse cette tendance d’infériorité des femmes, l’objectif étant de les mettre en scène davantage et de leur donner plus de pouvoir et de liberté. Si on arrive à atteindre cet objectif, les discriminations envers les femmes seront abolies et les problèmes d’infériorités initialement causés par les religions seront définitivement réglés.

« La solution de la relecture des textes sacrés est bonne. Cela se fait déjà surement dans certaines régions. », répond Cécile Vanderpelen après un moment de réflexion.

Camille SPELEERS


(1) Selon la RTBF, les femmes obtenaient des positions telles que la position de reine ou de sultane. La société n’était guère opposée à la prise de pouvoir des femmes, jusqu’au 12e siècle.

(2) Selon La Croix, sainte Hildegarde était une visionnaire.

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Les prêtres vont-ils pouvoir dire oui ?

Depuis la moitié du 20ème siècle, la question de l’ordination de prêtres mariés ne cesse d’être débattue au Vatican. Fin novembre, les représentants du clergé d’Amérique latine ont demandé l’autorisation de nommer prêtres des hommes mariés vivant en Amazonie. Le pape François, considéré comme un progressiste, réfléchit à cette demande.

Une grande réflexion est en cours dans le monde chrétien. Un pape vu comme progressiste. Une Eglise qui ne demanderait qu’à évoluer. Rien ne semble impossible. TOUT serait à portée de main. Mais le pape François aura-t-il les épaules assez larges pour apporter le changement dans son Eglise ?

Un vent de réforme

Olivier Windels, pour l’ordination des prêtres mariés, donne son avis et l’explique.
Antoine DENIS 2019 ©

Olivier Windels, abbé et vicaire épiscopal, représentant de l’Évêque de Liège, pense que cette réforme pourrait passer. Selon lui, l’élargissement de l’ordination aux hommes mariés, dans le monde, n’est qu’une question de temps. Cette dernière est liée au besoin des communautés. Comme il aime le répéter : « Nous ne le verrons pas. Mais nos enfants bien ! ».

Depuis toujours, et cela revient en force depuis 1950, la question de l’ordination du mariage des prêtres fait débat au cœur de la communauté chrétienne. Comme l’exprime notre expert, les arguments contre sont tout aussi fondés que les pours ! La situation reste bloquée.

Dans les arguments contre, il y a notamment la question du divorce. Car comme le dit notre cher Stromae, « Qui dit amour, dit les gosses, dit toujours et dit divorce. ». Nous vivons dans un monde où le divorce est une réalité (1). Pourquoi les prêtres y échapperaient-ils ? Cela créerait un gros problème de crédibilité dans l’Eglise si un prêtre venait à divorcer : le mariage est un serment devant Dieu. Ça poserait problème qu’un prêtre brise un serment qui est prêté devant Dieu, sur la Bible. De plus, on ne peut se marier qu’une fois à l’église.

Mais il y a aussi des arguments pour ! Par exemple, le fait que ça permettrait de donner au célibat un caractère « ultime ». Ça donnerait à l’engagement une connotation toute particulière et profonde. Cela permettrait aux prêtres d’affirmer, plus fort encore, leur foi en Dieu.

Pour bien faire, il faudrait que la religion chrétienne évolue en fonction des réalités des différentes communautés. En Europe, le nombre de chrétiens diminue (2). Il n’est donc pas nécessaire que le nombre de prêtres augmente. Il n’y a aucun intérêt d’autoriser le mariage des prêtres en Europe.

Interview du pape François concernant l’ordination des hommes mariés.

En Amazonie par contre, le nombre de prêtres n’est pas suffisant. Ils ne se rendent parfois que deux fois par an célébrer l’eucharistie dans certains villages. Il serait donc intéressant de considérer la question de l’ordination d’hommes mariés qui pourraient célébrer les sacrements pour leur communauté.

L’ordination de prêtres mariés est une question bien actuelle dans la religion catholique. Un futur prêtre à la place du marié ? L’avenir nous le dira.
Unsplash/Josh Applegate

L’ordination des prêtres risque de faire encore beaucoup parler d’elle. Ce sujet va occuper le pape pendant un certain temps. Aura-t-il le temps de faire passer cette nouveauté de son vivant ? Pas sûr.

Quid des autres religions ?

Comme Mr l’abbé   l’a si bien signifié : « La loi pour le célibat des prêtres ne vaut que pour les prêtres de l’Eglise catholique latine. ». Et c’est important de le préciser. Cela donne lieu à des situations assez spéciales : « Lorsque j’ai fait mes études à Paris, on nous apprenait à chérir notre célibat. Mais deux futurs prêtres libanais – Eglise maronite – qui, eux, ne sont pas soumis au célibat s’ils se marient avant leur ordination, n’avaient qu’une seule envie, c’était de sortir en boîte afin de trouver l’âme sœur avant leur ordination. Certains prêtres vont même jusqu’à reporter leur ordination jusqu’à leur mariage. »

Dans les autres branches du christianisme, les prêtres peuvent être ordonnés alors qu’ils sont mariés. Les pasteurs, quant à eux, ont le droit de fonder une famille. La réglementation est moins forte dans ces religions que dans la religion catholique.

Dans les autres religions monothéistes, les officiants peuvent se marier. Dans la religion juive, le cas est même plus précis. Les rabbins peuvent se marier. Il est même de leur devoir de fonder une famille, si possible en étant marié. Leur cas est un peu spécifique car ils sont élus par leur communauté. Et tous les Juifs ont le devoir de se marier afin de fonder une famille. Dans la religion musulmane, il en est de même. Les Imams peuvent se marier.

Dans le bouddhisme, les moines font vœu d’abstinence. Pour eux, qui recherchent la simplicité et la méditation, l’amour est un péché. Il les empêche de se concentrer sur ce qui est essentiel : leur âme et l’amour de la sagesse. Ils bannissent en général tous les plaisirs charnels. Les prêtres hindouistes, au contraire, peuvent se marier.

Quid de l’ordination des femmes ?

« La question de l’ordination des femmes de la religion catholique est une question bien plus compliquée que celle de l’ordination des prêtres mariés. Notamment à cause du fait que la non ordination de femmes est considérée par certains représentants comme un droit divin et non canonique. Ce serait Dieu lui-même qui voudrait cela. Ce premier débat empêche tout changement dans la communauté catholique. », explique Olivier Windels après un bref silence.

« Cependant, dans la religion anglicane des États-Unis, je connais une prêtresse. Sa hiérarchie avait voulu poser un geste fort en l’ordinant. Elle remplit sa mission de manière tout à fait correcte, même si elle fait face, quelques fois, à des difficultés dues au fait que ce soit une femme. », ajoute-t-il.

Vidéo montrant la place de la femme en tant que prêtresse dans la religion anglicane.

Comme le montre bien son témoignage, la place de la femme dans la religion catholique en tant qu’officiante n’est pas encore acquise. On peut cependant noter des exceptions dans l’Eglise chrétienne protestante où les femmes peuvent être pasteures. C’est aussi le cas dans l’Eglise chrétienne anglicane– le témoignage donné n’était pas une exception-, où de nombreuses femmes ont déjà été ordonnées prêtresses. Il est même question de nommer évêque certaines d’entre elle !

Nous vivons actuellement dans une société où la femme est sensée être l’égale de l’homme. Malheureusement, il existe encore un grand nombre de différences entre les deux sexes. On peut notamment citer les différences de salaire pour le même travail effectué, ou encore la différence de mise en avant dans certains sports. Tout le monde, en Belgique, sait citer le nom d’un « Diable Rouge ». Mais peu de gens sont capable de donner le nom d’une joueuse des « Red Flames ».

Ne serait-il pas judicieux pour la religion de montrer l’exemple ? D’ouvrir l’ordination aux femmes ? Tout simplement d’évoluer et de faire évoluer la société en montrant que toutes les fonctions peuvent être accessibles à toutes, à tous ? Peut-être que l’autorisation d’ordonner des prêtres mariés déclenchera un effet domino qui transformera l’Eglise que l’on connait !

Antoine DENIS

(1)   70% des personnes mariées risquent de faire face à un divorce (informations du « live magazine »).
(2)   Selon « La Croix », le nombre de chrétiens diminue très fortement en Europe. Cela est du au changement de notre mode de pensée.

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