Remariage et Église catholique font-ils bon ménage ?

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Depuis des générations, l’Église catholique admet et prône le mariage. Elle considère le remariage comme impossible. Cela fait maintenant quelques années que ce sujet provoque de nombreuses questions sur lesquelles il est difficile de placer des réponses. Le 8 septembre 2015, le pape annonçait des changements.

Les limites de l’Église sont-elles en pleine expansion ? Un pape qui semble ouvert à des nouvelles réformes. Des cardinaux qui s’y opposent. Des divorcés qui veulent du changement. À l’heure actuelle, beaucoup de choses sont remises en cause. Mais qu’en est-il des autres options qui s’offrent à eux ?

Jean-Pol Druart, Diacre de l’église pastorale de Namur

 » L’accompagnement des personnes est un sujet qui me tient très fort à coeur, dit Jean-Pol Druart, diacre de l’église pastorale de Namur. Il est très important pour moi de pouvoir répondre aux personnes qui ont malheureusement vécu un mariage dissous par un divorce, une séparation et de pouvoir les accompagner dans leurs projets de vie, mais pas dans le cadre d’un remariage. »

Mais pourquoi cette opposition face au remariage religieux ?

Les raisons pour lesquelles l’Église catholique s’oppose à cette nouvelle union sont vagues. Une d’entre elles revient régulièrement : le problème de l’indissolubilité. 1)

Cela est bien connu, lorsqu’on se marie, c’est pour la vie. C’est bien pour cela que l’Église catholique décrète le mariage comme indissoluble. Réaliser un mariage sacramentel n’est pas à prendre à la légère. Ni en quelques minutes. C’est bien quelque chose qui nécessite beaucoup de réflexion et une certaine remise en question.

Le 8 septembre 2015, le pape François dit lors d’une interview qu’il pourrait être favorable à une certaine ouverture. Mais dans quel cas ? Cela concernerait le cadre de l’accueil des personnes divorcées remariées civilement qui ne sont plus en pleine communion. Il dit que dans certains cas dont celui du chemin catéchuménat, ces derniers pourraient éventuellement être admis à communier de nouveau. L’interview a provoqué de nombreux retours dont ceux de certains cardinaux. Qui placent un grand non sur cette ouverture. Un ouvrage a même été créé dans lequel ces derniers expliquent pourquoi ils ne sont pas d’accord avec ces propos.

 » Qui sommes-nous pour juger ? Un seul peut juger et sonder les coeurs : dieu » indique Jean-Pol Druart.

Stop aux fausses idées

Qui n’a jamais entendu que lorsqu’une personne divorce, elle est par la suite bannie de l’Église ? Cela est complètement faux ! Il n’existe aucune exclusion au sein de l’Église catholique. À partir du moment ou une personne est baptisée. Elle reste membre de l’église même lors d’un divorce. Une personne séparée ou divorcée restera à égalité d’une personne mariée. Il suffit de se rappeler cette phrase de Jean-Paul II à Sainte-Anne d’Auray en 1996 : « L’Église a aussi le souci de ceux qui sont séparés, divorcés et divorcés remariés. Ils restent membres de la communauté chrétienne ».

Le mariage sacramentel

Le mariage sacramentel est l’unique réel mariage au sein de l’Église catholique. Il est fondé sur 4 piliers bien distincts sur lesquels on crée le couple : la liberté, la fidélité à son conjoint, l’indissolubilité et l’ouverture à la vie. Il est unique et ne peut donc être réalisé qu’une seule fois.

 » Moi, en tant qu’époux et diacre de l’église pastorale, je suis persuadé que lorsqu’on se marie, on se marie à trois : le couple et Dieu. Dieu s’engage avec les époux et ne reprend jamais sa parole. C’est bien là le fondement de l’indissolubilité » dit monsieur Druart.

 » Dieu se donne totalement à nous, comme on se donne totalement à son conjoint. »

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Il existe un cas bien particulier permettant aux divorcés d’accéder de nouveau à la communion : la nullité de mariage. Mais attention ! Cela n’est pas accessible pour tout le monde. Cette procédure est lourde et est réalisée lorsque le premier mariage se doit d’être remis en cause.

La nullité de mariage

Afin que la nullité de mariage soit prononcée, une enquête doit tout d’abord être réalisée. Le tribunal ecclésiastique constate après cette dernière qu’en réalité le mariage célébré n’est pas valide. Dans ce cas bien précis, toutes les conditions du mariage sacramentel ne sont pas remplies. Suite à cela, le tribunal ecclésiastique reconnaît le mariage comme nul. Cette procédure est très longue et complexe, mais de plus en plus de demandes de dossiers sont déposées en Belgique. 2)

 » Je suis pour le fait qu’on étudie la question de la validité du premier mariage dans le cas où une personne chrétienne souhaite remettre son projet dans les mains du seigneur » indique Jean-Pol Druart.

Comme dit précédemment, lorsque deux personnes sont divorcées et remariées civilement, elles n’ont plus le droit à la communion ni au sacrement. Alors que faire si un couple divorcé souhaite absolument célébrer leur amour au sein de l’Église et que la nullité de mariage n’est pas réalisable ?

Il est possible pour eux d’accéder à une bénédiction.

La bénédiction

La bénédiction existe pour des couples divorcés remariés civilement voulant tout de même exercer une cérémonie au sein de l’église. Elle comprend un temps de prière durant lequel le couple peut se dire du bien l’un de l’autre. Lors de cette bénédiction, il n’y a pas d’échange d’alliances, le prêtre ne porte pas d’aube. Il est très important qu’il n’y ait aucune confusion entre le mariage et la bénédiction.

Certaines églises ne respectent pas ces conditions et procèdent malgré tout à un échange d’alliances. Ces églises sont donc en faute, car cette étape est réservée au mariage sacramentel depuis bien longtemps.

Quels sont donc les changements depuis 2015 ?

Lors de la conférence de presse datant du 8 septembre 2015, le Pape François a annoncé quelques changements. 3) Ceux-ci touchent à la question de la nullité de mariage. Ce processus est depuis ce jour gratuit pour les personnes se lançant dans un procès et les délais sont beaucoup moins longs que dans le passé. Environ 1 an afin que le jugement soit rendu.

Un sujet qui mérite une remise en question

Bien que l’Église catholique ait déjà fait de gros efforts face aux sanctions des remariés divorcés, cela ne suffit pas à la population chrétienne qui, elle, en veut plus.

Le remariage sacramentel, sera-t-il un jour à la portée des divorcés ?

pour en savoir plus

La religion : on en pense quoi ?

Les religions sont partout. Dans le Monde, en Belgique, dans la culture, dans les rues, parfois à la maison , chez les voisins… Toutes peuvent t’être différentes. Toutes changement avec le temps. Certaines religions arrivent en Belgique tandis que d’autres s’en vont, évoluent au fil du temps. Les médias, la politique, les écoles nous cultivent à ces différents culte. Comment la société voit t’elle ces changements ? Comment perçoit-elle les informations diffusées ? Qu’est-ce vraiment la religion d’aujourd’hui en aux alentours de la Belgique ?

Selon le rapport de « l’observatoire de la liberté religieuse » 2018 en Belgique il y aurait 23 % d’agnostiques en dessous des chrétiens pour 67,4 % et au-dessus des musulmans pour 6,5%.  

Les stéréotypes prennent le dessus.

Nous avons tendance à stéréotyper des cultes. Mais comment ces clichés arrivent à diriger nos pensées ? Philippe Rijck , sociologue bruxellois, évoque une part de réponse la réponse : « Qu’est-ce qu’on voit à la télévision ? On voit des barbus agressifs et donc à partir de là si je ne réfléchis pas  je vais me construire  une image et accepter la caricature qui est donnée. Alors qu’ici je travailler avec des personnes qui sont quoi de 90 %de confession musulman rien avoir avec ce qu’on voit à la télévision. Donc c’est quoi un musulman ? » En effet, les médias véhiculent en le sachant ou pas des amalgames préconçues que le public va ingurgiter sans parfois se poser les bonnes questions. Selon ce sociologue, c’est par le savoir que l’on peut se faire son propre opinion. Les informateurs trient parfois les informations. Avez-vous déjà vu un catholique faire quelque chose de mal ? Pas souvent. Mais quel est le but de ces journaux, chaînes de télévisions ? Diviser pour mieux régner nous explique ce Bruxellois et avant tout pour l’audimat. L’audimat est le calcul d’audience d’un programme. Evidement qu’un attenant va faire plus de téléspectateurs et de lecteurs qu’un autre événement.

Sommes nous de plus en plus raciste ?

Face à ces diffusions, il serait logique de devenir raciste si l’on ne s’informe pas en dehors des médias. Mais pouvons-nous parler du racisme ? N’est ce pas plus tôt de la xénophobie ? La Xénophobie est une peur de l’étranger due à une méconnaissance.

La xénophobie c’est quoi ? [vidéo en ligne]. Dans youtube. 28 octobre 2016. [Consulté le 20 décembre 2019] Disponible à l’adresse : https://www.youtube.com/watch?v=UQdj_jxfOTA

Selon le rapport de RTBF les élections 2019 le Vlamms belang est le 2e parti flamand derrière la NVA. Tous les électeurs sont t’ils raciste ? En effet, il y a certains racistes endurcis au sein de ce parti, mais les personnes en accord avec leur programme ne veulent pas dire qu’elles sont toutes les mêmes que les dirigeants de ces idées, insiste Philippe Rijck. Ils sont juste effrayés par l’arrivée de nouveaux cultes et parce que les médias transmettent sur ces changements.

Religion : la violence ou la paix ?

Comme le prouve le sondage Orela, dans l’Europe occidentale, la Belgique est l’un des pays les plus méfiants à propos de ce sujet. Les Belges, francophones sont mitigés, la moitié pensant que les croyances sont signe de paix (46 %) et l’autre moitié signe de violence (43 %). Les jeunes sont moins méfiants. 

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Sommes nous libre de choisir notre religion ?

Dans notre pays, rien nous oblige à être catholiques étant donné que la religion et la politique sont séparées. Dans la convention européenne des droits de l’homme, article 9, il est inscrit:  » Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion ; ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction individuellement ou collectivement, en public ou en privé, par le culte, l’enseignement, les pratiques et l’accomplissement des rites. En 1981, on rajouta : « La liberté de manifester sa religion ou ses convictions ne peut faire l’objet d’autres restrictions que celles qui, prévues par la loi, constituent des mesures nécessaires, dans une société démocratique, à la sécurité publique, à la protection de l’ordre, de la santé ou de la morale publiques, ou à la protection des droits et libertés d’autrui ». 

Seulement, nous ne sommes pas entièrement libres à propos de ce choix. Comment ce fait-il que tous les catholiques naissent en Europe et en Amérique ? Se questionne notre sociologue. En effet, l’influence de notre environnement joue un point primordial dans notre orientation religieuse. Si on naît dans une famille protestante, qu’on est ensuite inscrit dans un enseignement qui prône ce culte étant petit, on n’aura pas notre mot à dire. Imaginez un enfant de trois ans vouloir devenir bouddhiste ! Il suffit de regarder dans les familles , en générale toute la famille est de la même religions. Mais l’enfant de 7 ans comprend t’il vraiment la bible, le coran, .. ? C’est arrivé à l’âge mature qu’il faudra s’instruire afin de faire son propre chemin et obtenir ses propres croyances. 

Même l’école nous ment !

Noël, pour beaucoup, est une fête religieuse qui symbolise la naissance de Jésus. Croyant ou non, nous avons toujours appris à l’école, pas nos parents, ou même dans toutes les décorations de Noël, comme la crèche en dessous du sapin par exemple. Mais l’origine de cette date est avant tout une célébration païenne du solstice d’hiver. Ce n’est qu’à partir du 2e siècle que les églises, ont voulu trouver la date de naissance exacte du Christ. Ils ont décidé de christianiser les rites présents et populaire dans la société de l’époque. Philippe Rijck nous explique :  » Jésus, il est né au mois de mars ou au mois de juin, on ne pouvait pas leur faire changer leurs rites. Non ce n’est pas grave jésus, il est né au solstice d’hiver et on va garder Noël. Puis il y a le rôle de Coca-cola qui a nous a fabriqué le père Noël donc c’est quoi ? Donc ces fêtes religieuses ont une histoire on les pratique qu’on soit croyants ou pas ce qui est important c’est de partager un repas c’est de se réunir. »

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Différences : religion et spiritualité

« Dans la religion, il n’y a pas de spirituel. Le spirituel c’est une réflexion personnelle sur le sens de l’existence et ma place dans l’univers. Et la religion ne permet pas de mener cette réflexion-là puisqu’elle dit ce qu’il est. La religion vous dit il y a un paradis, il y a pas de paradis, il y a un dieu, tu dois te comporter comme ça mais il y a pas de spiritualité ça c est un programme d exécution de tâche. Ce sont des croyances imposées. La spiritualité, c’est une démarche libre. C’est se poser la question de sa propre place et de la place des autres. Qu’est-ce que je fais avec les autres ? Le croyant dur rejette tous les autres qui n’appartient pas à sa religion ! Le catholique dur, il est prêt à tuer tous les autres ! Les Juifs durs, demandez aux Palestiniens, il est prêt à tuer tous les autres » raconte monsieur Rijck. 

Être spirituel, différent d’être religieux? [vidéo en ligne]. Dans Youtube. 17 mars 2015. [consulté le 23 décembre 2019]. Disponible à l’adresse : https://www.youtube.com/watch?v=7cjpQtFlgdw&t=203s

Mais avec tout ça on en est où avec ces cultes ?

Il est très difficile d’obtenir une recherche précise à ce sujet. Si on pose les mêmes questions après un attenta par exemple, la xénophobie va être beaucoup plus présente. Il faut comprendre que nous sommes influencé tout autour de nous sur notre façon de penser et c’est à nous de nous informer, de ne pas croire tout ce qui est dit et d’avoir un avis critique. Les dirigeants manipulent et ont une part de responsabilité au niveau de la division, mais soyons plus intelligent !

En savoir plus : De quoi faut- il être libre ? / Spiritualité et religion / Religions dans les écoles.

Marie Vandeleene

Etudiante en communication bac 1 à l’isfsc.

J’aime le théâtre (regarder et jouer) , la danse et la musique. Je prône l’écologie et j’ai différents projets à ce sujet. Créative , j’aime fabriquer de nouvelles choses avec du matériel de récupération.

« Dans 150 ans on s’en souviendra pas. » Alors osons !

« Voilà ce que tu as fait, et je me suis tu. » Psaumes 50:21

Le pape François demande pardon aux fidèles et essaie de faire bouger les choses pour aider les victimes à faire le deuil. C’est vers la fin du 20e siècle qu’on a commencé à entendre parler partout dans le monde des premiers scandales au sein l’Église. Les abus sexuels sur mineur et les religieuses montrent les dérives du clergé. Et fait l’objet de procès très médiatisés. Comment venir en aide aux victimes et leur permettre de tourner la page ?

Les mineurs et les religieuse prennent la parole

Le 29 novembre 2019 a débuté le deuxième jour du procès Barbarin. Ce dernier est accusé d’avoir gardé pour lui des agissements pédocriminales du prêtre Bernard Preynard, qui est accusé d’avoir abusé de mineurs. Le procès n’est pas encore terminé, la cour prendra sa décision le 30 janvier prochain.

Depuis quelques années, plusieurs médias parlent des scandales qui secouent l’Église catholique, notamment Arte, qui a diffusé un documentaire sur l’abus sexuel des religieuses, pensez-vous que malgré le culte du silence qui se trouve dans l’Église, certaines d’entre elles vont parler ?

« En ce qui concerne les religieuses par rapport aux enfants, c’est une autre question plus proche de ce qu’on a appelé dans les années 90 la question des dérives sectaires, c’est-à-dire non pas seulement sur les enfants mais aussi sur les adultes. Ça consiste à noter que certaines personnes fragiles peuvent être en quête spirituelle et peuvent dans cette quête chercher des réponses à leur vulnérabilité, mais comme elles sont vulnérables, la quête spirituelle est redoutable et on peut très bien imager que l’autorité spirituelle n’ait pas tout été correcte, puis qu’il abuse de la vulnérabilité. Mais elle est différente de celle de l’enfant, puisque celui-ci ne comprend pas ce qui lui arrive, te dit qu’ici ce sont des personnes majeures qui sont en recherche de quelque chose qui ont trouvé l’homme ou la femme qui éclaire le sens de leur vie, et puis à force d’éclairer les choses se compliquent. » explique Louis-Léon Christians, directeur de la chaire droit et religion d’Université Libre de Louvain.

Mettre des mots sur les maux

En Belgique, il y a eu 600 signalements de cas prescrits concernant des abus au sein de l’ Église. Elles ont toutes été enregistrées par le centre arbitrage (1), qui est une commission mixte entre l’ Église et l’ État. C’est ce dispositif qui a essayé d’aider financièrement mais de façon assez secondaire, surtout en termes équité. Mais aussi les droits canons qui remontent à l’an 1000, qui d’abord servait au bon ordre du clergé, et parfois des fidèles. Il faut attendre la Deuxième guerre monde avec les mouvements des droits de l’homme, à partie duquel il est devenu plus vigilant à la protection des statuts des fidèles contre éventuels abus du clergé. Le premier moment délicat de ces affaires, c’est d’abord la prise de parole. Puisque certaines personnes ne veulent pas revivre une deuxième fois, toute cette histoire est de réexpliquer sans cesse les faits. Car même si parfois il y a une possibilité de sanction pénale.

Est-ce que la sanction du coupable suffit à résoudre les mots ? Nul ne le sait.

Ensuite, parfois, la réponse de la justice est insatisfaisante. En droit, on va parler d’arrêter, cela signifie qu’on arrête de discuter sur les faits qu’on a pu prouver. On passe outre cette affaire et ces difficultés qui ont cassé, troublé une vie pour permettre à ces personnes de tourner la page.

Comment la justice peut-elle aider les victimes de ces abus ? « C’est une question difficile qui se pose encore au parlement belge, puis en France. Autrement dit, celles des personnes qui ont estimé êtres abusés ou ont été abusées ont eu à la possibilité psychologique et le courage de parler. Se retrouve dans une situation de victime qui n’est pas nécessairement agréable. Dire, regarder, j’ai été abuser. C’est courageux et on espère justice, mais enfin, c’est tout de même se donner une étiquette de victime, on préférerait être un gagnant plutôt qu’une victime. Donc il y a un moment de fragilité dans la prise de parole. Alors un des problèmes qu’on a eu dû à la lenteur du processus historique, c’est qu’aujourd’hui, en France comme en Belgique, mais en Belgique, c’est fini, il y a eu un nombre impressionnant de paroles libérées, surtout sur des cas prescrits pénalement. Donc des personnes qui parlent au moment où elles savent qu’elles ne pourront pas obtenir la condamnation pénale de la personne qu’elles accusent. Parce que le délit est prescrit, le délit est trop passé, donc ça aussi, c’est terrible d’amener des personnes à parler comme victimes, mais tout en leur disant attention, vous parlez, mais il n’y aura pas de solution juridique, il y aura peutêtre une solution psychologique. » poursuite, Louis-Léon Christians

Des points à travailler

Il reste encore des questions à se poser comme : comment l’Eglise sanctionne ces personnes ? Comment l’Eglise arrive t’elle à son tour à aider les victimes ?

La première faille que l’on constate, c’est pendant longtemps dans la société, on ne parlait pas de sexe. Le fait de ne pas parler de ces abus dans les relations de religieuses correspond donc qu’on ne parle pas de ces abus dans l’enseignement, dans le sport, etc. C’est une première chose qui n’excuse pas évidemment un manque de vigilance, mais ça explique tout de même le silence généralisé. Il faut attendre les années 90 pour que réellement les scandales public et massif éclatent aux États-Unis , puis en Belgique et en France maintenant.

Ensuite, il y a eu des problèmes dans la gestion de ces personnes au sein même de l’ Église.  » C’est ce qu’on a reproché encore aux ecclésiastiques de cette fameuse période où on est passé de l’omerta à la prise de parole. Durant cette période intermédiaire, on sait que la réponse classique des autorités religieuses était bien déplacée, la personne. L’autorité religieuse avait commis quelque chose qui n’est pas admissible et la sanction était un déplacement. Ils espéraient que ce déplacement leur permettrait de tourner la page et de repartir sur de bonnes bases. Ce qu’on ne savait pas à l’époque, mais qui a changé aujourd’hui, c’est que lorsqu’un pervers sexuel avoue sa perversité, cela n’empêche pas qu’il soit toujours potentiellement actif. Donc il y a une évolution de la connaissance de la psychologie de la récidive au cours de ces dernières années. » indique-t-il.

Pour conclure, on constate que l’ Église catholique essaie de faire des efforts afin de ne pas commettre les mêmes erreurs que par le passé. Par ses différentes actions, le pape François montre qu’il veut mettre en lumière ces abus pour qu’il ne reste pas dans l’ombre. Malgré la difficulté de ces procès, certaines victimes ont le courage de pouvoir parler alors que d’autres préfèrent passer à autre chose.

  • (1) https://www.wipo.int/amc/fr/center/index.html

Laliongo Tifanny, 20 ans, étudiante en bac 1 communication à l’ISFSC.

« Lorsque vous vous faites un devoir toute votre vie d’aimer les autres, il n’y a jamais de dernier chapitre, car l’histoire se poursuit. Vous prêtez votre lumière à quelqu’un d’autre, qui éclaire une autre personne et une autre, et encore une autre. » Oprah Winfrey

Mourir avant l’heure

Il est difficile de parler de la mort quand celle-ci est taboue dans certaines régions du monde. Logiquement, et si tout se passe bien, la mort ne viendra pas taper à notre porte avant l’âge de 80 ans voir plus car nous constatons une augmentation de l’espérance de vie en Europe (1). Pourtant à l’aide de l’euthanasie, certains décident de quitter ce monde bien avant l’heure. Ce débat fait couler beaucoup d’encre et notamment au sein des 3 religions monothéistes.

Le 28 octobre 2019, des hauts représentants des 3 religions monothéistes se sont rendus au Vatican afin de statuer contre l’euthanasie considérée comme damnable. Pour ce faire, ils ont signé et remis au pape François un document dans lequel ils expliquent fermement le fait que l’euthanasie et le suicide assisté sont intrinsèquement et moralement répréhensibles.

la seringue représente le produit qui sera injecté dans le corps du patient pour procéder à l’euthanasie. Licence Creative Commons Attribution 4.0 International

L’euthanasie désigne un acte médical consistant à provoquer volontairement la mort d’un patient afin de soulager ses souffrances physiques ou psychologiques considérées comme insoutenables et incurables, selon la bénévole de l’association du droit de mourir dans la dignité ( ADMD ) Liliane Thys. « Les personnes qui peuvent l’obtenir sont des majeures ou des mineures qui remplissent des conditions bien particulières. En effet, ils peuvent en bénéficier en faisant une demande anticipée d’euthanasie en étant dans un état de lucidité », ajoute l’experte.

Qu’en pensent les religions monothéistes ?

Le christianisme, le judaïsme et l’islam partagent le même point de vue sur la question de l’euthanasie. Le suicide assisté sous toutes ses formes passives ou actives et l’euthanasie sont absolument interdits. Il est dit dans les 3 livres saints de manière assez similaire que seul Dieu donne la vie et lui seul a le droit de la retirer. Dans l’islam, l’euthanasie est formellement interdite car elle représente un meurtre commis par le médecin, même si celle-ci est demandée par le patient. Le médecin ne peut pas être plus miséricordieux envers le patient que Dieu qui lui a donné la vie et qui la lui reprend dans les conditions qu’il veut.Le malade doit alors attendre sa mort naturelle. Au sein du christianisme, l’euthanasie s’oppose au 6ème commandement, tu ne tueras point. Le judaïsme explique qu’il est défendu de faire quelque chose qui puisse accélérer la fin de vie d’un agonissant(2).

 Il est donc défendu d’écourter la vie d’un patient agonisant et cela peu importe les motifs ou les raisons qui peuvent bien pousser cet acte. Pratiquer l’euthanasie fait en sorte que le médecin devienne le tueur du patient. Étant donné que l’homicide est considérée comme un pêché très grave qui a pour rétribution l’enfer, il en va de soi, d’un point de vue religieux que celle-ci ne soit pas pratiquée.

Les soins palliatifs comme solution ? 

Selon madame Thys , : « Les soins palliatifs sont des annexes d’hôpitaux qui créent une espèce de cocon confortable qui consiste à prendre soin des patients en continuant leur traitement jusqu’à ce qu’ils rendent leurs derniers souffles ».

Ces soins sont proposés comme une solution par les religions monothéistes et sont alors mis en avant aux dépens de l’euthanasie. Le but est d’octroyer avec les services des organismes religieux une aide spirituelle et morale. L’objectif est également de prendre soin des patients en continuant leur traitement afin de soulager leur douleur et celle de leurs proches. Cet accompagnement proposé par ces institutions religieuses fait en sorte que les patients quittent ce monde de manière dite naturelle.

Question de moral ou de religion ?

Malgré que des solutions soit proposées et mises en œuvre par les hôpitaux et les organismes religieux, ne doit-on pas laisser un libre-arbitre aux patients afin que ceux-ci décident de la manière dont ils veulent quitter ce monde ? L’être humain ne décide pas de sa venue sur terre mais peut-il décider de sa fin ?  Si une personne agonisante souffre terriblement et que les soins palliatifs n’atténuent pas sa douleur insurmontable, doit on la laisser souffrir pour partir de manière naturelle ou lui accorder l’euthanasie ? Tant de questions qui font débat, mais au final, les réponses résultent du choix personnel de chacun comme l’explique la bénévole.

La religion un frein pour l’euthanasie ? Vraiment ?

Le 27 novembre 2019, Roger Sougnez, un prêtre belge de 92 ans, a décidé de se faire euthanasier (3). La raison est qu’il était atteint de plusieurs cancers et que les soins palliatifs ne lui ont pas permis d’aller mieux. Nous faisons face à un cas étonnant et très intéressant car Roger Sougnez à consacré durant sa vie, corps et âme à l’Eglise et la religion catholique. Malgré le fait qu’il connaisse l’avis des textes biblique quant à la question de l’euthanasie, cela ne la pas empêché d’avoir eu recours à cette pratique. Le comportement de ce prêtre n’est-il pas à adopter ? Est-ce un exemple d’ouverture d’esprit et ou alors de tolérance ? Le fait d’être prêtre ne l’a pas freiné dans sa démarche. Malgré son implication dans la religion, cela ne l’a pas empêché de faire un choix personnel et d’opter pour l’euthanasie. Liliane Thys rajoute également que : « En région flamande, bien qu’il y ait plus d’églises, le taux de demande d’euthanasie est plus élevé que dans le reste de la Belgique ». Ce qui en conclue selon elle , que la religion n’est pas un frein à l’euthanasie.

Peu importe les convictions religieuses, libre à chacun de décider si oui ou non il veut avoir recourir à l’euthanasie. Certes, des règles spécifiques sont dictées dans les textes sacrés mais cela n’empêche pas d’aller à l’encontre de ce qui est dit si cela peut contribuer au fait de partir dans la dignité.

(1) https://www.touteleurope.eu/actualite/l-esperance-de-vie-en-europe.html

(2) http://euthanasie-tpe.over-blog.com/pages/Leuthanasie_et_la_Religion-351142.html

(3) https://www.rtl.be/info/belgique/societe/roger-sougnez-un-ancien-pretre-s-est-fait-euthanasier-a-l-age-de-92-ans-nous-l-avons-rencontre-la-veille-de-sa-mort-1178028.aspx

Comment mourir dans la dignité, 4 questions pour comprendre l’euthanasie en Belgique

L’euthanasie, plus un tabou

Les 3 religions monothéistes unies pour condamner euthanasie et suicide assistée

Moaad Laiti-Elmortaji, 22 ans, étudiant en communication à l’ ISFSC.

une citation qui me correspond : « Avec du temps et de la patience, on vient à bout de tout »

Les problèmes autour des différentes religions en Belgique.

?, Religion et convictions, en ligne, consulté le 23 décembre, Berlin.de disponible à https://www.berlin.de/willkommenszentrum/fr/etape-5-quotidien/religion/

Aujourd’hui, les 5 principales religions dans le monde sont l’islam, le christianisme l’hindouisme, le bouddhisme et le judaïsme. Ensemble, elles regroupent près de 5 milliards des 7 milliards de personnes que compte notre planète. Étant un État neutre, la Belgique, fait place à une grande diversité de religions. Mais cette diversité est-elle bonne ou mauvaise?

La diversité des religions en Belgique

«Ce qui fait la richesse d’un pays, c’est sa capacité à accepter la diversité des religions» rapporte Adolphe Bonyanga Bokele, curé de la paroisse d’Athus et docteur en philosophie. Regroupant un grand ensemble de religion, la Belgique traditionnellement est catholique depuis le haut Moyen Âge, mais ce culte cohabite maintenant avec d’autres religions comme les Protestants, les Orthodoxes, les Musulmans, le Judaïsme, …

A l’origine de cette croissance, l’immigration. La Belgique accueille pas moins de 1.259.091 résidents d’origine étrangères. Qui dit étrangers, dit nouvelle culture. Mais le multiculturalisme plaît-elle à tout le monde? Pour Adolphe Bonyanga Bokele la réponse claire : « Non, elle ne peut pas plaire à tout le monde. On vit dans un monde avec énormément de discriminations, de racisme ou d’homophobie, chaque personne à son propre mode de vie et sa manière de faire les choses, ce qui ne peut pas plaire à tout le monde. La culture est un luxe pour nous, c’est un cadeau de Dieu, mais l’Homme n’accepte pas toujours la différence entre lui et autrui, et c’est ce qui pose des problèmes à l’heure d’aujourd’hui partout dans le monde».

La crainte de l’islam

La peur de l’islamisme après le 11 septembre 2001 s’est renforcée après l’attaque du Musée juif et les doubles attentats de Paris. De plus, l’islam est la 2ème religion la plus présente sur le champ médiatique, chose qui ne passe pas inaperçu aux yeux des spectateurs. En effet, l’islam est jugé trop visible aux yeux des gens à cause de l’image négative que les médias lancent d’elle. Il y a énormément d’amalgames fait au sujet de cette religion comme par exemple : comme les crimes qui sont liés au groupe de l’état islamique en Irak, le groupe de DAESH, les attentas sont souvent relié à l’islam. Une campagne a été lancée par des Britanniques de confessions musulmane pour dénoncé les amalgames commis au nom de l’islam. Cette campagne se nomme  » NOT IN MY NAME » et veut alerter les risques sur les amalgames. Elle vise aussi à dénoncé la politique migratoire du gouvernement belge et à sensibiliser l’opinion publique au sort peu enviable des migrants soudanais, érythréens, afghans et iraniens qui se regroupent au parc Maximilien près de la Gare du Nord avant de poursuivre leur route vers la Grande-Bretagne.

Et si la religion disparaissait?

ISSARTIAL, La paix, au-delà de l’absence de guerre, consulté le 23 décembre, http://fraternite-ofs-sherb.eklablog.com/la-paix-au-dela-de-l-absence-de-guerre-interbible-a107707910

«Il est vrai que toutes les religion ne sont pas pareilles, que toutes les personnes qui la pratique sont différentes, que chaque avis n’est pas partagé, mais la religion devrait toujours être pratiquée dans le respect et dans la paix sans jamais créer de conflit même si les valeurs ne sont pas les mêmes. Les guerres religieuses et leurs abominations crée au « nom de la religion » est absurde et impensable. Rien de tout cela ne devrait arriver pour une religion».

De nombreuses Guerres civiles seraient sûrement évités dans un premier temps, et la phase acceptation remplacerait la phase « intégration de force ou destruction » actuelle. Certaines études récentes montrent même que depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, beaucoup de conflits présentent des dimensions, ou des causes, religieuses, qu’ils tendent à être plus violents et plus longs que les autres, et qu’il y a eu une augmentation globale de leur nombre. Les Hommes chercheraient des solutions par eux-mêmes au lieu de démolir les solutions religieuses.

La religion est un fait universel auquel on choisit ou non d’adhérer et de croire. Pour beaucoup, Dieu permet de vivre dans la paix, la joie et la bonne humeur, de voir le monde meilleur qu’il ne l’est. Mais la religion relève aussi à l’homme la fragilité de son existence, même si elle apporte du bon à ceux qui vivent avec elle, mais pas à ceux qui ne vivent qu’à travers elle. Mais la religion est-elle un facteur de paix ou de guerre?

Si on avait une religion universelle ?

Et si par un désir de fraternité ou par l’évolution naturelle des pensées, toutes les religions se rejoignaient en un culte universel, à la croisée de toutes les cultures, de toutes les influences, de tous les modes de pensée.

Tout les peuples du monde seraient alors réunis autour d’un plan spirituel commun. Chacun serait libre de le pratiquer ou pas, cette religion. Une nation unie pourrait alors naître, non pas avec qu’une seule opinion mondiale mais avec la liberté de s’affirmer, de se défendre et de clamer haut et fort ses idées.

«Toutes les religions ont un but qui est d’atteindre la fraternité par la liberté. Mais est-il possible de l’acquérir ? Car même en ayant une religion commune, je ne pense pas qu’une seule et unique religion ne guérirait pas l’humanité de tous ses maux, de tous les malheurs que les Guerres de religion on créer, des actes ainsi sont inoubliables, on ne pourrait pas nier ce qu’il s’est passé. Il est vrai qu’elle unirait les Hommes, même si l’union fait la force, rien du passé ne pourra être effacé».

La religion au final, c’est quoi?

Nous vivons dans un monde complexe dans lequel certains arrivent à s’épanouir, à vivre pleinement, à être les maîtres de leur destin, sans ressentir le besoin de croire en Dieu, tandis que pour d’autres, le poids de l’existence est trop lourd, alors ils se tournent vers la religion car elle aide, elle rassure, elle donne un sens et promet le bonheur.

Pour autant, il n’y a pas les forts d’un côté, et les faibles de l’autre.  » Chacun choisit de croire ou de ne pas croire, en fonction de sa vie, de son histoire… Mais surtout, la croyance religieuse doit demeurer un acte de liberté, afin d’être un moyen d’atteindre le bonheur ».

PIERRET Zoé

Pour en Savoir + : 

(1) Roland Baumann CCLJ, LA BELGIQUE PLURIELLE : CITOYENNETÉ ET MULTICULTURALISME, [S.I ], 16 septembre 2004, http://www.cclj.be/actu/politique-societe/belgique-plurielle-citoyennete-et-multiculturalisme

(2) Hugue Lagrange, Le multiculturalisme est incontournable, [S.I ], publié le 13 mai 2014 à 15h16 – Mis à jour le 13 mai 2014 à 15h54 , https://www.lemonde.fr/idees/article/2014/05/13/le-multiculturalisme-est-incontournable_4416004_3232.html

(3) Christian Laporte, le retour en force du religieux et l’espoir d’un islam belge, [S.I ], publié le samedi 18 juin 2016 à 07h45 – Mis à jour le samedi 18 juin 2016 à 07h48, https://www.lalibre.be/belgique/le-retour-en-force-du-religieux-et-l-espoir-d-un-islam-belge-5764133535705701fd88a748

-Jeune athusienne né en 2001  

-Etudiante à l’ISFSC 

-Passionné par la photographie

Education religieuse et liberté: sont-elles compatibles?

Depuis 1989, les enfants disposent de droits inscrits dans la Convention relative aux droits de l’enfant.  Au moyen de son 14ème article, elle énonce la liberté dont dispose chaque enfant à pratiquer sa propre religion. Toutefois, comment peut-on parler d’une liberté si celle-ci est en partie guidée par l’éducation venant des parents ?

Par quel moyen les parents transmettent leurs croyances à leurs enfants ? Celles-ci peuvent-elles influer sur le comportement de l’enfant ? Quel est le rôle du libre-arbitre ? Peut-on considérer cela comme du lavage de cerveau ?  De manière générale, quel est l’impact des croyances religieuses et des convictions des parents sur l’éducation de leurs enfants ? Les croyances, comme les traditions et les valeurs, se transmettent par le biais des parents. Enseigner la religion aux enfants dès leur plus jeune âge leur permettra d’avoir une première approche de la religion, de posséder les bagages nécessaires pour se construire et également de se faire leurs propres opinions quant à leur pratique de la religion.

Hicham Azmani, psychologue, donne son avis quant à la question de l’impact des croyances religieuses et des convictions des parents sur l’éducation de leurs enfants. Najwa AZMANI TAUIL 2019 © 

Monsieur Hicham Azmani, psychologue, explique que la religion, comme les traditions et les coutumes, se transmettent de génération en génération. Selon lui, l’arrivée de nouvelles personnes dans un équilibre familial peut parfois s’accompagner d’un changement ou d’une évolution.  

Bien que les enfants puissent passer par des enseignements religieux extérieurs, comme le catéchisme ou l’école coranique, les parents restent les premières personnes se chargeant de la transmission des croyances à leurs enfants. D’ordinaire, le partage de la foi se fait par l’oralité et bien avant que l’enfant ne comprenne correctement la notion de religion et parfois même de Dieu. Cela se fait de manière naturelle comme, par exemple, une prière avant d’aller se coucher.

Toujours d’après notre expert, le mimétisme, lui, joue aussi un rôle dans le transfert des croyances. En effet, les enfants ont tendance à reproduire ce que font leurs parents et toutes personnes grandissant avec eux. Ils peuvent par exemple prier avec leurs proches sans pour autant comprendre le but de cette pratique. Bien que cela n’ait pas réellement de sens pour l’enfant, celui-ci comprendra par la suite le message derrière cet acte.

Du lavage de cerveau?

Selon un sondage réalisé sur le site debate.org, 85 % des personnes interrogées pensent que le fait d’enseigner la religion aux enfants se présente comme une forme de lavage de cerveau. Certains parents pensent que le fait d’enseigner la religion à leurs enfants peut nuire à leur capacité de penser de façon plus claire, et donc de faire des bons choix. « Non, en aucun cas la religion peut empêcher de penser de manière rationnelle. Se dire que la religion et la raison ne vont pas de pair n’est pas correct, c’est un ensemble », affirme notre psychologue.

Comme le dit Jean Paul II, « la foi et la raison sont comme les deux ailes qui permettront à l’esprit humain de s’élever  (1)».

Croire en une religion ne relève pas de la crédulité car c’est la réflexion elle-même qui pousse à croire. Enseigner la religion aux enfants est alors un moyen pour eux de se faire leur propre opinion. Ils auront à leur disposition une réserve d’informations ainsi que les bases nécessaires qui leur permettront plus tard, de faire leurs propres choix. « Ne pas leur parler de la foi, c’est restreindre leur possibilité de choisir leur propre voie (2) ».

Et le libre-arbitre dans tout ça?

« Dès l’âge de 4/5 ans les enfants se posent des questions à portée religieuse. Qui est Dieu ?, qu’est-ce que la mort ?, d’où venons-nous ? », Explique Monsieur Azmani. Imposer une religion à son enfant n’est pas autorisé. Mais, les enfants peuvent recevoir une éducation religieuse dès leur plus jeune âge de façon non contraignante. Un enfant peut effectuer ses choix moraux en toute liberté. Il s’agit d’un droit dont il dispose par la Convention des droits de l’enfant. Aucun parent n’est en droit d’imposer une idéologie religieuse à son enfant. Ils se doivent alors de laisser un libre choix à leurs enfants quant à la question des croyances et des convictions religieuses. « Ils disposent d’un libre-arbitre leur permettant de pouvoir choisir seul  et de manière absolue. Ils sont à l’origine de leurs actes. Ils sont libres », ajoute notre expert. Ils peuvent choisir par eux-mêmes une croyance sans être poussés ou influencés par un élément externe.

vidéo montrant le témoignage d’un couple au sujet de l’éducation religieuse de leurs enfants.

Un rattachement?

Le fait d’inculquer la religion aux enfants contribue à leur construction car celle-ci les aide à savoir qui ils sont, d’ où viennent-ils et permet de se rattacher à une communauté (3). A l’instar des traditions et des coutumes, la religion nous permet de nous rattacher à quelque chose comme par exemple une communauté religieuse bien définie qui peut se présenter comme une forme de soutien social ou même psychologique.

La clé du bonheur?

L’éducation religieuse transmisse par les parents peut également influer de façon positive sur le développement de l’enfant. Elle peut apporter un certain réconfort et répondre à certaines questions parfois même existentielles. Elle permet alors de se rattacher à quelque chose. Elle pourrait même contribuer au bonheur et au bon épanouissement de l’enfant car elle permet de trouver un sens à sa vie (4).

De plus, la religion de manière générale véhicule les principes fondamentaux des valeurs communes et du vivre ensemble qui ont pour but de préserver et d’améliorer notre bien-être et parallèlement le bien-être des personnes avec qui nous nous retrouvons fréquemment en contact (5).

L’ éducation religieuse ne représente pas forcément une forme d’imposition ou de lavage de cerveau mais peut permettre à l’enfant la construction de sa propre identité. Garantir une liberté totale tout en proposant de façon non contraignante des idées religieuses? Cela ne semble pas impossible.

Je m’appelle Najwa Azmani Tauil, j’ai 21 ans et je suis étudiante en BAC1 en communication à l’ISFSC.

Mes passions dans la vie sont les voyages, la musique et la photographie.

La citation qui m’accompagne est: « accepte ce qui est, laisse aller ce qui était et aie confiance en ce qui sera » Bouddha

Ouïgours, en quête de vérité

Photo de barreaux, Pixabay License, libre pour usage commercial, pas d’attribution requise

Le gouvernement Chinois mène puis 2017 une répression violente contre l’ethnie que représente les ouïgours. Enfermés dans des camps et sans nouvelles de leurs proches. Le gouvernement Chinois justifie l’ouverture de ces camps avec leurs lois sur la sûreté publique. Il utilise les émeutes de 2009 comme excuse pour justifier ces enfermements. La découverte de documents classés confidentiels du gouvernement Chinois risque de peser dans la balance du côté des ouïgours.

Depuis plus de deux ans maintenant, les peuples Ouïgours et Kazakhs sont victimes d’une répression silencieuse due à la pratique de leur religion. Les Ouïgours forment une ethnie de religion musulmane du Xinjiang (état indépendant de la Chine). En effet le gouvernement chinois à mis en place depuis le début des années 2000 une répression visant à marginaliser les ouïgours et les kazakhs. Les deux communautés ne pouvaient plus posséder de magasins, subissaient des contrôles faciaux, étaient victimes de surveillance intrusive. Suite à ces répression, ces deux peuples ont décidé de manifester contre la marginalisation qu’ils subissaient. Ces manifestations se sont d’abord déroulées de manière pacifistes. Des débordement ont cependant eu lieu, notamment avec les émeutes de 2009.

A la suite des émeutes de 2009, le gouvernement chinois a pris la décision de réagir de façon radicale contre ces manifestations. Ils ont mis en place l’installation de camps. Ces camps sont appelés par le gouvernement « centre de formation professionnelle et de rééducation ». On y étudie les loi du parti communiste et les chants patriotiques sont à répéter plusieurs fois par jour. Sous ces aspects peu inquiétants, se trouvent une toute autre réalité. Celle de millions d’hommes, de femmes et d’enfants, privés de leur droit à la liberté mais également de leur droit à la liberté de conscience, en pratiquant un lavage de cerveau intensif visant à les faire adhérer au régime communiste. Entre 500 000 et 1 million d’Ouïgours sont actuellement portés disparus, et ce depuis maintenant 2017.

« A la base, lors des manifestations à l’encontre de la surveillance et de la répression massive du peuple, c’était une petite minorité d’Ouïgours impliquée. Le gouvernement à utilisé alors le prétexte de lutte anti-terroriste et des débordements qui ont lieu lors des manifestations pour réprimander un peuple tout entier. C’est un endoctrinement massif sur un peuple dont la plupart ne sont pas des terroristes chevronner, loin de là. On accepte l’autre pourvu qu’il soit le même que nous, voilà pourquoi on le met dans des camps! On les assimiles, afin de les faire devenir comme nous. Le but étant d’éloigner le plus une culture différente du communisme, à travers la culture de la peur. », m’explique Philippe Givron, coordinateur Chine pour Amnesty International.

Phillipe Givron, coordinateur chine pour Amnesty Internationale, Raconte et explique
Shaima El Koulali
Phillipe Givron, coordinateur chine pour Amnesty International, raconte et explique
© Shaima El Koulali 2019

« Where are they », les premiers soupçons

En 2017, les premières interrogations ont commencé à naître. Des familles Ouïgours se sont inquiétées d’être subitement sans nouvelles de ceux ci. Le nombre de disparus augmentant, le gouvernement n’agissant point et niant toute responsabilité, on sait que le mouvement « Where are they » à vu le jour par Amnesty international. Des vidéos datant de 2018 ont également été publiées et prouvent que ces camps ne ressemblent en rien à une colonie de vacances. On y aperçoit de l’extérieur des barreaux et des policiers , de l’intérieur, des cellules en guise de dortoirs, des murs recouverts de lois communistes. Ces camps sont presque à confondre avec des prisons.

Suite à la publication de ces vidéos, le gouvernement chinois s’est vu obligé de justifier la création de ces camps par la peur du terrorisme grandissant, suite aux manifestations de 2009. Le gouvernement utilise sa loi de sûreté publique comme me l’explique Philippe Givron: « L’objectif de la chine est de dissoudre toute population indépendante et allant à l’encontre des valeurs que prône le communisme. Elle utilise le problème de la sûreté publique pour surveiller et arrêter des manifestants qui ne sont que des opposants au parti communiste. Car tout ce qui va, d’après le parti à l’encontre du communisme est immédiatement perçu comme une atteinte à la sûreté de l’état et donc une menace à la sûreté de l’hégémonie du communisme. C’est complètement opposé aux droits humains car il y a un manque évident d’équilibre. C’est un régime totalitaire, qui utilise des mesures de sécurité disproportionnées. « 

Fuite des Xinjiang papers et des « Chinas Cables »

Le 16 novembre 2019, 400 pages de documents ont fuité par un membre du gouvernement chinois, souhaitant rester anonyme. Ce qui semble être une violation massive des droits humains prouve que le gouvernement chinois ne dit pas tout sur le traitement des Ouïgours. Dans ces pages nommés « Xinjiang Papers » , nous pouvons y retrouver les différentes méthodes pratiquées par le gouvernement pour contraindre cette ethnie a suivre leurs lois. Le 20 novembre, une autre série de documents, les Chinas Cables ont fuité par le Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ) relatant de séries de maltraitance à l’encontre des ouïgours. On y trouve documents ayant pour mention l’importance de « la repentance et de l’aveu ». Chaque acte de résistance est suivie de punitions. Cela confirme les soupçons et les inquiétudes des proches. L’apparition de ces documents est une preuve supplémentaire prouvant que la religion n’est pas la cause principale de cette politique d’enfermement.

La chine, une amie qu’il faut garder

Les pays du globe ne sont pas tous montrés critiques envers la Chine. Philippe Givron précise : « Le Vietnam est un des ses amis proches, elle investit également beaucoup dans les pays d’Afrique comme l’Arabie Saoudite, le Qatar , les Emirats . Les pays dépendent des investissements, ils éviteront donc d’aller à l’encontre de la Chine. D’un autre coté, certains pays ont décidé de faire porter leurs voix pour cette ethnie. La Belgique s’est montrée intransigeante en dénonçant les points clés des problèmes en Chine et en mettant l’accent sur la répression des ouïgours. La Turquie est l’un des rares pays musulmans à s’être montré critique envers la situation. « 

Au niveau de l’opinion publique, La Chine a le contrôle sur tout. Il est impossible de former un groupe sans l’accord du parti communiste car le gouvernement agit avec un contrôle sans limite. Les sites internet, certaines institutions tels qu’Amnesty International ou certains journaux de presse comme Le monde y sont interdits. L’opinion publique, qui se veut dans le reste du monde importante et ayant son poids dans les mouvements de groupes est inexistante en Chine. C’est pourquoi en Chine, au niveau médiatique, aucuns articles relatant de la situation des Ouïgours n’est paru. Cependant, la découverte des Chinas Cables marque un tournant médiatique. Les ouïgours se sont retrouvés sur le devant de la scène et des pays ont pu montrer leur soutien et pris la défense des ouïgours.

Publication de Raphael Glucksmann, essayiste et homme politique français. Source: Instagram

Un modèle pourtant paradoxal

Actuellement, le gouvernement Chinois ne semble pas prêt à prendre ses responsabilités. Il choisit de ne pas assumer ses erreurs. Pourtant, l’article 4 de la constitution chinoise est très clair:  » chaque ethnie a le droit d’utiliser et développer sa propre langue, sa propre culture« . L’article 36 garantit lui:  » la liberté de religion« . La situation des ouïgours nous prouve le contraire. La découverte des « Chinas Cables » feront peut-être changer les choses rien n’est plus à espérer car pour Philippe Givron: « La Chine est une des plus grandes puissances mondiales. Elle a une influence énorme et est très avancée technologiquement et économiquement parlant. Nous pouvons espérer qu’elle n’influence pas sur les autres pays, notamment ses alliés, afin de devenir un exemple de violence extrême. » Cette nouvelle situation obligera peut-être les pays du monde à ouvrir les yeux sur une situation très précaire.

En savoir plus:

Vidéo documentaire sur la condition des Ouïgours

Article relatant des « Chinas papers « 

Communiqué de presse d’Amnesty

Des conflits sous couverts de religion

Vidéo de la plateforme « Brut » expliquant la persécution de l’état Chinois sur les Oïgours.

Shaima El Koulali, jeune étudiante de 22 ans en communication, habitant Bruxelles depuis toujours. J’étudie à la haute école ISFSC. J’aime voyager et apprendre de nouvelles choses tous les jours.

Religion, facteur de paix ou de guerre ?

CHUSSUK. Religious Jokes [illustration], le 20 juin 2011. Dans : Ludicorp. Flickr [en ligne]. [Consulté le 21 décembre 2019] disponible à l'adresse : https://www.flickr.com/photos/schussuk/5854329632/
CHUSSUK. Religious Jokes [illustration], le 20 juin 2011. Dans : Ludicorp. Flickr [en ligne]. [Consulté le 21 décembre 2019] disponible à l’adresse : https://www.flickr.com/photos/schussuk/5854329632/
On entend de tout et partout … Alors la religion a-t-elle le même impact sur les citoyens qu’auparavant, une chose est sûre c’est qu’elle fait débat. Mais jusqu’où ira-t-elle et à quel prix, ou plutôt qui est véritablement responsable de tous ces déboires ?

La religion au cœur de la société

Croyance et rite, constituent les religions qui sont des phénomènes humains. Réunit par une similarité de croyances et partages, de certaines pratiques. « C’est depuis les années soixante, que l’impact de la religion catholique en Belgique a fortement régressé au sein de la société. Passant d’une majorité des individus qui fréquentait chaque dimanche un lieu culte, à 4% de fidèles hebdomadaires » souligne Caroline Sagësser docteure en histoire (1). En aucun cas, son intérêt médiatique a pu s’essouffler. En sachant pertinemment que le plus gros groupe convictionnel en Europe est celui des non-religieux.

C’est depuis l’apparition de l’immigration, qu’est survenue une diversification du paysage convictionnel. On assiste à quelque chose de relativement neuf, où de nombreuses personnes regardent l’islam comme une nouvelle religion. « Aujourd’hui les musulmans sont en Belgique depuis 60 ans, pour beaucoup il y a cette idée-là on se découvre, on se connaît mal. Dû à un manque de cours qui traite l’inter religieux et ce dès l’école primaire. Comme chaque année, le ramadan est traité comme une pratique étonnante qui crée la polémique ». Les médias s’y intéressent tant, car Bruxelles et de nombreuses autres villes sont devenues multiculturelles.

ALTMANN, Gerd. Religion [illustration], le 18 janvier 2009. Dans : BRAXMEIER, Hans, STEINBERGER, Simon. Pixabay [en ligne]. [Consulté le 20 décembre 2019] disponilbe à l'adresse : https://pixabay.com/fr/photos/religion-point-d-interrogation-3067050/
ALTMANN, Gerd. Religion [illustration], le 18 janvier 2009. Dans : BRAXMEIER, Hans, STEINBERGER, Simon. Pixabay [en ligne]. [Consulté le 20 décembre 2019] disponilbe à l’adresse : https://pixabay.com/fr/photos/religion-point-d-interrogation-3067050/

1789 une grande date à l’échelle mondiale

Après de nombreuses années, la liberté de religion arrive lors de la Révolution française en 1789. Depuis longtemps, les citoyens restaient dans le milieu où ils sont nés. Le chemin était linéaire et tout tracé, si vous veniez d’une famille catholique la case départ était : le baptême, puis l’école catholique, la confirmation, le mariage, etc. Maintenant, les églises n’imposent plus cette forme de discipline et l’être humain a la liberté de changer. Faire des allers/retours, il est tout à fait concevable qu’un bouddhiste s’intéresse à l’islam. Chaque personne a un chemin de vie beaucoup plus complexe, amené à rencontrer forcément d’autres personnes ne fût-ce que par les mariages mixtes des liens se créent. C’est incontestablement que les religions unissent les hommes, que ce soit au sein d’une religion ou pour l’humanité tout entière. Mais cela dépendra de leur capacité à créer des liens avec les autres.« Aucune hiérarchie entre les religions n’est créée, sur la base de potentielles plausibilités de leurs croyances. On ne classe pas les religions en donnant des bons ou des mauvais points, ni même en portant un jugement sur la qualité d’une d’entre elles, en fonction de son contenu ». Le contenu même de la doctrine, regarde uniquement le croyant sans porter de jugement là-dessus. Tout dépendra toujours de ce que les hommes en font, en revanche plusieurs éléments peuvent être mesurables comme : le nombre d’adeptes, l’influence de la religion sur un état politique, les productions littéraires, etc.

Campus protestant. Peut-on, comparer les religions ? [vidéo en ligne]. Dans Youtube. Le 30 avril 2019. [ Consulté le 9 décembre 2019] Disponible à l’adresse : https://www.youtube.com/watch?v=jjeCIKb565k

La religion est prise en otage par l’homme

Il est indéniable que dans chaque religion ressort cette tentation du radicalisme. Cette opposition à la différence qui peut mener à la violence. Mais si on fait un bilan des religions à l’échelle de l’humanité : est-il plutôt positif ou négatif ? Cela s’avère très difficile à juger. Car il faut prendre en considération que la religion apporte beaucoup de réconfort, à toute une série de personnes. Cela est-il vraiment un facteur de paix, en tout cas on peine à trouver des moments où la religion avait mené à la fin d’un conflit.

Les religions sont cruellement victimes de l’homme, c’est à eux que l’on doit sa nature. Le croyant est libre de donner une valeur absolue et littéraliste aux écrits. Comme de tout simplement, ne pas les prendre au pied de la lettre. Les religions sont des structures créées par l’homme, à l’image de l’humanité. Oui, il y a des interprétations très ouvertes et d’autres fermées voire pacifistes. La religion est quelque peu prisonnière de certaines traditions, dues aux systèmes patriarcaux de l’époque. La société a évolué vers plus d’égalité, ce qui a du mal à passer. En cause des structures anciennes, plus conservatrices les unes que les autres qui vont mettre du temps à refléter l’évolution.

Quand la religion se mêle à la politique

L’histoire des deux derniers siècles, c’est l’histoire d’une séparation très douloureuse pour l’église. Historiquement, il n’y avait pas de différence entre la religion et la politique jusqu’à la Révolution française. Dans nos pays, seul le prince imposait la religion et tout le monde devait avoir la même. C’est une alliance entre le trône et l’hôtel qui fait que les deux pouvoirs étaient confondus. C’est après la Révolution française, qu’elles ont été séparées avec plus ou moins de profondeur. Face à cette séparation, le peuple comprendra que le pouvoir civil est une chose et que l’autorité temporelle en est une autre. De sorte que la politique n’est pas sous l’influence de la religion, afin de donner à chaque citoyen les mêmes droits.

EcolePolAplliquee. Religion et politique : quelle place pour le religieux dans l’espace public ? [vidéo en ligne]. Dans Youtube. Le 13 mai 2014. [Consulté le 12 décembre 2019] Disponible à l’adresse : https://www.youtube.com/watch?v=YUh34bJYPpw

*(1) Caroline Sagësser est docteur en histoire, et actuellement chercheuse au Centre de recherche et d’information socio-politiques (CRISP), où elle y a publié plusieurs ouvrages dédiés à la laïcité organisée et aux cultes. 

(2) Ses principaux thèmes de recherche sont : les cultes, la laïcité, l’histoire politique et le fonctionnement des institutions.

Il s’agit là de trois gros thèmes qu’elle aborde, à la suite duquel elle a participé à la publication de plusieurs ouvrages :

  • 2002 : Les pouvoirs à Bruxelles : Fascicule 1
  • 2004 : Les pouvoirs en Wallonie
  • 2004 : Public Authorities in Wallonia
  • 2008 : La diversité des cultes
  • 2009 : Les droits de l’homme : Notre tâche
  • 2010 : Le prix de nos valeurs : Financer les cultes et la laïcité en Belgique
  • 2011 : Culte et laïcité
  • 2014 : Le vivre ensemble à l’école : plaidoyer pour un cours philosophique commun
  • 2016 : Législatif, exécutif et judiciaire : les relations entre les trois pouvoirs

(3) Madame Sagësser, a travaillé pour l’Université Libre de Bruxelles (ULB) comme collaboratrice scientifique au Centre interdisciplinaire d’études des religions et de la laïcité (CIERL). Elle y a présenté une thèse de doctorat concernant le financement public des cultes au XIXe siècle.

A l’heure actuelle, elle est toujours en perpétuelle recherche et n’hésite pas à mettre ses connaissances en valeur pour les partager avec de nombreuses personnes. C’est pour cela qu’elle travaille également à l’Observatoire des religions et de la laïcité du CIERL.

@JacquetJonathan 1ère communication

Jacquet Jonathan, étudiant en 1 ère année de communication à l’ISFSC. A pour but de décrocher son diplôme, afin de devenir animateur télé/radio.

Le mariage musulman, une cérémonie qui évolue avec sa culture et son temps.

5K, CC0, domaine public, libre de droits
5K, CC0, domaine public, libre de droits
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Depuis le siècle passé, on constate que le mariage musulman est une cérémonie ancestrale qui est capable de s’adapter et d’évoluer. Toutefois, quelques légères différences règnent sur cette tradition entre la Belgique et les pays musulmans.

Comment se passe la cérémonie d’un mariage musulman ? Quels sont les principes à suivre avant, pendant et après le mariage ? Quelles sont les choses qui ont changé dans cette cérémonie depuis le siècle dernier ? Depuis toujours, lorsqu’un homme et une femme s‘unissent par un mariage musulman, ils doivent passer par plusieurs étapes précises qui prennent en compte les parents, la religion, la culture, et la loi.

D’abord, dans tout mariage musulman, il doit y avoir un consentement mutuel du mariage chez les futurs époux. Ensuite, l’homme doit être de religion musulmane alors que la femme peut être croyante d’une religion quelconque. Lors du mariage, le futur mari doit également pouvoir donner une dot à sa future femme. La dot est une somme d’argent ou un objet de valeur que l’époux donne à sa femme lors de leur mariage. La valeur de cette dot dépend du fait que ce soit le premier mariage ou non de la future épouse et des moyens financiers du futur époux. Il est engagé à lui donner cette dot avant sa mort. D’après Monsieur Hocine Benabderrahmane, professeur universitaire, théologien et imam ( 1 ), si toutes ces conditions ne sont pas respectées, le mariage n’aura pas la bénédiction d’Allah, il sera alors caduc et le mariage se finira par un divorce.

Le mariage dans un autre siècle

Au 20e siècle dans les pays musulmans, les filles n’étaient pas scolarisées mais étaient, dès leur plus jeune âge, préparées et conditionnées au mariage. A partir du moment où elles avaient leurs premières menstruations, elles étaient alors considérées comme « femme a marié ». Les mariages avec un écart d’âge important n’étaient donc pas rares et pas pris en considération. Si, la jeune fille n’était pas mariée avant ces 18 ans, elle était alors mal vue, considérée comme une femme sans valeur et marié au premier venu qui était souvent un homme veuf ayant en charge des enfants.

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Les futurs époux se voyaient pour la première fois au mariage. La famille proche se retrouvait généralement dans la maison de la future épouse pour partager un repas. Le père du fiancé demandait alors la main de la jeune femme à son tutorat, un homme musulman qui accompagne la fiancée pour lui donner de la valeur (père, oncle, frère,..). Les fiancés se présentaient, ensuite, devant un imam où le futur époux donnait la dot à sa future épouse. Pour finir, l’imam récitait quelques versets du courant et faisait également quelques invocations pour le couple.

Lors de leur nuit de noce, les jeunes mariés se retrouvaient dans une chambre où la jeune fille n’était vêtue d’une simple chemise blanche. Pendant ce temps, la famille des mariés attendait dans une autre pièce. Quand le jeune couple sortait de la chambre avec la chemise blanche tachée de sang, celle-ci étant la preuve de la virginité de la fille. Selon Monsieur Benabderrahmane; « On présentait sa petite chemise tachée de sang comme étant un trophée. »

Les jours qui suivent le mariage, les mariés fêtent leur union sur trois à quatre jours. Les deux premiers jours sont consacrés à l’homme; D’abord, il invite sa famille et ensuite ses amis. Le troisième jour, le père de la jeune épouse invite ses proches pour présenter sa fille mariée. Le quatrième jour est réservé aux femmes, la mariée invite ces amies et sa famille de sexe féminin.

Qu’est-ce qui a changé ?

De nos jours, que ce soit dans la plupart des pays musulmans ou en Belgique, une femme est considérée comme complète si elle a fait des études. D’après Monsieur Benabderrahmane, le voile est l’une des raisons de cette évolution. Selon lui; « Le port du voile a permis à la femme d’être libre et de pouvoir accéder à l’enseignement. Car dans certains cas, la famille de la jeune fille n’acceptait pas qu’elle sorte a vue de tous à partir du moment où elle avait atteint sa majorité sexuelle. En accédant à l’enseignement, puis au travail, elle retarde l’âge du mariage et il lui devient alors secondaire. Cela lui permettra d’avoir une vie sociale et d’apprendre à connaitre la personne avec qui elle voudra s’unir. »

Pour la plupart des pays musulmans, l’âge légal pour se marier est passé à 18 ans. La tradition de la nuit de noce à également évolué et a dès lors généralement lieu lors de la lune de miel organisé par les mariés, la virginité de la femme regarde donc maintenant uniquement son époux.

Cependant, encore aujourd’hui, il reste des exceptions.

En Belgique, en plus d’avoir également l’âge légal du mariage fixé à 18 ans, elle inclut le passage devant le bourgmestre pour que le mariage sont considéré comme légal. De plus, la célébration de l’évènement se fait généralement le jour même dans une salle louée au préalable regroupe la famille et les proches des deux époux. Le mariage musulman en Belgique et celui dans les pays musulmans sont considérés de la même manière dans la religion musulmane

Encore du chemin à faire ?

Même si la polygamie est illégale en Belgique, elle ne l’est qu’à moitié dans les pays musulmans. Il est illégal pour une femme d’avoir plusieurs époux alors qu’un homme a le droit de marier jusqu’à quatre femmes différentes. D’après Monsieur Benabderrahmane, un homme ne peut parfois pas être totalement comblé par une seule femme. Si c’est le cas, il doit alors considérer chacune de ses femmes de la même manière et ne pas en considérer une plus importante que l’autre. Il pense également que la femme ne sait pas tomber amoureuse de plusieurs hommes simultanément car quand une femme est amoureuse, elle n’est capable de donner son amour qu’à un seul homme.

La question à se poser est peut-être de savoir si le mariage musulman a besoin d’une évolution religieuse ou culturelle ? Selon Monsieur Benabderrahmane; « Il faut du temps pour pouvoir faire évoluer une culture qui est ancrée depuis des siècles dans la mentalité d’une population. »

( 1) Monsieur Benabderrahmane est professeur d’histoire et de sciences à l’institut de technologie et d’éducation Relizane, Imam volontaire depuis plus de 20 ans à la mosquée Al azhar à Bruxelles et également théologien rattaché à l’Exécutif des Musulmans de Belgique.

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Où peut avoir lieu le mariage musulman ?

Le mariage devant l’imam se fait généralement au domicile de la future épouse mais peut aussi avoir lieu dans une mosquée, ou au domicile de l’époux. Cependant en Belgique, les futurs mariés sont obligés de passer également devant le bourgmestre à la commune.

Le divorce ?

Apres un mariage musulman, le couple a le droit de divorcer. Si c’est la femme qui demande le divorce, elle doit rendre la dot de son ex-époux. Si c’est l’homme qui demande le divorce, la femme garde la dote et l’homme doit lui donner une compensation financière.

De la sorcellerie ?

Dans la religion musulmane, lorsqu’un homme n’est plus capable d’avoir une relation sexuelle, il peut être considéré comme étant ensorcelé par une femme déçue de ne pas avoir été choisie comme épouse. Il doit alors aller se faire désensorceler.

Marie-Line Vanherck, 21 ans.

Mes passions dans la vie sont l’astronomie, le chant, le théâtre et le voyage.

j’ai choisi une citation qui représente une de mes valeurs, « Tout le monde est un génie. Mais si on juge un poisson sur sa capacité à grimper à un arbre, il passera sa vie à croire qu’il est stupide. » de Albert Einstein.

Femmes et religions: mise à jour nécessaire

Image libre de droit. Pixnio - liberté de culte, femme, religion
Image libre de droit. Pixnio - liberté de culte, femme, religion

La controverse autour des rapports hommes-femmes et les discriminations envers les femmes ne datent pas d’hier. Aujourd’hui, des manifestations et des actions sont menées afin d’obtenir l’égalité des sexes, et c’est parfois très violent. Les mouvements féministes prennent de plus en plus d’ampleur. Les femmes demandent à pouvoir pratiquer leurs religions sans contraintes.

La position des femmes dans les religions dépend d’une religion à l’autre, mais dans la plupart des cas, les femmes sont dénigrées. Que ce soit par la manière d’aborder leur position ou simplement par la manière dont elles doivent pratiquer leur religion. Jusqu’à ce jour, peu connues sont les femmes qui se sont rebellées contre leur religion, étant donné que pratiquer une religion reste majoritairement un choix personnel, si ce n’est pas par tradition familiale. Néanmoins, beaucoup se sont rendues compte en pratiquant leur religion, qu’elles ne jouissaient pas de leur pleine liberté, et se sentaient plus ou moins emprisonnées dans leur religion en fonction de leur implication.

Entre religion et soumission

Pendant l’âge d’or de l’Islam, entre les 8e et 9e siècles, la position des femmes a connu deux réalités. Le Califat abbasside, autrement dit le peuple sunnite, a renforcé ses connaissances scientifiques et spirituelles et a instauré des lois et révisé des traditions au détriment des femmes: elles se sont vues ôter certains droits. Le Califat fatimide, ou les chiites, a, quant à lui, permis aux femmes de devenir des femmes de pouvoir: elles obtenaient la position de sultane ou même de reine(1). Elles jouissaient d’une autorité religieuse très sérieuse. Entre cette période et le 20e siècle, peu de changements notables ont eu lieu. 

Dès lors, un problème fait surface: celui de l’éducation. L’éducation des filles est revendiquée, au même titre que celle des garçons. Le fait est qu’il aura fallu au moins une trentaine d’années avant que les choses bougent, et encore, car les matières enseignées aux filles étaient très restreintes; on leur apprenait à faire la vaisselle et le ménage. Pour l’islam, la place de la femme était à la maison.

Dans le christianisme, les femmes ont été dénigrées dès le début:

« Pendant l’instruction, la femme doit garder le silence, en toute soumission. Je ne permets pas à la femme d’enseigner, ni de faire la loi à l’homme. Qu’elle se tienne tranquille. C’est Adam en effet qui fut formé le premier, Eve ensuite. Et ce n’est pas Adam qui se laissa séduire, mais la femme qui, séduite, se rendit coupable de transgression. Néanmoins, elle sera sauvée en devenant mère, à condition de persévérer avec modestie dans la foi, la charité et la sainteté » (1ere Epître à Thimothée 2, 12-15)

Dans le judaïsme, les femmes n’étaient pas autorisées à apprendre l’hébreu, donc elles n’avaient pas accès à la lecture des textes sacrés. Par conséquent, elles ne pouvaient pas devenir rabbins. Ce n’était pas le cas pour l’islam et le christianisme. Théoriquement, une femme pouvait devenir imam, mais en pratique cette fonction était assurée uniquement par des hommes. La tradition chrétienne, elle, est restée la même et réserve la prédication uniquement aux hommes.

L’inégalité des sexes est une réalité historique qui est indéniable, et ce sont les héritages religieux laissés notamment par le judaïsme, le christianisme et l’islam qui ont leur part de responsabilité dans le statut d’infériorité des femmes.

Discriminations et changements de mentalités

La question à se poser est: Est-ce que cela a des répercussions sur les générations suivantes? Certainement, étant donné que les mentalités changent et continueront à changer. Il existe une hiérarchie entre les sexes, il y a des interdits, des tabous. Les femmes se battent pour obtenir des positions qui ne sont pas forcément à la hauteur de leurs espérances. Nous ne pouvons néanmoins pas parler des discriminations des femmes dans les religions que d’un point de vue pessimiste. Basons nous plutôt sur un point de vue historique en prenant pour exemple les communautés religieuses féminines catholiques. Dans le temps, on les associait souvent à des femmes isolées, enfermées au couvent. Et si on les voyait autrement? Au lieu de les associer à l’enfermement, n’oublions pas qu’elles rendaient, à ce moment-là, des services non négligeables. Elles avaient accès à l’étude, aux arts (la musique), ce qui leur permettait également de s’évader et d’avoir leurs propres loisirs. Il y eut des religieuses avec des parcours très étonnants, telle que Hildegarde de Bingen, une allemande, durant le Moyen-Âge, considérée comme une grande compositrice dans l’histoire de la musique ainsi que comme précurseur de la pensée écologiste(2). 

Nous pouvons aussi prendre l’exemple d’une célèbre religieuse belge, Victoire Cappe, créatrice et dirigeante du Mouvement social féminin chrétien. Elle a fondé des Ligues ouvrières féminines ainsi que le « Syndicat de l’aiguille ». Elle s’est battue pour améliorer les conditions des travailleurs. Elle a également fondé l’Ecole Catholique de Service Social en 1920, qui porte aujourd’hui le nom d’Institut Supérieur de Formation Sociale et de Communication.

Comme quoi, si on cherche plus loin, on peut trouver des exceptions, bien que ça n’enlève rien aux minorisations qui restent belles et bien réelles à ce jour. On peut même dire que les religions ont joué un rôle trop important pour ce qui est du maintien d’un certain statut d’infériorité des femmes. C’est notamment à cause de tout cela qu’est né le féminisme.

Religion et féminisme, compatible ou non?

Cécile Vanderpelen-Diagre. Image libre de droit.
Cécile Vanderpelen-Diagre. Historienne à l’ULB. Image libre de droit.

Cécile Vanderpelen, historienne à l’ULB, pense qu’il n’y a pas de contradictions dans les principes de base. Selon elle, il existe autant de religions que de féminismes et de féminismes que de féministes : « Elles veulent être égales aux hommes, et dans cette optique, il n’y a pas de raisons de faire ou d’accentuer les différences biologiques ou de nature entre les hommes et les femmes. Or, le voile, lui, accentue cette différence. Dans cette option là, c’est inadmissible, on peut parler d’anti-féminisme. On peut donc totalement être religieuse et féministe. Mais on peut également partir du principe que l’on peut s’émanciper à l’intérieur d’une religion, et « adapter » notre féminisme à notre religion. Et dans ce cadre là, les féministes religieuses, s’inscrivant dans une religion, veulent, défendent, une plus grande autorité et des plus grandes fonctions pour les femmes, et se disent donc féministes. »

Relecture des textes sacrés, bonne ou mauvaise solution?

La religion, c’est un débat très complexe qui repose sur de nombreuses questions et réponses qui fondent nos sociétés et nos cultures depuis des siècles. Cependant, pour que les femmes se sentent plus épanouies dans leurs religions, on pourrait peut-être proposer une relecture des textes sacrés afin que cesse cette tendance d’infériorité des femmes, l’objectif étant de les mettre en scène davantage et de leur donner plus de pouvoir et de liberté. Si on arrive à atteindre cet objectif, les discriminations envers les femmes seront abolies et les problèmes d’infériorités initialement causés par les religions seront définitivement réglés.

« La solution de la relecture des textes sacrés est bonne. Cela se fait déjà surement dans certaines régions. », répond Cécile Vanderpelen après un moment de réflexion.

Camille SPELEERS


(1) Selon la RTBF, les femmes obtenaient des positions telles que la position de reine ou de sultane. La société n’était guère opposée à la prise de pouvoir des femmes, jusqu’au 12e siècle.

(2) Selon La Croix, sainte Hildegarde était une visionnaire.

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